Mar 10 2017

L’ignorance n’est pas vaincue par une accumulation de faits

On peut, d’un coup d’ œil, percevoir tout le processus de la douleur, voir comment, partout, les hommes ont souffert par des guerres, par leurs incertitudes, par leur incapacité de s’entendre et de s’aimer.
Et  lorsque l’amour fait défaut, le plaisir assume une importance primordiale.Cette douleur n’est pas la seule. Il y a aussi – si vous l’observez de près – la douleur de l’ignorance. L’ignorance existe même chez les personnes érudites, parfaitement élevées, alambiquées, habiles dans leurs capacités d’acquérir une célébrité, une notoriété, une fortune. L’ignorance n’est pas vaincue par une accumulation de faits et d’informations – l’ordinateur peut faire cela mieux que l’esprit humain.L’ignorance est le manque total de connaissance de soi.

Nous sommes presque tous si superficiels, si creux ! Tant de douleur, tant d’ignorance sont notre lot ! Cela, encore, n’est pas une exagération, ce n’est pas une supposition, mais un fait réel de notre existence quotidienne. Nous sommes dans l’ignorance de nous-mêmes et en cela est une grande douleur.
Cette ignorance engendre toutes les superstitions, elle perpétue la peur, elle fait naître l’espoir et le désespoir, et toutes les inventions et toutes les théories des esprits les plus habiles. Ainsi, à la douleur qu’elle cause, s’ajoute une grande confusion en nous-mêmes. Observant cela, et si nous sommes conscients à la fois de nous-mêmes, du monde, et des rapports que nous avons avec lui, nous devenons conscients aussi de cette chaîne sans fin de la souffrance.
Krishnamurti – Aux étudiants 1991

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Mar 10 2017

Nisargadatta Maharaj et Douglas Harding par Paul Vervish

 Pour construire une maison on choisit de bons matériaux et on s’assure d’avoir des fondations solides. On pourrait croire que lorsqu’il s’agit de spiritualité on agit de même et pourtant c’est rarement le cas. On se laisse souvent séduire par des constructions de mots qui au premier orage se flanquent par terre.

Nous possédons un corps et une conscience, unis par le souffle vital, ce sont les seuls outils à notre disposition. Nous seuls pouvons les utiliser – en observant à partir du centre lucide et permanent vers lequel pointe continuellement Douglas – pour découvrir la fausseté des multiples convictions qui nous habitent.Notre époque fournit une dramatique démonstration de ce que provoque la soumission à des concepts sans oser les remettre en question, aussi le premier devoir du chercheur est de douter jusqu’à ce que cela ne soit plus possible.C’est à quoi excellait Nisargadatta Maharaj. Ce grand sage savait qu’il ne suffit pas de qualifier notre monde d’illusoire (alors qu’il constitue pour nous la seule réalité) pour nous faire appréhender la fausseté de cet univers. Aussi, cherchait-il avant tout à nous mettre en face de nos contradictions, à nous faire buter sur notre conditionnement. Il nous bombardait de questions jusqu’à ce que, en nous-mêmes, se produise une prise de conscience. Le faux une fois constaté, le vrai est accessible.
Un jour j’ai dit à Maharaj que je n’arrivais pas à formuler une définition de ma véritable nature. Il m’a répondu “ dites : je suis ce par quoi je sais que je suis.”

Extrait de l’entretien n° 28 extrait du livre de dialogues de Nisargadatta Maharaj: Je Suis

Question : Je viens d’un pays lointain. J’ai fait mes propres expériences intérieures et j’aimerais que nous échangions nos impressions.
Maharaj : Tout à fait d’accord. Vous connaissez vous vous-même ?
Q : Je sais que je ne suis pas le corps. Pas plus que je ne suis le mental.
M : Qu’est-ce qui vous autorise à parler ainsi ?
Q : Je sens que je ne suis pas dans le corps. Il me semble occuper l’espace, être partout. Et en ce qui concerne le mental, je peux, pour ainsi dire, le brancher et le débrancher à volonté. Ceci me fait ressentir que je ne suis pas le mental.
M : Quand vous sentez que vous occupez tous les endroits du monde, restez-vous séparé du monde ? Ou bien, êtes-vous le monde ?
Q : Les deux. Il m’arrive de sentir que je ne suis ni le corps ni le mental mais un regard unique percevant tout. Quand je plonge plus profondément dans cette sensation, je suis tout ce que je vois, et le monde et moi ne faisons qu’un.

M : Comment êtes-vous parvenu à votre état présent ?
Q : L’enseignement de Sri Ramana Maharshi m’a mis sur la voie. Puis j’ai rencontré un certain Douglas Harding qui m’a montré comment me pencher assidûment sur « qui suis-je ? »

M : Est-ce que cela fut soudain ou progressif ?
Q : Réellement soudain. Comme quelque chose de totalement oublié qui resurgit dans le mental. Ou comme un éclair de compréhension. « Que c’est simple, ai-je dit, que c’est simple ; je ne suis pas ce que je pensais être ! Je ne suis ni le perçu ni celui qui perçoit ; je ne suis que l’acte de percevoir. »
M : Pas même l’acte de percevoir, mais ce qui rend tout cela possible.
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Mar 10 2017

Le Bonheur de Créer tout ça