Jan 31 2018

Capsule Jovialiste #37 :) la liberté


Jan 31 2018

Rêverie du promeneur solitaire – Jean Jacques ROUSSEAU


Mais s’il est un état
où l’âme trouve une assiette assez solide
pour s’y reposer toute entière
et rassembler là tout son être
sans avoir besoin de rappeler le passé
ni d’enjamber sur l’avenir…
où le présent dure toujours…
sans aucun autre sentiment
de privation ou de jouissance,
de plaisir ni de peine,
de désir ni de crainte
que celui de notre existence,
et que ce sentiment puisse la remplir tout entière,
tant que cet état dure,
celui qui s’y trouve peut s’appeler heureux,
d’un bonheur suffisant, parfait et plein,
qui ne laisse dans l’âme aucun vide
qu’elle sente le besoin de remplir,
Tel est l’état,
où je me suis trouvé souvent
à l’île Saint Pierre
dans mes rêveries solitaires.

 

http://www.le-grand-vide.com

Jan 31 2018

1,2,3… Présence !!!

 

Au cœur de toutes les voies, il a toujours été question de la nécessité absolue de la vigilance, présence à soi, présence à Dieu. Des générations de religieux de toutes confessions s’y sont consacrés. D’ailleurs, Prajnanpad nous dit clairement « il n’est pas question de savoir si la vigilance est importante sur le chemin , la vigilance C’EST le chemin »
Voilà qui mérite que l’on s’y considère cette question avec un intérêt tout particulier.
Voici une description de ce que peut être la vigilance qui à le mérite d’être extrêmement puissante et comment cela est applicable instantanément dans nos vies.

Il existe 3 modalité de conscience possible au cours de la journée : mode 1, mode 2, mode 3
Et nous découvrirons que durant toute notre vie, nous glissons continuellement d’un mode à l’autre.

Mode 1
C’est la conscience sociale minimum , c’est le niveau de conscience que nous connaissons bien qui fait que chez le boulanger, on demande une baguette et pas du poisson. Il peut se passer quelque chose autour de nous, nous n’en n’avons pas conscience. La boulangère peut être triste ce jour là, nous ne nous en rendrons pas compte et nous rentrons chez nous sans vraiment faire attention à notre itinéraire. Bref une forme de sommeil éveillé que nous « pratiquons » allègrement. A ce stade, il n’est évidemment pas question d’un Chemin spirituel et de mise en pratique d’un enseignement quel qu’il soit. Dixit Swamiji « vous êtes nulle part , vous n’êtes même pas une entité,»

Mode 2
Si des circonstances favorables le permettent,( j’ai décidé que je serais conscient, je fais une retraite, un danger me menace… ) nous pouvons passer en mode 2 et alors j’ai conscience de moi, c’est à dire de ma réalité physique, des sensations, de la situation dans laquelle je suis, des pensées et peut être des émotions. Je peux ainsi être attentif au fait de parler, d’écouter ou d’être engagé dans une action. Avec la mode 1, la différence est considérable : il y a « quelqu’un » qui expérimente et ce quelqu’un c’est MOI. Et là une forme de pratique devient possible. Le mode 2 c’est l’attitude du chercheur qui découvre la nécessité de la Présence, de l’attention. et de sa difficulté aussi ne serait ce que pour revenir le plus souvent possible à cet état de veille sans même parler de s’y installer.
Ce mode 2 c’est aussi l’attitude intérieure de gens qui n’ont jamais pratiqué de chemin, qui n’ont jamais entendu parler de spiritualité mais qui sont tout simplement sains, psychologiquement sains.
Il faut être très clair, ce mode 2 nous prépare au Chemin mais n’est pas le Chemin lui-même c’est la pratique consciente de notre bonne vielle dualité, moi et le monde, mais ce n’est pas la vigilance, pas du tout ! Et pourtant c’est le jour et la nuit avec le mode 1 : une lampe s’est allumé  « JE veille » Mais ce Je reste mon postulat de base. Alors comment faire l’expérience du Un avec, de la Non-dualité. Certainement pas en mode 2. Même non-égoïste, même aimant, même détendu, je reste toujours Moi en face de l’Autre. Il ne peut y avoir de véritable accueil.

Mode 3
Alors que le mode deux  est une attention dans Une direction, de moi vers le monde, le mode 3 est une attention simultanée dans Deux directions diamétralement opposées : la direction vers ce qui est regardé,(vers l’avant) et la direction vers Ce qui regarde (vers l’arrière)  et oui la Conscience à cet immense pouvoir de ce diriger vers le VU et vers CE qui voit.

« Quelle idiotie » rétorque n’importe quel mental parfaitement constitué « Ce qui voit en moi, c’est  MOI évidemment !!! » Vérifions quand  même, Swamiji répétait assez souvent « Qui agit, qui voit ? moi ou……ou qui, ou quoi ? ?

Et là pour Voir (et non comprendre ou ressentir)  notre brillante intelligence ne nous sera d’aucun appui. Vous regardez cette page et je vous propose simplement de vérifier le « voyant ». Qui regarde cet écran ou ces caractères d’imprimerie en ce moment ? pour le savoir, sans idées préconçues, sans utiliser votre mémoire ou votre imagination, tournez votre attention vers l’arrière en direction de l’origine de la vision et que voyez-vous ? que découvrez-vous ? Vous êtes LA Seule et Unique autorité sur votre expérience.

En ce qui me concerne, en ce moment si je retourne à 180° mon attention de cet écran et clavier , ce que je vois , c’est….rien, rien du tout, un immense espace d’accueil pour la scène qui est là, un vide plein mais un vide tout de même, une absence disponible, accueillante et le miracle c’est que cette absence VOIT, ce vide VOIT. Je vous en prie, vérifiez si c’est votre expérience. Si j’ose retourner mon attention vers CE qui voit en moi, je réalise qu’au centre, au cœur même, il n’y a rien !!! c’est CE QUE JE SUIS et c’est CE QUI REGARDE. Ce n’est pas une chose, c’est Rien et Tout en même temps ; Juste la Conscience, la Présence, l’Unique Conscience qui voit en chaque être. Pas de couleur, pas de forme, pas de mouvement, je ne comprend pas, je ne ressens pas pourtant je vois. J’insistes, ne faîtes pas semblant, mais si c’est votre expérience, alors Bienvenue au club, vous êtes en Mode3 et par la même, vous mettez un pied sur le Chemin. Avant cette découverte tout n’était que préparation, acceptez que la pratique fondamentale, c’est la pratique du mode 3 ; Pourquoi, parce que c’est la pratique de la non-symétrie, la pratique du non-deux. L’objet vu reste l’objet vu, le monde reste le monde mais à partir du véritable sujet, de ma véritable nature.

Comment être UN AVEC ? il faut s’effacer, disparaître,. Comment ? en voyant qu’ici, au centre, au cœur, je suis l’Ouvert, l’Accueil, je suis OUI.le moi que je croyais être n’est pas au centre, n’a pas accès au centre. « Le salaire du péché, c’est mort »disent certains mystiques chrétiens. Que cette phrase devient lumineuse lorsque je vois qu’ici, à distance zéro de moi-même réside ce merveilleux Vide-Plein. Le moi que je croyais être n’est qu’en Banlieue, dans le monde du changement, des choses et de la mort…

Si je suis totalement identifié à ce moi, séparé de ce vide plein de cette Conscience sans nom.
voilà mon péché et oui alors ma certitude est la mort .

Le mode 3, c’est la pratique de l’immortalité, de la vigilance, du retour de l’attention vers ce Vide-Plein fondateur et par la même c’est la pratique de l’effacement du moi, de la mort à soi-même. Pour citer Arnaud DESJARDINS dans le chapitre ATMA de « A la recherche du Soi »
La seule véritable vision est la vision simultanée des formes et du sans forme, autrement vous êtes dans le mensonge et l’illusion »

Maintenant le but du jeu, sera de revenir le plus souvent possible en mode 3, avec les inévitables glisssements en mode 1 et 2. Mais quand la lumière de la vigilance sera de nouveau allumée, vous ne pourrez plus vous prendre pour cette petite forme limitée, fragile  et séparée.

Et pour finir, un conseil ; Le meilleur point d’appui pour pratiquer et revenir en mode 3, c’est lorsque vous êtes en relation avec quelqu’un. Osez faire cette chose audacieuse qui consiste à disparaître consciemment en faveur de l’autre et de en même temps de retrouver son humanité en l’autre et par l’autre.

Alors peut être que, dès le début de cette pratique fondamentale vous ne ferez pas l’expérience d’Ananda, de l’amour qui coule à flot. Sans doute pas, mais vous réaliserez vite, très vite que cette Lumineuse Béance , de cette Glorieuse Absence, Ici en mode 3 qu’IL va venir.    Confiance, en mode 3
Alain BAYOD

http://www.francis-sigrist.org


Jan 31 2018

Pourquoi les femmes sont plus près de l’illumination que les hommes

Les obstacles sur le chemin de l’illumination sont-ils les mêmes pour les hommes que pour les femmes ?

Oui, mais de manière différente. Dans l’ensemble, il est plus facile pour une femme de sentir son corps et de l’habiter. Par conséquent, elle est naturellement plus près de l ’Être et donc potentiellement plus près de l’illumination qu’un homme. C’est pourquoi de nombreuses cultures anciennes choisissaient instinctivement des personnages ou des symboles féminins pour représenter ou décrire la réalité transcendantale. Cette dernière a souvent été symbolisée par la matrice qui donne naissance à toute chose dans la création et qui la sustente et la nourrit durant sa vie en tant que forme. Dans le Tao-tö-king un des plus anciens et plus profonds livres jamais écrits, le tao, qui pourrait se traduire en français par « Être », est décrit comme « l’éternel et infini présent, la mère de l’univers ». Les femmes lui sont plus proches que les hommes de par leur nature puisqu’elles « incarnent » virtuellement le non-manifeste. Qui plus est, toutes les créatures et toutes les choses doivent retourner à la source. « Toutes les choses se fondent dans le tao. Seul celui-ci se perpétue. » Vu que la source est considérée comme étant de nature féminine, on attribue à cet archétype féminin les polarités de la lumière et de l’ombre à la mythologie et en psychologie. La déesse ou la divine mère a deux aspects : elle donne la vie et elle la reprend.

Lorsque la pensée prit le dessus et que les humains perdirent contact avec leur essence divine, ils se mirent à imaginer Dieu sous une forme masculine. La société devint peu à peu à dominance masculine, la femme étant soumise à celle-ci. Lire la suite


Jan 31 2018

Face à la mort

« J’ai été touchée d’apprendre la mort d’Arnaud Desjardins (18 juin 1925 – 10 août 2011) et cela m’amène à vous partager ce texte écrit par Gangaji en 2002 après la mort d’un de ses amis. » Isabelle Padovani

Vous mourez en ce moment même.Tout ce que vous pensez être est en train de mourir maintenant.Vous-même, en tant que corps individuel, en tant que monde, en tant qu’expérience, vous mourez en ce moment.

Plusieurs morts surviennent tous les jours.

Il y a la mort de chaque moment, et la mort tous les soirs quand le sommeil vous prend.

Il y a mort quand une relation se termine ou quand un enfant quitte la maison.

Cependant la mort dont je veux vous parler est la mort physique.

Dans notre culture, cette mort est généralement celle qu’on évite le plus, ce qu’on nie le plus.

Nous sommes tellement terrifiés par elle, tellement effrayés de n’être rien.

Bhavo est mort. Il est parti tranquillement dans son sommeil, alors que trois amis étaient auprès de lui et que j’étais en route pour aller le voir. Cela a été si précieux, un tel cadeau d’être avec lui les semaines avant qu’il meure et ce matin-là d’accompagner son corps dans la mort. Ce n’était pas là une théorie sur la mort, c’était vraiment d’être dans la chambre avec la mort. La mort qui s’approche, qui s’approche clairement, et puis la mort là, présente, s’emparant de l’énergie de vie. C’était d’être avec un corps quand rien n’y est fait pour l’embellir, quand il a la pâleur de la mort. Juste la vérité crue de la mort de la forme. Accepter d’être en présence de la mort nue, non déguisée, révèle l’absolue, l’indéniable beauté et la présence de ce qui est éternellement vivant. Bhavo a donc disparu, ce que nous connaissions de la forme de Bhavo n’est plus. Son corps a été incinéré et maintenant il est réduit en cendres; il a disparu. Nous aurons tous des souvenirs de Bhavo, des souvenirs de sa charmante personnalité, de ses sautes d’humeur, de toutes les dimensions de ce qu’était Bhavo.

La présence qui animait sa forme est exactement la même présence qui anime votre forme, qui anime toute forme. S’éveiller à soi-même en tant que cette présence, c’est accepter d’affronter la mort dans toutes les formes, y compris ce que vous appelez votre propre forme. Il a laissé un cadeau immense à ceux d’entre nous qui ont accepté de l’accompagner dans ses souffrances physiques jusqu’à la fin. Il y avait quelque chose de très précieux dans sa mort, parce qu’il savait qu’elle approchait. Il ne niait pas la mort. Cela ne veut pas dire qu’il ne combattait pas la maladie ; il s’est battu, faisant tout ce que lui et ses médecins pensaient possible. Il ne s’agit pas de ne pas combattre la maladie. Il s’agit de savoir que vous combattez la maladie tout en sachant que la mort viendra à son heure. Et d’avoir la capacité, comme Bhavo l’a eue, de faire face à sa propre fin. Quand il a entendu les mots :« Nous avons perdu la bataille, le combat est terminé », le lendemain matin il était mort.

Plusieurs personnes viennent à la recherche spirituelle pour obtenir quelque chose, mais la vraie réalisation spirituelle est atteinte par l’abandon conscient de tout. Que signifie de tout perdre ? Dans la mort, nous perdons tout : nos familles, nos amoureux, notre histoire, notre passé, notre futur. En acceptant de tout perdre consciemment, la vérité de soi-même est révélée.

Heureusement, Bhavo n’a pas eu à attendre que la maladie s’empare de son corps pour affronter cette perte.

Ainsi il a pu mourir libre, il a pu mourir en paix, perdant quelque chose de très précieux, mais gagnant plus encore que tout ce qui puisse être perdu. Il m’a semblé que ceux d’entre nous qui étaient avec lui ce jour-là, avec son cadavre couleur de cendres, ont ressenti une inconcevable, une incompréhensible joie d’être. Bhavo, dans sa mort, a été un cadeau pour nous. En vérité, il avait été un cadeau pour nous longtemps avant, parce qu’il avait fait face à la mort bien avant que la mort physique ne vienne. Sa vie comme sa mort ont été finalement, relativement et absolument le même cadeau.

Nous allons tous mourir un jour ; il n’y a pas de naissance sans mort.
Cependant, en ce moment même vous avez l’occasion d’affronter la mort avant que votre corps ne meure, de reconnaître votre amour pour le corps, votre attachement à la forme physique et de laisser cet attachement mourir. C’est le fait de s’identifier à tort à la forme physique qui doit mourir. Et, à travers cette mort, vous vous éveillez à la vérité de ce que vous êtes véritablement. Si vous acceptez de vous arrêter un seul instant et de mourir à cet attachement, il est possible qu’il vous reste au moins un peu de temps pour découvrir ce à quoi ressemble la vie quand on a fait face à la mort. Alors vous pourrez passer le reste de votre vie à partager votre découverte avec les autres. Il y a une telle faim, une telle soif du nectar qui vient de cette reconnaissance.

Pour mourir de cette façon, il faut d’abord découvrir le mécanisme de la résistance.

Par exemple, quelle est la pensée sur laquelle repose la croyance que « je ne peux pas affronter la mort tout de suite ? » La résistance à faire face à la mort vient de la pensée effrayante qui dit « je n’existerai plus. » Je comprends cette peur.

Plusieurs l’ont dit, et je le dis moi aussi : « Vous êtes l’existence même. »

Je ne vous demande pas de

croire ce que je dis, mais je vous encourage à vraiment faire face à la peur de ne pas exister, à plonger dans l’idée inconcevable que vous puissiez ne pas exister.

Généralement, nous nions cette possibilité, mais de l’explorer véritablement, de se demander « qui ou qu’est-ce qui n’existera pas ? », voilà ce qu’est la recherche de soi (Self-Inquiry).

On peut dire que vous êtes la Conscience Rayonnante, que vous êtes la Lumière, la Vérité, Dieu ou la Beauté. Cependant, il vous faut vous reconnaître vous-même comme tel, pour vous-même.

Êtes-vous le corps ? Je sais que le corps est de toute évidence imprégné de vous, je ne dis donc pas que vous êtes séparé de votre corps.

Êtes-vous prêt à accepter de mourir dès maintenant, d’être mort à la personne que vous étiez, d’être mort à celle que vous pensez être et à celle que vous pensez devenir?

Maintenant, que reste-t-il ?

par Gangaji
Publié par Isabelle Padovani
http://kerisahel.blogspot.com

Jan 31 2018

leçon de vie par un sage Amérindiens a l’homme blanc


Jan 30 2018

La fin de la jolie histoire

Pendant toute ma vie je me suis raconté une jolie histoire.

Cette histoire je l’appelais l’histoire personnelle de Cédric. Pour que l’histoire soit vraiment intéressante, il fallait que Cédric traverse bien des épreuves, fasse l’apprentissage du bien et du mal, du bonheur et du malheur. Et comme dans les films américains, il faut finir l’histoire par un « happy end ». Un jour le petit Cédric tombe sur un texte mystique et le petit Cédric est tout content, il tient enfin son « happy end » : « Je vais atteindre l’éveil ». Et la petite histoire pouvait continuer dans ma tête : « Un jour, moi Cédric je serai libéré, un jour moi Cédric, je serai pleinement accompli… ». Oui tout ceci n’était qu’une petite histoire que je me racontais dans la tête. Mais une jolie petite histoire :-)

Le seul moyen d’en finir avec la quête est de réaliser qu’il n’y a pas de chercheur.

« Vous réalisez que ce n’est pas vous qui vivez votre vie, mais la vie qui vous vit. La vie est le danseur et vous, la danse. »  -Eckhart Tolle

 http://jeux2role.blogspot.com


Jan 30 2018

NON-PENSEE ET INSOUMISSION

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La vie semble souvent se résumer à un passage d’un état à un autre, de son en silence, de mouvement en immobilité, de pensée en non-pensée, d’agitation en tranquillité; il y a un fort sentiment de discontinuité, d’inharmonie, d’impermanence, d’absence de sens… Et le recherche est incessante: pris dans la pensée, nous voulons la non-pensée; pris dans le mouvement, nous voulons l’immobilité; pris dans le vacarme, nous voulons le silence; pris dans la veille, nous voulons le sommeil; et bien entendu, ça marche aussi en sens inverse. Nous semblons pris sans cesse les pieds dans les fleurs du tapis, pris dans le dualisme, c’est-à-dire dans les extrêmes. Et sitôt que nous entendons cela, eh bien nous cherchons le milieu…

Les extrêmes (vie et mort, veille et sommeil, son et silence, mouvement et immobilité, etc…) ne sont en fait qu’une production de l’esprit, déconnecté du « sentiment » de présence, du moi qui a besoin de se poser sur quelque chose (ou sur UN rien) afin d’être lui-même UN quelque chose ou UN rien. Nous vivons dans les images d’un miroir qui se renvoient sans cesse et se confirment. Et ceci nécessite une quantité énorme d’énergie pour faire illusion.

C’est pourquoi je tentais, pour ceux que ça intéresse, de faire une différence entre la pensée et LE penser. L’expérience commune qui semble régir la pensée, c’est un extrême, ou un couple d’extrême, qui est « production-cessation ». Elle est sans cesse habitée du spectre du penseur, lequel ne peut se maintenir que grâce à l’objet de la pensée, la visée… Alors la pensée finit toujours par se poser, repos apparent du penseur, puis vide angoissant, et retour au dynamisme… Et c’est la simple présence qui est occultée, toujours cherchée à travers un quelque chose ou son corollaire, un rien.

Il faut comprendre intimement, sensitivement et intuitivement que la présence, ou le non-soi, ne saurait être prise dans le jeu des contraires et être liée ou dépendante de la présence de quelque chose ou la présence de rien. Mais ce qui nous coupe de « l’émotion » fondamentale du non-soi, qui est absence de localisation, de demeure, c’est le dynamisme du penseur, qui se cherche dans les choses qu’il fixe à travers une pensée. Il vit dans un monde de pensées-formes, dans un mirage fait d’allées et venues, de production et cessation, de fatigue…

Puisqu’il a été question dans de récents commentaires de l’absence de pensée, je souhaite dire que pour moi, la non-pensée n’a rien à voir avec l’absence de pensER, que l’immobilité n’a rien à voir avec l’absence de mouvement, que le non-soi n’a rien à voir avec l’absence du sentiment intime d’être, du Sens-Je, etc… Le non-soi est juste une libération des extrêmes, de l’acceptance inconditionnelle que dans leur apparence seule réside leur réalité, sans substance. Le non-soi est la fondamentale émotion de l’existence qui hante le flux émotionnel, l’absence de localisation qui permet et hante toutes les localisations, l’absence du penseur qui permet l’harmonie sans interruption DU penser, l’absence de regard qui permet et hante le Voir, les ténèbres du sommeil qui permettent et hantent la luminosité de la veille, et dont chaque instant témoigne la coïncidence, l’actualisation. La non-pensée est donc la libération du penser fondamental, sans début ni fin, présence vivante. Un penser sans sujet ni objet, plus soumis à l’impermanence mais brillant sensitivement comme l’Impermanence même.

(La voie du milieu n’existe pas, puisqu’elle consiste juste en l’évacuation des extrêmes, c’est-à-dire dans leur acceptance en tant que pure apparence).

Cette sensitivité est, si je puis rajouter un mot, votre insoumission à tout disours ou loi, au sein d’une vaste et infinie acceptance; elle est la vie dans le spectre de l’Être. Cette sensitivité est votre trésor, qui sépanouit dans et en tant que ce qui est.

http://nondualite.canalblog.com


Jan 30 2018

« Si nous changeons la façon dont nous regardons les choses… » Wayne Dyer

« Si nous changeons la façon dont nous regardons les choses, les choses que nous regardons, changent. » Wayne Dyer

(en anglais)


Jan 30 2018

Se prendre pour

La relation avec l’aspect illusionné

Le mental n’est pas “quelqu’un”, de même qu’il n’est pas “autre”. Il s’agit d’un outil, d’une fonction que nous détenons. C’est comme le miroir que nous utilisons pour nous apprêter. Le reflet qu’il nous renvoie est vide. Il en va de même pour notre personnage. Il ne s’agit que d’une idée. L’illusion, ce n’est qu’une idée qui se gêne elle-même, et qui décide de se mettre en quête d’une solution en recherchant la vérité. Mais de quoi parlons-nous ??? C’est aussi cette idée qui veut rester dans “l’observateur” et qui tente d’éviter de “s’impliquer”…  Cela paraît logique du fait de notre identification. Aussi, c’est l’écueil que nous devrions éviter afin de ne pas mettre l’illusion sur le chemin de l’éveil.
Fondamentalement, il n’y a même pas besoin de défaire cette identification. Il ne s’agit que d’une IDENTIFICATION. “Se prendre pour…” ne fait pas qu’on le devient. Au contraire, parce que nous ne pouvons pas le devenir, il nous faut nous y investir en essayant encore et encore. Comme il m’est arrivé de le dire : “nous pratiquons l’illusion”. Plutôt que d’assumer notre nudité, nous nous habillons, nous nous masquons. Tous les matins nous revêtons notre “costume”. Si le rôle se manifeste, s’impose, c’est parce qu’il est joué, c’est parce qu’il est nourri. Il y a donc bien un corps, une Présence initiale qui est à l’origine de l’illusionnement. C’est pour cela que j’invite à nous découvrir “avant”, plutôt que de nous rechercher “après”.
La vérité reste vraie. Elle s’accomplit d’elle-même.
Devant nous, il n’y a jamais eu qu’un “miroir”. Il n’y a personne d’autre.

(billet en réponse à l’e-mail de Nordine et à celui de Sylvain)

http://www.denismarie.net