Mai 3 2017

« La résistance est futile. » -Proverbe Borg

Borg« Nous sommes les Borgs. Abaissez vos boucliers et rendez-vous sans condition. Nous intégrerons vos caractéristiques biologiques et technologiques aux nôtres. Votre culture s’adaptera à nos besoins. Toute résistance serait futile. » — Message envoyé à tout vaisseau qui croise la route des Borgs

Pour les trekkies, geeks et amateurs de séries de sciences-fictions, vous avez sûrement reconnu cet avertissement envoyé par les Borgs lorsqu’un vaisseau inconnu s’approche de trop près. Ce qui a retenu mon attention est la dernière phrase : « …Toute résistance serait futile. » Pour Éric Baret, la source de la souffrance est la résistance, dès que nous cessons toute résistance, nous ne nous sentons plus envahis, nous ne nous sentons plus agressés. Accepter la possibilité que l’agression soit dans la défense est accepter que plus nous nous défendons face aux situations extérieures plus nous souffrirons. Ce n’est pas la peine de se défendre, ce n’est pas la peine de se s’affirmer, ce n’est pas la peine de regretter, le passé est fini, la vie est maintenant, dans l’instant.

Je partage avec vous cet extrait audio d’Éric Baret lors d’une de ses conférences. Dans cet extrait, Éric Baret, utilise une analogie fort intéressante du boxeur.

Marc Lajoie, co-fondateur des « Invité de Marc »

Article en lien avec cette écoute : « Le choix n’existe pas. » -Éric Baret (audio)


 

Éric BaretQui est Éric Baret

Sans études ni culture, Éric Baret ne possède aucune compétence particulière. Ayant été touché par la tradition non duelle à travers l’enseignement de Jean Klein, il propose de se mettre à l’écoute, sans but d’aucun profit. Rien à enseigner, pas d’enseignant.

Des rencontres pour la joie de ne rien être.

Site web d’Éric Baret : www.bhairava.ws


Mai 3 2017

« Le choix n’existe pas. » -Éric Baret (audio)

 choix« Et si le choix n’existait pas. Et s’il s’agissait d’une invention? D’une illusion? Le fait de ne pas avoir de choix peut être perçu comme une chose terrible, comme un manque de liberté, mais en en fait, il s’agit peut-être d’une extrême liberté, car si vous n’avez pas de choix, tout va bien. Dans la vie, il n’y a rien à acquérir, il n’y aucun objectif, vous n’avez aucun choix, il n’y a aucune nécessité ne serait-ce que la nécessité d’être. Comment serait votre existence si vous n’aviez pas toutes ces préoccupations? Il n’y a pas de préoccupation, il n’y a que la conscience. Je vous recommande d’écouter cet extrait audio tiré d’une conférence d’Éric Baret qui partage avec nous, simplement; sa pensée, sa philosophie et sa présence. » -Marc Lajoie, co-fondateur des Invité de Marc

 

En complément à cet extrait audio, je vous recommande de lire ON NE DÉCIDE DE RIEN un extrait du chapitre 15 du livre « Le Seul Désir » d’Éric Baret. (cliquez ici pour lire le texte)

 
Article en lien avec cette écoute : « La résistance est futile. » -Proverbe Borg

Éric BaretQui est Éric Baret

Sans études ni culture, Éric Baret ne possède aucune compétence particulière. Ayant été touché par la tradition non duelle à travers l’enseignement de Jean Klein, il propose de se mettre à l’écoute, sans but d’aucun profit. Rien à enseigner, pas d’enseignant.

Des rencontres pour la joie de ne rien être.

Site web d’Éric Baret : www.bhairava.ws


Nov 4 2016

Faut-il accepter les souffrances?

Ces temps-ci, on dit beaucoup que, pour avoir de la joie, du bonheur, il faut savoir accepter les souffrances.

Le cri - SkrikPersonne ici ne veut accepter la souffrance. Pourquoi? Parce que la souffrance n’est pas dans notre nature. Notre nature est la joie et nous n’allons jamais accepter la souffrance. Il ne s’agit pas d’accepter la souffrance, mais plutôt ce qui est là, la réalité. La souffrance vient justement de la non-acceptation de ce qui est là. Chaque fois qu’on souffre, c’est qu’on a des problèmes avec la réalité. Tant qu’on aura des problèmes avec la réalité, on va souffrir. Souffrir consiste à prétendre que la réalité n’aurait pas dû être comme elle était. Alors, on souffre et on n’y peut rien. Espoir
Accepter veut dire accepter le fait qu’il y a de la souffrance; cela ne veut pas dire de rester dedans.

Accepter veut dire accepter les transformations de l’existence qui sont intervenues jusqu’à maintenant et aussi celles qui vont intervenir à partir de maintenant. Ce n’est donc pas une résignation bête devant la fatalité de la souffrance. De toute façon, on n’a même pas le choix. On ne voudra jamais demeurer dans la souffrance. Pourquoi dit-on que pour être heureux il faut accepter la souffrance, sinon parce qu’on ne veut pas souffrir? Tout ce qu’on fait, y compris « accepter la souffrance », c’est pour ne pas souffrir. N’est-ce pas clair? Il ne s’agit donc pas d’accepter la souffrance, mais plutôt la réalité. Or, la réalité n’est pas souffrante; elle est joyeuse. Tant qu’on ne comprend pas le mécanisme de la souffrance, qui est refus de ce qui est au nom de ce qu’on n’est pas, on essaie de la combattre : on use de violence dans sa vie et cela ne fait que générer davantage de détresse.

Jean Bouchart D’Orval
Site web : www.jeanbouchartdorval.com
 
Source : Extrait du livre « Au coeur de l’instant – Soudain la joie », Jean Bouchart D’Orval, Édition du Roseau 2002. (p.27-28).
 
ISBN 2-89466-070-7
Au coeur de l'instant - soudain la joie
 

Juil 31 2016

La Présence (Mathieu Martel)

 Qu’est-ce que la non-dualité?

Ce livre, que j’ai adoré, est LE livre que je recommande à tous ceux qui se posent cette question et qui sont néophytes en la matière. C’est avec simplicité et toute humilité que Mathieu Martel propose « Présence ». -Marc Lajoie
Présence

Présence de Matthieu Martel

« La présence est ce qui permet à la conscience de fixer l’instant présent. » -Mathieu Martel
 
Extrait du livre : Présence de Mathieu Martel, aux Éditions Métanoïa (2005)

LE PHILOSOPHE SPINOZA VOUS INTÉRESSE? Venez assister à la prochaine conférence des « Invité de Marc » le jeudi, 7 février 2013 @ 19h30. « DÉSIR, JOIE ET PUISSANCE SELON SPINOZA » par Mathieu Martel, conférencier et enseignant en philosophie. Cliquez ici pour les détails.

CONFÉRENCE-HOMMAGE POSTHUME À DENIS « GOUGOU » GOUGEON (1969-2012), CO-FONDATEUR DES « INVITÉS DE MARC »


Sep 26 2014

Conférence : Le « Fasting Festif »

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« Le FASTING FESTIF ou comment perdre des kilos sans trop se fatiguer avec le jeûne intermittent. »

Vous avez bien lu. Après l’organisation d’événements, c’est maintenant à mon tour de me faire plaisir et d’animer une conférence aux « Invité de Marc ». Je vous invite le 30 octobre et le 10 novembre prochain à cette conférence gratuite où je partagerai avec vous cette nouvelle aventure que je vis pleinement au quotidien depuis le mois de janvier dernier. Vous découvrirez, ce nouveau mode de vie qui m’a permis de reprendre ma santé en main et de perdre plus de 80 livres sans les efforts d’un entraînement intensif ou la restriction quotidienne d’un régime et d’une diète. Je vais démystifier avec vous les bénéfices que nous apportes le jeûne intermittent, celui-là même qui m’a permis de comprendre bien des choses que nous ignorons et qui sont pourtant si simples. C’est à mon tour de donner au suivant et d’aider ceux qui sont prêts. Êtes-vous prêt?

Marc Lajoie, co-fondateur des « Invité de Marc »

fastingfestif
Les conférences auront lieux le jeudi 30 octobre et lundi 10 novembre 2014 @ 19h au Centre de médecine douce l’Éveil, 3040 boulevard du Curé-Labelle à Prévost dans les Laurentides. Le nombre de place étant limités, veuillez réserver à l’avance, en indiquant le nombre de personnes à l’adresse suivante : marc@fastingfestif.com.

Cliquez sur les liens ci-dessous pour plus de détails :

Article publié dans le Journal le Nord par Françoise Le Guen, journaliste.

Cliquez ici pour télécharger la publicité en format PDF ou JPG.

Le Fasting Festif avec Marc Lajoie sur « Invité de Marc ».


Août 28 2014

La Violence de l’éveil de Théodore Hammer (Mathieu Martel)

« Ce midi j’ai eu le bonheur de rencontrer Mathieu Martel et de prendre le thé sur une terrasse ensoleillée. J’apprécie toujours nos échanges sur la non-dualité et la philosophie en général, tout ceci ponctué d’humour et de plaisir. Après tout, ce n’est pas tout les jours que j’ai la chance de discourir avec un philosophe. Mais surtout, c’est agréable d’être en toute liberté et de s’abandonner à la présence de l’instant. Merci encore Mathieu pour ce moment.
 
Alors, cette semaine, j’aimerais vous soumettre « La Violence de l’éveil », un manuscrit de Théodore Hammer, libre-penseur franco-grec. France, juin 1993, Mathieu Martel rencontre Hammer durant une période de trois semaines, suite à de nombreux entretiens, Théodore Hammer lui lègue son manuscrit afin de publier son ouvrage au Québec. » -Marc Lajoie

La violence de l'éveilLibre penseur français d’origine grecque. Théodore dit « Hammer » ( pour l’aspect direct et puissant de sa pensée ) a été rencontré lors d’un voyage en France au printemps 1993 par Mathieu Martel. Homme à la pensée brève et concise, digne des apophtegmes lacédémoniens et des maximes des moralistes français. Théodore écrit à la main sur des feuilles vierges. Il apprécie l’entraînement physique, la marche, la lecture, mais aussi la présence des femmes. On l’a même baptisé l’homme à femmes sans femme puisque ses rencontres, fréquentations et discussions duraient avec celles-ci le temps destiné. Mathieu Martel a eu l’honneur de faire sa rencontre, de passer du temps en sa compagnie et d’échanger avec lui trois semaines durant en juin de l’année 1993. Théodore, âgé de 21 ans comme lui à l’époque, lui a légué un manuscrit et l’a chargé de le conserver. Il s’agit de La Violence de l’éveil, oeuvre qu’il ne voulait ni publier, ni conserver pour lui, jugeant que son aventure se poursuivrait d’une autre façon. Explorateur, homme libre, penseur de l’éclair et de l’instant, il est parti en exil en Europe et a chargé Mathieu Martel de le publier au moment qu’il jugerait opportun. Depuis, jamais Mathieu n’a eu de nouvelles de cet être déconcertant, énigmnatique, ce penseur aphoristique profond et poétique. C’est avec privilège que les Éditions Metanoïa sont fières de publier aujourd’hui en 2013, soit 20 ans plus tard, les seuls écrits disponibles à ce jour de ce philosophe franco-grec, Théodore Hammer, et de vous offrir la possibilité de découvrir sa pensée tel un cadeau des dieux, à l’instar de son prénom Théodore. Ainsi soit-il, nous te bénissons, Théodore Hammer, aventurier de l’esprit et libre- penseur, en l’espérant toujours vivant parmi nous !

Mathieu Martel
  philosophe non-dualiste
  auteur
  conférencier
  professeur de philosophie
 
mathieumartel.com

Août 29 2013

« Les choses se passent comme elles doivent se passer. » -Éric Baret

Extrait d’un entretiens avec Éric Baret.

Je dois bien prendre des initiatives dans la vie… !

Éric Baret : C’est merveilleux que vous le sentiez comme ça. Mais ces initiatives que vous prenez sont une réponse biologique à la situation. Si quelqu’un vous donne une gifle, vous prenez l’initiative d’avoir la joue rouge. Si quelqu’un vous dit que vous êtes un grand homme, vous prenez l’initiative de la joie. Si quelqu’un vous dit que vous êtes un homme misérable, vous prenez l’initiative de la dépression… C’est spontané.

Il n’y a pas d’initiative volontaire. Ce que vous aimez dépend de ce que vous avez mangé les premiers jours ou les premiers mois de votre vie. Le fait que vous préférez le salé ou le sucré, les choses solides ou liquides, vient de situations très anciennes, très profondément enfouies. Vous ne pouvez pas décider d’aimer la nourriture indonésienne ou de détester la nourriture japonaise. Vous pensez décider, mais c’est biologiquement inscrit en vous.

Vous ne pouvez pas décider d’aimer l’architecture moghole et de ne pas aimer l’architecture rajput, ou le contraire. L’une vous émeut plus que l’autre. Où est le choix ? Vous ne pouvez pas décider de trouver telle femme plus attirante qu’une autre. Vous ne décidez pas si vous préférez telle odeur, tel rythme, tel grain de peau, tel son de voix. Vous ne décidez pas si vous préférez les films violents ou ceux qui montrent la beauté.

Qu’est-ce que vous décidez vraiment ?

Vous ne décidez pas de vos maladies. Vous ne décidez pas comment vous vous sentez quand votre femme fait des compliments sur la beauté du voisin. Quand vous avez une augmentation de salaire, quand vous perdez de l’argent, vous ne décidez pas comment cela vous touche. Quand vos enfants sont malades ou en bonne santé, vous ne décidez pas de vos émotions. Profondément, qu’est-ce que vous décidez ?

Mais il y a quand même des choix par rapport à ce que l’on fait. Vous suggérez bien d’écouter…

Éric Baret : Selon tout ce que vous êtes, l’écoute se fait ou non. Quand on fait une suggestion, il ne s’agit pas tellement de suivre la suggestion, mais de vibrer avec elle.

Sur un certain plan, on peut dire qu’avant que l’hiver arrive on le sent venir. Quand on dit « voyez que vous n’écoutez pas » ou « écoutez », ça veut dire que ce mécanisme est déjà en train de s’actualiser. On ne le fait pas s’actualiser, mais le fait même de poser une question signifie que la réponse est en train d’être vécue, ou, plus précisément, la question signifie la réponse en train d’être vécue. Quand on répond, on n’ajoute rien, on ne fait que participer au questionnement en cours. Sans cette compréhension, la question ne serait pas possible. Donc, la réponse ne donne rien. Elle coule exactement comme la question ; elle vient du même endroit : d’un pressentiment. C’est pour cela que ce n’est pas la peine d’écouter les réponses.

Les choses se passent comme elles doivent se passer. La réponse verbalise l’inévitable ; ce n’est pas quelque chose à faire, c’est quelque chose qui est en train de se faire.


Éric Baret

Sans études ni culture, Éric Baret ne possède aucune compétence particulière. Ayant été touché par la tradition non duelle à travers l’enseignement de Jean Klein, il propose de se mettre à l’écoute, sans but d’aucun profit. Rien à enseigner, pas d’enseignant.

Des rencontres pour la joie de ne rien être.


Ce texte constitue un extrait du chapitre 15 du livre Le Seul Désir : dans la nudité des tantra, par Éric Baret, Éditions Trait d’Union, Montréal, février 2002, ISBN2-922572-84-6

 
Source : http://revolution-lente.coerrance.org

Août 26 2013

« Pour s’amuser, il faut être des enfants… » -Éric Baret

Pour s'amuser, il faut être des enfants,

Entretien et dialogues avec Éric Baret par Jean Bouchard d’Orval – Paris, le 14 mai 1998

Pour moi, une rencontre c’est uniquement pour s’amuser, parce qu’il n’y a rien d’autre que l’amusement. Pour s’amuser, il faut être des enfants, c’est-à-dire être libre de l’histoire, de la prétention à savoir quelque chose, à être quelque chose, ou à devenir quelque chose. Je n’ai aucune réponse ; je ne suis pas une bibliothèque, j’ai très peu lu. La manière de jouer pourrait être d’écouter en soi-même et si un sentiment, une émotion, une pensée surgissent et si on sent le goût de l’exprimer, on peut le faire. Je fais la même chose. Si à ce moment-là quelque chose surgit dans l’écoute, ce quelque chose sera exprimé. Ce n’est pas pour répondre à une question, ce n’est pas pour éclairer une question, c’est uniquement parce que la nature des choses est mouvement, sonorité. Mais pour jouer, il faut être libre de tout savoir ; sinon on ne joue pas, on travaille. C’est trop tard pour travailler.

Mais si on ne sait pas jouer, peut-être qu’apprendre à jouer est un travail…

On sait tous jouer. On sait tous jouer, parce qu’il n’y a que ça. Vous ne croyez pas à vos histoires, vous ne croyez pas à votre passé, vous ne croyez pas à votre futur. Quand vous êtes vraiment à l’écoute, vous ne pouvez pas croire vos parents, qui vous ont dit que vous étiez né à telle date, la société qui vous dit que vous allez mourir dans les quarante années qui viennent, votre compte en banque. Si vous écoutez, vous ne pouvez pas croire à ces choses. On peut prétendre croire. On peut prétendre se prendre pour son compte en banque, pour sa vitalité, pour son intelligence, pour sa force. Mais profondément, on ne croit pas à ça. C’est pour cela que tous les soirs, vous abandonnez toutes ces prétentions et vous vous laissez glisser dans le sommeil profond. C’est vraiment la profonde jouissance de la journée. Si vous y croyiez vraiment, vous ne pourriez pas dormir, vous ne pourriez pas mourir chaque soir. Mais souvent, l’histoire d’être quelque chose surgit et c’est merveilleux que ça soit comme ça : elle surgit parce qu’on en a besoin. Quand vous avez peur, quand vous désirez, c’est votre porte sur la liberté, c’est votre porte sur le rien-être. Mais généralement, par mauvaise habitude, je dirais, on repousse ces portes et on se dit :  » Je dois me libérer de la peur, je dois me libérer de l’inquiétude. Je dois devenir libre, un sage. Je dois devenir, demain…  »

Ça c’est la grande misère, de vouloir devenir, de vouloir être libre demain, quand je n’aurai plus de peur, quand je ne serai plus comme ceci, comme cela. Ça c’est la souffrance. Mais même cette prétention, vous la quittez également, tous le soirs. À un moment donné, on découvre le mécanisme en soi. C’est très clair : dès que vous prétendez, vous souffrez ! Quand vous ne prétendez rien, il y a une tranquillité. La tranquillité est toujours maintenant, elle ne dépend de rien. Vous n’avez pas besoin de devenir, d’apprendre, d’étudier, de vous purifier : vous avez besoin d’arrêter de prétendre d’être quoi que ce soit. C’est ce que fait un enfant ! L’objet se présente, l’enfant est là. L’objet le quitte, il est sur l’autre objet. À un moment donné, on voit combien l’ajournement est ce qui fait souffrir. Vouloir être libre demain, ça c’est la souffrance. Vouloir se calmer, se transformer. On peut faire du yoga, on peut aller en Inde, en Chine, devenir bouddhiste, devenir… c’est difficile de dormir, tant qu’on veut devenir. Mais tôt ou tard, vous pressentez qu’il n’y a rien à devenir. Quelque chose, ou plutôt rien ne se passe. C’est le devenir qui se passe.

Donc on en peut pas chercher à être comme un enfant : ça c’est une attitude d’adulte ! Vouloir comprendre un enfant… il n’y a rien à comprendre ! Il y a uniquement l’écoute, sans avoir la prétention d’être autre chose que ce qu’on entend. Vous écoutez. Votre voisin écrase la tête de sa femme contre votre mur, vous écoutez le bruit de la tête qui se brise, vous écoutez votre réaction, votre indignation – vous trouvez ça très violent – et vous auriez envie de lui écraser la tête contre le mur, parce que la violence c’est inadmissible. Vous vous rendez compte que vous êtes aussi violent que lui et que c’est pour cela que vous ne supportez pas sa violence. Il suffit d’écouter, comme un enfant. C’est gratuit, vous n’avez pas à aller à des séminaires pour l’apprendre. Aucun livre ne peut vous l’apprendre : c’est le voisin, quand il écrase la tête de sa femme, qui vous l’apprend, parce que c’est votre réalité dans le moment. C’est ce que vous devez écouter, parce que c’est cela qui se passe.

Quand il y a l’anxiété, c’est ça l’objet de méditation. Quand il y a la jalousie, c’est ça l’ishta devata, l’objet de méditation. Vous n’avez pas besoin d’aller en Inde pour cela, c’est toujours avec vous. C’est gratuit. Mais il faut avoir cette attitude d’enfant, d’être libre de but, parce que ça ne vous rapporte rien : vous ne devenez pas libre, vous ne devenez pas sage, vous devenez rien. Il y a uniquement la tranquillité. C’est pas la vôtre, elle n’est pas dans votre poche. Jouer c’est dans l’instant. Demain, la peur surgit de nouveau : vous dites merci, parce que c’est vous-même. Il n’y a que vous-même. Cette peur est de nouveau votre écoute, votre vérité, d’instant en instant. On ne peut pas être libre pour toujours, parce qu’il n’y a que l’instant. On ne peut pas être libre demain, parce qu’il n’y a que l’instant. Et c’est un jeu sans participant. Il n’y a que le jeu, personne ne joue.

Je n’ai pas de question, mais je voudrais juste vivre plus intensément. Quand vous avez commencé à parler, j’ai senti une tranquillité qui s’installait. Mais vous avez parlé de l’enfance et de l’intuition de l’enfant à plusieurs reprises. Plus ça va et moins je me sens bien quand je vous entends dire ça, parce que l’intuition de l’enfant je ne l’ai pas connue. Je l’ai connue de façon très furtive et c’est maintenant que je la découvre. Parler de l’enfant, pour moi c’est difficile. J’ai l’impression de faire le chemin inverse, de ne pas avoir connu d’enfance insouciante et de découvrir ce qui est inhérent à l’enfant maintenant. Ça me met très mal. Plus je vous entends et plus je sens la colère, parce que les choses ne sont pas arrivées au moment où il le fallait. Lire la suite


Mai 26 2013

LA PASSION DU MÊME – JEAN BOUCHART D’ORVAL

La passion même

 

 

Je vous invites à télécharger une entrevue réalisée par Hélène Noël avec Jean Bouchart D’Orval pour la revue 3e Millénaire sur le site des Éditions Almora. (format pdf)

cliquez ici pour télécharger