Juil 31 2017

« Nous naissons dans l’ignorance et mourons dans le mystère. » -Placide Gaboury

Ermitage WardenJe partage avec vous un texte d’une très grande sagesse de Placide Gaboury tiré de son dernier livre « L’appel de l’innocence ». Un des derniers chapitres du livre, « La mort : l’entrée dans l’invisible », m’interpelle particulièrement, car cela fait maintenant un an que mon ami de toujours et cofondateur du site des « Invité de Marc », Denis « Gougou » Gougeon,  nous as quittés. À la lecture de ces pages je réalise que Denis avait cette sagesse en lui, celle de ne craindre la mort, mais de l’accueillir malgré la peur et la souffrance. Voici l’extrait :

« Si tout le monde aime dormir, c’est parce que, dans le sommeil profond, disent les sages, il n’y a pas d’ego et c’est cela qui crée le bonheur. Et pourtant, on a peur de la mort. On fait même tout pour ne pas mourir, pour contrer, éloigner, nier la mort, mais elle vient en son temps, telle que prévue… »
 
« …C’est vraiment le seul événement qui confond le bon sens et nos prétentions au contrôle. La mort apparaît comme une sorte de punition pour un crime que l’on n’aurait commis. Pourquoi faut-il mourir alors que la vie est si belle? La société d’aujourd’hui… Cette société multiforme et essentiellement et foncièrement dualiste : elle sépare le bien et le mal, Dieu (s’il existe) et l’Homme, la vie et la mort, les bons et les méchants, les bonnes actions et les crimes. Selon cette vision, les humains sont les seuls à agir, à avoir du pouvoir, à disposer d’un libre arbitre, ils sont donc responsables de leurs actes et de l’état du monde… C’est l’inverse de la sagesse non dualiste telle que je l’ai exposée dans mes trois livres précédents. Selon cette façon de voir, l’être humain n’a aucun pouvoir qui vienne de lui, il ne dispose pas d’énergie lui permettant d’agir, tout lui est donné au point de départ, sans qu’il ait pu choisir. Il n’est donc pas libre et à toutes fins pratiques, il ne peut faire un seul geste qui lui appartienne. Il est agi, animé, dirigé et contrôlé du début à la fin par la Source qui seule agit puisqu’elle seule existe en ce monde.
 
Comme disais le Bouddha lors de son éveil : « Il y a des actions, mais personne qui agit ! »

Je vous invite à vous procurer ce livre disponible chez tous les libraires au Québec.

 

Extrait du livre L’Appel de l’innocence : l’héritage d’une vie aux éditions Fides. (2013) p.111-113
Photo : L’éveil du Murmure par Marc Lajoie lors de ma retraite de quelques jours à l’Ermitage Warden.

 


Juil 31 2017

Investigation

Par la quête de : «Qui suis-je ?», le mental devient silencieux.

La pensée  «Qui suis-je ?» détruit toute autre pensée, et, de la même façon que le bâton utilisé pour remuer le bûcher funéraire, elle finira par être elle-même détruite.

Puis la réalisation du Soi surviendra.

Lorsque d’autres pensées émergent, il ne faut pas les entretenir mais rechercher plutôt : «À qui cette pensée apparaît-elle ?»

Peu importe combien de pensées se présentent. Pour chaque pensée qui émerge, il faut se poser la question avec assiduité : «À qui cette pensée est-elle apparue ?»

La réponse sera alors  «à moi». Sur ce, si l’on se demande : «Qui suis-je ?» , le mental retourne à sa source, et la pensée qui avait surgit devient silencieuse. Ainsi, grâce à une pratique régulière, le mental acquerra la capacité de rester dans sa source. Lorsque le mental, sous sa forme subtile, passe par le cerveau et les organes sensoriels, les noms et les formes grossières apparaissent. Lorsqu’ils demeurent dans le Cœur, les noms et les formes disparaissent. Ne pas permettre à l’activité mentale de s’extérioriser et la maintenir dans le Cœur est ce qu’on appelle : «intériorité» (antar-mukha). Laisser le mental quitter le Cœur est appelé : «extériorisation» (bahir-mukha). Ainsi, lorsque le mental demeure dans le Cœur, le  «je» qui est la source de toute pensée s’évanouira, et le Soi, à jamais présent, brillera.

Quoi que l’on fasse, il faut agir sans l’ego «je». Lorsqu’on se conduit de la sorte, la nature de tout ce qui apparaît alors est celle de Siva (Dieu).

– Ramana Maharshi

Juil 31 2017

Livre de la jungle – Il en faut peu pour être heureux

 

Paroles Le Livre de la jungle

Parole de chanson Il en faut peu pour être heureux

[Baloo] Il en faut peu pour être heureux
Vraiment très peu pour être heureux
Il faut se satisfaire du nécessaire
Un peu d’eau fraîche et de verdure
Que nous prodigue la nature
Quelques rayons de miel et de soleil.

Je dors d’ordinaire sous les frondaisons
Et toute la jungle est ma maison
Toutes les abeilles de la forêt
Butinent pour moi dans les bosquets
Et quand je retourne un gros caillou
Je sais trouver des fourmis dessous.
– Essaye c’est bon, c’est doux, oh!

Il en faut vraiment peu,
Très peu pour être heureux !
[Mowgli] – Mais oui !
[Baloo] Pour être heureux.

Il en faut peu pour être heureux
Vraiment très peu pour être heureux
Chassez de votre esprit tous vos soucis
Prenez la vie du bon côté
Riez, sautez, dansez, chantez
Et vous serez un ours très bien léché !

Cueillir une banane, oui
Ça se fait sans astuce
[Mowgli] – Aïe !
[Baloo] Mais c’est tout un drame
Si c’est un cactus
Si vous chipez des fruits sans épines
Ce n’est pas la peine de faire attention
Mais si le fruit de vos rapines
Est tout plein d’épines
C’est beaucoup moins bon !
– Alors petit, as-tu compris ?
Il en faut vraiment peu,
Très peu, pour être heureux !
[Mowgli] – Pour être heureux ?
Pour être heureux !

(Séance de grattage)
(Bain)

[Baloo] Et tu verras qu’ tout est résolu
Lorsque l’on se passe
Des choses superflues
Alors tu ne t’en fais plus.
Il en faut vraiment peu, très peu, pour être heureux.

(Départ Baghera)

[Baloo & Mowgli] Il en faut peu pour être heureux
Vraiment très peu pour être heureux
Chassez de votre esprit
Tous vos soucis … Youpi
Prenez la vie du bon côté
Riez, sautez, dansez, chantez
Et vous serez un ours très bien léché !
– Waouh !
Et vous serez un ours très bien léché.
[Mowgli] Youpi !


Juil 30 2017

La conscience et le monde (Jean Klein)

« Votre vraie nature transcende le mental et le corps.

C’est pourquoi la question « Qui suis-je? »
ne peut jamais recevoir de réponse.
Elle n’a pas de prise sur vous
tout terme de référence disparait
et vous vous éveillez au silence
qui est la toute réponse.

Etre a la recherche de vous-meme
de quelque manière que ce soit
est une perte de temps totale.
Ceci doit devenir tout a fait clair pour vous.
Ne questionnez pas sans cesse cette auto-évidence.
Vivre doit se trouver dans l’instant éternel.
N’ accumulez donc pas davantage de choses,
n’ apprenez pas de nouvelles manières de méditer
ou de vous relaxer ou de vous purifier.
Toutes ces accumulations d’états,
de sensations et de techniques
ne sont que pure vanité.
Elles appartiennent encore à la personne
qui recherche sécurité et confirmation.
Les conflits et les problèmes dérivent tous du mental
qui tente de justifier son existence.

Lorsque vous voyez cela soudainement,
dans la pure conviction de la compréhension totale
vous devenez conscient
de ce que vous n’ avez jamais cessé d’ etre
l’ insondable béatitude du Soi. »

(Jean Klein,  » La Conscience & Le monde  » )

Source : le groupe facebook «  friends of jean-klein « 

Juil 30 2017

La personnalité ? Du vent !

Lorsque je regarde mes modes de fonctionnement, j’ai l’impression de tourner en rond dans un labyrinthe. Je vois bien depuis quelques années que je répète toujours les mêmes processus qui m’amènent toujours dans les mêmes impasses.

Mes proches réagissent par exemple à un de mes comportements, ce qui va entraîner une réaction de ma part à laquelle ils vont réagir et ainsi de suite : c’est sans début et sans fin et ce sont toujours les mêmes scénarios qui se rejouent.

Il y a quelques années, je pensais qu’il suffisait de changer de comportement et que le résultat extérieur serait différent. Et effectivement, il est possible de modifier les tendances comportementales, ça marche, je l’ai testé. Mais je ne suis pas sortie du labyrinthe, j’ai juste mieux vécu dans le labyrinthe. Par exemple, si je développe la tendance à la générosité, j’aurais des conditions de vie plus agréables et je serai entourée de personnes généreuses. Et c’est merveilleux bien sûr, c’est une grande bouffée d’oxygène, mais ce n’est pas l’éveil. Je peux devenir la personne la plus gentille, la plus parfaite du monde mais je serai toujours identifiée à ce corps-mental-personnalité donc susceptible de tomber malade, de vieillir, de mourir, et d’en souffrir. Lire la suite


Juil 30 2017

RÊVE (et un petit mot de vocabulaire en moins…)

images« La vraie science est une ignorance qui se sait » Montaigne, pour Jef, salut mon ami…

Nous avons juste à comprendre que l’être, le Soi permanent n’est que la conséquence (à ce stade nécessaire) de notre propension quasi-innée à chosifier le sensible, à rendre consistant ce qui n’est qu’apparent, à limiter, scinder l’apparence, à nommer et mettre à distance, à renvoyer cet êtreté sournoisement décernée (et non assumé-et assumable) aux choses dans la sphère métaphysique: ceci est une sensation, cela un objet, cela une pensée, etc… Rigidifer (et limiter) le sensible crée la nécessité de lui offrir un espace vide ou se consumer, ou le voir naître, pour lui rendre la souplesse naturelle que nous lui avons ôté. Et comme nous n’avons à ce stade pas réglé le problème foncier qui est notre soumission inconsciente au verbe « être » (omniprésent dans le langage), nous sommes obligés de nous dire que cet espace, vierge, immaculé, c’est ce que nous sommes.

Pourtant, amis lecteurs, encore un pas pour boucler la boucle: c’est ce mouvement d’être, l’êtreté qu’il faut évacuer une bonne fois pour toutes, plutôt que de ne cesser de la manipuler. Perdre la notion d’être, c’est alors perdre la notion d’être un espace-Soi permanent, et de voir que l’apparence est espace, que la sensation est totalement ouverte, totale. Qu’elle se déroule en elle-même, est à elle-même son propre paradis, sa propre lumière. La sensation n’apparaît pas à quelqu’un, à un sujet connaissant, ne se surimpose à aucun substrat: n’y ayant aucun sujet en arrière-plan, on ne peut même pas dire qu’elle apparaît: en fait, on dit qu’elle EST apparue, mais en réalité elle S‘apparaît…et même cela…

Invitez-vous à vivre un petit moment sans le verbe « être ». Videz-le de sa dramaturgie, réalisez sa dramaturgie, et laissez-le errer comme une simple fonction, une convention, une…apparence. Tentez de voir cela sous cet angle, sans conclusion hâtive, d’un oui ou d’un non: un instant, cessez de voir le problème de l’existence au niveau du « je », du « monde », de la dualité ou je ne sais quoi, mais simplement au niveau du verbe « être », de sa dureté, de son inflexibilité, de son opacité, au sein de notre soumission à lui… Cessez un instant d’être ou de ne pas être, cessez de voir « ce » qui apparaît: sans le verbe être, sans réification: il y a apparence sans rien (sans ceci ou cela) qui n’apparaisse, c’est proprement magique, vous verrez peut-être, une simple indication, que la nature même de la vie est le rêve, la nature de l’éveil est le rêve Total, sans intérieur ni extérieur ni scission… Le rêve n’a rien à voir (voyez-le dans le sommeil) avec le fait d’être ou de n’être pas. Pourquoi, au lever le matin, réintroduire de manière si dramatique ce « penchant »?

Peut-être même sentirez-vous que sans « être », « avoir » perd automatiquement sa compulsion, son attraction, sans violence; alors que l’inverse n’est pas aussi vrai.

Peut-être, n’est-ce pas? Une simple invitation, entre amis qui ne souhaitent pas autre chose qu’un partage sans demain…

Posté par monko

http://nondualite.canalblog.com

 


Juil 30 2017

Jésus – L’évangile selon Thomas

Le précieux texte qui suit — l’évangile selon Thomas — a été découvert en 1945, à Nag Hamadi, dans le désert égyptien. C’est donc dire que, depuis tous ces siècles, il n’a pas pu être remanié par ceux qui avaient un système religieux à promouvoir. Avec ses quelque 114 logia lapidaires, il ramène la tradition chrétienne à l’essentiel de toute vie lumineuse. Comme ce texte ne fait pas dans le messianisme, il constitue une menace intolérable pour le christianisme officiel que nous connaissons : c’est pourquoi l’Église catholique préfère feindre d’en ignorer l’existence. Après sa découverte, les exégètes officiels du système se sont empressés d’en minimiser l’importance, principalement en argumentant que sa rédaction devait être postérieure à celle des évangiles canoniques. Or, cela n’est ni démontré ni important. La seule chose digne d’intérêt demeure le contenu extraordinaire de ce texte, dont même l’exégète le plus tatillon et de plus mauvaise foi ne peut contester l’existence. Ces paroles, ou logia, parlent à partir du cœur même du réel et s’adressent à lui, car elles sont vivantes et se réfèrent à la vie éternelle.

L’authenticité de ces logia se trouve corroborée partout dans le monde : dans le cœur de l’homme, d’abord et avant tout, mais aussi dans les textes de première main des traditions spirituelles orientales, qui viennent corroborer la parole du maître de Galilée. En science, on ne considère une expérience valide et authentique que si elle peut être reproduite de façon indépendante par d’autres chercheurs. Si nous examinons la validité des textes inspirés selon cette approche, il se trouve que c’est la réalité éternelle à laquelle se réfèrent les logia de Thomas qui est corroborée et non les nébuleuses élucubrations messianiques érigées en système de croyance aux premiers siècles de notre ère par un quarteron d’hommes confus et agités, et qui a, depuis, fait office de religion en Occident. Mais comment la parole du maître peut-elle accomplir sa révolution de lumière si elle doit passer par une oreille encombrée et aboutir dans un cœur embarrassé d’histoires à dormir debout ? Le regard libre, lui, reconnaît sans peine la vérité d’un texte. Car seule la lumière reconnaît la lumière.

Voici les paroles secrètes que Jésus Vivant a prononcées et qu’a transcrites Didyme Judas Thomas.

1. Jésus a dit :
« Celui qui découvrira le sens de ces paroles ne goûtera pas à la mort. »

2. Jésus a dit :
« Que celui qui cherche n’arrête pas de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve. Quand il aura trouvé, il sera bouleversé et, étant bouleversé il sera émerveillé et il règnera sur le Tout. »

3. Jésus a dit :
« Si vos guides vous disent que le Royaume est dans le ciel, alors les oiseaux du ciel vous devanceront. S’ils vous disent qu’il est dans la mer, alors les poissons vous devanceront. Mais le Royaume est en vous et hors de vous. Quand vous vous serez connu, alors vous serez ce qui est connu et vous saurez que vous êtes les enfants du Père Vivant. Mais si vous ne vous connaissez pas, alors vous êtes dans la pauvreté, vous êtes la pauvreté. »

4. Jésus a dit :
« Que l’homme âgé n’hésite pas à interroger un enfant de sept jours sur le lieu de la Vie et il vivra, parce que beaucoup des premiers seront les derniers et ils seront l’Unique. »

5. Jésus a dit :
« Connais celui qui est devant toi et ce qui t’est caché te sera dévoilé, car il n’y a rien de voilé qui ne sera dévoilé. »

6. Ses disciples lui demandèrent : « Veux-tu que nous jeûnions ? Comment prier ? Comment faire l’aumône ? Que devons-nous observer en ce qui concerne la nourriture ? » Jésus leur dit : « Soyez honnêtes et ne faites pas des choses que vous ne sentez pas, car tout est dévoilé devant le ciel. Il n’existe rien de caché qui n’apparaîtra et il n’existe rien de recouvert qui ne sera dévoilé. »

7. Jésus a dit :
« Heureux est le lion que mangera l’homme et le lion sera homme. Méprisable est l’homme que mangera le lion et le lion sera homme. »

8. Jésus a dit :
« L’homme est semblable à un pêcheur averti qui avait lancé son filet à la mer : il le retira de la mer rempli de petits poissons. Parmi ces poissons, ce pêcheur avisé découvrit un poisson gros et bon. Il rejeta tous les petits à la mer et choisit sans problème le gros poisson. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

9. Jésus a dit :
« Le semeur est sorti. Il a rempli sa main et il a lancé. Certaines graines sont tombées sur le chemin : les oiseaux se sont amassés et les ont picorées. D’autres graines sont tombées sur la rocaille et elles ne se sont pas enracinées ni ne sont montées en épis. D’autres sont tombées sur les épines, qui ont étouffé la semence et les vers les ont mangées. D’autres, enfin, sont tombées sur de la bonne terre : elles ont porté un bon fruit. Il y en a eu soixante par mesure et cent-vingt par mesure. »

10. Jésus a dit :
« J’ai lancé un feu sur le monde et je le maintiens jusqu’à ce qu’il embrase. »

11. Jésus a dit :
« Ce ciel finira et celui qui est au-dessus aussi. Les morts ne vivront pas et les vivants ne mourront pas. Quand vous mangez ce qui est mort, vous en faites quelque chose de vivant. Quand vous aurez été dans la lumière, imaginez ce que vous ferez ! Quand vous étiez Un, vous avez fait le deux ; mais désormais, étant deux, que ferez-vous ? »

12. Ses disciples dirent à Jésus : « Nous savons que tu nous quitteras. Qui alors nous dirigera ? » Il leur répondit : « Au point où vous serez arrivés, vous irez vers Jacques le juste, car le ciel et la terre sont apparus pour lui. »

13. Jésus dit à ses disciples : « Comparez-moi et dites-moi à quoi je ressemble. » Simon-Pierre lui dit : « Tu ressembles à un ange juste. » Matthieu lui dit : « Tu ressembles à un philosophe qui a du cœur. » Thomas lui dit : « Maître, ma bouche ne me permet pas de dire à qui tu ressembles. » Jésus lui répondit : « Je ne suis pas ton Maître, car tu t’es enivré à la source vive que j’ai moi-même mesurée. Il le prit à part et lui dit trois mots. Quand Thomas revint vers ses amis, ils lui demandèrent ce que Jésus lui avait dit. Thomas leur répondit : « Si je vous révélais une des paroles qu’il m’a confiées, vous prendriez des pierres et me les lanceriez ; le feu sortirait de ces pierres et vous consumerait. »

14. Jésus a dit :
« Si vous jeûnez, vous vous ferez du mal. Si vous priez, on vous condamnera. Si vous faites l’aumône, vous ferez du tort à votre esprit. Si vous allez dans une contrée et qu’on vous y accueille, mangez ce que l’on mettra devant vous et soignez ceux d’entre eux qui sont malades. Ce qui entrera dans votre bouche ne vous souillera pas, mais ce qui en sortira vous souillera. »

15. Jésus a dit :
« Quand vous verrez Celui qui n’a pas été engendré par une femme, prosternez-vous et adorez-le : C’est lui votre Père. »

16. Jésus a dit :
« Les hommes croient peut-être que je suis venu dans le monde pour apporter la paix. Mais ils ne savent pas que je suis venu apporter des divisions sur terre : le feu, l’épée, la guerre. Dans une maison de cinq, trois seront contre deux et deux contre trois. Le père sera contre le fils et le fils contre le père. Ils se lèveront et seront l’Unique. »

17. Jésus a dit :
« Je vous donnerai ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce que la main n’a pas touché et ce qui n’est pas monté dans le cœur de l’homme. »

18. Ses disciples demandèrent à Jésus de leur décrire leur fin. Il leur répondit : « Avez-vous dévoilé le commencement pour chercher la fin ? Là où est le commencement, là sera la fin. Bienheureux celui qui se tiendra dans le commencement et il connaîtra la fin : il ne goûtera pas à la mort. »

19. Jésus a dit :
« Bienheureux celui qui était déjà avant d’exister. Si vous êtes mes disciples et comprenez mes paroles, ces pierres vous serviront. Il existe cinq arbres dans le paradis et ils ne changent pas ni en été ni en hiver, non plus que leurs feuilles ne tombent. Celui qui les connaîtra ne goûtera pas à la mort. »

20. Ses disciples dirent à Jésus :
« Dis-nous à quoi ressemble le royaume des cieux. » Il leur répondit : « Il est semblable à une graine de moutarde, qui est la plus petite de toutes les semences. Quand elle tombe sur une terre favorable, elle produit un grand arbre qui devient un abri pour les oiseaux du ciel. »

21. Mariam demanda à Jésus de lui décrire ses disciples. Il lui répondit : « Ils sont comme des petits enfants installés dans un champ qui ne leur appartient pas. Quand les maîtres de ce champ viendront, ils leur ordonneront de leur laisser le champ. Eux, ils enlèvent leurs vêtements devant les maîtres du champ et ils leur laissent. Voilà pourquoi je dis que si le maître de la maison connaît l’heure de la venue du voleur, il veillera et ne le laissera pas percer la maison de son royaume et partir avec ses biens. Quant à vous, soyez vigilants dans le monde et rassemblez bien vos énergies, afin que les brigands ne trouvent pas un moyen de parvenir à vous. En effet, le profit que vous attendez, ils le trouveront. Qu’il y ait en vous un homme averti ! Une fois le fruit mûr, cet homme averti vient sans tarder avec sa faucille et il le cueille. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! »

22. Voyant des petits qui tétaient, Jésus dit à ses disciples : « Ces petits qui tètent sont semblables à ceux qui entrent au Royaume. » Ils lui demandèrent : « Devons-nous être petits pour entrer au Royaume ? » Il leur répondit : « Quand pour vous le deux sera l’Unique, quand l’intérieur sera l’extérieur et le haut comme le bas, afin de faire le mâle et la femelle en un seul, de sorte que le mâle ne soit pas mâle et la femelle femelle, quand vous verrez des yeux à la place d’un œil, quand pour vous une main sera une main, quand un pied sera un pied et une image une image, alors vous entrerez dans le Royaume. »

23. Jésus a dit :
« J’en choisirai un entre mille et deux entre dix mille : ils se dresseront, étant l’Unique. »

24. Ses disciples lui demandèrent : « Informe-nous sur le lieu où tu te trouves, car il faut que nous le cherchions. » Il leur répondit : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! Il y a de la lumière dans un être lumineux et il illumine l’univers entier. S’il n’illumine pas c’est qu’il est ténèbres. »

25. Jésus a dit :
« Aime ton frère comme ton âme et veille sur lui comme sur la prunelle de tes yeux. »

26. Jésus a dit :
« Tu distingues le brin de paille dans l’œil de ton frère, mais tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien. Quand tu en auras fini avec la poutre de ton œil, alors tu verras clair et tu pourras enlever le brin de paille de l’œil de ton frère. »

27. « Si vous ne jeûnez pas au monde, vous ne découvrirez pas le Royaume. Si vous ne faites pas du sabbat le sabbat, vous ne verrez pas le Père. »

28. Jésus a dit :
« Je me suis tenu au milieu du monde et je me suis manifesté à eux en chair et en os. Je les ai trouvés tous ivres. Je n’ai découvert parmi eux personne qui eût soif : mon âme a souffert pour les fils des hommes, parce que leur cœur est aveugle. Ils ne voient pas qu’ils sont venus au monde vides et qu’ils s’apprêtent à en ressortir aussi vides. Mais ils sont ivres ; quand ils auront cuvé leur vin, ils changeront d’attitude. »

29. Jésus a dit :
« Quand le corps vient à cause de l’esprit, c’est une merveille. Mais quand l’esprit vient à cause du corps, c’est une merveille des merveilles. Quant à moi, je m’émerveille que cette richesse ait habité cette pauvreté. »

30. Jésus a dit :
« Là où il y a trois dieux, ce sont des dieux. Là où il y a deux ou un, moi je suis avec lui. »

31. Jésus a dit :
« Aucun prophète n’est accepté dans son village. Aucun médecin ne soigne ceux qui le connaissent. »

32. Jésus a dit :
« Une cité érigée sur un mont élevé et qui est fortifiée ne peut pas tomber, non plus qu’elle ne peut être cachée. »

33. Jésus a dit :
Ce que tu entendras d’un côté, de l’autre proclame-le sur les toits. Car personne n’allume une lampe pour la mettre sous le boisseau ou dans un endroit caché ; on la met sur un lampadaire, là où tous les passants voient sa lumière. »

34. Jésus a dit :
« Si un aveugle guide un autre aveugle, les deux tombent dans un trou. »

35. Jésus a dit :
« On ne peut entrer dans la maison du fort et la prendre de force, à moins d’abord de lui lier les mains : alors on peut bouleverser sa maison. »

36. Jésus a dit :
« Ne vous souciez pas, du matin au soir et du soir au matin, des vêtements que vous porterez. »

37. Ses disciples dirent à Jésus : « Quand te manifesteras-tu à nous et quel jour te verrons-nous ? Jésus leur répondit : « Lorsque vous délaisserez votre honte et prendrez vos vêtements, les déposerez à vos pieds, comme font les petits enfants, les piétinerez, alors vous contemplerez le Fils du Vivant et vous n’aurez pas peur. »

38. Jésus a dit :
« Souvent vous avez souhaité entendre ces paroles que je vous dis et vous n’aviez personne d’autre de qui les entendre. Un jour vous me chercherez et ne me trouverez pas. »

39. Jésus a dit :
« Les pharisiens et les scribes ont pris les clés de la connaissance et les ont cachées. Ils ne sont pas entrés et en ont empêché ceux qui le voulaient. Quant à vous, soyez prudents comme des serpents et purs comme des colombes. »

40. Jésus a dit :
« Un cep de vigne a été planté hors du Père : n’étant pas fort, il sera extirpé à sa racine et il périra. »

41. Jésus a dit :
« À celui qui possède on donnera ; mais à celui qui ne possède pas, même le peu qu’il a lui sera enlevé. »

42. Jésus a dit :
« Soyez passants. »

43. Ses disciples dirent à Jésus : « Qui es-tu, toi qui nous dis ces choses ? » Il leur répondit : « Par les paroles que je vous dis, ne savez-vous pas qui je suis ? Mais vous êtes comme les Juifs : ils aiment l’arbre mais détestent son fruit ; ils aiment le fruit mais détestent l’arbre. »

44. Jésus a dit :
« À celui qui blasphème contre le Père, on pardonnera. À celui qui blasphème contre le Fils, on pardonnera. Mais à celui qui blasphème contre le Pur Esprit, on ne pardonnera ni sur terre ni au ciel. »

45. Jésus a dit :
« On ne récolte pas de raisin sur des épines et on ne cueille pas de figues sur des chardons, car ils ne portent pas de fruit. Un homme bon, de son trésor tire du bon et un homme mauvais tire du mauvais du mauvais trésor dans son cœur, et il vous adresse des paroles mauvaises : de l’abondance de son cœur, il ne tire jamais que du mauvais. »

46. Jésus a dit :
« De Adam à Jean le Baptiste, de tous ceux qui sont enfantés de femmes, aucun n’est plus grand que Jean le Baptiste et ses yeux ne seront pas détruits. Par contre, j’ai dit que celui qui sera petit parmi vous connaîtra le Royaume et sera plus grand que Jean. »

47. Jésus a dit :
« Il est impossible à un homme de monter deux chevaux ou de bander deux arcs. Il est impossible qu’un serviteur serve deux maîtres, sinon, il honorera l’un et fera outrage à l’autre. Un homme ne boit jamais du vin vieux pour aussitôt en réclamer du nouveau. De plus, on ne verse pas du vin nouveau dans de vieilles outres, de peur qu’elles n’éclatent. On ne verse pas du vin vieux dans une outre neuve, de peur qu’elle ne le gâte. On ne coud pas une vieille pièce sur un vêtement neuf, car il se déchirerait. »

48. Jésus a dit :
« Si deux font la paix dans cette maison, ils pourront dire à cette montagne “ éloigne-toi ” et elle s’éloignera. »

49. Jésus a dit :
« Bienheureux êtes-vous, les solitaires, les élus, parce que vous trouverez le Royaume. Puisque vous en venez, vous y retournerez. »

50. Jésus a dit :
Si on vous demande : « D’où êtes-vous ? », répondez : « Nous sommes venus de la lumière, là où elle est née d’elle-même. Elle a surgi et s’est manifestée par leur image. » Si on vous demande qui vous êtes, répondez : « Nous sommes ses fils et nous sommes les élus du Père Vivant. » Si on vous demande quel est le signe de votre Père en vous, répondez : « C’est un mouvement et un repos. »

51. Ses disciples demandèrent à Jésus : « Quand viendra le repos des morts ? Quand le monde nouveau viendra-t-il ? » Il leur répondit : « Ce que vous attendez est venu, mais vous ne le reconnaissez pas. »

52. Ses disciples lui dirent : « Vingt-quatre prophètes ont parlé en Israël et ils ont tous parlé de toi. » Il leur répondit : « Vous avez négligé Celui qui est vivant ici maintenant et vous avez parlé des morts. »

53. Ses disciples demandèrent à Jésus si la circoncision était utile ou non. Il leur répondit : « Si elle était utile, leur père les engendrerait circoncis de leur mère. Mais la vraie circoncision, celle de l’esprit, est totalement utile. »

54. Jésus a dit :
« Heureux êtes-vous, les pauvres, parce que le royaume des cieux est à vous. »

55. Jésus a dit :
« Celui qui ne renonce pas à son père ou à sa mère ne pourra pas être mon disciple. Celui qui ne renonce pas à ses frères et sœurs, et ne porte pas sa croix comme je la porte ne sera pas digne de moi. »

56. Jésus a dit :
« Celui qui a connu le monde a trouvé un cadavre ; celui qui a trouvé un cadavre, le monde n’est pas digne de lui. »

57. Jésus a dit :
« Le royaume du Père est semblable à un homme qui possédait une bonne semence. Son ennemi est venu durant la nuit et a semé de l’ivraie parmi la bonne semence. L’homme ne laissa cependant pas les travailleurs arracher l’ivraie, de peur, disait-il, d’arracher le blé avec l’ivraie. Car au jour de la moisson, l’ivraie sera reconnaissable : on l’arrachera et on la brûlera. »

58. Jésus a dit :
« Heureux l’homme qui a connu l’épreuve, car il a trouvé la Vie. »

59. Jésus a dit :
« Tant que vous vivez, regardez Celui qui est vivant, de peur que vous ne mouriez et ne cherchiez alors à le voir sans y arriver. »

60. Ils virent un Samaritain portant un agneau et se rendant en Judée. Jésus dit à ses disciples : « Que va-t-il faire de l’agneau ? » Ses disciples lui répondirent : « Le tuer et le manger. » Il leur répondit : « Tant qu’il est vivant, il ne le mangera pas, à moins qu’il ne le tue et ne devienne cadavre. » Ils lui dirent : « Autrement, il ne pourra le faire. » Il leur répondit : « Vous-mêmes, cherchez votre lieu de repos, de peur que vous ne soyez cadavres et ne soyez mangés. »

61. Jésus a dit :
« Deux reposeront sur un lit : l’un mourra et l’autre vivra. » Salomé dit : « Qui es-tu, homme ? Est-ce en tant qu’issu de l’Unique que tu es monté sur mon lit et que tu as mangé à ma table ? » Jésus lui répondit : « Je suis Celui qui est, issu de Celui qui est égal. Il m’a été donné ce qui vient de mon Père. » Elle lui répondit : « Je suis ta disciple. » Jésus répondit : « C’est pourquoi je dis : « Quand le disciple sera désert, il sera rempli de lumière ; mais quand il sera partagé, il sera rempli de ténèbres. »

62. Jésus a dit :
« Je révèle mes mystères à ceux qui en sont dignes. Que ta main gauche ne sache pas ce que ta main droite fait. »

63. Jésus a dit :
« Il y avait un homme immensément riche, qui se disait : “ J’utiliserai ma fortune à semer, moissonner, planter, remplir mes greniers de grain, afin que je ne manque de rien. ” C’est ce qu’il pensait en son for intérieur. Or, la nuit même, il mourut. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

64. Jésus a dit :
« Un homme avait des invités. Après avoir préparé le repas, il envoya son serviteur pour les convier. Le serviteur alla trouver le premier et lui dit : “ Mon maître te convie.” Celui-ci lui répondit : “ J’ai de l’argent pour des marchands et ils viennent ce soir : je vais leur donner des ordres. Je te prie de m’excuser pour le repas. ” Le serviteur alla trouver un autre invité et leur dit : “ Mon maître te convie. ” Celui-ci répliqua : “ J’ai acheté une maison et on me demande un jour. Je ne serai pas disponible.” Le serviteur alla vers un autre invité et lui dit : “ Mon maître te convie. ” Celui-ci lui répondit : “ Mon ami va se marier et c’est moi qui préparerai le repas : je ne pourrai pas venir. Veuille m’excuser pour le repas. ” Le serviteur vint trouver un autre invité et lui dit : “Mon maître te convie. ” Celui-ci lui dit : “ Je viens d’acheter une ferme et je vais percevoir les redevances ; je ne pourrai aller au repas. Veuille m’en excuser. ” Le serviteur retourna chez son maître et lui dit : “ Ceux que tu avais invités se sont tous excusés. ” Le maître lui dit : “ Va sur les chemins et amène ceux que tu trouveras pour prendre le repas. Les acheteurs et les marchands n’entreront pas dans les lieux de mon Père. ” »

65. Jésus a dit :
« Un homme riche possédait une vigne. Il la confia à des cultivateurs pour qu’ils la travaillent, afin d’en récolter le fruit de leurs mains. Il envoya son serviteur accepter le fruit de la vigne des cultivateurs. Ils s’emparèrent du serviteur et le frappèrent ; encore un peu et ils l’auraient tué. Le serviteur s’en alla le dire à son maître. Celui-ci dit : “ Peut-être ne les a-t-il pas connus. ” Il envoya un autre serviteur : les cultivateurs le frappèrent lui aussi. Le maître envoya alors son fils, se disant : “ Peut-être respecteront-ils mon fils. ” Comme les cultivateurs savaient que c’était lui l’héritier de la vigne, ils s’en saisirent et le tuèrent. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

66. Jésus a dit :
« Montrez-moi la pierre que les bâtisseurs ont rejetée : c’est elle la pierre angulaire. »

67. Jésus a dit :
« Celui qui connaît le Tout mais qui est séparé de lui-même est séparé du Tout. »

68. Jésus a dit :
« Soyez heureux quand on vous hait et qu’on vous persécute ; on ne trouvera aucun lieu là même où l’on vous a persécuté. »

69. Jésus a dit :
« Heureux ceux qu’on a persécutés dans leur cœur. Ce sont eux qui ont connu le Père en vérité. Heureux les affamés, car le ventre de celui qui veut sera rassasié. »

70. Jésus a dit :
« Quand vous engendrerez cela en vous, ce qui est à vous vous sauvera ; mais si vous n’avez pas cela en vous, ce qui n’est pas à vous vous tuera. »

71. Jésus a dit :
« Je renverserai cette maison et personne ne pourra la reconstruire. »

72. Un homme lui demanda : « Parle à mes frères afin qu’ils partagent les biens de mon père avec moi. » Il leur répondit : « Homme, qui a fait de moi un partageur ? » Se tournant vers ses disciples, il leur demanda : « Suis-je un partageur ? »

73. Jésus a dit :
« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître d’envoyer des ouvriers à la moisson. »

74. Jésus a dit :
« Maître, il y a beaucoup de gens autour du puits, mais personne dedans. »

75. Jésus a dit :
« Beaucoup de gens se tiennent près de la porte, mais ce sont les solitaires qui entreront dans le lieu du mariage. »

76. Jésus a dit :
« Le royaume du Père est semblable à un marchand qui possédait un ballot au moment où il trouva une perle. Comme ce marchand était un sage, il vendit le ballot et s’acheta la perle unique. Vous aussi, cherchez le trésor qui ne périt pas, celui qui demeure, où la mite ne vient pas manger et où le ver ne détruit pas. »

77. Jésus a dit :
« Je suis la lumière qui est sur eux tous. Je suis le Tout. Le Tout est sorti de moi et le Tout est venu à moi. Fendez du bois, je suis là ; soulevez la pierre, vous me trouverez là. »

78. Jésus a dit :
« Pourquoi battez-vous la campagne ? Pour voir un roseau agité par le vent et voir un homme portant des vêtements raffinés ? Là résident vos rois et vos grands ; ils portent des vêtements raffinés mais ils ne pourront connaître la vérité. »

79. Une femme dans la foule lui dit : « Bienheureux le ventre qui t’a porté et les seins qui t’ont nourri ! » Il lui répondit : « Bienheureux plutôt ceux qui ont entendu la parole du Père et qui l’ont gardée en vérité ! Car il viendra des jours où vous direz : Bienheureux le ventre qui n’a pas conçu et les seins qui n’ont pas donné de lait ! »

80. Jésus a dit :
« Celui qui a connu le monde a trouvé le corps ; mais celui qui a trouvé le corps, le monde n’est pas digne de lui. »

81. Jésus a dit :
« Que celui qui est devenu riche devienne roi et que celui qui a le pouvoir y renonce ! »

82. Jésus a dit :
« Celui qui est près de moi est près du feu et celui qui est loin de moi est loin du Royaume. »

83. Jésus a dit :
« Les images se manifestent à l’homme et la lumière en elles est celée. Dans l’image de la lumière du Père elle se révélera et son image sera obscurcie par sa lumière. »

84. Jésus a dit :
« Quand vous voyez votre forme, vous vous réjouissez. Mais quand vous verrez les originaux qui étaient en vous au commencement, qui ne meurent jamais ni se manifestent, comment pourrez-vous le supporter ? »

85. Jésus a dit :
« Adam a été engendré d’une grande puissance et d’une grande richesse, et il n’était pas digne de vous. Car s’il avait été digne de vous, il n’aurait pas goûté à la mort. »

86. Jésus a dit :
« Les renards ont leurs tanières et les oiseaux leur nid ; mais le Fils de l’Homme n’a aucun endroit où poser sa tête et se reposer. »

87. Jésus a dit :
« Misérable est le corps qui dépend d’un corps et misérable est l’âme qui dépend des deux. »

88. Jésus a dit :
« Les anges viendront avec les prophètes et vous donneront ce qui vous appartient. Donnez-leur ce que vous tenez et dites-vous ceci : quand viendront-ils recevoir ce qui leur appartient ? »

89. Jésus a dit :
« Pourquoi lavez-vous le dehors de la coupe ? Ne saisissez-vous pas que celui qui a créé le dedans de la coupe est le même que celu qui a créé le dehors ? »

90. Jésus a dit :
« Venez à moi parce que mon joug est léger et mon autorité douce, et vous trouverez le repos. »

91. Ils dirent à Jésus : « Dis-nous qui tu es, de sorte que nous croyions en toi. » Il leur répondit : « Vous étudiez la face du ciel et de la terre, mais vous ne connaissez pas Celui qui ici est devant vous, non plus que vous savez apprécier le moment présent. »

92. Jésus a dit :
« Cherchez et vous trouverez. Mais les choses sur lesquelles vous m’interrogiez autrefois, je ne vous les ai pas dites, mais maintenant que je souhaite vous les révéler, vous ne me les demandez pas. »

93. Jésus a dit :
« Ne donnez pas ce qui est pur aux chiens, de peur qu’ils ne le jettent dans le fumier. Ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les souillent. »

94. Jésus a dit :
« Celui qui cherche trouvera et à celui qui frappe on ouvrira. »

95. Jésus a dit :
« Si vous possédez de l’argent, ne prêtez pas à usure, mais donnez plutôt à celui qui ne vous le rendra pas. »

96. Jésus a dit :
« Le royaume du Père est semblable à une femme qui a pris un peu de levain pour le cacher dans la pâte et en faire de gros pains. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

97. Jésus a dit :
« Le royaume du Père est semblable à une femme qui portait une cruche remplie de farine et marchait longuement sur la route. L’anse de la cruche s’étant brisé, la farine se déversa derrière elle sur la route. Comme elle ne le savait pas, elle ne s’en affligea point. Arrivée à la maison, elle posa la cruche par terre et la trouva vide. »

98. Jésus a dit :
« Le royaume du Père est semblable à un homme qui voulait tuer un personnage important. Il sortit d’abord son épée chez lui et transperça le mur, afin de vérifier si sa main serait sûre. Ensuite il tua le personnage important. »

99. Ses disciples dirent à Jésus : « Tes frères et ta mère sont là dehors. » Il leur répondit : « Ceux qui ici font la volonté de mon Père, ce sont eux mes frères et ma mère. Ce sont eux qui entreront dans le royaume de mon Père. »

100. On montra une pièce d’or à Jésus, en lui disant : « Les percepteurs de César exigent de nous des tributs. » Il leur répondit : « Donnez à César ce qui est à César, donnez à Dieu ce qui est à Dieu et ce qui est à moi, donnez-le moi. »

101. Jésus a dit :
« Celui qui ne renonce pas à son père et à sa mère comme moi ne pourra devenir mon disciple. Mais celui qui n’aime pas son Père et sa Mère comme moi ne pourra devenir mon disciple. Car ma mère m’a enfanté, mais ma Mère véritable m’a donné la Vie. »

102. Jésus a dit :
« Malheureux pharisiens ! Ils ressemblent à un chien couché dans la mangeoire des bœufs : il ne mange pas ni ne laisse les bœufs manger. »

103. Jésus a dit :
« Heureux l’homme qui connaît le lieu et l’heure de la venue des brigands. Il se lèvera et rassemblera ses énergies avant qu’ils ne pénètrent. »

104. On dit à Jésus : « Viens, prions et jeûnons aujourd’hui. » Il répondit : « Quelle faute ai-je donc commise et en quoi suis-je esclave ? Mais quand l’époux sortira de la chambre nuptiale, alors qu’on jeûne et qu’on prie ! »

105. Jésus a dit :
« Appellera-t-on celui qui connaît le Père et la Mère fils de prostituée ? »

106. Jésus a dit :
« Quand vous verrez l’Unique dans le deux, vous serez Fils de l’homme et si vous dites à la montagne de s’éloigner, elle s’éloignera. »

107. Jésus a dit :
« Le Royaume est semblable à un berger possédant cent moutons. Le plus gros d’entre eux disparut. Il laissa les quatre-vingt-dix-neuf autres et chercha l’unique, jusqu’à ce qu’il l’eût trouvé. Après cette épreuve, il dit au mouton : Je te veux plus que les quatre-vingt-dix-neuf autres ! »

108. Jésus a dit :
« Celui qui boit à ma bouche sera comme moi. Moi aussi je serai lui et ce qui est caché lui sera révélé. »

109. Jésus a dit :
« Le Royaume est semblable à un homme ayant un trésor caché dans son champ. À sa mort, il le légua à son fils, qui, lui aussi, ignorait tout : il vendit le champ. L’acheteur s’amena. En labourant, il trouva le trésor et se mit à prêter de l’argent à usure à qui il voulait. »

110. Jésus a dit :
« Que celui qui a trouvé le monde et est devenu riche renonce au monde ! »

111. Jésus a dit : « Les cieux et la terre passeront devant vous, mais le Vivant venu du Vivant ne connaîtra ni la mort ni la peur, parce que celui qui se trouve lui-même, le monde n’est pas digne de lui. »

112. Jésus a dit : « Malheureuse est la chair qui dépend de l’âme ! Malheureuse est l’âme qui dépend de la chair ! »

113. À ses disciples qui lui demandaient quel jour le Royaume viendrait, Jésus répondit : « Ce n’est pas en guettant qu’on le verra arriver. On ne dira pas : le voici, il est ici ! ni : voici le moment ! Le royaume du Père s’étend sur la terre, mais les hommes ne le voient pas. »

114. Simon Pierre dit : « Que Mariam sorte d’ici, parce que les femmes ne sont pas dignes de la Vie. » Jésus répliqua : « Voici que je l’attirerai, pour la faire mâle, pour qu’elle aussi soit un esprit vivant, semblable à vous les mâles. Car toute femme qui se fera mâle entrera dans le royaume des cieux. »

 

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Juil 29 2017

Où est le problème ?


Juil 29 2017

MAINTENANT


Juil 27 2017

Je suis la Vie même !

«La Vie est. Il n’y a personne qui la vit. Ce n’est pas « ma vie ». Il n’y a pas de « moi » qui vit. Mais je suis la Vie. Ce « je » n’est pas un « moi » personnalisé. Ce n’est pas une prétendue personne séparée. Il n’y a pas de séparation sous-entendue entre l’écrivain et le lecteur. Ce « je » est « vous ». Ce « je » est tout ce qui est. Je suis la Vie même.»

«Ces mots ne décrivent rien de nouveau. En fait, ce qui est exprimé ici est intemporel. Cela a toujours été connu et reconnu. C’est la chose la plus familière et la plus ordinaire. C’est ce que je suis.»

«Je suis donc allée la voir.

Alors même qu’elle parlait, je luttais contre tout ce qu’elle disait. J’essayais de tout organiser. J’essayais de comprendre et de relier ce qu’elle disait avec ce que je pensais connaître. Les pensées tournoyaient et travaillaient très dur pour trouver la solution. C’est à ce moment-là, qu’il y a eu soudain une reconnaissance de ce que je suis. Maintenant c’est vu comme ce qu’on appelle « l’Éveil ». Je ne peux pas dire que c’était quelque chose de vraiment spécial car il n’y avait rien, ni personne pour le décrire. Après ce non-évènement, les pensées ont essayé de rapporter, d’expliquer que c’était arrivé à cause de ceci ou cela. Mais en fait c’était arrivé, tout simplement ! Ou plus précisément rien n’était arrivé. C’était en fait, la reconnaissance du caractère tout à fait ordinaire du non savoir, mais avec elle, il y avait une relaxation et un tel soulagement par opposition au désespoir de la recherche. Il était évident que ce qui était montré, était vraiment ce que je suis. Je l’avais toujours su, mais j’avais toujours prétendu ne pas le savoir. Je m’étais tellement habituée à ne pas le voir, car c’est toujours là, en arrière-plan du jeu de la vie. Je m’étais tellement habituée à ce que les gens fassent semblant et parlent de tout ce qui apparaît dans le jeu, que je n’avais jamais compris que le jeu pouvait être utilisé pour exprimer cela même, qui connaît le jeu. Une fois « vu », ce n’était plus que rires. « Regardez, nous ne faisons que faire semblant. Ha ! Ha ! » C’est ce qu’on appelle « l’Éveil ». En fait on aurait pu presque dire qu’il y avait fusion avec ce qui était déjà connu, mais seulement négligé. Il y eut des larmes de gratitude envers la Vie. Enfin, enfin trouvé. Enfin reflété dans l’apparence. Enfin le voile pouvait tomber, il n’y avait que la détente dans le non-savoir.»

Les premières lignes :

«Je ne sais rien. Je suis complètement perdue. La seule chose que j’ai toujours sue, c’est que je ne sais pas. Toutes les fois où je pensais que je savais, ou que je devais savoir, ou que tout le monde semblait savoir, la chose la plus importante qui soit apparue, la seule constante, c’est que «je ne sais pas». Tout au long de l’histoire de «ma vie», il y a toujours eu un sentiment d’égarement et de non-savoir. Puis il y a eu la prétention du savoir, de la croyance et de l’espoir qui l’ont, semble-t-il, recouvert. Tout cela c’est le jeu de la Vie.

La reconnaissance de la Vie telle qu’elle est, est la reconnaissance de ce qui est déjà et a toujours été : le non-savoir. C’est ce que je suis. L’absolu innocent non-savoir. Dans le non-savoir, il n’y a pas de doute. Dans le non-savoir, il y a une clarté absolue. La reconnaissance directe, simple, de ce qui est. C’est ce que je suis. Je suis la Vie même.»

Je suis la Vie meme « Je suis la Vie même », Unmani Liza Hyde – Éditions L’OrigineL

L’auteur pointe vers l’illusion de croire en une personne qui aurait un quelconque libre arbitre en sa vie. S’attribuer un « moi », une personnalité, une caractéristique, est un leurre, mais c’est le leurre originel. Depuis la tendre enfance où elle reconnaissait de façon intuitive le jeu de se prendre pour quelqu’un, jusqu’au moment de la reconnaissance de sa nature fondamentale, il fallut à l’auteur « épuiser l’effort de comprendre ». Mais, la reconnaissance est « la fin de l’histoire ». Plus personne n’est là pour s’approprier quoi que ce soit. Tel est le sens de cet ouvrage : mettre en lumière la supercherie du « je ». En réalité, « je suis ce qui connaît l’apparence du corps et du monde. Ce que je suis ne peut être cerné, ce que je suis est sans limite. C’est le silence qui connaît tout ce qui arrive. Si le froid est ressenti, il n’est pas ressenti dans la corps, il est juste ressenti. Cette sensation est simplement connue dans le non-savoir. » Il n’y a donc rien à chercher, mais en même temps la recherche spirituelle est le jeu de la vie dans lequel nous sommes pris. La reconnaissance de cela, c’est reconnaître la simplicité de la vie. Et le regard devient alors simple. Ce qui est, est.

Visiter son site (en Anglais) : http://www.not-knowing.com/