Sep 4 2017

Vivre les yeux ouverts (si vous aviez qu’un seul texte à lire aujourd’hui,c’est lui)

par Michel Siciliano

Article paru dans le n°87 de la revue 3eme Millénaire
« Être soi-même n’exige pas de compréhension spéciale, seulement la volonté de se voir tel qu’on est vraiment. » Guy Finley

Question : Pourquoi les illusions, et où naissent-elles ?

Les illusions sont les voiles qui nous empêchent de voir la réalité, les filtres qui colorent la réalité pour en faire notre réalité.

Sur un chemin spirituel pour devenir qui nous sommes, une des premières étapes du travail que nous avons à faire est de mettre à jour ces illusions, de les voir, les reconnaître. Ensuite, il s’agit de nous mettre en action pour qu’une fois ces illusions devenues conscientes, nous puissions avoir le choix de ne plus nous laisser mener, emmener, leurrer, par elles. Retrouver le choix de nos actions nous demandera une certaine pratique, appuyée par l’attention, l’intention, la vigilance, la patience, la persévérance.

Ces filtres viennent de notre éducation, des empreintes parentale et sociale, qui nous façonnent selon des attentes particulières. Ainsi et de manière générale, nous apprenons à être non pas ce que nous sommes, mais ce que l’on attend de nous. Lire la suite


Sep 4 2017

Qu’est-ce que le Tao et le taoïsme ?

Le taoïsme – les taoïsmes – est l’ensemble des traditions philosophiques, intellectuelles et spirituelles, d’origine chinoise, qui, depuis Lao-Tseu (VIème s. ACN), développent l’idée du Tao.

En chinois, l’idéogramme Tao désigne la voie, le chemin, le flux, le processus.

Il est un peu l’équivalent du sanskrit Yoga : « discipline, travail ».

La Taoïsme est né de la pensée de Lao-Tseu au travers d’un recueil fameux intitulé Tao Té King ou Tao-Tö-King (« Livre de Tao et de Vertu » – « Vertu » dans le sens de puissance, de force magique, d’efficience).

Mais il puise sa sève fort en amont, dans une tradition ancestrale reprise dans le Yi-King (« Livre des Mutations ») dont les plus anciens fragments, taillés sur des écailles de tortue, remonteraient aux temps de Moïse.

Le Yi-King, source profonde de l’inspiration taoïste, exprime plusieurs idées forces qui seront véhiculées et développées à partir de Lao-Tseu :

  • le monisme radical : tout ce qui est, est Un et ce Un est indicible, ineffable, inaccessible ;
  • la bipolarité : tout ce qui est, est travaillé par deux moteurs co-éternels au Un : le Yin qui est la force entropique (celle qui dilue, qui uniformise, qui étale, qui épanche) et le Yang qui est la force néguentropique (celle qui concentre, qui organise, qui rassemble, qui compacte). Ces deux moteurs sont perpétuellement actifs en tout, impliquant l’impermanence foncière de tout ce qui est : tout change tout le temps, tout est mutation, tout est métamorphose ;
  • La tripartition : tout ce qui est, appartient soit au Ciel (le domaine spirituel et conceptuel), soit à la Terre (le domaine matériel et pratique), soit à l’Homme (le domaine social, éthique et politique).

Cette tripartition a d’ailleurs organisé le taoïsme lui-même puisque l’on reconnaît trois grands courants issus de cette tradition millénaire :

  • Le Tao du Ciel : le taoïsme philosophique qui est une mystique moniste tout droit issue de Lao-Tseu et de ses deux grands continuateurs : Tchouang-Tseu et Lie-Tseu ;
  • Le Tao de la Terre : le taoïsme pratique qui est une tradition alchimique et magique visant à l’Immortalité au travers d’une rituélie strictement organisée au sein d’institutions religieuses et cléricales d’ailleurs héréditaires ;
  • Le Tao de L’Homme : le taoïsme politique et éthique qui, avec Confucius et Mencius, est devenu le confucianisme qui fut et reste le fondement de l’organisation morale et sociale chinoise, même sous Mao.

Dans la suite de ce livre, c’est exclusivement le Tao du Ciel (la tradition philosophico-mystique) qui sera retenu. En chinois, on l’appelle le Tao-chia (la voie magico-alchimique étant le Tao-chiao).

Celui-ci est, en Chine, l’apanage des élites exclusivement, car trop abstrait, trop subtil, trop immatériel pour être populaire.

De sa rencontre avec le Bouddhisme importé par Bodhidharma vers 520 PCN, le Tao du Ciel donnera le Ch’an, tradition spirituelle très proche du taoïsme philosophique, qui, en émigrant vers le Nord, finit par atteindre le Japon où il devint le Zen.

Le Zen est d’ailleurs bien plus un taoïsme qu’un bouddhisme : le thé, la calligraphie, les jardins, le culte de la nature, l’amour des arbres, des ruisseaux et des cataractes sont infiniment plus chinois qu’indiens. Lire la suite


Sep 4 2017

À la recherche du  »JE »

 

PAR EDWARD MUZIKA

‘’La pratique correcte’’ de la ‘’Recherche du soi’’ est tellement importante que je sens le besoin de l’articuler de plusieurs façons différentes, parce que les méthodes ‘’fructueuses’’ sont vraiment subtiles. Une personne peut pratiquer longtemps et sans succès la ‘’Recherche du Soi’’, car vous n’avez aucune idée de ce que vous cherchez. Par conséquent, je vais expliquer les différentes méthodes d’une manière légèrement différentes, en espérant qu’une façon ou une autre va accrocher avec ceux qui sont réellement intéressés avec la pratique.

Certaines personnes peuvent sentir le sens du ‘’Je Suis’’ presque immédiatement sur introspection et d’autres non. Une personne est naturellement introspective par nature ou non. Pour pratiquer la ‘’Recherche du Soi’’, une personne soit qu’elle a le talent ou qu’elle l’apprenne avec la pratique. La même chose s’applique pour la psychothérapie. Ceux qui peuvent regarder à l’intérieur et ‘’voir’’ des objets imaginaires vont avoir du succès avec la psychologie parlée, alors que ceux qui n’ont pas cette habilité ne le pourront pas. Toutefois, une personne peut acquérir cette habilité par des efforts répétés à ‘’regarder à l’intérieur’’ de l’espace imaginaire du mental. Lire la suite


Sep 4 2017

Sri Nisargadatta – Être, sans le « ceci ou cela »

Sri Nisargadatta est un maître indu (1897 – 1981) qui tout au long de son enseignement sous forme d’entretiens revient à l’origine du questionnement : « Qui suis-je ? »

Vous ne pouvez pas dire que vous êtes ce que vous pensez être! Vos idées à votre sujet changent de jour en jour et d’instant en instant. Votre image, de vous-même est la chose la plus changeante que vous ayez. Elle est éminemment vulnérable, à la merci du premier passant. Un deuil, la perte d’une situation, une insulte et cette image de vous que vous appelez votre personne, change profondément.

Pour savoir ce que vous êtes vous devez d’abord rechercher et connaître ce que vous n’êtes pas. Et pour savoir ce que vous n’êtes pas vous devez vous observer soigneusement, vous devez rejeter tout ce qui n’est pas en accord avec le fait fondamental : « Je suis ».

Ces idées « Je suis né à telle heure, à tel endroit, de mes parents et maintenant je suis celui-ci ou celui-là, vivant à…., marié à …. , père de …., employé par …. etc » n’appartiennent pas à « je suis ». Notre attitude habituelle est « je suis ceci ». Séparez, avec esprit de suite et persévérance, le « je suis » de « ceci » et essayez de sentir ce que signifie être, simplement être, sans être « ceci » ou « cela ».

Toutes nos habitudes vont contre cela et, parfois, les combattre est long et difficile, mais une compréhension claire aide beaucoup. Plus vous comprendrez qu’au plan du mental vous ne pouvez être décrit qu’en termes négatifs, plus rapidement vous parviendrez au terme de votre recherche et vous réaliserez votre être illimité.

Sri Nisargadatta – « Je suis » – Éditions Les Deux Océans
www.nisagardatta.net