Fév 26 2017

Le sens du Mystère – Albert Einstein

 » Il n’y a que deux façons de vivre votre vie. La première, c’est la vivre comme si rien n’était miraculeux. La deuxième, c’est la vivre comme si tout était miraculeux  » Albert Einstein.

Afin que l’aspirant soit soutenu dans ses efforts pour demeurer intérieurement profondément présent et conscient de lui-même… il faut que le sens du mystère reste toujours vivant en lui, l’accompagnant partout et dans tout ce qu’il fait : le mystère de cet énigmatique appel silencieux qui se fait senti en lui aux moments les plus inattendus et qui le dépasse , le mystère de L’impersonnel qu’il porte en lui et qu’il désire reconnaître et appréhender ; le mystère du cosmos, le mystère du but de la Création, le mystère de sa propre vie, de sa conscience, de son esprit et ainsi de suite .

Au fond, tout ce qui existe dans le monde manifesté est un mystère .

Salim Michael
 http://rencontres-sur-un-chemin-deveil.blogspot.com

Fév 21 2017

Comprendre « CE QUI EST »

L’illumination est une chose incroyablement simple.
Même si souvent les questions qui s’y rapportent
peuvent être complexes,
la réponse demeure toujours simple :
s’éveiller à l’illumination est la conséquence directe de la disparition de l’illusion d’un moi séparé.
Une profonde compréhension de cette simplicité fondamentale
est tout ce qui est nécessaire pour un éveil à l’illumination.
L’illumination est ce que nous sommes.
Il n’y a rien à obtenir, il faut seulement la « reconnaître ».
La simplicité de l’illumination a été exprimée ainsi :
« Je suis, mais il n’y a pas de « moi »  (Wei Wu Wei)

Vous êtes le percevoir et non le percipient  (Ch’an)

Vous cherchez cela qui cherche  (Saint François d’Assise)

Cela qui cherche est ce qui est cherché  (Texte boudhique)

Libres, nous ne sommes pas le numéro un,
le premier de tous nos objets, mais Zéro :
leur Sujet universel et absolu.  (Wei Wu Wei)

Je vivais au bord de la folie,
Voulant connaître des raisons,
Frappant à une porte. Elle s’est ouverte.
J’avais frappé de l’intérieur !   (Rumi)

Extrait de « D’ICI à ICI » se tourner vers l’illumination
de Gary CROWLEY


Fév 20 2017

Rien est ce qu’il y a, tout est ce qui est (apaisement béni)


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« le seul moyen de faire cesser l’égocentrisme est de voir la non-identité du moi, qu’il est juste une image, vide de subjectivité »

Pourtant, là ça se complique. Car si le moi est introuvable, je veux dire ce centre, il n’en demeure pas moins qu’il y a l’impression que tout tourne autour.
Des fois c’est plus lâche, et oui, dans ces moments, l’ego devient un jeu.
Mais parfois ça se contracte, comme ce soir, ou je me sens particulièrement mal à l’aise en présence de gens. Et là il y a souffrance, inconfort.

Donc, nous voyons bien que le moi est introuvable en tant que substance ou essence, en tant que sujet ou objet. Alors de même, « l’autre » n’existe ni en tant que sujet ni en tant qu’objet. Et il en va de même pour la montagne et toute chose. Donc, si rien n’existe en soi-même, rien ne peut exister « par » soi-même, et donc, finalement, rien n’existe. Dans une chose se trouve toutes les choses, dans le moi l’univers entier, (et au fond il n’y a toujours qu’une seule chose, sans cesse renouvelée). Et peux-tu trouver ou localiser l’univers entier? Lui donner une forme, un nom qui le définierait vraiment?

De la même manière, si rien ne peut exister par soi-même, rien ne peut exister non plus à travers l’activité d’une autre existence (car il faudrait qu’une autre existence existe en soi et par soi!…) Bref, « rien » est tout ce qu’il y a, et la nature ultime de tout (tout ce qui est) est la Paix véritable.

Néanmoins, dans le fonctionnement, il y a résurgence de vieux fantômes, et lorsqu’il est vu que tout tourne, il en est conçu l’idée que c’est autour d’un axe: le moi, forcément! Mais en fait, cet axe, c’est la Paix (comme dans la danse des derviches), qui est l’essence des choses. Le moi inconfortable et malheureux est juste une surimposition « subjective » à cette Paix, qui en fait est à la fois l’axe de la roue, la circonférence, l’essence inaltérée. Elle est touchée, quand, à la faveur de certaines circonstances, la roue semble s’arrêter. Ou même, quand elle tourne tellement vite, que la Paix devient finalement la seule solution, par exemple dans la foule dense. La toucher est plus délicat lorsque la Roue tourne de manière à ce que certaines apparences d’existences fassent appel à nous en tant que moi, existence séparée. Alors, il faut vraiment considérer ces moments comme notre véritable pratique, invitation, méditation.

Et j’entrevois ce qu’est la paix absolue, un ego débarrassé du centre si on peut dire ça. Une personnalité sans personne derrière. Parce que, tant qu’il reste quelqu’un, le bonheur ne peut être que transitoire.
C’est quand même fou cette histoire.
Et comment se fait-il qu’à un moment donné cette idée « c’est à moi que ça arrive » s’éteint?

Comme on l’a dit, c’est juste alors l’effet des circonstances. L’idée « c’est à moi que ça arrive » ne peut pas s’éteindre: soit elle est là, soit elle n’y est pas. Dans la vision claire, il n’y ni l’idée que ça arrive à moi ni celle que ça n’arrive pas à moi, car au fond, rien n’arrive. Et rien ne repart. Tout est, apaisement béni.

Maintenant, si tu cherches le bonheur en terme de permanence, tu es foutu. Dans ma vision, il échappe aux concepts de permanence ou de transitoire: il s’actualise, en tant que cette réalité: « rien est ce qu’il y a, tout est ce qui est ». (et la véritable nature de l’être n’échappe pas à l’impermanence en terme spatial et temporel- dans un ailleurs ou un au-delà- mais en la pénétrant à tel point que Impermanence = Paix inaltérée…)

Donc, rien n’est besoin de s’éteindre, parce que ceci voudrait dire qu’il y a là « quelque chose », en trop ou pas assez. En même temps, bien sûr, ce n’est pas comme s’il n’y avait pas « illumination », qui est l’actualisation et l’entrée en plénitude de cela qui voit, la vision et cela qui est vu. Ceci est le sens ultime d’une pratique, par exemple. Non pas qu’une pratique puisse amener cette actualisation, mais dans le sens qu’elle l’est, automatiquement, inconsciemment, naturellement. Et un jour, en présence d’autres gens, seule la paix est là, non localisée, ni personnelle ni impersonnelle. Condition normale, Conscience non-duelle, naturelle, ordinaire.

 http://nondualite.canalblog.com/

Fév 17 2017

Jean-Marc Mantel -Ouverture à la grâce

• Ouverture à la grâce – Jean-Marc Mantel

Voici le nouveau livre de Jean-Marc Mantel. Vous y trouverez de nouveaux dialogues sur la quête de vérité et la nature de la réalité, classifiés par thèmes. Préface de Nicole Montinéri..
Extrait : La conscience

 

Face à ce vieux Tcheng qui essaie d’aider les têtes chauves à reprendre contact avec l’esprit originel, des questionnements me sont venus concernant la pertinence de garder et vivre avec cette mémoire retrouvée de l’origine qui est rien et tout à la fois. Une fois retrouvé ce qui, en Moi (en Soi), ni ne varie, ni ne meurt, que puis-je en faire ?

Est-ce cela qui ni ne varie, ni ne meurt, qui pose la question ? Ou bien est-ce la personnalité qui cherche une sécurité dans un savoir stable, dans un objet auquel elle puisse s’accrocher ?
Si je suppose que ce que le vieux Tcheng appelle « l’esprit originel » est aussi appelé « le plérôme » par C.G. Jung ou « le néant » par Maître Eckhart, le premier dit :  » réfléchir à l’esprit originel est votre poison « , le second dit dans les sept sermons aux morts : « il est inutile de réfléchir au plérôme », et le troisième dit dans son sermon n°11 : « tout ce qui est néant doit être enlevé et si caché qu’on ne doit même jamais y penser », la cervelle boiteuse que je suis a beau ne plus penser à l’esprit originel, c’est l’esprit
18originel qui s’immisce en moi avec tout le vide qui prend toute la place dans mon esprit. Que puis-je faire de ce vide que je suis ?
Le vide n’est connu que par le plein. Comment pourriez-vous parler du vide sans vous référer à votre nature pleine ? Voyez donc le vide en tant qu’objet. Vous ne pouvez être objet de votre propre observation, mais ne pouvez observer que ce que vous n’êtes pas.
Qui puis-je être ici avec cette mémoire retrouvée ?
Être est sans mémoire. Il est la source de toute idéation, n’étant pas une idée par lui-même. C’est de lui que jaillit la pensée, c’est en lui qu’elle meurt. Contemplez donc ce ballet qui se déroule en vous. Si vous étiez le danseur, vous ne pourriez le voir danser. Si vous étiez le spectateur du danseur, vous ne pourriez non plus vous voir. N’étant ni le danseur, ni le spectateur du danseur, ce que vous êtes brille comme la lumière du soleil, sans que nul ne puisse vous saisir.
Rien à atteindre, rien à posséder… Que devient alors ma conscience ?
Le devenir concerne l’objet. Le connaisseur du devenir est sans devenir. La conscience, connaisseur du monde, est libre du monde. Elle n’est ni ceci, ni cela. N’étant ni ceci, ni cela, que pourrait-elle bien devenir ? Ne peut devenir que ce qui a une forme. Que peut bien devenir ce qui n’a pas de forme ?
Quel est le but de ce fonctionnement conscient qui caractérise ma condition d’être humain réflexif ?
Si on voulait chercher un but, on pourrait dire que le but est d’être vous-même votre propre but, comme l’archer qui chercherait à atteindre ce qu’il est, renonçant à atteindre ce qu’il n’est pas. L’arc et sa flèche lui tombent alors des mains, et la grâce le saisit dans ce mouvement d’abandon.
Si rien ne peut être dit sur l’esprit originel, que signifie cette barrière ?
Lorsqu’on parle d’une chose, on ne parle pas de la chose elle- même mais de sa représentation que notre mental a construit.
Ainsi, rien ne peut être dit concernant le silence que vous êtes. Le nommer, c’est s’en éloigner. L’habiter, c’est ne pas en être séparé.
Qu’y a-t-il au-delà ?

L’ici est sans au-delà. Vous et vous êtes une seule et même réalité. Il n’y a pas deux vous. Bien que le même acteur puisse prendre des visages différents, il reste toujours identique à lui-même.
Oui, l’esprit originel est constamment avec moi, sans que je sois toujours conscient de sa présence. Sans l’avoir cherché, il s’est manifesté et s’est rappelé à moi dès mes 12-13 ans. Ce vide impénétrable faisait entrer l’adolescent que j’étais dans une terreur indescriptible. Avec un peu plus de connaissance, j’ai pu me rappeler qu’il était question de l’origine de l’être incarné que je suis. Puisque j’ai en conscience cette origine innommable, que peut devenir l’homme qui vit dans/avec l’esprit originel ?
Ne dénaturez pas cette expérience primordiale en la conceptualisant. Restez immergé dans la fraîcheur de l’incréé. La mémoire de l’expérience n’est pas l’expérience elle-même. Laissez la mémoire vous quitter. Le neuf ne peut habiter l’ancien.
Que devient l’esprit originel dans/avec l’homme que je suis aussi ?
Lorsque le marionnettiste ne se confond pas avec la marionnette qu’il anime, il n’est pas esclave de ses apparences. Il se sait être, avant toute apparition. Acceptez donc votre corps, votre mental et votre personnalité comme des émanations de ce que vous êtes, mais non pas comme la réalité elle-même. La mère ne peut jamais aussi bien accomplir sa fonction que lorsqu’elle en est libre, qu’elle ne se réduit pas à la fonction mais se sait être globalité.
Si la seule signification de l’existence, c’est d’être clairement dans l’esprit originel, où cela peut-il mener ? Il n’y a pas de secret concernant l’esprit originel, seulement de l’oubli.
Il n’y a nulle part où aller. Pour que vous puissiez aller quelque part, il faudrait que vous soyez divisé. Or, vous n’êtes qu’unité. Où que vous alliez, vous restez toujours vous-même. Dans le sommeil profond, dans le sommeil de rêve et dans l’état de veille,

vous êtes toujours unique réalité. Rien ne peut perturber ce que vous êtes. Les états se succèdent en vous. Comment pourriez-vous vous succéder à vous-même ?

Peut-on qualifier la conscience d’énergie ? Nous-mêmes, une fois sortis du contexte corps mental, serons-nous énergie ?

 

Tout dépend ce qu’on entend par énergie. Mais, en principe, ce terme est utilisé pour décrire des phénomènes observables, directement comme la lumière de l’ampoule, ou indirectement, comme l’électricité qui permet à la lumière de se manifester.
La conscience, regard qui contient le monde phénoménal, échappe à toute description. On peut décrire ce qui a une forme, mais non ce qui n’en a pas.
Cherchez ce que désigne le « nous-mêmes » dont vous parlez. Remontez à la source du je. Voyez, dans votre propre esprit, ce qui précède la naissance de la pensée je, et immergez-vous en cela. Rien ne peut remplacer l’expérience directe. L’on-dit nourrit le mental conceptuel, mais ne peut vous transmettre la saveur de ce vers quoi pointe le concept.
Je ressens bien cela, en effet, c’est innommable, impalpable… Je souhaiterais véritablement m’immerger dans Cela, car, pour le moment, ce n’est que furtif… Le temps de ressentir et c’est déjà parti. Y a-t-il des techniques, une marche à suivre, un chemin ? « Se fondre dans la conscience », est-ce une notion qui pourrait traduire cette recherche ?
Votre désir d’immersion en Cela vient de Cela que vous êtes déjà. Vous ne faites que chercher ce que vous êtes. Tout effort pour atteindre Cela ne fait que vous en éloigner. Portez attention à ce que vous n’êtes pas : projection, idée, pensée, croyance, opinion. « Ce que vous êtes » se révèle lorsque « ce que vous n’êtes pas » vous quitte. Être est l’ultime résidu, cela qui ne peut être enlevé alors que tout vous a quitté, y compris le vous qui est lui-même quitté. Sans vous, vous êtes. Vous ne pouvez même pas vous fondre avec ce que vous êtes. L’or fondu n’est-il pas toujours de l’or ?
Vous dites : « par mégarde, on localise la conscience dans le corps ». C’est un point clé, n’est-ce pas ? Comment prouver aux rationalistes cette méprise ? Pour eux, la conscience n’est qu’un produit du fonctionnement cérébral. Doit-on chercher du côté des OOBES (Out Of Body Experiences) pour prouver la chose ? Ou bien, à un certain niveau de fusion dans la source, des preuves, du type de la clairvoyance, se présentent-elles spontanément ?
C’est en effet un point clé. La conscience elle-même, libre de projection, se réfléchit dans le corps. Le corps donne alors l’impression d’être le dépositaire de la conscience, alors qu’il n’en est que sa réflexion. Cruelle erreur qui entraîne toutes les conséquences que chacun connaît.
Le désir de prouver peut aussi être abandonné. La rose a-t-elle besoin de demander à tous de humer son parfum ?
Ceci dit, et c’est ce qu’on peut constater à l’heure actuelle, les témoignages innombrables finissent par ébranler les convictions les plus ancrées.
Puisque vous évoquez le sujet, au récent congrès de Martigues sur les NDE (near death experiences = expériences de mort imminente), un professeur de cardiologie, hollandais je crois, a montré comment des êtres enfoncés dans un coma avec un tracé EEG (électro-encéphalogramme) plat, signe de mort clinique pour la médecine actuelle, non seulement sont sortis du coma, mais ont pu raconter la totalité de ce qui s’est passé quand ils étaient comateux, y compris dans la période avec EEG plat. L’effrayant constat qui s’est alors imposé à eux est : « la conscience n’est donc pas localisée dans le cerveau »…
Les meilleures preuves sont finalement votre vécu, votre aptitude à vivre les circonstances changeantes et imprévues dans une tranquillité stable et une joie saine.
La vie est l’instructeur. Elle met en place les circonstances parfaites pour réveiller les endormis, que ce soit par un chant mélodieux ou par des piques douloureuses. Elle œuvre à sa manière et avec sa propre intelligence. Toutes les illusions
résiduelles seront donc tôt ou tard nettoyées par ce grand « Kärcher » qu’est la vie, qui brise les mirages et ramène à elle les brebis égarées.
Si j’ai bien compris, nous sommes conscience et sommes tous reliés entre nous, avec la nature, les animaux, etc. Cependant, quelque chose me gêne : il ne me plaît pas d’être reliée avec un criminel, par exemple… Vous allez peut-être me dire qu’il faudrait ressentir son « essence », son « je ». Mais justement, qu’en est-il des personnes criminelles, défiant la Vie de cette façon ? Peut-on dire que c’est un cheminement comme un autre ?
Qui est gêné ? N’est-ce pas le moi, avec son système conditionné de préférences, qui fait obstacle à l’évidence de la réalité ?
Un seul vent pousse les deux bateaux vers l’est et l’ouest, une seule vie anime le corps et la tumeur qu’il héberge, une seule eau constitue le fond silencieux de la mer et ses vagues agitées, une seule lumière habite l’ampoule poussiéreuse et l’ampoule transparente, une seule présence anime l’assassin et l’assassiné.
Du point de vue de la vie, tout est vie. Accueillez cette possibilité et voyez ce qu’elle évoque en vous. Laissez-la agir comme le ferait un sachet de thé plongé dans l’eau bouillante.
Ma question porte sur ce qui ne change pas. D’aussi loin que je remonte dans mon histoire, il y a une « sensation » d’être qui a toujours été là, identique. Mais avant le « aussi loin que je remonte », était-ce le même vécu, non mémorisé alors (juste vécu) ou bien y a-t-il eu « chute » ?
C’est en fait l’histoire du je qu’il convient de remonter. Ce je émerge dans la vacuité de la conscience. La vacuité de la conscience précède donc la naissance du je. Parler de vacuité est parler d’une qualité. Mais quelle qualité peut bien avoir cela qui est sans qualité ? Les mots arrivent là à leur limite. Ils pointent vers une réalité, mais ne servent qu’à orienter le regard. Le regard orienté vers lui-même est comme suspendu. Il ne peut aller nulle part, ni devant, ni derrière, ni dehors, ni dedans, ni en haut, ni en

bas. Pour lui, il n’est point de chute, puisque aucun lieu ne le contient.

Qu’est-ce que la conscience-sujet ? Quelle est sa relation au vide ?
La conscience-sujet est cela que vous êtes, à chaque instant.
C’est de ce point de vision que vous percevez le corps, le mental et la personnalité.
C’est parce que la conscience-sujet n’est ni le corps, ni le mental, ni la personnalité, qu’elle peut les percevoir.
Le vide lui-même est perçu par elle. De ce fait, la conscience ne peut être assimilée au vide.

Fév 15 2017

Gitta Mallasz : Les dialogues tels que je les ai vécus (audio)

http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/audio/PHD98027952/gitta-mallasz-les-dialogues-tels-que-je-les-ai-vecus.fr.html

                                  


Fév 14 2017

Steven Norquist : L’illumination

 



Voici une grande partie de l’article écrit en 2003, par Steven Norquist un an après son éveil, et donc bien avant avant la vidéo du SIG de cette année, présentée ci-dessous,  et avant un autre article récent que je traduirai dès que possible.
***
Qu’est-ce que l’illumination, non mais vraiment, qu’est-ce c’est ?
Amis et famille ont longtemps insisté pour que j’écrive et parle de mon expérience et de ma compréhension de ce sujet. J’ai hésité, non pas parce que l’illumination est si difficile à décrire, mais parce qu’elle a tendance à vous rendre paresseux.  Lire la suite

Fév 12 2017

Wouf ! Dit le chien

Nous ne savons pas vraiment ce que nous sommes, et celui qui dit “je suis”. En fait, c’est notre cœur qui s’exprime. Mais, il semble qu’il y ait toujours un imposteur pour s’approprier l’affirmation. Cet imposteur est notre propre image. Ce reflet pour lequel nous nous prenons. Pourquoi poser des questions ? Pourquoi chercher ? Pourquoi espérer ? Il n’y a que le cœur ici-bas. Il n’y a personne d’autre, pas de passé, pas d’avenir, seulement la pure Présence. Nous sommes la Présence repliée sur elle-même, enivrée de concepts. Nous buvons nos propres paroles, nous nous saoulons de chaque mot. Cependant, rien de ce qui est dit n’est vrai. Seule l’Ouverture, cet éclat qui est là, est vérité.
Peut-être, devrions-nous aboyer, afin d’exorciser le mirage du langage ! Wouf ! Envolées les belles paroles qui nous “perdent” dans les histoires. Wouf !

http://www.denismarie.net

Fév 11 2017

Comment atteindre la conscience transcendantale

 

http://la-minute-de-conscience.com/presence/


Fév 3 2017

L’éveil en soi (1)

Du déconditionnement à la libération, mode d’emploi

Par le Passeur.

L’époque est unique et réellement extraordinaire.  A la fois tu vis dans un monde que la société humaine a rendu dément et tu te sens impuissant à empêcher sa destruction en cours, et simultanément, tu te trouves au seuil d’un nouveau monde inespéré sur lequel tu vas découvrir que tu as tout pouvoir de création. Quel paradoxe ! C’est la délicate période de transition entre la fin d’un monde et l’avènement du suivant, où cette fois les règles du passé n’auront plus ni emprise ni substance.

Sur cette scène où s’entrechoquent les dimensions, les difficultés résident en la bonne compréhension de ce qui arrive, le juste positionnement à trouver et le choix à faire en conscience.

Pour faire court, commençons par là, tu n’es pas juste né corvéable dans la société des hommes, tu es un être divin… Probablement qu’un certain nombre de résistances en toi t’inclinent à rejeter ce fait dans la corbeille à délires de cette époque. Pourtant, si tu fais le chemin d’entendre ce que je vais te dire, tu envisageras peut-être d’en accepter la possibilité ainsi que toute l’extraordinaire potentialité.

 

La prise de conscience

Vois ça comme une expérience. Essaie quelques instants d’oublier tes croyances et ce que tu admets comme certitudes et invite-toi dans l’ouverture d’un esprit sans préjugé. En cet état réceptif, sois serein et portes à ton regard l’idée que tout ce que tu es et dont tu imprègnes ton environnement est en réalité le fruit de ton conditionnement à croire ce que tu a appris depuis ta naissance à cette vie.

Aujourd’hui tu es adulte. Et tu es à chaque souffle en prise avec la trinité du « regard-sentiment-pensée ». Tout pour toi commence et se répète par le regard que tu portes sur le monde, puis à travers le filtre de tes émotions par tout ce que tu extériorises de toi, tes pensées, tes paroles, tes attitudes et tes actes. C’est la qualité du regard que tu portes à toute chose qui déterminera toujours le sentiment d’où naîtront tes pensées et tes émotions.

Dans ce processus maître, l’émotion est en réalité la première énergie que tu extériorises. Et son pouvoir est considérable.

Au tout début de ta vie, à l’arrivée de ta conscience dans le fœtus que tu étais, ton ressenti a déposé une première couleur à la toile encore vierge de ton incarnation. C’était le début d’une œuvre qui s’est enrichie chaque seconde et n’a jamais cessé de colorer un peu plus en profondeur ta perception. Lorsque tu étais bébé, la pureté du nouveau-né que tu étais t’inclinait à porter un regard accueillant et exempt de tout jugement, mais imagine un peu au fil de l’expérience le nombre de filtres qui voilent ton regard aujourd’hui.

La peur fut le premier sentiment dont l’expérience de la vie t’a imprégnée. Elle a pu s’insinuer tôt, dès tes premiers moments de vie, selon que tu fus accueilli dans la violence ou dans la douceur, ou bien plus tard. Mais quoi qu’il en soit, sous ses différents visages, elle te fut inoculée dès le plus jeune âge par ton environnement. C’est sur ce pilier instable soutenant bien des fragilités à venir que ta personnalité, ton Moi, ton Je, ton ego,  a commencé à se bâtir.

Cet ego, qu’on l’envisage sous les angles psychanalytique, spirituel ou platonicien, est ton Moi sans conscience dont l’aptitude naturellement égocentrique imagine d’incessants mécanismes de défense, épaississant toujours un peu plus l’écran de fumée qui te sépare de ton être véritable. Le mental est son outil de prédilection, la peur est son moteur.

Si tu observes avec sincérité les mécanismes qui dans ta vie personnelle manque d’harmonie en toi, ou les situations pénibles que tu rencontres, tu verras que derrière les sentiments qui se manifestent alors, la peur n’est jamais loin derrière et qu’elle ne t’a jamais quittée, qu’elle a seulement varié et multiplié les formes sous lesquelles créer ces dysharmonies qui t’affectent. Le manque de confiance en soi, particulièrement dans le féminin au sein de l’actuel patriarcat dominant le monde, l’agressivité multiforme, la victimisation, le désespoir, la tentation d’isolement, sont parmi ses habits les plus usuels.

Ce que je t’invite à conscientiser, c’est que la peur n’est pas un sentiment naturel. Il est inculqué de toutes pièces, et chacun y ayant été exposé par une humanité imparfaite dont les composantes sont elles-mêmes érigées sur le même conditionnement, chacun participe ainsi à le nourrir, favorisant toujours un peu plus sa solidité et son expansion. La société humaine a donc fait de la peur la base de son modèle d’action et de réaction. Ce n’est pas une fatalité, c’est une croyance qui a pris corps et qui maintient sa substance parce que justement tu la crois une fatalité, une composante à part entière des conditions de la vie.

Ce cercle peut-être rompu, définitivement.

– Prendre conscience en premier lieu que nous ne sommes pas notre ego est la première étape incontournable du processus de guérison.

L’ego nous est indispensable dans l’expérience que nous avons tous choisie de l’incarnation dans la matière. C’est un véritable couteau suisse toujours prompt à dégainer le bon outil pour se nourrir. Mais souviens-toi justement que son caractère d’utilité ne doit le situer qu’à la juste place de l’outil qu’il est pour toi. Un outil tout aussi respectable que l’est ta main, mais un outil, rien de plus.

Tu n’as pas à t’identifier à ta main parce que tu es parfaitement conscient qu’elle n’est pas toi mais juste une part de toi, et sûrement pas la part qui décide ce que tu es. Il en est de même pour ton ego, pourtant, tu le laisses prendre les rênes de ton existence en ayant oublié que tu es un être infiniment plus vaste que la personnalité que tu croies être ta seule représentation. De cela nous reparlerons dans un autre article.

– Comprendre que derrière chacune de nos manifestations égotiques (colère, jalousie, victimisation, repli sur soi, etc.) réside une peur, que cette peur est née de blessures avec tout leur cortège d’émotions et que toute blessure est guérissable.

De quelles peurs parle-t-on ? Prenons un exemple. Une enfance de soumission à la violence,  qui n’est hélas pas un cas rare, dessinera le chemin de l’adulte à travers les filtres du manque de confiance en lui et du sentiment de culpabilité, vers un manque récurent de respect pour lui-même. Ce qui pourra s’illustrer au quotidien par toute une palette très nuancée d’attitudes et de comportements possibles.

Pour n’en prendre que deux parmi les exemples souvent rencontrés :  l’inclination autodestructrice, allant de l’exposition répétée aux situations néfastes pour soi – la culpabilité en est souvent l’origine – jusqu’aux tentatives de suicide. Ou, autre facette, l’extrême gentillesse affichée et distribuée en toutes circonstances sans discernement – il s’agit plutôt là de combler illusoirement le manque d’amour : « si je suis gentil je serai aimé et donc reconnu comme digne d’être aimé ».

– Intégrer que ces blessures n’ont affecté de nous que notre ego en remplissant ses sacs émotionnels, et nous souvenir que nous ne sommes pas notre ego comme nous ne sommes pas notre main.

C’est très important de bien comprendre que le conditionnement qui est le tien depuis ta naissance t’a conduit à toujours t’identifier à ton ego. C’est une éducation dont l’emprise est telle qu’il t’est difficile d’imaginer qu’il puisse exister autre chose de toi en-dehors de ce que tu perçois comme les contours de ta personnalité, et que tu situes sans le situer quelque part en ton corps.

Tiens, exerce-toi donc à localiser ta personnalité dans ton corps. Où est-elle ? Où se cache–t-il donc cet ego ? Dans le cerveau, le cœur, le ventre, les orteils ? Quand il est blessé, où est-ce que tu as mal ? Ne vois-tu pas quelque chose d’absurde dans les limites physiques où tu penses te situer ? A moins que tu te situes partout en toi ? Ou ailleurs ? Ou ailleurs et partout à la fois ?.. Là, il y a quelque chose qui s’ébroue et qui commence à sonner différemment. Mais qui ne cadre pas avec l’identification que tu fais de ton être à ton ego…

 

Le lâcher-prise

Résumons un peu. Tu n’es donc pas ton ego, mais lui est une part de toi, et une part qui n’a donc pas à décider pour toi de ce que tu es. Par nature limité, il s’est construit au fil de ta vie sur ses propres blessures et n’a toujours fait qu’agir et réagir en fonction des peurs que ses blessures ont installées en lui. Il a pour cela élaboré tout un système de mécanismes de défense, passant parfois par l’attaque préventive, qui sont autant d’armes blessant à leur tour les egos voisins, créant de nouvelles peurs, créant de nouveaux mécanismes de défense…

Tu remarqueras en passant à quel point le collectif humain fonctionne sur ce principe comme l’individu.

Finalement, pour trouver dans ce chaos émotionnel un sentiment de sécurité qu’il ne veut pas voir comme illusoire, l’ego ne cherche qu’une seule chose susceptible croit-il de maîtriser la peur : le contrôle.

C’est la raison pour laquelle, par ton identification à lui, tu cherches toujours à contrôler tous les aspects de ton existence, osant rarement de ton propre chef les mises en situation de perte de contrôle.

C’est de ces quêtes de contrôle illusoire, aux intérêts rarement communs, que naissent les conflits entre les individus ou les nations, qu’apparaissent à tout stade de leur évolution bourreaux et victimes, échangeant leurs rôles autant de fois que ne sont pas comprises et dépassées les expériences qui y ont menés.

Pour rompre ce cercle, qui est typiquement celui des incarnations dans la matrice des vies successives que tu as vécues, il existe une voie toute simple et qui s’ouvre le moment venu : le lâcher-prise.

Le moment venu ne signifie pas qu’on doit l’attendre sans rien faire. En fait, s’il vient de lui-même et souvent d’un coup, c’est lorsqu’on a déjà entamé le chemin de l’éveil par la prise de conscience de ce qu’est l’ego. Fais un bout du chemin et tu trouveras sur ta route ce qu’il te faut pour aller plus loin. Aide-toi et le ciel t’aidera comme on dit.

Le lâcher-prise, c’est en fait reconnaître que l’ego n’est pas maître. C’est l’idée qu’il y a quelque chose en soi de supérieur à la personnalité et dont la vision plus haute est en mesure de mieux percevoir ce qui est juste et bon pour soi. C’est donc sortir du cercle habituel des actions et réactions pour accepter la guidance d’un soi qu’on pressent supérieur en ceci qu’il n’est pas limité comme l’est par sa nature émotionnelle l’ego.

Autrefois, les Chinois usaient parfois de cerfs-volants sur lesquels figurait le dessin d’un œil. Imagine que ton ego tient le cerf-volant et que l’œil est ta conscience, c’est une image très parlante de la prise de hauteur nécessaire pour discerner ce qui émane de l’ego et des illusions qu’il crée et qu’il subit. Lorsque tu es en interrogation sur toi, porte ta conscience dans l’œil du cerf-volant et observe-toi agir.

Dans une vie actuelle au sein d’un pays industrialisé, le mécanisme du lâcher-prise passe d’abord par s’extirper du flux de stress continu engendré par la vie moderne. Ca peut se faire par paliers progressifs ou brutalement selon les circonstances et tes choix, mais il s’agit bien en fin de compte de ne plus permettre au stress de s’ancrer aux vulnérabilités qui lui sont familières.

Ne lève pas les yeux au ciel mon frère, ma sœur, n’oublie pas que pour en être arrivé là tu auras déjà entamé un nettoyage qui pourra le permettre. Ce que tu crois irréalisable au tout début se réalisera sans même que tu comprennes comment ça a été possible. A ce stade, l’écran de fumée qui te masque la réalité de ce que tu es sera bien moins dense.

 

Dénouer les ficelles qui ferment les sacs émotionnels remplis par les blessures de l’ego est une autre étape essentielle du lâcher-prise.

Au regard du jugement que tu portes encore sur toi et ta vie, ça peut te sembler une tâche énorme, mais tu te leurres. En réalité ça n’a jamais été aussi facile et rapide que maintenant. Là où autrefois il fallait une vie de psychanalyse avec des résultats souvent très douteux, l’époque veut que ce chemin d’éveil ait été emprunté par un nombre de plus en plus grand d’êtres, et que la lumière qu’ils ont ainsi manifestée en cours de route éclaire à présent le chemin de ceux qui suivent.

Ainsi, dans cette période extraordinaire de notre histoire, les prises de conscience claires et les mécanismes de corrections qui s’enclenchent à leur suite s’accélèrent chaque jour un peu plus. Et s’il y avait des couches émotionnelles profondes en toi que tu ne parviens pas à atteindre seul,  tu as à présent à ta disposition nombre de thérapies et de thérapeutes nouveaux qui apportent des solutions parfois fulgurantes à cette problématique des sacs émotionnels. A toi d’user de ta foi et de ton discernement pour te guider vers qui et quoi seront bons pour toi.

Sois toutefois vigilant, le risque est grand de te perdre sur les chemins consistant à trop te tourner vers l’extérieur pour trouver des réponses qui sont en toi. Cela aussi fait partie du conditionnement social et du sentiment de séparation que de toujours aller vers l’extérieur.

Tu peux être avantageusement aidé par autrui, si autrui est choisi avec discernement, par exemple si tu tournes en rond depuis longtemps sur une problématique personnelle sans parvenir à la solutionner. Mais l’aide apportée ne sera qu’un révélateur, il n’y a toujours en définitive pour toi pas de sauveur autre que toi.

Il est donc encore parfaitement illusoire de courir sans discernement tous les stages et autres thérapies à ta portée. Tourne-toi d’abord vers toi et accepte l’introspection comme préalable, sois honnête et sincère vis-à-vis de toi et sois prompt à déceler en tout ce qui relève des manifestations de l’ego.

Vu de plus haut, donc sous une perspective plus large, tu es en fait en train de secouer ton être lumineux pour le débarrasser de toutes les nombreuses couches de scories qui voilent sa lumière.

Il est temps de déposer le costume et le rôle au vestiaire et de laisser derrière toi les vieux décors du théâtre où tu as si souvent joué que tu as fini par t’identifier à tes rôles

 

© Le Passeur – 10 Mai 2011 – http://www.urantia-gaia.info > Cet article est autorisé à la copie à la seule condition de respecter l’intégralité du texte et de citer la source.



Fév 1 2017

Tu seras un homme mon fils

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d’un seul mot;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Si tu peux rester calme alors que tous tes proches
Semblent perdre la tête et vouloir t’en blâmer,
Si tu peux croire en toi face à tous leurs reproches
Mais comprendre leur doute et toujours les aimer ;
Si tu peux espérer sans te lasser d’attendre,
Si tu ne sais mentir à ceux qui t’ont menti,
Si celui qui te hait, tu ne peux le lui rendre,
Mais sans parler en Sage, ou sembler trop gentil ;

Si tu rêves – mais sans que ton rêve t’envoûte,
Si tu penses – mais non vers d’abstraites hauteurs,
Et si tu sais passer de Triomphe en Déroute
Sans te laisser berner par ces deux imposteurs ;
Si tu peux supporter qu’un vil faquin dévie
Le sens de tes propos pour abuser les sots,
Ou voir briser ton oeuvre et, penché su ta vie,
Avec de vieux outils assembler les morceaux ;

Si tu peux risquer tous tes gains à pile ou à face,
Simple lot au hasard d’un seul coup suspendu,
Tout perdre, et repartir de tes débuts, sans place
En toi pour un soupir sur ton pari perdu ;
Si tu forces ton coeur, tes nerfs, tes tendons, même
Quand las de t’obéir ils s’en sont détournés,
Et si ta Volonté, résistance suprême
A ton vide total, leur dit toujours : « Tenez ! »

Si tu sais rester noble en parlant à la foule,
Si tu sais rester simple en côtoyant les rois,
Si pas plus que l’ami l’ennemi ne te foule,
Si tout homme t’est cher mais nul n’a trop de poids ;
Et si tu peux remplir la minute exigeante
De secondes valant la course que tu fis,
La Terre t’appartient et – leçon plus grisante :

Tu seras un Homme, mon fils !

Rudyard Kipling
 
Je vous recommande dans la foulée de lire :  « Si tu peux…« 
http://lehiboublog.blogspot.com