Sep 13 2017

Libéré du choix et de la volonté (Spinoza)

Depuis que mon ami Gougou m’a chaudement recommandé le livre; « Être heureux avec Spinoza », je prends tellement mon temps à lire et relire certain chapitre et ce, uniquement dans le but de prolonger le plaisir que ce livre m’apporte jour après jour.  Aujourd’hui, je partage avec vous un extrait de son livre et je vous recommande, à mon tour, de vous le procurer, un pur délice. -Marc
 
« Si nous voulons évoluer, nous devons cesser de vouloir changer. »

Il n’y a pas de mauvais choix

Nous empoisonnons parfois nos existences à force de remords et de regrets. Pourquoi n’ai-je pas fait ceci plutôt que cela? Si seulement j’avais su plus tôt ! Si seulement je ne m’étais pas marié à l’âge de vingt ans ! Si seulement j’avais continué mes études ! Si seulement je n’avais pas donné mon avis lors de cette réunion importante ! Si seulement je lui avais déclaré ma flamme plus tôt… ou plus tard ! Si nous comprenons, cependant, que notre volonté n’est pas libre, ces questions cessent immédiatement d’avoir le moindre sens. Car, si nous avons fait ce qui aujourd’hui nous semble le mauvais choix, c’est que nous n’avions tout simplement pas le choix : étant donné notre nature, notre situation et nos connaissances du moment, nous ne pouvions faire autrement qu’agir ainsi. Nos actes passés et le destin qui en découle étaient nécessaires. Croire que nous aurions pu mieux faire est une illusion rétrospective: ce n’est qu’avec nos expériences et nos connaissances d’aujourd’hui que nous jugeons qu’il y avait un meilleur choix à faire. Ces expériences nous manquant alors, nous étions incapables de faire un meilleur choix. Mais surtout, c’est précisément ce choix qui nous paraît aujourd’hui erroné qui nous a apporté les expériences nous permettant aujourd’hui de le juger, et d’éventuellement mieux faire. Si ce sont nos mauvais choix qui nous apprennent rétrospectivement ce qu’auraient été les bons choix, il faut bien admettre qu’il n’y a pas de mauvais choix, à condition qu’ils soient bien compris et interprétés. Nous pouvons bien sûr préférer passer nos journées à nous faire des reproches, à nous blâmer et nous accuser devant le tribunal de notre conscience et de nos expériences. Nous savons bien, pourtant, que cette guerre épuisante contre nous-mêmes ne changera rien à notre situation, changera aussi peu notre passé que notre futur, ne fera que broyer notre énergie, notre confiance et nos intuitions.

Accepter ses choix

Au lieu de condamner nos erreurs passées, nous ferions mieux d’essayer de les comprendre. Pourquoi était-il nécessaire, même inévitable, que j’agisse ainsi ? Quel sens cet acte avait-il pour moi à l’époque, et quel sens puis-je lui donner aujourd’hui, même s’il me paraît maintenant insensé ? Qu’est-ce que cette erreur m’a appris sur la vie, et sur moi-même ? Comprendre la nécessité de nos actes – leur aspect inévitable – c’est ainsi apprendre à accepter et aimer son destin, à s’aimer et s’accepter à travers lui. Sans cette acceptation, sans cette pleine affirmation de notre parcours ne laissant place ni aux regrets ni aux remords, il nous est tout à fait impossible d’agir à l’instant présent. Faut-il suivre le même raisonnement à propos de nos décisions actuelles qu’à propos de nos décisions passées ? Puisque nous ne sommes pas libres et que tout ce que nous faisons, nous le faisons nécessairement, pouvons-nous en conclure que nous n’avons pas d’influence réelle sur la poursuite de nos actes ? Autrement dit, faut-il cesser de réfléchir à ses choix et simplement se laisser aller là où le vent nous emporte ?

 
Extrait du livre : « Être heureux avec Spinoza » de Balthasar Thomass aux éditions Eyrolles (texte extrait de Google Livres)
 
Vous pouvez vous procurer ce livre localement à la librairie « Le Grimoire » à Prévost (sur commande).

Sep 13 2017

La vue et l’illumination

Au nombre de ceux qui dans le passé ont pris conscience de ce fait pour leur compte propre, on peut citer le maître zen Shen Hui. A la question: « Comment atteindre l’illumination? », il répondait: « Par la vision du vide, uniquement… Voir le lieu ou il n’y a rien — aucun objet —, voilà la vraie vision, voila la vision éternelle ».

On a constaté en pratique que la vue est le plus affiné de nos sens pour atteindre l’expérience directe de notre nature essentielle. Aussi, parmi beaucoup d’autres possibilités, nous retiendrons un exemple recourant à la vue pour démontrer avec quelle efficacité la perception primaire directe peut susciter l’illumination. Supposez que notre champ visuel soit rempli par la couleur rouge, du fait de regarder un mur rouge par exemple, tandis que nos autres sens et notre mental sont laissés de coté. Alors nous sommes ou cette teinte rouge ou rien du tout, puisqu’il n’y a rien d’autre dans notre conscience; dans la mesure où je suis, je suis fait rouge. Ce point est illustré par la réponse du Dr. Suzuki à la question suivante: « Comment est-il possible de franchir le gouffre qui sépare le sujet-je de l’objet-il, une tasse de thé par exemple? Est-ce par empathie que vous vous rapprochez de l’objet? » Soulevant la tasse, il répondit franchement: « Non, non. Cela ne se passe pas ainsi du tout. Je n’essaie pas d’entrer dans la tasse, je n’essaie pas de me sentir comme une tasse de thé. Je suis la tasse de thé ».

Extrait de l’article « L’ICI EST VIDE par Roger Gunther-Jones » paru dans « Revue Voir » No 7. Octobre-Décembre 1982.

Sep 13 2017

Le stress – Tout se passe dans la tête

 

 

http://youtu.be/R5K0jW1zLmI


Sep 13 2017

L’égo : Arnaud desjardins

 

« L’EGO »

L’égo pour être transcendé, dépassé doit d’abord être en bon état ou en bonne santé
Si l’égo est trop peu structuré, comment est-il possible de vouloir tout de suite dépasser celui-ci ?
certains êtres humains ne se sentent même pas le droit d’exister
Ils ont l’impression qu’ils ne sont à leur place nulle part parce que psychologiquement ils ne se sont pas sentis suffisamment aimés, soutenus, confirmés dans leur enfance
Pour que le sens de l’égo puisse s’effacer, il faut d’abord que l’égo se soit quelque peu affirmé, que nous soyons vraiment un égo au singulier et non plus une multitudes de personnages……
le dépassement passe peut-être par une affirmation du « je »…….

Arnaud Desjardins

« Aspirer à ne plus rien avoir à désirer est votre vraie nature »
MA ANANDA MOYI

http://turquoise26-terreetciel.blogspot.com

Sep 13 2017

HISTOIRE DES MOUTONS

C’est une histoire qu’utilisait Gurdjieff en ces démonstrations. Je vous la raconte à ma façon.

Il y avait une fois en Orient un Magicien aussi avare que méchant. Parmi ses nombreux trésors se trouvait un vaste troupeau de moutons auquel il tenait particulièrement. Les moutons étaient en effet sa nourriture favorite, il en tuait presque chaque jour pour festoyer avec ses invités. Le domaine où paissaient ses moutons était vaste mais, à son grand dépit, une partie d’entre eux s’échappaient. Certaines brebis pleines de sagesse avaient remarqué que l’on ne revoyait plus les moutons et agneaux que l’on venait chercher et avaient su en tirer la bonne conclusion. Ayant compris le sort qui les attendait, de nombreux moutons prenaient régulièrement la fuite. Le Magicien décida, malgré son avarice, d’engager un berger, puis des chiens; rien n’y fit. Il se résolut alors à faire installer de hautes clôtures mais les moutons trouvèrent malgré tout les moyens de s’enfuir, car les moutons en ces temps-là étaient malins et finauds. Je crois même qu’ils marchaient debout et savaient parler. Le Magicien, furieux, décida alors de s’en occuper lui-même. Il invoqua ses génies et ceux-ci lui donnèrent la solution. Il fallait endormir les moutons, les mettre en état d’hypnose. Le lendemain, souriant, il quitta son château et descendit parler à son troupeau.

« Finis les barrières, les chiens et les bergers, dorénavant vous vous garderez vous-même. Car pour vous aujourd’hui, une nouvelle ère commence. On vous l’a toujours caché, mais vous n’êtes pas des moutons, vous êtes des hommes ! »

Il se mit alors à marcher au milieu d’eux en les regardant dans les yeux et il poursuivit : « Toi, tu es un marchand !..Toi, tu es un général !.. Toi, tu es une courtisane !..Toi, tu es une matrone !..Toi, tu es un larron ! » Et il conclut : « Et maintenant, allez ! Jouez au juges et aux larrons, aux poètes et aux  courtisanes. Et que la grandeur soit avec vous. »

Dès lors ce fut terminé et le Magicien put continuer à festoyer à son aise. Les moutons jouaient à l’infernal Jeu des Hommes. Qui donc songeait encore à prendre la fuite ?

 G. St-B.