Avr 26 2017

« Apavâda » :la réfutation du faux-

 

 

« Sur le plan de la discipline spirituelle, apavâda -la réfutation du faux- est la méthode spirituelle adoptée par les instructeurs védantins pour conduire le chercheur spirituel à la connaissance de l’essentiel.
Dés l’instant ou on affirme un postulat,( ou pour certains l’évidence née d’un éveil…) cette « méthode » consiste à toujours tenir compte de son contraire, en sachant que tous les contraires contiennent tous deux du vrai et du faux.
Apavâda est une application méthodique de la pensée paradoxale qui tend à diriger la pensée vers un état de neutralité, logé au cœur du paradoxe, en lequel la Réalité peut se manifester. »
( l’équivalent de l’apophatisme de la voie gnostique et soufie)

La Voie de l’essentiel,  les Upanishads d’hier à aujourd’hui, Jean Lestchert

 

 

 

 

 

 

« Méthode » destinée aux chercheurs spirituels, mais qu’en est t-il des lors que le processus d’éveil est activé dans nos vies?

 

C’est là qu’a nouveau, « apavâda » est proposé.
Non comme une méthode intellectuelle de recherche spirituelle, mais simplement comme un positionnement intérieur « d’Ouverture automatique », Un Regard D’Amour, une conscience innée de l’Évidence intérieure (ou de l’intuition profonde ) que Tout est Un

.

Face aux multiples « évidences » nées des divers aspects de l’éveil et de ces réalisations particulières qui fondent les diverses voies, la « question reste posée.
Le « problème » n’émerge en fait que lors de la rencontre de perspectives apparemment différentes.
La Réalité de l’Unité les contient toutes. Elle englobe, contient et transcende tous ces « différentes ouvertures », toutes ces réalisations relatives qui sont l’objet de tant d’enseignements divers et parfois apparemment contradictoires

Et ce qui paraissait séparer agit alors comme un koan ..

http://saveurdevivance-voixdesilence.over-blog.com


Avr 25 2017

« DITES « OUI » À TOUT »

Swâmi Prajnanpad, Entretiens
Vous devez vous rappeler que tout ce qui arrive, arrive pour le mieux. Il y a une distribution divine des choses. Votre vie eût été appauvrie sans toutes les choses qui vous sont arrivées. Aussi tout doit être accepté, le bon et le mauvais. En fait, vous n’avez pas le choix. Si vous voulez le bon, vous aurez le mauvais aussi. Chaque chose a deux aspects. Si vous voulez le côté face d’une pièce, vous devez prendre le côté pile aussi. C’est inutile d’attendre seulement du plaisir. Le plaisir et la peine vont toujours de pair. Il faut prendre les deux, ou rien du tout[1]. Quand une chose arrive, acceptez-la d’abord. C’est la vérité. C’est arrivé. Pouvez-vous la refuser et dire que ce n’est pas arrivé ? Non. Après avoir pleuré et vous être lamenté vous allez l’accepter en tout état de cause. Pourquoi ne pas l’accepter dès le début ? Dites « oui » à tout. Quand vous acceptez de plein gré une chose, il n’y a pas de souffrance.La peur doit être bannie de votre vie.La peur que quelque chose arrive est pire que la chose elle-même. Les peureux meurent bien des fois avant l’heure de leur mort. La peur doit être bannie de votre vie car elle est irrationnelle et bloque l’action.

« On regarde en avant et en arrière et on languit pour ce qui n’existe pas », dit Shelley.

L’habitude pernicieuse de penser au futur et au passé doit être brisée. Il ne faut tolérer ni que le passé vous domine, ni que le miroitement du futur influence le présent, la réalité. C’est seulement quand le passé et le futur sont éliminés que vous pouvez effectivement vivre dans le présent. Le présent seul est réel. Le passé et le futur sont de pures illusions. Vivez dans le présent et vous serez heureux. Vivre dans le présent cela signifie accepter tout ce qui vient. Au lieu de le rejeter, de lui attribuer les qualificatifs de bon et mauvais, d’agréable ou de désagréable, expérimentez tout ce qui vient, parce que c’est la vie. Ne fuyez pas la vie.

Quand nous disons qu’une chose est bonne ou mauvaise pour la chasteté, nous ne voyons pas les choses comme elles sont. Il n’y a ni bien ni mal dans un objet. Quand on boit trop d’alcool, on dit que l’alcool est mauvais. Son caractère mauvais réside en nous-mêmes et non pas dans l’alcool. Vous êtes dans une cage de verre et vous appelez cela une forteresse. Comment peut-il y avoir une limite à l’état de Brahmachari[2] ? Tout ce que vous jetez dans le feu est consumé par lui. De même, s’il y a un véritable état de Brahmacharià l’intérieur, tout ce qui vient en contact avec lui sera transformé. Nous devons régner sur tout ce qui nous concerne. Le vrai moine (sannyasi) est maître de lui-même dans toutes les circonstances. Il portera la soie la plus coûteuse avec la même tranquillité que des haillons déchirés, il mangera une nourriture princière ou la soupe paysanne avec une égale satisfaction. Mais il sera modéré et mangera selon ses besoins. Il ne dormira pas davantage s’il est sur un matelas moelleux. Il n’est l’esclave de rien et peut en quelque sorte s’adapter facilement et joyeusement à toutes les circonstances. Si un morceau de gingembre bouleverse votre état de Brahmachari, alors, que vaut cet état ?

Acceptez-vous vous-même

Ce que vous êtes, vous l’êtes ! Acceptez-le avec tout votre être et pas seulement intellectuellement. Les circonstances sont comme elles sont parce que c’est ainsi que vous les avez faites. C’est le but que vous avez poursuivi dans le passé. C’est donc à vous. Il vous appartient. Il n’est pas question de ne pas accepter ce qui est à vous. Vous l’avez demandé et c’est venu.

Ne vous rejetez pas vous-même en tout ou en partie. Si vous le faites vous ne pouvez plus être vous-même. Si vous vous rejetez vous-même, comment pouvez-vous accepter les autres ? Ce que vous voyez à l’extérieur n’est qu’une projection de vous-même. Le monde entier tel que vous le voyez n’est qu’une projection de vous-même. Vous ne voyez que vous-même partout.

Aussi, acceptez émotionnellement chaque chose y compris vous-même et voyez intellectuellement ce qui peut être fait si quelque chose peut être fait. Dans la réalité, faites-le. Puisque cela vous est arrivé, vous ne pouvez pas l’annuler. Alors ? Acceptez-le. Dites oui à toute chose. C’est à vous. C’est là.

Il faut accepter ou rejeter. Si vous ne pouvez pas dire oui, dites non. Il n’y a rien entre les deux. Entre les deux est une illusion. « J’accepte mais… » C’est un mensonge. Ce « mais » est émotionnel. Si vous avez accepté, vous avez accepté de tout votre cœur et complètement. Si vous êtes incapable d’accepter ce qui arrive, rejetez-le, c’est-à-dire voyez la cause pour laquelle c’est arrivé et cherchez à éliminer cette cause. Si la cause est éliminée, l’effet disparaîtra également. Si, toutefois il ne vous est pas possible d’éliminer la cause de ce qui arrive, laissez-la. Acceptez-la comme vous appartenant et expérimentez-la. Le plaisir et la peine, le chaud et le froid sont les deux aspects d’une même chose. Si vous avez un furoncle qui vous gratte, cela vous gratte. Un point c’est tout. A partir du moment où vous vous identifiez avec celui-ci il se met à vous faire mal, ce qui signifie que vous ne l’acceptez pas, bien qu’il soit là. La vérité (Tat-tvam) est ce qui est. Connaître la vérité, c’est voir ce qui est sans vous identifier ni vous projeter. L’accepter, c’est en faire une part de vous-même. Quand ce qui est, est une part de vous-même, comment pouvez-vous ne pas vous sentir à l’aise avec ce qui est ?

Une des difficultés fondamentales de la vie spirituelle est d’induire un lâcher-prise suffisamment profond pour ne plus diriger un processus de détachement et de croissance intérieure qui ne peut s’accomplir que de lui-même. Le thème de l’abandon et de l’acceptation de « ce qui est » traverse toutes les sagesses indiennes. Chez certains gurus contemporains, il a pris un relief particulier, du fait des difficultés de leurs disciples occidentaux, qui souffraient d’une maladie fort répandue chez nous : le volontarisme, […] la progression dépend toujours, en définitive, des efforts que l’on déploie. Adeptes d’une certaine forme de « passivité », les gurus indiens ne critiquent pas tant les efforts — leurs traditions d’ascétisme n’ont rien à envier aux nôtres sur ce point — que leur source et leurs effets : si c’est dans l’ego qu’ils s’originent, ils ne font que le renforcer. C’est pourquoi il faut pour commencer prôner l’abandon, clé du détachement, maîtrise et contrôle seront alors posés dans la juste attitude.
Swâmi Prajnânpad s’en est souvent expliqué : pour lui, l’acceptation, le « oui », est le premier pas vers la transformation. En faisant voisiner deux extraits d’entretiens, Srinivasan, l’un de ses disciples indiens, entend montrer que l’acceptation de ce qui est et l’acceptation de ce que l’on est constituent les deux faces d’une même prise de conscience. Concrètement, l’acceptation repose d’abord sur une sortie de la dualité des attitudes prendre/rejeter, la constatation que toute réalité comprend, inextricablement mêlés, ce qui fait plaisir et que l’on appelle « bon » et ce qui fait souffrir et que l’on appelle « mauvais ». La deuxième indication donnée par le swami est « vivre au présent », en sortant de la dualité temporelle passé/futur. La troisième concerne la compréhension exacte de ce qu’est l’état de brahmachari ou brahmacarya : dans les textes anciens, cet état définissait le premier âge de la vie du brahmane, qu’il passait auprès de son guru pour apprendre les textes et les rites védiques ; il impliquait la continence en tous domaines (pas seulement sexuelle), qui permettait de convertir et de conserver les énergies psychiques et somatiques uniquement pour la progression spirituelle. Ici, Swâmi Prajnânpad réinterprète le brahmacaryadans le sens élargi d’un état d’arbitrage et de pacification des désirs. 

Plusieurs questions peuvent surgir de la lecture de cet extrait, et elles trouvent certaines réponses dans la suite. En premier lieu, est-ce que « vivre au présent » ne serait pas une façon de se défaire à bon compte de la responsabilité de ses actions passées ? Certainement non : s’accepter soi-même exige en effet la reconnaissance pleine et entière de ses actions et de ses intentions : « Vous l’avez demandé et c’est venu ». Ensuite, le swâmi insiste sur le retrait des projections et identifications, point sur lequel il a perçu une convergence entre l’enseignement traditionnel du Vedânta et la psychanalyse (il a lu Freud très tôt, dès les années 1920-1930). Il s’était forgé une conception originale de leur collaboration : « La psychanalyse analyse les processus du mental. Les complexes sont dénoués. Alors cela devient facile de les annihiler avec l’épée acérée du Vedânta. La psychanalyse est au service de la science spirituelle[3]. » En fait, selon lui, ces deux voies se renforcent dans l’accès à viveka, le « discernement », la « lucidité ». Enfin, s’il faut accepter le mauvais avec le bon lorsqu’on accepte un fait ou une situation, cela n’implique pas qu’il faille tout accepter. Ce que le maître met en cause, ce sont les jugements de valeur spontanés, mais il encourage une attitude claire et ferme de refus, motivée par l’analyse des causes. Sa morale n’aboutit pas au relativisme, mais à la « connaissance de la vérité » défaite des implications émotionnelles. Alors seulement l’acceptation est une authentique voie d’accès à la sagesse.

Note

  1. Svamiji pour illustrer ses paroles m’a demandé d’incurver ma main de façon à la rendre concave, ce que j’ai fait. Puis il a retourné ma main et m’a montré que de l’autre côté elle était convexe. Dans le même mouvement une face de la main est devenue concave et l’autre convexe.
  2. N.d.T. L’état de Brahmachari : état de celui qui vit dans la chasteté.
  3. DANIEL ROUMANOFF, Svâmi Prajnânpad. Biographie, Paris, Éditions La Table ronde 1993 p. 97-98.

http://nous-les-dieux.org


Avr 25 2017

Bienheureuse insécurité (Alan Watts)

« J’ai toujours été fasciné par la loi de l’effort inversé. Je l’appelle parfois la loi des « effets contraires ». Si l’on essaie de flotter à la surface de l’eau, on coule, mais si l’on essaie de couler, on flotte. Si l’on essaie de retenir son souffle, on le perd – et ceci me rappelle un vieux dicton oublié : « Quiconque voudra sauver son âme, la perdra. » » (p. 7)« Ce livre, cependant, est écrit dans l’esprit du sage chinois Lao-tseu, ce maître de la loi de l’effort inversé, qui affirmait que tous ceux qui se justifient ne convainquent pas, que pour connaître la vérité il faut se libérer de la connaissance, et que rien n’est plus puissant et créateur que le vide, devant lequel les hommes reculent généralement avec horreur. » (p. 9)« Notre époque est donc une époque de frustration, d’angoisse, d’agitation, et d’accoutumance à la « drogue ». Nous devons tant bien que mal saisir ce que nous pouvons pendant que nous le pouvons, et chasser l’impression que tout cela est vain et sans signification. Cette « drogue » est notre haut niveau de vie, c’est-à-dire une stimulation forte et complexe de nos sens, qui finit peu à peu par les désensibiliser ; aussi ceux-ci réclament-ils des stimulations de plus en plus violentes. Nous sommes assoiffés de distractions, de visions, de sonorités, d’émotions, de titillations dont nous voulons jouir au maximum et le plus vite possible. » (p. 21)

« Si paradoxal que cela puisse paraître, nous ne découvrirons de même un sens à notre vie que lorsque nous réaliserons qu’elle est tout à fait dépourvue de but, et nous ne connaîtrons les « mystères de l’univers » que lorsque nous serons intimement convaincus que nous n’en connaissons encore rien. » (p. 29)

« La sensibilité exige une très grande douceur et beaucoup de fragilité – pupilles, tympans, papilles gustatives et terminaisons nerveuses, aboutissant tous à ce très délicat organisme qu’est le cerveau. » (p. 32)

« Si nous pouvons éprouver des plaisirs intenses, c’est que nous sommes sujets à d’intenses douleurs. Nous aimons le plaisir et nous détestons la douleur, mais il semble impossible d’avoir l’un sans l’autre. Et il apparaît de plus que tous deux doivent en quelque façon alterner, car le plaisir continu est un stimulus qui ne peut que s’émousser ou s’accroître. Or, tout plaisir accru, soit durcit et insensibilise les terminaisons nerveuses sous sa poussée, soit se transforme en douleur. Un régime alimentaire à base de nourriture riche coupe l’appétit ou rend malade. » (p. 32-33) Lire la suite


Avr 25 2017

Citation du jour : Ramana Maharshi

« L’intellect n’est qu’un instrument du Soi.

Il ne peut vous aider à connaître ce qui réside au-delà de lui.

La dualité caractérise le moi.

L’intellect se complaît à enquêter sur le passé et sur le futur mais il ne se préoccupe pas du présent. »

Ramana Maharshi
 
Source : http://sililia.over-blog.com/categorie-10749697.html
Photo : Photos Libres

 

 


Avr 25 2017

André Moreau – Le mouvement de l’être


Avr 25 2017

Investigation

Par la quête de : «Qui suis-je ?», le mental devient silencieux.

La pensée  «Qui suis-je ?» détruit toute autre pensée, et, de la même façon que le bâton utilisé pour remuer le bûcher funéraire, elle finira par être elle-même détruite.

Puis la réalisation du Soi surviendra.

Lorsque d’autres pensées émergent, il ne faut pas les entretenir mais rechercher plutôt : «À qui cette pensée apparaît-elle ?»

Peu importe combien de pensées se présentent. Pour chaque pensée qui émerge, il faut se poser la question avec assiduité : «À qui cette pensée est-elle apparue ?»

La réponse sera alors  «à moi». Sur ce, si l’on se demande : «Qui suis-je ?» , le mental retourne à sa source, et la pensée qui avait surgit devient silencieuse. Ainsi, grâce à une pratique régulière, le mental acquerra la capacité de rester dans sa source. Lorsque le mental, sous sa forme subtile, passe par le cerveau et les organes sensoriels, les noms et les formes grossières apparaissent. Lorsqu’ils demeurent dans le Cœur, les noms et les formes disparaissent. Ne pas permettre à l’activité mentale de s’extérioriser et la maintenir dans le Cœur est ce qu’on appelle : «intériorité» (antar-mukha). Laisser le mental quitter le Cœur est appelé : «extériorisation» (bahir-mukha). Ainsi, lorsque le mental demeure dans le Cœur, le  «je» qui est la source de toute pensée s’évanouira, et le Soi, à jamais présent, brillera.

Quoi que l’on fasse, il faut agir sans l’ego «je». Lorsqu’on se conduit de la sorte, la nature de tout ce qui apparaît alors est celle de Siva (Dieu).

– Ramana Maharshi

Avr 25 2017

Vous n’êtes vivant que dans l’instant présent!


Avr 24 2017

Arthur Schopenhauer

La contemplation

J’avais gardé de mes cours de philo l’image d’un Schopenhauer pessimiste et grincheux. J’étais bien loin d’imaginer que derrière cette image académique se cachait celui qui a eu ces mots lapidaires et définitifs: «Chacun est heureux, quand il est toutes choses ; et malheureux, quand il n’est qu’individu.»C’est à lui aussi que l’on doit cette description concrète et technique du processus qui conduit à l’éveil, selon une voie que l’on pourrait appeler contemplative:« Lorsque, s’élevant par la force de l’intelligence, on renonce à considérer les choses de façon vulgaire ; lorsqu’on cesse de rechercher à la lumière des différentes expressions du principe de raison les seules relations des objets entre eux, relations qui se réduisent toujours, en dernière analyse, à la relation des objets avec notre volonté propre, c’est-à-dire lorsqu’on ne considère plus ni le lieu, ni le temps, ni le pourquoi, ni l’à-quoi-bon des choses, mais purement et simplement leur nature ; lorsqu’en outre on ne permet plus ni à la pensée abstraite, ni aux principes de la raison, d’occuper la conscience, mais qu’au lieu de tout cela, on tourne toute la puissance de son esprit vers l’intuition ; lorsqu’on s’y engloutit tout entier et que l’on remplit toute sa conscience de la contemplation paisible d’un objet naturel actuellement présent, paysage, arbre, rocher, édifice, ou tout autre; du moment qu’on se perd dans cet objet, comme disent avec profondeur les Allemands, c’est-à-dire du moment qu’on oublie son individu, sa volonté et qu’on ne subsiste que comme sujet pur, comme clair miroir de l’objet, de telle façon que tout se passe comme si l’objet existait seul, sans personne qui le perçoive, qu’il soit impossible de distinguer le sujet de l’intuition elle-même et que celle-ci comme celui-là se confondent en un seul être, en une seule conscience entièrement occupée et remplie par une vision unique et intuitive; lorsqu’ enfin l’objet s’affranchit de toute relation avec ce qui n’est pas lui et le sujet, de toute relation avec la volonté : alors, ce qui est ainsi connu, ce n’est plus la chose particulière, en tant que particulière, c’est l’Idée, la forme éternelle, l’objectivité immédiate de la volonté ; à ce degré par suite, celui qui est ravi dans cette contemplation n’est plus un individu (car l’individu s’est anéanti dans cette contemplation même), c’est le sujet connaissant pur, affranchi de la volonté, de la douleur et du temps ». Arthur SCHOPENHAUER, Le Monde comme Volonté et comme Représentation, PUF, Paris, 1966, § 34, pp. 230-231.

Schoppenhauer propose là une « technique » qui serait en soi à même de provoquer l’éveil; toutefois, celui qui serait parvenu à l’éveil à l’aide de cette « technique » l’aurait fait en sacrifiant celui qui voulait le provoquer, si bien qu’en fin de compte personne ne sera là pour prétendre avoir provoqué quoi que ce soit. Seulement une présence touchée par la grâce. En un sens, il n’est pas tellement important de savoir quelles sont les motivations qui nous animent dans notre recherche de l’éveil, quelle est leur degré d’élévation, car en dernière analyse, elles se révéleront toujours égoïstes; pourvu qu’elle nous aident à nous mettre en route, cela seul compte; le reste n’est plus qu’une question d’abandon à ce qui vient.

http://www.cafe-eveil.org/



Avr 24 2017

Y a t’il eu une expérience particulière qui t’as projeté “dedans” ?

QUESTION DU LECTEUR :

”Bonjour,
J’ai vu quelques unes de tes vidéos et je désirerais connaitre ton cheminement ,c’est à dire, tu as senti que tu étais différent et peu à peu tu t’es éveillé? Ou est – ce que cela a été soudain ? y at’il eu une expérience particulière qui t’as projeté “dedans” ! ou nulle part ? As – tu suivi un enseignement et/ou un maître ?
Merci pour ta réponse. Galaxyandco .
As – tu fais une vidéo à ce sujet ?”

 

Réponse:

Je n’ai pas fait de vidéo sur le sujet ; quand on regarde l’éveil des grands maîtres, on veut reproduire ce qu’ils faisaient ou ce qu’ils pensaient… Par exemple, le Bouddha s’est éveillé sous l’arbre de Bodhi, maintenant, de par le monde les pèlerins s’assoient là, mange des fruits, font comme le Bouddha.

Ramana Maharshi s’est éveillé après une expérience de mort, à Tiruvannamalai, maintenant des myriades de pèlerins vont à Tiruvannamalai avec l’intention de s’éveiller.  La tendance veut que le mental donne trop d’importance à quelque chose qui n’a pas comme conséquence l’éveil.

Si on avait appris qu’un saint se serait éveillé en buvant son urine, alors on aurait des pèlerins partout dans le monde qui le ferait avec joie…

L’expérience comme telle n’a pas le pouvoir de réveiller qui que ce soit. L’éveil c’est justement quand l’identité est réalisée comme indépendant de l’expérience. Lire la suite


Avr 24 2017

Don’t Worry, Be Happy Bobby McFerrin

Paroles et traduction de Don’t Worry, Be Happy

Don’t Worry, Be Happy (T’en Fais Pas, Sois Heureux)

Here’s a little song I wrote
Voici une petite chanson que j’ai écrite Lire la suite