Sep 7 2017

Sucer toute la moelle de la vie

 

Je gagnai les bois parce que je voulais vivre suivant mûre réflexion n’affronter que les actes essentiels de la vie, et voir si je ne pourrais apprendre ce qu’elle avait à enseigner, non pas, quand je viendrais à mourir, découvrir que je n’avais pas vécu. Je ne voulais pas vivre ce qui n’était pas la vie, la vie est si chère ; plus que ne voulais pratiquer la résignation, s’il n’était tout à fait nécessaire. Ce qu’il me fallait, c’était vivre abondamment, sucer toute la moelle de la vie, vivre assez résolument, assez en Spartiate, pour mettre en déroute tout ce qui n’était pas la vie, couper un large andain et tondre ras, acculer la vie dans un coin, la réduire à sa plus simple expression, et, si elle se découvrait mesquine, eh bien, alors ! en tirer l’entière, authentique mesquinerie, puis divulguer sa mesquinerie au monde ; ou si elle était sublime, le savoir par expérience, et pouvoir en rendre un compte fidèle dans ma suivante excursion. Car pour la plupart, il me semble, les hommes se tiennent dans une étrange incertitude à son sujet, celle de savoir si elle est du diable ou de Dieu, et ont quelque peu hâtivement conclu que c’est la principale fin de l’homme ici-bas que de « Glorifier Dieu et de s’En réjouir à jamais ».

Encore vivons-nous mesquinement, comme des fourmis ; quoique suivant la fable il y ait longtemps que nous fûmes changés en hommes ; tels des pygmées nous luttons contre des grues ; c’est là erreur sur erreur, rapiéçage sur rapiéçage, et c’est une infortune superflue autant qu’évitable qui fournit à notre meilleure vertu l’occasion de se manifester. Notre vie se gaspille en détail. Un honnête homme n’a guère besoin de compter plus que ses dix doigts, ou dans les cas extrêmes peut-il y ajouter ses dix doigts de pied, et mettre le reste en bloc. De la simplicité, de la simplicité, de la simplicité ! Oui, que vos affaires soient comme deux ou trois, et non cent ou mille ; au lieu d’un million comptez par demi-douzaine, et tenez vos comptes sur l’ongle du pouce. Au centre de cette mer clapoteuse qu’est la vie civilisée, tels sont les nuages et tempêtes et sables mouvants et mille et un détails dont il faut tenir compte, que s’il ne veut sombrer et aller au fond sans toucher le port, l’homme doit vivre suivant la route estimée or, grand calculateur en effet doit être qui réussit. Simplifiez, simplifiez. Au lieu de trois repas par jour, s’il est nécessaire n’en prenez qu’un ;au lieu de cent plats, cinq ; et réduisez le reste en proportion (…).

Prête-t-on l’oreille aux plus timides mais constantes inspirations de son génie, qui certainement sont sincères, qu’on ne voit à quels extrêmes, sinon à quelle démence, il peut vous conduire ; cependant au fur et à mesure que vous devenez plus résolu comme plus fidèle à vous-même, c’est cette direction que suit votre chemin. Si timide que soit l’objection certaine que sent un homme sain, elle finira par prévaloir sur les arguments et coutumes du genre humain. Nul homme jamais ne suivit son génie, qui se soit vu induit en erreur. En pût-il résulter quelque faiblesse physique qu’aux yeux de personne les conséquences n’en purent passer pour regrettables, car celles-ci furent une vie de conformité à des principes plus élevés. Si le jour et la nuit sont tels que vous les saluez avec joie, et si la vie exhale la suavité des fleurs et des odorantes herbes, est plus élastique, plus étincelante, plus immortelle – c’est là votre succès. Toute la nature vient vous féliciter, et tout moment est motif à vous bénir vous-même. Les plus grands gains, les plus grandes valeurs, sont ceux que l’on apprécie le moins. Nous en venons facilement à douter de leur existence. Nous ne tardons à les oublier. Ils sont la plus haute réalité. Peut-être les faits les plus ébahissants et les plus réels ne se voient-ils jamais communiqués d’homme à homme. La véritable moisson de ma vie quotidienne est en quelque sorte aussi intangible, aussi indescriptible, que les teintes du matin et du soir. C’est une petite poussière d’étoile entrevue, un segment de l’arc-en-ciel que j’ai étreint.

 

Henri David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois, Gallimard, 1922, L’imaginaire, 1990, pp. 90-91 et 215

http://www.caute.lautre.net/spip.php?article1706


Sep 7 2017

Les loups en nous

 

 Un moine disait à son élève :

« Une lutte est en cours à l’intérieur de moi. C’est une lutte terrible entre deux loups.

L’un est plein d’envie, de colère, d’avarice, d’arrogance, de mensonge, de ressentiment,  de supériorité, de fausse fierté.

L’autre est bon, il est paisible, heureux, serein, humble, généreux, vrai et rempli de compassion.

Cette lutte a aussi lieu en toi, mon enfant, et en chaque personne.

L’élève réfléchit un instant et interrogea le moine :

Lequel des deux loups va gagner la lutte ?

Et le moine répondit simplement : Celui que tu nourris ! »

Alors, apprenez l’art de la méditation. Restez éveillés. Nourrissez le bon loup qui est en vous. Les personnes qui veulent effectuer le circuit spirituel doivent absolument posséder le courage extrême et la volonté d’aller jusqu’au bout.

http://yog.lavie.over-blog.com

Sep 7 2017

La liberté intrinsèque – Peter Fenner

Peter Fenner

Peter Fenner

« Ce qui nous empêche d’être intrinsèquement libre est la croyance primitive et persuasive que quelque chose est mauvais ou manque dans notre vie. Les croyances que quelque chose manque et que quelque chose d’autre peut être gagné ou accompli produisent la souffrance intérieure et sont la cause des conflits et la misère humaine. »

« La méthodologie de la liberté intrinsèque consiste à déconstruire rigoureusement toutes les croyances que quelque chose manque et que quelque chose d’autre peut être gagné ou accompli à chaque fois qu’elles apparaissent, dans quelques formes que ce soit.

Cela inclus de déconstruire les méthodes de Liberté Intrinsèque elle-même en nous libérant de la croyance que Liberté Intrinsèque est quelque chose dont nous avons besoin et que l’on peut acquérir ou posséder. Ces croyances sont déconstruites par l’observation libre de leur présence et manifestation dans nos vies, et dialogues qui trouvent leur origine dans une perspective de voir les choses comme elles sont – complètes, parfaites et auto-enrichissantes. »

Déconstruire rigoureusement toutes les croyances que quelque chose manque et que quelque chose d’autre peut être gagné ou accompli , croyances qui produisent la souffrance intérieure et sont la cause des conflits et la misère humaine.

Chaque fois que je relis ces phrases, elles résonnent en moi et rappellent ces vérités cachés au plus profond de chacun de nous et qui enfin peuvent remonter à la surface.

« Ce travail est basé sur la révélation que la paix et l’harmonie intérieure surgissent à travers notre être réellement ouvert et présent dans le flux de chaque instant de notre expérience. »

« La Liberté Intrinsèque, c’est être libre inconditionnellement. »

« Au fil de la délivrance en douceur des croyances, nous apprenons ce que c’est l’absolu liberté d’être naturellement : joyeux, spontanement créatif, discernement puissant et uni en soi-même. »

Intrinsic Freedom (Liberté intrinsèque) est une manière d’être

La Liberté intrinsèque est une manière d’être dans le monde qui est libre, ouverte et spacieuse. C’est une expérience dans laquelle nous sommes conscient, détendu et capable d’apprécier pleinement nos pensées, sentiments et perceptions sans avoir besoin d’y céder ou de les rejeter. En tant que style de vie, il est naturel, sans complications, indépendant et puissant car nous nous ne sommes ni conduits ni entraînés par nos peurs, nos souhaits ou nos désirs.

Ce qui nous empêche d’être intrinsèquement libre est la croyance primitive et persuasive que quelque chose est mauvais ou manque dans notre vie. Les croyances que quelque chose manque et que quelque chose d’autre peut être gagné ou accompli produisent la souffrance intérieure et sont la cause des conflits et la misère humaine. Pour la plupart, ces croyances trouvent leur source dans des systèmes de pratique et d’interprétation qui perpétuent structurellement la confusion et la souffrance auxquelles ils cherchent à remédier.

La méthodologie de la liberté intrinsèque consiste à déconstruire rigoureusement toutes les croyances que « quelque chose manque » et que »quelque chose d’autre peut être gagné ou accompli » à chaque fois qu’elles apparaissent, dans quelques formes que ce soit. Cela inclus de déconstruire les méthodes de Liberté Intrinsèque elle-même en nous libérant de la croyance que Liberté Intrinsèque est quelque chose dont nous avons besoin et que l’on peut acquérir ou posséder. Ces croyances sont déconstruites par l’observation libre de leur présence et manifestation dans nos vies, et dialogues qui trouvent leur origine dans une perspective de voir les choses comme elles sont – complètes, parfaites et auto-enrichissantes.

Les programmes et enseignements proposés révèlent directement l’expérience de la Liberté Intrinsèque à travers le lâcher-prise précis et en douceur de croyances qui limitent, déforment et annulent la nature ouverte, sans entrave et auto-rafraichissante du moment présent. Les pratiques créent un espace révélé qui nous donne l’ultime liberté d’être qui nous sommes, sans aucun besoin d’attitude, d’embarras ou d’expédiant. Cela produit un style de vie naturellement plein de joie, spontanément créatif, plein de discernement et qui forme un tout.

Peter Fenner
Extraits rassemblés par Frédéric Mantel et publiés sur le site :
http://www.psy-spi.com

 


Sep 7 2017

Le bonheur avec Spinoza de Bruno Giuliani

Le bonheur avec SpinozaSpinoza est peut-être le plus grand philosophe de l’Occident, mais il est si difficile à lire que très peu arrivent à le comprendre. Voici son Éthique rendue enfin accessible à tous dans une version simplifiée et modernisée enrichie de précieuses explications et de nombreux exemples. Reformulant l’Éthique dans le sens des sagesses non-duelles, Bruno Giuliani met en lumière l’intuition la plus évolutionnaire de l’oeuvre, souvent incomprise de ses lecteurs, à savoir que le véritable sens de Dieu – c’est-à-dire la nature – est en réalité la Vie.

Accompagnant le lecteur tout au long de l’ascension spirituelle qui va de la souffrance de l’ignorant à la liberté du sage, il montre comment se libérer des illusions de la morale et s’éveiller à la grâce de l’amour par la seule compréhension de la vérité. L’Éthique apparaît alors clairement pour ce qu’elle est : une extraordinaire pédagogie du bonheur dont la méthode est la thérapie de l’affectivité par l’éveil de notre intuition. Plus nous comprenons nos affects comme des expressions nécessaires de la Vie, plus nos passions se transforment en vertus et plus nous devenons libres, aimants et heureux, jusqu’à la plus haute béatitude.

Une invitation magistrale à éveiller notre coeur à l’unique source du bonheur – et au sens même de l’existence : la culture de la joie.


 

Le bonheur avec Spinoza  – L’Éthique reformulée pour notre temps de Bruno Giuliani
ISBN : 9782351180693
 
Site de l’auteur : www.brunogiuliani.com
Blog de l’auteur : brunogiuliani.blogspot.ca

Sep 7 2017

Ce fameux miroir qu’est le monde réflètera quoi et à qui?

QUESTION DE LA LECTRICE :

”Bonjour Youri, merci de ta générosité.

J’ai de la difficulté à saisir le sens de “Quand vous verrez qui vous êtes, le monde entier deviendra un miroir”.

Puisque je ne peux pas être à la fois ce qui est perçu et ce qui perçoit, alors comment un miroir quel qu’il soit pourrait-il me renseigner sur ce que je suis? Ce fameux miroir qu’est le monde reflétera quoi et à qui?

Merci de ta lumière”

Réponse:

Quand tu réalises ta lumière, et que tu prends conscience que ce monde est toi, quelque chose se produit, comme si la plus grandiose partie de toi sortait de sa torpeur et que le sang irrigue à nouveau le membre oublié.

Il y a quelque chose qui se produit et le monde extérieur devient indescriptiblement plus riche, plus vivant, plus lumineux.

Quand on regarde vers l’extérieur on voit des objets, des arbres , des individus, mais quand on regarde à l’intérieur, à la source, le monde extérieur réagit et se présente tout à coup en cette vivacité. La vision du monde s’éclaircit, mais cet ”éclat” est lui-même l’effet de la découverte de soi, tout à l’extérieur ne fait que pointer vers la source.

Une fois que tu connais ton identité, le monde t’es intime, il est nu parce que tu le reconnais au-delà de la forme, et qui reconnais-tu au-delà?

Toi, c’est toi qui te cachais là pendant tout ce temps! :)

Le monde devient un miroir parce qu’il ne peut refléter que toi, la créative essence de toute expression.

Amicalement,

Yuri

La Minute de Conscience

http://la-minute-de-conscience.com