Jan 9 2018

A propos du questionnement

La réponse est oui, mais quelle est la question ? Woody Allen
L’enfant est curieux, il pose des questions;
… L’adulte est sot, il apporte des réponses. C.E. Schmitt
Elle ne se posait pas de questions, car elle ne voulait pas connaître les réponses…

 
L’importance de la question ne m’est apparue, en fait, qu’assez récemment…
Jusqu’alors, je laissais les questions venir et me focalisait plutôt sur les réponses, plus précisément sur les enseignements qui apportaient des réponses à mes questions. Je suis venu à me poser les premières questions sur le questionnement pour des raisons de méthodologie. En effet, j’ai souvent trouvé les longs discours ou exposé pouvaient devenir rapidement lassant.
Puis, j’ai observé que je trouvais beaucoup plus d’intérêt dans le dialogue. C’est alors que je me suis souvenu que les philosophes de l’Antiquité et en particulier les Grecs fonctionnaient souvent ainsi.
De même, les maîtres du non-dualisme Ramana Maharshi, Krishnamurti ou Nisargadatta.
J’ai longtemps pensé qu’il s’agissait d’une méthode comme une autre de présentation de leur enseignement.
Puis j’ai réalisé qu’il était en fait fondamental que le disciple pose au maître (se pose à lui-même) les questions les plus essentielles possibles. Un maître spirituel éveillé ne ressent que peu de besoin de dire ceci ou cela.
La rencontre de 2 maîtres spirituels est, je peux en témoigner, un non-évènement de 1er ordre. Ou l’un d’eux à encore quelque chose à prouver et veut convaincre l’autre qu’il a raison, ou s’ils sont tous deux établis dans la Vérité, ils parleront d’autres choses ou feront une plaisanterie.
Par contre, si une personne sincère pose une question qui lui tient à cœur, une réplique fusera.
On pourra alors observer plusieurs phénomènes:
a- Celle-ci sera toujours précisément adapté à celui qui aura posé la question (« Quand le disciple est près le maître arrive »)
b- Le bon enseignant ne donnera pas de réponse au même niveau que la question qui le plus souvent est le fruit du mental, mais ira plutôt au plus profond de l’être et ce qu’il dira (même si l’on ne s’en rend pas immédiatement compte) sera parfaitement adapté à la situation.
Ainsi, si par exemple, la question porte sur la peur qui peut être ressentie dans tel situation ou au sentiment confus qui monte et bloque dans telle situation, le maître ne répondra il faut faire ceci ou cela, il proposera un autre point de vue (littéralement), et si au lieu de donner de l’existence à un moi qui se bloque ou se heurte dans telle situation, on se place du point de vue du Je.
Cela amènera nécessairement à se poser la question « Qui est ce moi qui a peur et est bloqué?
Et qui l’observe? Qui d’autre que lui est là, à l’intérieur?
Puis amènera naturellement à prendre conscience de l’existence de Je? Qui suis-je ? Qui est-je ?

L’enseignement Soufi

Le Cheikh Bentounès nous l’avait magnifiquement conté lorsqu’il évoquait son éducation soufie, même pour le calcul:
Dans ses commentaires, le maître nous donnait la demi-vérité.
L’autre moitié nous devions la découvrir à partir de notre qualité de réflexion et de notre vécu intérieur.
Il ne disait jamais 2+2= 4 mais 2+2 ?.A toi de faire l’addition.
La vérité est à l’image du beurre.
Le maître nous donnait le lait et, par nos efforts, nos méditations. nous étions aptes ou non à produire du beurre.
Bien sûr, chacun évoluait en fonction de la qualité du travail accompli.(.)
L’enseignement soufi n’est jamais figé, fixé et fermé.
De là découle une grande liberté de pensée et la nécessité d’une quête quotidienne.

Dans la tradition chrétienne
On relira comment Jésus répond à ses disciples dans L ‘Évangile de Thomas ou comment Me Eckhart répond à ses ouailles.
Dans le Bouddhisme , il est souvent question du maître qui accompagne le disciple, qui lui montre la lumière, mais d’une manière ultime seul le disciple pourra par lui-même traverser la rivière.
Il est aussi dit que « Lorsque le maître pointe vers la Lune avec un doigt, l’idiot est celui qui regarde le doigt ».
Dans la tradition Zen, les Koans, ces questions que le maître pose, souvent en réponse à la question d’un disciple, et auxquels ce dernier doit trouver une solution malgré une apparente absence de sens au 1er degré. (« Quel est le bruit d’une seule main qui applaudit? » ou « Toutes les choses retournent à l’Un, mais où retourne l’Un? »)
Dans le Judaïsme Il a longtemps été reproché aux Juifs de répondre à une question par une autre question.
Les enseignements du Rabbi Nahman de Braslav tels que les rapporte Marc-Alain Ouaknin dans son livre Tsimtsoum chez Albin Michel (cf Psy-Spi de Printemps 98).
L’énergie du questionnement (Extraits de la 2ème partie du Tsimtsoum, au Chapitre X)
« Il existe toutes sortes d’yeux aussi, il y a en conséquence toutes sortes de vérités,
et en conséquence, il n’y a aucune vérité. » Nietzsche
« A cette forme correspond une parole dont la modalité maintient l’exigence dynamique.
Il s’agit de la parole questionnante, de la question. »
 » La question est mouvement. la question, parole inachevée, replace dans le vide l’affirmation pleine. »
De l’espace vide nécessaire à la création.
« Pour maintenir la relation paradoxale en jeu dans la Mahloquèt, la question ne doit pas attendre de réponse: »
« La réponse est le malheur de la question. »(…)
Répondre serait faire retomber l’être ce qui tendait au-delà. La réponse supprime l’ouverture. »
« La question inaugure un type de relation caractérisé par l’ouverture et le libre mouvement. »
« Elle demande une ouverture. »

.Donc importance primordiale de la question.
Celle de l’étudiant, mais aussi celle du maître qui loin de figer l’enseignement par une réponse,
va donner à l’étudiant une direction pour chercher par lui-même, peut-être en lui-même…
« La question est ouverture…  » La réponse met un terme à l’ouverture de la question…
Le maître peut montrer la direction, mais il ne pourra pas traverser la rivière pour vous.
A chacun de chercher…

Frédéric Mantel

http://www.psy-spi.com/


Jan 9 2018

Non né, libre, nu, frais, rigpa n’est pas une chose à construire

 

Merci à Patrice pour ce texte

 

« Tout comme l’espace pénètre tout, la conscience pénètre tout.
Comme l’espace, rigpa embrasse tout, rien n’existe en dehors de lui.
Tout comme les êtres de ce monde sont traversés par l’espace, rigpa* pénètre l’esprit de tous les êtres.

Personne n’est dénué de rigpa. Seulement, il n’est pas reconnu.
Rigpa est non conceptuel, libre de toute pensée conceptuelle, cependant, il est connaissant.
Sans cette connaissance, on ne pourrait rien connaître.

Non né, libre, nu, frais, rigpa n’est pas une chose à construire. Il est là où nous devons tous arriver.

Immaculé et doté de toutes les qualités parfaites, même si vous le vouliez, vous ne pourriez critiquer rigpa.
Indescriptible, on ne peut lui trouver aucun mot, concept ou analogie, il transcende la connaissance conceptuelle.
En d’autres termes, même les scientifiques ne peuvent l’envisager. Ils ne comprennent que ce qu’ils peuvent saisir, mais la connaissance transcendante est au delà de la saisie de l’intellect.
Elle n’est en aucune façon formelle. Elle ne naît ni n’existe, elle est comme l’essence de l’espace.
Cependant, elle réside dans le domaine de notre expérience individuelle. Nous pouvons en faire l’expérience.
Vous ne pouvez pas reconnaître l’essence de l’esprit d’une autre personne, mais vous pouvez connaître votre propre esprit.
Il est juste là, il ne réside pas ailleurs.
En d’autres termes, il est le domaine de la conscience éveillée qui se connait elle-même.
Cette conscience éveillée, Rigpa, qui se connait elle-même est à notre portée.
Vous pouvez la connaître. »

Tulku Urgyen

montagne-ciel-bleu

http://eveilphilosophie.canalblog.com


Jan 9 2018

Nisargadatta Maharaj : Le monde

 

 

Quel est votre « business » avec le sauvetage du monde, quand tout ce que le monde a besoin c’est d’être sauvé de vous ! Disparaissez et vous verrez s’il reste quelque chose à sauver !
Vous voyez des gens souffrir et vous cherchez le meilleur moyen de les aider. La réponse est évidente : mettez-vous d’abord au-delà du besoin d’aide. Assurez-vous que votre attitude est une attitude de bonne volonté, libre de toute attente, quelle qu’elle soit. Ceux qui recherchent principalement le bonheur peuvent finir dans une indifférence sublime, alors que l’amour ne se « pose » jamais. Comme méthode… il n’y a que l’amour – vous devez d’abord vous connaître – tel que vous apparaissez et tel que vous êtes. La clarté et la charité vont de pair – chacune a besoin de l’autre pour se renforcer.
Le monde est la demeure des désirs et des peurs. Vous ne pouvez pas y trouver la paix. Pour trouver la paix, vous devez aller au-delà du monde. La cause-racine du monde est l’amour de soi. C’est à cause de cela que nous recherchons le plaisir et évitons la souffrance.
Un homme qui décrète ce qui est bien pour les autres est dangereux.
Le désir pour la vérité est le meilleur des désirs, pourtant c’est encore un désir. Tous les désirs doivent être abandonnés pour que le réel apparaisse. Rappelez-vous que vous êtes. C’est votre capital pour travailler. Faites le « tourner » et vous en tirez grand profit.
Lorsque vous ne demandez rien au monde ni à Dieu, lorsque vous ne voulez rien, que vous ne cherchez pas ni attendez quoi que ce soit, alors l’État Suprême viendra non invité et non attendu !

http://perlesdebonheur.blogspot.com


Jan 9 2018

Quelques citations majeures de N.MAHARAJ

  • La liberté signifie lâcher prise. Les gens ne sont pas intéressés à tout laisser aller. Ils ne savent pas que le limité est le prix pour l’infini, comme la mort est le prix pour l’immortalité. La maturité spirituelle réside dans la décision de tout abandonner. Le renoncement est le pas final. Mais le vrai renoncement est dans la réalisation qu’il n’y a rien à abandonner, car rien ne t’appartient. Cela ressemble au sommeil profond – tu ne renonces pas à ton lit lorsque tu tombes endormi – tu ne fais que l’oublier.

 

  • À l’intérieur de la prison de ton monde apparaît un homme qui te dit que le monde de contradictions douloureuses que tu as créé n’est ni continuel ni permanent et est basé sur une fausse idée. Il te supplie d’en sortir, de la même manière dont tu en es entré. Tu y es entré en oubliant ce que tu es… et tu en ressortiras en te reconnaissant comme tu es.

 

  • « Si le chercheur est honnête, la lumière peut être accordée. La lumière est toujours présente à tous, mais les chercheurs ne sont pas en grand nombre et parmi eux, ceux qui sont prêts sont très rares. La maturité du cœur et de l’esprit sont indispensables.

 

  • ­­­­­­­­­­­­­Le manque de désir vient de lui-même lorsque le désir est reconnu comme étant faux. Vous n’avez pas à lutter avec le désir. Finalement, il est une forte envie de bonheur, ce qui est naturel tant qu’il se trouve de la peine. Voyez seulement qu’il n’y a pas de bonheur dans ce que vous désirez. Chaque plaisir est enveloppé dans la souffrance. Vous découvrez assez vite que vous ne pouvez pas avoir l’un sans l’autre.

 

  • Mon expérience est que tout est bonheur. Mais le désir pour le bonheur crée la souffrance. Ainsi, le bonheur est le germe de la souffrance. L’univers entier de souffrance est né du désir. Laissez aller le désir d’avoir le plaisir et vous ne saurez même pas ce qu’est la souffrance.

 

  • On parvient à l’état suprême en renonçant aux petits désirs. Aussi longtemps que vous être satisfaits avec le moindre, vous ne pourrez pas avoir le plus élevé. Tout ce qui vous plaît vous retient. Jusqu’à ce que vous réalisiez l’insatisfaction de tout, son état passager et ses limites, et rassembliez vos énergies dans une grande convoitise, le premier pas n’est pas commencé. D’autre part, l’intégrité du désir pour le Suprême est par lui-même un appel pour le Suprême. Rien de physique ni de mental ne peut vous donner la liberté. Vous devenez libre quand vous comprenez que votre esclavage provient de votre propre fabrication et que vous cessez de façonner les chaînes qui vous attachent.

 

  • Un niveau de maturité est atteint quand rien d’extérieur n’a plus de valeur, et que le cœur est prêt à tout laisser aller. C’est alors que le réel a une chance et qu’il la saisit. Les retards, s’il y en a, sont causés par l’esprit qui n’est pas consentant à voir ou à se débarrasser.

 

  • La mémoire des désirs passés non satisfaits bloque l’énergie, laquelle se manifeste comme une personne. Quand sa charge devient épuisée, la personne meurt. Les désirs non résolus sont reportés vers la prochaine naissance. Je ne dis pas que c’est la même personne qui renaît. Elle meurt et meurt pour de bon. Mais les mémoires demeurent ainsi que les désirs et les peurs. Ils fournissent l’énergie pour une nouvelle personne. La réalité ne s’en mêle pas, mais la rend possible en lui donnant de la lumière.

 

  • Le désir pour trouver le soi sera sûrement exaucé, pourvu que vous ne vouliez rien d’autre. Mais vous devez être honnête avec vous-même et réellement ne vouloir rien d’autre. Si durant ce temps vous voulez plusieurs autres choses et êtes engagé dans leur poursuite, votre objectif principal sera retardé jusqu’à ce que grandissiez plus en sagesse et cessiez d’être tiraillé entre des pulsions contradictoires. Allez à l’intérieur, sans jamais faire d’écart ni regarder à l’extérieur.

 

  • Tous vos problèmes surgissent parce que vous vous êtes défini et par conséquent limité. Quand vous ne pensez pas être ceci ou cela, tout conflit cesse. Toute tentative pour faire quelque chose au sujet de vos problèmes est destinée à échouer, car ce qui est causé par le désir ne peut seulement être défait par la libération du désir. Vous vous êtes enfermé dans le temps et l’espace, vous pressant dans la durée d’une vie et le volume d’un corps et avez ainsi créé les innombrables conflits de vie et de mort, de plaisir et douleur, d’espoir et de peur.  Vous ne pouvez pas vous débarrasser des problèmes sans abandonner les illusions – luttez avec toute la force qui est à votre disposition contre l’idée qu’on peut vous nommer et vous décrire.

 

http://mondereel.over-blog.net/


Jan 9 2018

méditation

…vous découvrirez qu’il est possible d’être à la fois conscient de l’immobilité intérieure et du mouvement, que l’eau calme existe à l’intérieur de l’eau agitée, que la grande paix existe au cœur même de chaque pensée, de chaque sensation, au cœur même de l’activité, de la rencontre et du dialogue.

Je vous en prie, si vous tentez de méditer, ne considérez pas les contractions, les associations d’idées, l’éparpillement, les dynamismes vers la périphérie, comme des obstacles. Considérez-les comme des formes de cette vérité que vous cherchez. L’océan est dans chaque vague et l’Atman est dans chacune de vos pensées, de vos émotions et de vos sensations. Ne traitez plus les distractions commes les ennemis dont il faut tordre le cou. Simplement prenez conscience sans vous brutaliser.


Cherchez seulement à vous sentir être très simplement et très naturellement.


Soyez souples avec les désirs.

Ne faites pas lever la réaction.


Simplement, soyez plus conscient(e)s que vous êtes.


Peu à peu, le calme va s’établir en vous.


Et gardez toujours en vous, non seulement dans la tête mais dans le cœur, cette vérité: il n’y a pas de différence fondamentale entre ce qu’on appelle méditation et le courant de l’existence.


Vous ne méditez contre rien.


Pas de dualité. Parler, travailler ou méditer, sont des modalités différentes de la même attitude.


Essayez d’aller tout droit au silence.

 

Soyez d’avances réconcilié(e)s.


Je lâche tout. Ma posture est suffisamment stable pour que je n’ai pas à craindre des contractions diverses.


Je suis assis(e), paisible, je détends, je prend conscience que Je Suis – un « Je Suis » aussi pur, aussi simple que possible. D’avance, je suis réconcilié(e).


Vous prenez conscience de votre corps et vous voyez que cette sensation du corps apparaît à l’intérieur de ce vide. Essayez d’être conscient(e) des deux en même temps.

 

La conscience que vous pouvez avoir de votre corps, c’est simplement la conscience d’une forme comme n’importe quelle autre conscience d’une forme, qui, pendant un moment, apparaît à l’intérieur de ce vide. Vous ne perdez pas la conscience de l’infini.

 

Vous pouvez rester des minutes et des heures, sans être complètement emporté(e)s, comme un témoin, qui les voit venir, qui les voit partir.

 

Et vous verrez qu’il n’existe pas autre chose que des formes qui se succèdent à l’intérieur de votre conscience.

 

Arnaud Desjardins – A la recherche du Soi – Tu es Cela

http://presencedamour.over-blog.fr/