Avr 5 2017

Destiné

Amor Fati – Aimer son

destin

Aimer son destin revient donc, ultimement, à s’accepter.


Pour tout dire dès le départ, j’ai fini par en avoir assez de consoler les gens… d’être vivants! Il me revient parfois cette réflexion provocante de Sénèque :  » La seule raison qui nous interdise de nous plaindre de la vie, c’est qu’elle ne retient personne « . En définitive, c’est dans sa propre vie et, je dirais en soi-même, que se trouve pour chacun l’enseignement de la vie. Ce qui suppose de vivre sa vie en pleine conscience! De la vivre comme un exercice, comme un entraînement, sans perdre de vue les valeurs et les principes qui lui donnent un sens. Autrement dit, d’accepter son destin, de l’assumer voire, comme le suggère Nietzsche, d’aimer son destin.

 


Tout commence avec le destin, plus exactement, avec l’acceptation de son destin. Ce qui ne va pas de soi, je le reconnais. Sans compter que le destin, c’est non seulement ce qui nous arrive de l’extérieur : les événement qu’on doit traverser, les circonstances qui s’imposent d’elles-mêmes, les conditions avec lesquelles il faut composer – ce qui est déjà beaucoup – mais aussi soi-même. Car on est pour une large part son destin. Ce que je suis détermine en partie ce que je pense : ma vision des êtres et des choses.

On naît avec son tempérament. Il est l’effet des glandes. Dans certaines écoles ésotériques, on soutient même que l’on naît prisonnier de ses glandes. Bien que l’on puisse en altérer relativement le fonctionnement par des drogues : les tranquilisants, les antidépresseurs ont précisément pour objet de modifier le fonctionnement glandulaire. C’est aussi l’effet de l’alcool, du cannabis et d’autres substances qui changent la perception de la réalité. Ce qu’on pourrait aussi dire d’un bon repas et de se trouver en bonne compagnie. Cela dit, il demeure que le tempérament découlant du fonctionnement glandulaire propre à un individu ne peut être profondément altéré sans menacer l’identité, voire en entraîner l’éclatement.

Le tempérament, qui est aussi l’expression du type humain auquel on appartient (nerveux, bilieux, sanguin, etc.), sans oublier le sexe – ce qui n’est pas un facteur négligeable – représente aussi un aspect du destin. On n’échappe pas à soi-même, à ce que l’on est, à la vision que l’on a du monde par l’effet de ce que l’on est, autrement dit de son tempérament.

Aimer son destin revient donc à s’accepter ce qui suppose d’abord de se reconnaître pour ce que l’on est. La liberté toute relative qui peut s’exercer par rapport au tempérament suppose une grande lucidité et une volonté au service de valeurs et de principes bien identifiés : suppose, en somme, un caractère capable de commander un fonctionnement relativement libéré des contraintes du tempérament.

C’est que le caractère, contrairement au tempérament, n’est pas inné mais acquis. Le caractère est l’effet de l’éducation au sens large : de l’effet du milieu psychosocial, de la transmission de valeurs et de principes par la parole ou mieux par l’exemple, de même que de l’effet du travail sur soi suscité par l’expérience. La véritable liberté suppose donc une victoire sur soi. Une victoire qui découle d’une observation lucide des tendances commandées par le tempérament, et de la raison qui intervient de plus en plus au fur et à mesure que se développe le caractère.

Telle est la part de liberté, plutôt mince quand on y songe, dont nous jouissons réellement, alors que nous avons parfois l’impression de penser et d’agir librement. C’est ici un des aspects de la grande Illusion dans laquelle nous nous démenons et dont nous ne pouvons nous tirer – toujours relativement – qu’au prix d’un sérieux travail sur soi. Relativement en effet puisque, au départ, mon tempérament est ma façon d’être.

Aimer son destin revient donc, ultimement, à s’accepter. Et c’est seulement si on s’accepte que l’on peut espérer se changer. Car quiconque parvient à se voir avec un minimum de lucidité ne peut pas ne pas vouloir se changer… à moins qu’on ne soit parfait!

En définitive, je dirais qu’il faut appliquer ici la règle définie par le sage Épictète, et reprise depuis par les alcooliques anonymes, selon laquelle il faut tenter de changer ce qui peut l’être – de ce qu’on juge souhaitable de changer – et d’accepter ce qui ne peut pas l’être. Et ce, non seulement par rapport aux événements, aux circonstances et aux conditions, mais aussi par rapport à soi. Ce qu’on ne peut pas changer, c’est ce que les bouddhistes appellent précisément la fatalité du destin!

… Et je n’ai pas parlé des conditionnements psychosociaux dont il faut aussi se libérer – au moins relativement – afin de jouir d’une certaine liberté. Mais ça, comme disait Kipling, c’est une autre histoire.


Retour au début© Jacques Languirand
Chronique parue dans le Guide Ressources,

Vol. 14 no 04, décembre 1998

 


Avr 5 2017

Gougou nous quittes…

GOUGOU NOUS QUITTES – C’est avec grand chagrin que je vous annonce que le cofondateur des « Invité de Marc », Denis Gougeon, est décédé lundi matin (10/12/2012) à 5:20, à l’âge de 43 ans des suites d’un cancer de l’œsophage à l’hôpital Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme où il avait été transféré en raison de l’aggravation de son état.

Gougou nous quittes...

Denis demeurera à jamais l’âme des « Invité de Marc » en raison de son immense contribution à nous faire découvrir des textes très inspirants provenant de diverses sources philosophiques et spirituelles pour nous faire connaître la non-dualité. Lire la suite


Avr 5 2017

S’assumer

 


Il n’y a pas d’illusion en soi, mais seulement des êtres qui s’illusionnent et qui veulent encore y croire.

(…) Est-ce nous qui faisons nos pensées, ou bien est-ce nos pensées qui nous font ? Nous suivons nos pensées et les défendons sans savoir réellement d’où elles viennent. Ne plus être victime, mais être sujet et responsable de son illusion, en fait c’est plutôt bien et plutôt un avantage. Cela signifie que tout est entre nos mains et qu’il n’y a personne, aucun pouvoir tyrannique extérieur dont nous dépendons.

Si nous avons la faculté de nous illusionner, alors, nous avons aussi celle de nous désillusionner, ou plus simplement, de cesser de produire de l’illusion. Nous sommes le grand créateur de tout ceci. Comme un comédien, nous jouons un rôle avec lequel nous nous confondons et lorsque nous regardons dans le miroir, nous ne voyons plus que le masque qui dissimule notre vrai visage et nous nous prenons toujours pour un autre. Pouvons-nous remettre en question ce jeu, tous les jeux ? Il n’y a pas d’illusion en soi, mais seulement des êtres qui s’illusionnent et qui veulent encore y croire.

Ce n’est pas nous qui nous éveillons, c’est l’éveil qui nous illumine. Juste avant qu’il n’arrive, nous pensions avoir compris et accompli une part du chemin, avoir saisi une partie de la vérité et finalement nous réalisons que tout cela appartenait au rêve et qu’aucun éveil n’avait pris place. Du point de vue de l’illusion nous espérons toujours que « quelque chose » se produise, mais à l’instant de l’éveil, nous ne faisons que pleinement reconnaître ce qui a toujours été là. L’éveil était déjà là, dans cet instant, inséparable de nous. Bien que cette réalisation nous libère, la liberté n’est pas une chose nouvelle. (…)

http://www.denismarie.net


Avr 5 2017

La rhétorique du « Si »

Il est, pour le moins, utile de savoir identifier un comportement manipulateur. Un des usages fréquents est simplement celui du mot « si ».

Avec ce petit mot, avec un « si », un humain peut transformer la mécanique factuelle des causes et des conséquences en des notions de responsabilité et même de culpabilité, donc en des reproches ou des accusations.

Il suffit alors d’avoir été acteur dans un ensemble de causes et d’effets pour qu’une simple phrase conditionnelle te transforme en responsable ou coupable : « Si tu n’avais pas fait ceci, alors cela ne se serait pas passé, donc c’est ta faute ». Ainsi, par exemple, ta mère serait responsable/coupable de tous tes actes car tu n’aurais pas pu les mettre en oeuvre si seulement elle ne t’avait pas mis au monde. Lorsque la cause est lointaine dans le temps, l’arnaque intellectuelle est évidente… mais elle peut l’être beaucoup moins lorsque la cause et la conséquence sont proches dans le temps.

Le jeu consiste à éluder les responsabilités factuelles, concrètes et utiliser une condition comme « si ceci n’avait pas existé, alors ceci non plus ». Cette condition n’établit strictement aucune responsabilité de fait, mais elle a l’avantage de présenter une forme qui permet facilement de relier un événement à un humain. Tout humain peut ainsi être conditionnellement connecté à tout événement qui l’entoure plus ou moins. Et donc tout acteur peut être virtuellement transformé en responsable ou coupable.

Tu peux ne pas te faire avoir… http://etre-humain.net


Avr 5 2017

L’intelligence – Krishnamurti

« Qu’adviendra t`il de nous tous une fois atteint l’age d’homme ou de femme ? Vous êtes-vous jamais demandé ce que vous alliez faire quand vous serez adultes ? Selon toute probabilité, vous allez vous marier, et, avant même de comprendre ce qu’il vous arrive, vous serez devenus parents ; vous serez alors ligotés à votre bureau ou à votre cuisine, où vous allez peu à peu dépérir. Votre vie va-t-elle se résumer à cela ? Vous êtes-vous déjà posé la question ? Cette question n’est-elle pas légitime ? Si vous êtes issus d’une famille riche, une belle situation, votre père peut vous assurer un emploi rémunérateur ; ou vous pouvez faire un beau mariage ; mais là encore, vous allez vous abîmer, vous détériorer. Vous saisissez ? Lire la suite