Nov 9 2017

Einstein et les pensées de Dieu

« Je veux connaître les pensées de Dieu… 
…le reste sont des détails. » Einstein

Nov 9 2017

L’anarchisme ontologique mystique

 

(le libérationnisme)

 

 

Ni courant, ni mouvement, ce n’est qu’un esprit qu’on invoque.

 

L’anarchisme ontologique mystique, ou libérationniste, n’a pas d’existence propre. Ce n’est qu’une « entité » bien floue qui n’est concrètement que ce que les gens qui participent à sa constitution en font.

 

Conformément à l’anarchisme ontologique, le libérationnisme réfute toute doctrine, tout fantôme, toute abstraction. L’expérience est le maître mot. Quant à la rationalité, elle laisse place au raisonnable. En dehors de tout scientisme comme de tout évolutionnisme, le libérationniste renoue avec le symbolique, accepte le mystère. Et préfère la sensibilité et l’intuition à la doctrine (la vérité faite évidence) ; le calme de la satisfaction du présent à la violence du calcul et de l’immédiateté pulsionnelle.

 

L’anarchisme ontologique mystique est donc tout sauf un dogme ; tout au plus quelques balises sur un vieux sentier à défricher. Voici les références : il s’agit d’une connexion entre la contestation insurrectionnelle et la sagesse, entre l’émancipation politique et l’illumination spirituelle, d’associer l’anarcho-situationniste avec la spiritualité.

 

Le libérationnisme se place ainsi sur quatre plans : culturel en tant que pratique, politique en tant que rébellion, anthropo-philosophique en tant que théorie. A cela s’ajoute l’ordre spirituel, oubli de l’anarchisme libertaire.

 

L’anarchisme s’oppose à toute forme de domination, donc aux institutions religieuses, qui diffèrent de la spiritualité, qui n’est que recherche du Bonheur ; il a pour projet que chacun devienne son propre maître, comme toute voie spirituelle. L’anarchisme et les courants libertaires, utopistes et anti-capitalistes, doivent s’émanciper du rationalisme et se réconcilier avec la spiritualité. Parce que celle-ci n’est pas la religion, mais seulement la réappropriation de soi, et la métaphysique la plus élevée est celle de l’Unité de Soi, de l’identification du transcendant et de l’immanent, bref de la Libération (mukti) : tat tvam asi ; Tu es Cela ; le Moi individuel est le Moi absolu (mais avant –et pendant- d’être Cela, encore faut-il être Moi ; avant d’être libéré, être libre). Et surtout sortir de l’idée incongrue que l’identité existe, alors même que je ne suis qu’une existence à la fois singulière et commune, toujours en mouvement.

 

Fondamentalement anti-capitaliste, démystificateur de la sorcellerie moderne, l’anarchisme ontologique mystique propage le Désordre et le Chaos. Pas par passion destructrice. Mais parce que le désordre est de l’ordre à venir, moment propice à l’effervescence, où l’individu mis hors de lui-même se découvre tel qu’il est pendant que le collectif se rassemble.

 

Le libérationnisme est Révolution. Il déclare la guerre à l’Empire, il mène un djihad. Mais comme le djihad coranique, c’est aussi une guerre intérieure. Elle est totale, parce qu’au sein de tous et pour tous. Il ne s’agit pas de faire sa révolution dans son coin, ni de l’imposer. Chaque Libération individuelle est une étoile qui s’éveille dans le ciel obscurci. Que fais-tu ? Tu maintiens fermement tes chaînes alors même que tu détiens la clé. La maxime du libérationniste pourrait ainsi être : révolutionne-toi, et tu révolutionneras le monde.

Et fais-le ici et maintenant, sans faire de la Révolution un fantôme que Stirner bannissait, mais sans oublier qu’une société est instituée (tradition, reproduction) et s’institue sans cesse (transgression, création). A nous de voir si elle se constitue avec ou sans nous. A nous de voir si on peut se passer d’un projet (projection) politique. A nous de  « situer la praxis dans le contexte d’une tradition (de fête et de résistance) et d’une anti-tradition (de l’«espoir» utopique) »[1].

Il nous faut briser nos blocages mentaux, décoloniser notre vie quotidienne ; vivre authentiquement et tout de suite. Se libérer. Si tu es libéré, tu ne pourras plus craindre. Certes, Babylone pourra t’enfermer, te persécuter, te tuer, mais elle ne pourra jamais te soumettre. S’ils peuvent te nuire, ils ne peuvent plus faire de toi un esclave. Tu es ton propre maître… Et tu les emmerdes !

 

Le libérationnisme est la Révolution ; son « moyen », fin en soi, est l’Amour Juste. Les relations d’interaction sont une des plus hautes formes d’être-au-monde. Convivialité, effervescence, philia, compassion sont une préoccupation permanente. Parce que l’Unique ne se conçoit pas sans conjonction du Moi et de l’Autre (autrui comme de l’Autre en soi). Parce que les relations face-à-face permettent à l’individuation de surgir, à la personne de se constituer elle-même. Parce que la convivialité est la source de l’Autonomie créatrice. Parce que l’Amour désintéressé est la voie de la Libération.

Les armes libérationnistes sont multiples. Beaucoup nous sont encore inconnues. Résistances ordinaires (boycott, do it yourself, frugalité, prix libres, troc…) ou insurrectionnelles, multiplier les pratiques autogestionnaires, créer des Zones Autonomes, développer le Réseau subversif et solidaire, revenir à la spontanéité du don, le Terrorisme poétique, la guérilla populaire, répandre l’a-croissance conviviale… Etre décroissant, ou le ver dans la pomme. Et surtout refusons le Travail, car l’anarchisme ontologique mystique s’en méfie comme de la peste. Soyons des hérétiques du Dieu Progrès.

La Résistance est un art martial ; il faut combattre avec un certain détachement, pour soi dans le souci des autres et sans craintes ; essouffler l’adversaire, le soumettre plutôt que le détruire. L’anarchisme ontologique mystique n’a pas de position claire sur la violence, celle-ci restant dépendante du contexte. Il s’accorde seulement sur le principe de non-agression sur les personnes.

 

Voici peut-être certaines des références de l’anarchisme ontologique mystique : bien sûr Hakim Bey, les situationnistes (G.Debord, R.Vaneigem, H.Lefebvre…), les spiritualités ésotériques comme le soufisme, le bouddhisme, le taoïsme… La Baghavad-Gita est pour nous une référence. Nous pouvons aussi citer I.Illich, A.Gorz, ou encore C.Castoriadis. L’anthropologie peut aussi permettre de poser quelques pierres à l’édifice. Les révolutionnaires de tout poil également. Ce n’est pas la théorie qui doit nous guider, mais une dialectique permanente entre théorie et pratique.

 

Voilà ce que peut être l’anarchisme ontologique mystique. Maintenant, à nous d’en faire ce qu’on en veut !



[1] Hakim Bey, « Primitifs et extropiens »

www.anartoka.com/subversite/download.php?id=101&sid…


Nov 9 2017

NON-ATTACHEMENT…

images51Houei-Neng « L’impermanence, c’est la Nature-Bouddha. Ce qui est toujours, c’est l’esprit qui divise tout en bien et mal »…

…Détachement est pour moi, ce non-attachement dont tu parles. C’est prendre du recul à l’événement à l’histoire de cette vie. On se détache de rien, c’est qu’au contraire, tout, qui se détache de nous. C’est une lucidité.

Ce n’est pas du recul, ce n’est pas qu’on se détache ou que la chose se détache de nous, c’est que la situation, là, intégralement est vide, vide d’elle-même. La situation, comprenant « je » est déjà totalement non-attachée. Ce qui veut dire que la situation n’existe pas, que sa nature n’est pas ici ni maintenant, ni avant ni après ni là-bas, ni née ni non-née; elle est un vaste Devenir, pure Impermanence. Ce que je vis, (et ce « je » compris), n’est qu’une vaste illusion magique. Ainsi la tristesse, la joie, le plaisir, la douleur, tout. Et ceci n’apparaît pas dans ce mouvement protecteur de s’en détacher, ou d’attendre qu’elle se détache de nous ou dans le soi-disant refuge de notre plénitude ou complétude indépendante de la situation. Lire la suite


Nov 9 2017

cela se résout tout seul- Mooji


Nov 9 2017

SILENCE

index18

-Le passé n’existe plus et le futur n’existe pas encore, seul le présent, le maintenant est réel.

-Si le passé et le futur ne sont qu’illusion, comment imaginer que maintenant soit réel? Si maintenant était déjà contenu dans le passé, pourquoi s’en émanciperait-il? S’il n’était pas du tout contenu dans le passé, comment pourrait-il apparaître? Si maintenant était le produit de lui-même, il aurait une véritable réalité, et même double!: alors comment pourrait-il disparaître? Comment une chose qui ne peut être produite ni d’elle-même ni d’autre chose peut-elle réellement exister? D’autre part, que veut dire « le passé et le futur ne sont qu’illusion »? Cela veut dire qu’ils ne sont qu’apparence vide de nature, qu’ils sont comme un rêve. Par quel miracle un maintenant pourrait-il être le dépositaire d’une nature réelle? Par n’importe quel bout que vous preniez ce « maintenant », divisible à l’infini en parties, il demeure à jamais introuvable. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas, cela veut dire que son existence est uniquement conventionnelle, une pure apparence, une abstraction accréditée par le sens commun. Donc, il est impossible de le trouver et, par conséquent, de le nier: aucun maintenant n’est possible, et cette impossibilité, ce vide est ce qui habite son apparition, une négation qui seule peut le définir, qui constitue son existence. Et pourtant, tout semble « coller » avec ce maintenant: le corps ne peut être ailleurs, la conscience non plus, la pensée, les perceptions, les sensations, tout. Et comment? Parce qu’à leur tour, tout cela n’est qu’illusion magique, apparence. Par n’importe quel bout que vous preniez les choses, il n’y a rien de réel, en soi. Je est une simple convention, le monde est une convention, la conscience, les objets, les sensations, les pensées, toute chose, et leur manière d’être est l’interdépendance, l’actualisation, le contact, qui, à leur tour, ne sont qu’apparence, vides d’existence. Lire la suite