Mar 11 2017

Éloge de Rien

Homère, le premier des poètes grecs, a fait un poème du combat des rats et des grenouilles, et Virgile, le prince des poètes latins, en a fait un sur un moucheron. Ovide a fait l’éloge de la puce, Lucien de la mouche, Malanchthon, Agrippa et plusieurs autres celui de l’âne. Isocrate a fait l’éloge de Busirix, fameux tyran ; Cardan de Néron, Platon et Carneades de l’injustice. Etienne Guazzy a loué la vie parasitique, Erasme la folie, Joannes Fabricius la gueuserie, Ulrich de Hutten la fièvre, Jérôme Fracastor l’hiver, Etienne Dolet la vieillesse, Elias Major le mensonge, Douza l’ombre ; et moi, Messieurs, j’entreprends de vous faire aujourd’hui l’éloge de Rien. Quelle extravagance, dira-t-on ! et qui s’est jamais avisé de faire un discours sur Rien ? Qu’y a-t-il donc de si blâmable dans mon entreprise, Messieurs ?

Ne vaut-il pas mieux faire un discours sur Rien, que de composer de froides comédies, comme Afranius, des tragédies pitoyables, comme Barbaridès, des opéras ennuyeux, comme Crassotius, des odes prosaïques, comme Dariolin, des épigrammes ordurières, comme Epaphos, des vaudevilles libertins, comme Horribilis, des babioles périodiques, comme Toediosus et Miseremini, des brevets satyriques, comme Regius, des dissertations vagues et infructueuses, comme Lucius, des romans dangereux, comme Patelinius ? Lire la suite


Mar 11 2017

Absolu et relatif…

L’absolu ne peut pas être connu, et pourtant c’est ce que nous sommes…
Mais c’est quoi, l’absolu ?
Ce qui n’est pas relatif, ce qui n’est pas né, ce qui ne change jamais.
Que veux-tu dire par relatif ? Invariable et sans relation ?
Relatif… ce qui change, ce qui ne dure pas, ce qui dépend d’une action, d’une circonstance.
Je crois que tout change, rien ne dure et rien ne dépend pas d’une autre chose.
Alors, je ne sais pas bien de quoi nous parlons.
Tout change, tout est éphémère, et cela est le rêve.
Mais pas de rêve sans un absolu qui précède, l’absolue non-dualité.
La non dualité est un concept, reflet dans le miroir de la dualité. L’absolu est un concept, une projection de notre pensée duale.
Ah, quand on en parle bien sûr !
Si quelque chose est, qui soit si différent de ce que nous connaissons, alors nous ne pouvons pas y penser.
Si quelque chose d’autre existe au-delà de tout le monde apparent, quelque chose que nous ne pouvons pas voir, que nous ne pouvons pas toucher, et bien lorsque nous y pensons, lorsque nous essayons de l’imaginer, ce ne peut être cela.

 

Oui, nous ne pouvons pas tout ce que tu viens dire, pas même en faire l’expérience, et pourtant nous sommes cela.
Non, nous ne sommes pas cela, nous sommes « de » cela, cela fait une grosse différence.
Il n’y a pas « de » cela, nous sommes cela, je crois, cela n’est pas divisible, ce n’est pas divisé.
Oui tu crois, et moi je ne crois pas. La division est un concept.
Au-delà de tout concept.
Le monde peut sembler diviser, mais ne pas l’être, comme il peut sembler uni comme un bloc, mais ne pas l’être.
Parce que le monde est tout à la fois, il échappe ainsi à toute pensée qui voudrait le saisir.

 

Oui.
Il est absolument divisé, il est absolument séparé, comme il est absolument fait d’un bloc. Il est relatif et absolu dans le même micro espace dans le même micro temps.
Oui, pourtant nous ne faisons  l’expérience que du relatif, et du séparé.
Non, mais c’est ce qu’il en reste en notre esprit. Il ne s’intéresse pas au non-relatif, par conséquent, il n’en a aucun souvenir. Il ne peut en avoir aucun.
C’est cela pour moi l’expérience.
Pas pour moi, cela est seulement un côté de l’expérience celui que je dois savoir utiliser. Le reste ne concerne pas ce « moi », il me concerne dans la nature de ce moi qui n’est pas.
Une face de l’expérience s’adresse à une face de ce que j’appelle moi, une autre face s’adresse à ce que dans ma folie je crois être moi.
C’est pour cette raison que lorsque j’emploie ce mot « moi », parfois je sais de quoi je parle, parfois je ne peux pas le savoir.
Oui, « ma folie » c’est comme  » tu es Cela » que tu ne connais pas, c’est ce que tu appelles, l’autre face de l’expérience.

 

Oui.
La folie  est inévitable, puisque le monde se réalise aussi dans le rêve.
Oui.
Dans le rêve quelque chose cherche à connaître, à se connaitre, c’est idiot et inévitable.
(Sourire), j’arrive souvent à l’éviter.
Oui, quand tu vois que cela est rêve, tu deviens le témoin du rêve, c’est réaliser quelque chose de l’autre partie de l’expérience, celle qui est silencieuse.

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