Août 13 2017

Mal d’ego, Bonheur d’être

L’itinéraire de François Malespine, auteur de « Mal d’ego, Bonheur d’être », ne s’apparente pas à la quête du bonheur des spiritualistes qui vont inlassablement d’un gourou à un autre, l’âme enfiévrée par le désir de se repaître d’extases divines. La soif mystique, qui naît du mal d’amour, a toujours fait la notoriété des experts des béatitudes et des ravissements célestes. Si François Malespine exprime sa gratitude à quelques orfèvres en la matière, Marthe Robin, les Desjardins (Arnaud et Denise), Mata Amritanandamayi, Lama Guendun, Dudjom Rinpoché, etc., il sait depuis son enfance qu’au-delà de la félicité et des exaltations religieuses, il y a un état primordial, état nommée « rigpa » par les Tibétains.

Des lamas sont intarissables sur  « rigpa », la conscience innée de l’esprit. Un expert du dzogchen, Tenzin Wangyal, lama tibétain confortablement installé aux USA, enseigne à ses disciples les trois sortes de rigpa :

« Il y a trois sortes différentes de présence (rigpa) : la présence pénétrante (khyabrig) ; la présence ou conscience de l’esprit discursif (samrig) ; et la présence primordiale (yérig). La présence pénétrante est inséparable de la base du künshi et omniprésente dans toute existence matérielle. La présence de l’esprit discursif est le rigpa fils, que l’on ne trouve que dans l’esprit des êtres sensibles, chez qui la distraction peut interrompre la continuité de la présence ; lorsque nous sommes distraits, nous ne pouvons pas demeurer dans l’état de contemplation. La présence primordiale est le rigpa mère, l’état qui est toujours là que l’on pratique ou non. Elle est la présence que la conscience de l’esprit discursif essaie de comprendre. Nous ne devrions pas penser, cependant, que puisque la présence pénétrante est omniprésente et l’état primordial toujours présent, il n’est pas nécessaire de pratiquer. La présence individuelle est innée, mais ne nous est pas connue. C’est elle que nous avons besoin de rencontrer et de développer, c’est elle que le maître introduit quand nous la découvrons en nous-mêmes. »

Heureusement, François Malespine ne s’occupe pas du catéchisme dzogchen et de sa sainte Trinité : la Mère, le Fils et le Saint-Esprit pénétrant. En réalité, l’auteur n’a pas eu besoin de recourir aux dogmes des gourous en vogue pour vivre une véritable spiritualité. Très jeune, il connaissait l’état naturel de l’esprit, expérience décrite en ces termes :

« Enfants, mais plus tard également, nous avons tous vécu ces instants où la pensée s’arrête pour laisser place à un bonheur sans véritable cause, et sans objet. Ainsi, si je me tourne vers mon enfance je peux aujourd’hui illustrer cet état particulier que l’on nomme numineux par de nombreux souvenir. Ces situations passées ouvraient, pour un instant, mon œil sur ma propre profondeur. Alors, je restais là, clair comme un cristal, dans une sensation de vie, de plénitude, de bonheur au-delà de toute cause. Chacun trouvera ses propres souvenirs. Voici l’un des miens, peut-être vous aidera-t-il à retrouver les goûts de votre propre enfance et à les reconnaître pour ce qu’ils étaient. » (« Mal d’ego, Bonheur d’être », page 40.)

Généralement, les maîtres tibétains, avant d’accepter d’enseigner le dzogchen, demandent à leurs élèves d’effectuer des pratiques de purification (près d’un million de mantras et de rites préliminaires nommés « Ngöndro » doivent être capitalisés dans le courant nyingma de Dudjom Rinpoché). Ces techniques, inspirées des mythes magico-tantriques de l’Orient, n’aident pas vraiment les lamas qui sont rarement capables de produire dans l’esprit de leurs disciples  le « déclic » qui ouvre à l’état « clair comme un cristal » évoqué par François Malespine. La superstitieuse comptabilité lamaïste n’est pas très différente des préoccupations matérialistes focalisées sur l’avoir, les deux sclérosent l’esprit.

Nous avons tous vécu des moments qui nous ont rapproché de notre véritable identité. Ces états contemplatifs, qui n’ont pas droit de cité dans la société moderne, pourraient être réappropriés. Les enfants, éduqués selon les principes de la compétition et de la loi du plus fort (un darwinisme social, sportif, économique…), ne seraient plus obligés d’oublier l’expérience spontanée du dévoilement de la conscience impersonnelle. Durant son enfance, François Malespine, qui a eu la chance de grandir dans une famille d’artistes, lui-même artiste peintre, était certainement plus enclin à la contemplation que la plupart des enfants poussés à la réussite matérielle.

Mal d’ego, Bonheur d’être

Il est un éveil ordinaire dont on ne parle presque jamais si ce n’est dans le bouddhisme tibétain où il est nommé « Rigpa », et dans le bouddhisme zen où il est nommé « Petit satori ».

S’il n’est pas l’ Eveil avec un grand E, il est cependant particulièrement précieux car il nous fait passer de la croyance à la vision.

Il est comme ces dessins faits de points proposés aux enfants. Invisible au commencement, tellement évident et simple ensuite.

François Malespine grandit dans une famille d’artistes-peintres. Après les Beaux-Arts il se forme au tissage artisanal. Il effectue ensuite deux voyages en Inde. Puis il enseigne les arts en collège et en lycée, et expose en France et aux États-Unis. Actuellement il exerce son métier de peintre dans le Sud-Ouest.

http://bouddhanar.blogspot.com

Editions Charles Antoni – L’ Originel :
http://www.loriginel.com/mal-dgo-bonheur-dtre-p-139.html
Photo :
Fall Peacefulness
http://photo.net/photodb/photo?photo_id=6639014

Août 13 2017

Paix intérieure

Ce n’est pas dans le monde extérieur que vous trouverez la paix.

Creusez au plus profond de vous même et vous trouverez la perle

inestimable.

Mâ Ananda Moyi

P1050267


Août 13 2017

1,2,3… Présence !!!

 

Au cœur de toutes les voies, il a toujours été question de la nécessité absolue de la vigilance, présence à soi, présence à Dieu. Des générations de religieux de toutes confessions s’y sont consacrés. D’ailleurs, Prajnanpad nous dit clairement « il n’est pas question de savoir si la vigilance est importante sur le chemin , la vigilance C’EST le chemin »
Voilà qui mérite que l’on s’y considère cette question avec un intérêt tout particulier.
Voici une description de ce que peut être la vigilance qui à le mérite d’être extrêmement puissante et comment cela est applicable instantanément dans nos vies.

Il existe 3 modalité de conscience possible au cours de la journée : mode 1, mode 2, mode 3
Et nous découvrirons que durant toute notre vie, nous glissons continuellement d’un mode à l’autre.

Mode 1
C’est la conscience sociale minimum , c’est le niveau de conscience que nous connaissons bien qui fait que chez le boulanger, on demande une baguette et pas du poisson. Il peut se passer quelque chose autour de nous, nous n’en n’avons pas conscience. La boulangère peut être triste ce jour là, nous ne nous en rendrons pas compte et nous rentrons chez nous sans vraiment faire attention à notre itinéraire. Bref une forme de sommeil éveillé que nous « pratiquons » allègrement. A ce stade, il n’est évidemment pas question d’un Chemin spirituel et de mise en pratique d’un enseignement quel qu’il soit. Dixit Swamiji « vous êtes nulle part , vous n’êtes même pas une entité,»

Mode 2
Si des circonstances favorables le permettent,( j’ai décidé que je serais conscient, je fais une retraite, un danger me menace… ) nous pouvons passer en mode 2 et alors j’ai conscience de moi, c’est à dire de ma réalité physique, des sensations, de la situation dans laquelle je suis, des pensées et peut être des émotions. Je peux ainsi être attentif au fait de parler, d’écouter ou d’être engagé dans une action. Avec la mode 1, la différence est considérable : il y a « quelqu’un » qui expérimente et ce quelqu’un c’est MOI. Et là une forme de pratique devient possible. Le mode 2 c’est l’attitude du chercheur qui découvre la nécessité de la Présence, de l’attention. et de sa difficulté aussi ne serait ce que pour revenir le plus souvent possible à cet état de veille sans même parler de s’y installer.
Ce mode 2 c’est aussi l’attitude intérieure de gens qui n’ont jamais pratiqué de chemin, qui n’ont jamais entendu parler de spiritualité mais qui sont tout simplement sains, psychologiquement sains.
Il faut être très clair, ce mode 2 nous prépare au Chemin mais n’est pas le Chemin lui-même c’est la pratique consciente de notre bonne vielle dualité, moi et le monde, mais ce n’est pas la vigilance, pas du tout ! Et pourtant c’est le jour et la nuit avec le mode 1 : une lampe s’est allumé  « JE veille » Mais ce Je reste mon postulat de base. Alors comment faire l’expérience du Un avec, de la Non-dualité. Certainement pas en mode 2. Même non-égoïste, même aimant, même détendu, je reste toujours Moi en face de l’Autre. Il ne peut y avoir de véritable accueil.

Mode 3
Alors que le mode deux  est une attention dans Une direction, de moi vers le monde, le mode 3 est une attention simultanée dans Deux directions diamétralement opposées : la direction vers ce qui est regardé,(vers l’avant) et la direction vers Ce qui regarde (vers l’arrière)  et oui la Conscience à cet immense pouvoir de ce diriger vers le VU et vers CE qui voit.

« Quelle idiotie » rétorque n’importe quel mental parfaitement constitué « Ce qui voit en moi, c’est  MOI évidemment !!! » Vérifions quand  même, Swamiji répétait assez souvent « Qui agit, qui voit ? moi ou……ou qui, ou quoi ? ?

Et là pour Voir (et non comprendre ou ressentir)  notre brillante intelligence ne nous sera d’aucun appui. Vous regardez cette page et je vous propose simplement de vérifier le « voyant ». Qui regarde cet écran ou ces caractères d’imprimerie en ce moment ? pour le savoir, sans idées préconçues, sans utiliser votre mémoire ou votre imagination, tournez votre attention vers l’arrière en direction de l’origine de la vision et que voyez-vous ? que découvrez-vous ? Vous êtes LA Seule et Unique autorité sur votre expérience.

En ce qui me concerne, en ce moment si je retourne à 180° mon attention de cet écran et clavier , ce que je vois , c’est….rien, rien du tout, un immense espace d’accueil pour la scène qui est là, un vide plein mais un vide tout de même, une absence disponible, accueillante et le miracle c’est que cette absence VOIT, ce vide VOIT. Je vous en prie, vérifiez si c’est votre expérience. Si j’ose retourner mon attention vers CE qui voit en moi, je réalise qu’au centre, au cœur même, il n’y a rien !!! c’est CE QUE JE SUIS et c’est CE QUI REGARDE. Ce n’est pas une chose, c’est Rien et Tout en même temps ; Juste la Conscience, la Présence, l’Unique Conscience qui voit en chaque être. Pas de couleur, pas de forme, pas de mouvement, je ne comprend pas, je ne ressens pas pourtant je vois. J’insistes, ne faîtes pas semblant, mais si c’est votre expérience, alors Bienvenue au club, vous êtes en Mode3 et par la même, vous mettez un pied sur le Chemin. Avant cette découverte tout n’était que préparation, acceptez que la pratique fondamentale, c’est la pratique du mode 3 ; Pourquoi, parce que c’est la pratique de la non-symétrie, la pratique du non-deux. L’objet vu reste l’objet vu, le monde reste le monde mais à partir du véritable sujet, de ma véritable nature.

Comment être UN AVEC ? il faut s’effacer, disparaître,. Comment ? en voyant qu’ici, au centre, au cœur, je suis l’Ouvert, l’Accueil, je suis OUI.le moi que je croyais être n’est pas au centre, n’a pas accès au centre. « Le salaire du péché, c’est mort »disent certains mystiques chrétiens. Que cette phrase devient lumineuse lorsque je vois qu’ici, à distance zéro de moi-même réside ce merveilleux Vide-Plein. Le moi que je croyais être n’est qu’en Banlieue, dans le monde du changement, des choses et de la mort…

Si je suis totalement identifié à ce moi, séparé de ce vide plein de cette Conscience sans nom.
voilà mon péché et oui alors ma certitude est la mort .

Le mode 3, c’est la pratique de l’immortalité, de la vigilance, du retour de l’attention vers ce Vide-Plein fondateur et par la même c’est la pratique de l’effacement du moi, de la mort à soi-même. Pour citer Arnaud DESJARDINS dans le chapitre ATMA de « A la recherche du Soi »
La seule véritable vision est la vision simultanée des formes et du sans forme, autrement vous êtes dans le mensonge et l’illusion »

Maintenant le but du jeu, sera de revenir le plus souvent possible en mode 3, avec les inévitables glisssements en mode 1 et 2. Mais quand la lumière de la vigilance sera de nouveau allumée, vous ne pourrez plus vous prendre pour cette petite forme limitée, fragile  et séparée.

Et pour finir, un conseil ; Le meilleur point d’appui pour pratiquer et revenir en mode 3, c’est lorsque vous êtes en relation avec quelqu’un. Osez faire cette chose audacieuse qui consiste à disparaître consciemment en faveur de l’autre et de en même temps de retrouver son humanité en l’autre et par l’autre.

Alors peut être que, dès le début de cette pratique fondamentale vous ne ferez pas l’expérience d’Ananda, de l’amour qui coule à flot. Sans doute pas, mais vous réaliserez vite, très vite que cette Lumineuse Béance , de cette Glorieuse Absence, Ici en mode 3 qu’IL va venir.    Confiance, en mode 3
Alain BAYOD

http://www.francis-sigrist.org


Août 13 2017

Une façon simple de se « débarrasser » de l’égo

http://www.la-minute-de-conscience.com/presence/


Août 13 2017

Ce que les autres ont dit…

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Ce que les autres ont dit de l`esprit originel et ce que j`en dis ne peut vous servir à rien d`autre qu`à vous inciter à le chercher en vous mêmes, directement sans recourir à aucune autorité, et sans aucun artifice.

 

Le vieux Cheng

http://lemonasteredelidozei.

 

 

 

 

 

 


Ce que les autres ont dit de l’esprit originel et ce que j’en dis ne peut vous servir à rien d’autre qu’à vous inciter à le chercher en vous mêmes, directement, sans recourir à aucune autorité, et sans aucun artifice.

Le vieux Tcheng