Nov 19 2017

Une Façon Simple de se  »Débarrasser » de L’Ego

 

– La-Minute-De-Conscience.com


Nov 18 2017

Citation du jour : Les autres (Eckhart Tolle)

« Ne vous préoccupez pas de la façon dont les autres vous définissent. Quand ils le font, ils se limitent eux-mêmes. C’est donc leur problème. »

Eckhart Tolle

Source: http://ludo38.blogspot.com/2010/03/citations-deckhart-tolle.html

Nov 16 2017

”Qui Observe?”

QUESTION DU LECTEUR :

”Salut Yuri

Depuis environ 1an, j’ai découvert différent enseignement, différent témoignage d’éveil, beaucoup de point commun mais j’ai l’impression qu’il y a une ancienne école comme par exemple Arnaud Desjardins et Salim Michael, et une nouvel comme Eckart et toi qu’en penses-tu ?

Tu dis “qui observe” mais je ne vois pas d’autre entité, Mooji dit comme toi. J’ai vu une vidéo où une femme découvrait “en live” sur la vidéo, cet observateur immuable, avec son aide. J’ai eu des états après une certaine qualité de concentration dans lequel je sentais l’énergie de mon corps tout en observant mes pensés et écouté un interlocuteur en même temps. A d’autre moment après une courte méditation, je sentais une énergie au milieu de mon front et de mon plexus solaire.

Je sais que mon égo veut l’éveil, comment puis-je faire disparaitre ce désir de l’égo tout en gardant un réel désir.

Tout à l’heure en observant la lune, je me suis dit que toute chose à une place, toute chose a une raison d’être, et chaque chose arrive parce qu’il doit arrivé. Positif ou négatif tout a sa raison d’être. Et même ce mail. Mais comment laisser porter mon existence par la vie ? Et en faire une croyance qui peu changer ma vie.

Voilà, j’ai des milliards de questions que mon mental ses approprié, du coup je ne sais plus si elles ont une réel valeur ou non ?
Je comprend quand Jean Klein disait ” chaque pas pas que vous faite dans votre recherche, vous éloigne de l’illumination”, ça veut dire que mon mental c’est approprié toutes les découvertes et m’empêche de découvrir ce que je suis vraiment et c’est pourquoi je doit oublie tout ce que j’ai découvert, non ?

Avec toute ma gratitude et mon respect.

Amicalement, M.

Réponse:

Salut M.

”Depuis environ 1an, j’ai découvert différent enseignement, différent témoignage d’éveil, beaucoup de point commun mais j’ai l’impression qu’il y a une ancienne école comme par exemple Arnaud Desjardins et Salim Michael, et une nouvel comme Eckart et toi qu’en penses-tu ?”

Tu me fais découvrir Arnaud Desjardins qui me fait énormément penser a Stephen Jourdain, et Salim Michael, je vais jeter un coup d’oeil à son enseignement ; Veux-tu dires qu’il y a une école d’inspiration Indienne et une autre qui découle du zen? Ce serait les deux distinctions et les deux pointes vers la même direction, l’idée c’est de choisir les chaussures de marche les plus confortables

”Tu dis “qui observe” mais je ne vois pas d’autre entité, Mooji dit comme toi. J’ai vu une vidéo où une femme découvrait “en live” sur la vidéo, cet observateur immuable, avec son aide. J’ai eu des états après une certaine qualité de concentration dans lequel je sentais l’énergie de mon corps tout en observant mes pensés et écouté un interlocuteur en même temps. A d’autre moment après une courte méditation, je sentais une énergie au milieu de mon front et de mon plexus solaire.”

Il y a toutes sorte de courants énergétiques dans le corps, la mécanique derrière est certainement intéressante mais l’une n’est pas plus valable que l’autre pour faire la distinction entre endormi et éveillé, si tu cherche une preuve dans le mental que tu es arrivé à un état de conscience important alors tu ne peux que regarder dans la mauvaise direction, la vérité n’est attaché a aucun effet du mental, elle est, sans artifice, sans saveur, sans odeur…

C’est la réalisation que rien du mental n’est toi ni ne peut prouver que tu ES; toi seul a le pouvoir de dire je suis, les objets ne peuvent qu’être reconnu comme n’étant pas toi, lorsque ce qui va et vient, le mental/l’expérience n’est plus porteur de vérité alors tu découvre qu’il n’y a rien à garder ici bas, il n’y a rien qui soit capable de prouver qui tu es car tu n’es pas de ce monde et tu n’as pas de formes expérimentable.

”Je sais que mon ego veut l’éveil, comment puis-je faire disparaitre ce désir de l’ego tout en gardant un réel désir.”

Si l’état normal est l’état éveillé, si c’est la vérité, alors l’ego mourrera de sa belle mort en son temps si tu en prends conscience et résiste à la tentation de le nourrir et de lui donner la place du chauffeur, peu à peu, il laissera la parole à plus grand que lui.

”Tout à l’heure en observant la lune, je me suis dit que toute chose à une place, toute chose a une raison d’être, et chaque chose arrive parce qu’il doit arrivé. Positif ou négatif tout a sa raison d’être. Et même ce mail. Mais comment laisser porter mon existence par la vie ? Et en faire une croyance qui peu changer ma vie.”
As-tu vraiment le choix? As-tu le choix de ne pas être? L’existence est déjà portée il faut simplement découvrir les tendances du mentals, se laisser ”mariner” dans l’expectative que la  conscience est omniprésente, omnipotente, et qu’il n’y a absolument aucune barrière qui l’empêche de t’apporter la leçons et les outils nécéssaires dans ce moment.

Le soutien de la conscience est toujours là, les mots magiques qui réconfortent et donnent un sens à ce que nous vivons sont là, mais nous n’avions encore jamais porté attention ; Cette fois il faut bien écouter et rappeler à l’ordre cet ego qui se déclenche par pur habitudes d’un passé endormi et révolu, comme la voiture qu’on met sur le neutre et qui poursuit sa route jusqu’à épuisement de son élan.

”Voilà, j’ai des milliards de questions que mon mental ses approprié, du coup je ne sais plus si elles ont une réel valeur ou non ?
Je comprend quand Jean Klein disait ” chaque pas pas que vous faite dans votre recherche, vous éloigne de l’illumination”, ça veut dire que mon mental c’est approprié toutes les découvertes et m’empêche de découvrir ce que je suis vraiment et c’est pourquoi je doit oublie tout ce que j’ai découvert, non ?”

Qui perçoit cet inquiétude? Qui perçoit l’impulsion de devoir oublier? Qui perçoit cette conclusion?  Tu n’as pas besoin de milles et une questions, celle-ci suffit, la conscience inconditionnée perçoit tout cela, elle n’a pas besoin de changer l’expérience du mental pour être davantage ce qu’elle EST.  Peux-tu accepter une telle simplicité? ou bien cherche tu des feux d’artifices et des trompettes?

Les feux d’artifices, le mental connais bien cela, il peut t’en montrer de toutes les couleurs et te proposer le meilleur spectacle que tu n’aura jamais vu, et dans toute la splendeur et l’émerveillement, ce ne sera que du rêve, des confétis et des parades qui vont et viennent, des émotions à couper le souffle qui ne sont là que l’instant d’un moment … Qui était là sans un mot, pour témoigner de toute cette expérience? Qui état là pour découvrir que ces moments d’exaltation on eu un début et une fin? Il fallait que ce soit quelque chose de durable, quelque chose qui a conscience de son éternité, et qui contient en elle la pleine palette de l’expérience.

Voilà ce que je veux que tu réalise maintenant, voilà vers quoi tu dois mettre ton attention Murat, ce n’est pas lointain, ni dans le temps ni dans l’espace.

Tiens-moi au Courant M., dis-moi ce que tu trouves !


Yuri


Nov 14 2017

Gros égo; un jour tu comprendras…

Conversation maritime
entre américains et espagnols

Nov 5 2017

L’économie actuelle par Eckhart Tolle

Eckhart Tolle, auteur de deux livres: Le Pouvoir du Moment Présent et Nouvelle Terre, nous partage sa perception de la situation mondiale actuelle et de l’effondrement des structures mises en place par une conscience qui s’effrite. Il serait nécessaire que ces structures s’effondrent une bonne fois pour toutes, pour qu’une nouvelle émerge.


Nov 3 2017

La question de l’Ego – Alan Watts

Alan Watts

La question de l’Ego

La question la plus fascinante au monde, me semble-t-il, est celle-ci : qui suis-je? Ou bien: que suis-je? Celui qui voit, celui qui sait, celui qui est : voilà bien la chose qui constitue l’expérience la plus inaccessible de toutes, une expérience mystérieuse, complètement occultée.

Nous parlons de notre ego. Nous utilisons le mot je. J’ai toujours été extraordinairement intéressé par le sens que les gens donnent au mot je, à cause des formes curieuses qu’il peut prendre au cours de la conversation. On ne dit pas, par exemple,  » je suis un corps « , mais « j’ai un corps « . D’une certaine manière, nous ne paraissons pas nous identifier entièrement à tout ce qui est nous-même. Je dis  » mes pieds « ,  » mes mains « ,  » mes dents « , comme s’il s’agissait de choses m’étant extérieures. Et, dans la mesure où je peux m’en faire une idée, la plupart des gens semblent ressentir qu’ils sont quelque chose à mi-chemin entre leurs deux oreilles, un peu en retrait des yeux, à l’intérieur de la tête, tout le reste se trouvant comme raccroché à ce quelque chose. Et ce principe actif qui est ici, c’est ce que nous appelons notre ego. C’est moi!

(…)

Mais alors, qu’est-ce que notre ego? Une illusion doublée d’une futilité. C’est l’image que nous avons de nous-même, une image incorrecte, fausse, une caricature combinée à un effort musculaire futile, pour rendre sensible notre volonté.

Ne serait-ce pas mieux, si le sentiment que nous éprouvions de nous même était en accord avec la réalité? Cette réalité de notre existence qui fait que nous sommes à la fois l’environnement naturel -c’est-à-dire en fin de compte l’univers entier- et l’organisme qui joue avec. Pourquoi ne le ressentons-nous pas ainsi? De toute évidence, parce que cette sensation est occultée par une autre. D’origine sociale, elle est le résultat d’une sorte d’hypnotisme s’exerçant à travers tous les procédés éducatifs, et qui crée cette impression hallucinatoire d’être celui que nous sommes ce pourquoi nous nous comportons comme des fous.

(…)

Nous sommes fous à lier.

La solution au problème ?

 » Mais « , me direz-vous, comment en venir à bout ?  » Je réponds à cela qu’il s’agit d’une mauvaise question; de quoi faut-il venir à bout? Vous ne pouvez pas vous débarrasser des hallucinations qui donnent substance à votre ego à l’aide de votre ego. Désolé, mais c’est impossible, comme de se soulever en tirant sur ses propres bottes. On n’éteint pas le feu avec le feu: si vous essayez de vous débarrasser de votre ego à l’aide de votre ego, vous tombez dans un cercle vicieux. Et vous risquez fort de ressembler à quelqu’un qui redoute de se faire du souci du fait qu’il est soucieux… vous tournez en rond sans fin en devenant toujours plus fou. Lire la suite


Oct 25 2017

Comment sortir de la dualité?

illusion

Je voudrais partager avec vous une définition courte qui résume bien, d’après moi, ce qu’est là non-dualité. Toujours dans un esprit philosophique et non de religion ou d’un dogme. Malheureusement, je n’ai pas la source de l’auteur en question. ML

« La dualité se manifeste par des « j’aime / j’aime pas », des « je veux / je ne veux pas » qui sont des expressions de l’ego qui tente de contrôler le monde. L’ego est déterminé par sa prédisposition à expérimenter ce qu’il veut bien expérimenter. Il discrimine en fonction de ses choix personnels. Il rejette les expériences qu’il juge insupportables et multiplie celles qu’il trouve agréables.

Pour sortir de la dualité, il est nécessaire d’aller au-delà de l’expérience, d’accueillir ce qui est. Ce qui est, est. Ce n’est pas négociable. L’ego va se battre farouchement pendant des années en essayant d’échapper à ce qui est. »


Oct 20 2017

Reconnaître l’égo

«   Vous ne pouvez transcender ce que vous ne connaissez pas.
Pour aller au delà de vous-même, vous devez vous connaitre  « 

Nisargadatta

Reconnaître l’égo : 

(A noter qu’il ne s’agit pas ici de l’ego au sens freudien, le moi.
Au contraire, l’ego désigne ici un ensemble d’éléments qui n’appartiennent
ni au vrai soi ni à la réalité du Cosmos)

– les peurs

– les doutes

– la culpabilité

– l’apitoiement sur soi-même

– le sentiment de dévalorisation

– le sentiment d’être victime

– la fierté blessée

– l’ambition

– l’effort ou la lutte pour parvenir à un résultat

– la prétention

– l’arrogance

– le sentiment de supériorité morale

– le sentiment d’avoir raison

– le sentiment d’être plus vertueux que les autres

– l’impatience

– l’exigence

– la jalousie

– la possessivité

– la désaffection

– l’indifférence

– le contrôle sur les choses, les gens, les événements

– les comparaisons

– les jugements

– le bavardage intérieur

– les images que l’on a de soi-même

– l’indulgence envers l’ego d’autrui

– la (fausse) loyauté envers des personnes ou des institutions collectives
agissant incorrectement

– la défiance envers la Voie du Cosmos

– les attentes…

http://etreetvoirautrement.fr.gd


Oct 15 2017

Les Enseignements d’Eckhart Tolle/ La dysfonction humaine ou l’égo… 1ere partie

Ajoutée par le  7 juil. 2011

Eckart Tolle apparaît comme le plus original et le plus stimulant des maîtres spirituels de notre temps. Il voyage et enseigne dans le monde entier.
Eckhart n’appartient à aucune religion en particulier, mais n’en exclut aucune. Son enseignement profond et pourtant simple a aidé des milliers de gens à trouver la paix intérieure et une existence accomplie. La transformation de l’individu et de la conscience collective se trouve à la source de son enseignement comme un éveil spirituel global…
Ses Livres: Le Pouvoir du Moment Présent, Quiétude, La Conscience de l’Être, Vivre Libéré…
http://www.eckharttolle.com/
Eckhart dit:Pour en finir avec l’ego. Au commencement de notre existence, ne sachant pas qui nous sommes, notre esprit influencé par nos proches et nos expériences se crée une identité illusoire qui, à l’âge adulte, est à l’origine de toutes nos souffrances. L’ego ne représente qu’une petite étape dans l’évolution humaine et comme toute étape, nous devons la laisser derrière nous et la dépasser pour continuer à évoluer. Malheureusement, la plupart des humains, stoppent inconsciemment leur évolution en demeurant le reste de leur vie prisonniers dans ce stade intermédiaire, source de tous leurs malheurs. « Le mieux étant l’ennemi du bien » pour la plupart des humains, ceux-ci s’accommodent comme ils peuvent de leur souffrance en faisant souffrir les autres et en entretenant l’illusion que celle-ci est inhérente à la nature humaine. Ce dépassement terrorise l’humanité car cela signifie mourir avant de mourir. Il s’agit bien de liquider sa vieille personnalité fictive et de se jeter corps et âme dans l’inconnu, pour découvrir qui nous sommes réellement…


Oct 13 2017

Faut-il éliminer l’égo?

 

Dialogue avec Lama Denis Teundroup et Arnaud Desjardins


 

Q: La notion d’ego me semble très difficile à comprendre.

LAMA DENIS TEUNDROUP. Dans le langage contemporain de la spiritualité, on parle énormément d’ego, ce qui est certainement important car l’ego est au coeur du problème. Mais on voit fréquemment l’ego devenir le mauvais, le vilain et, avec quelques tendances culturelles, on irait même jusqu’à dire le démon, ce qui sans être tout à fait inexact amène cependant d’énormes difficultés dans la relation que l’on entretient à soi-même. S’identifiant à l’ego, on devient le mauvais, le vilain et, dans cette relation à soi-même, se développe alors une approche qui a facilement tendance à devenir dépréciative et autoagressive. On réprime l’ego sans se rendre compte que celui qui réprime est précisément l’ego. On arrive à cette situation paradoxale que la répression de l’ego entretient l’ego et qu’une certaine forme de lutte anti-égotique nourrit le problème contre lequel on souhaite justement lutter. Ce qui suggère que la lutte et la répression (comme dans beaucoup d’autres cas!) ne sont pas la bonne méthode et que, dans le travail avec soi, il est nécessaire de dépasser cette approche répressive et de développer une attitude de douceur et d’acceptation. Mais cette douceur, cette acceptation ne sont pas du tout une attitude de permissivité, de laxisme complaisant où l’on s’autoriserait tout ce qui se présente sans discernement.

D’une façon générale, ce problème de l’ego existe en Orient comme en Occident. Néanmoins, il s’avère beaucoup plus précis et fort dans le contexte occidental. Cela peut s’expliquer par l’exacerbation de l’ego, l’attitude de compétitivité intense qui règne en Occident mais aussi par notre héritage culturel et traditionnel. En effet, notre passé est imprégné de culture chrétienne avec tout ce que celle-ci a tendance à véhiculer comme dénégation de soi sous une forme dépréciative, auto-agressive et à la limite mortifiante.

Une autre difficulté vient de la transmission du dharma en Occident et de sa traduction qui a été très influencée par la mentalité occidentale ambiante. Sans entrer dans une discussion trop technique, on peut faire remarquer que le concept de da en tibétain, atman en sanscrit, que l’on traduit dans beaucoup de cas par ego, certaines fois par soi, a un domaine de signification très étendu. On rencontre dans celui-ci les notions de  » je « , de  » moi « , d’ « ego « , de  » soi « , d’  » âme « , d’  » être  » et même de  » Soi « . Notre expérience  » moi, je « , ce que je suis dans mon expérience empirique actuelle participe d’une double nature authentique et illusoire. Notre expérience n’est ni totalement authentique ni totalement illusoire: suivant sa qualité, elle est plus ou moins authentique, plus ou moins illusoire dans un enchevêtrement de réalité et d’illusion constante. Notre expérience habituelle est la version duelle, dualiste que la conscience habituelle produit sur la base de l’expérience primordiale non dualiste de la claire lumière.

L’important est ici de voir que, dans cette expérience de  » moi, je « , il y a cette double nature authentique et illusoire, non dualiste et duelle. C’est une notion traditionnelle qui passe difficilement dans la terminologie occidentale. Une possibilité pour résoudre cette difficulté est de considérer que  » moi, je  » est constitué de ces deux éléments authentique et illusoire et d’appeler, d’une part, la présence authentique telle qu’elle est en nous-mêmes le  » soi  » et, d’autre part, d’appeler  » ego  » le voilage, la perception illusoire des formes qui masquent l’authentique. Dans cette perspective,  » moi, je  » est une imbrication de qualités authentiques émergeant de notre nature profonde. C’est le cas de l’amour, de la compassion, de la confiance véritable qui sont l’expression de la présence en nous de la nature de bouddha alors que l’ego est la tendance dualiste, duelle et conflictuelle qui opère dans les passions en termes d’attraction, de répulsion, d’indifférence. D’où les émotions conflictuelles qui filtrent, masquent, voilent et interfèrent avec la nature de bouddha. Dans cette perspective, la pratique n’est pas la lutte, la répression de l’ego, mais la reconnaissance des qualités authentiques présentes en nous. Elle consiste, dans une attitude de douceur et de détente, à s’ouvrir à ces qualités authentiques, à notre soi en laissant tomber les fixations de l’ego.

Un ego d’abord normal

UNE FEMME. Vous venez de dire qu’il ne faut pas avoir d’attitude agressive envers l’ego. Mais comme toutes les voies spirituelles insistent sur la nécessité de se débarrasser de l’ego, pendant longtemps, je me suis évertuée à chasser cet ego qu’on me présentait comme l’obstacle sur le chemin. or, actuellement, il me semble au contraire que je dois passer à travers le sentiment, la sensation de ce moi. Est-ce que je me trompe ?

ARNAUD DESJARDINS. Il faut savoir, d’une part, à quel niveau on parle, c’est-à-dire si l’on s’adresse à un débutant ou à une personne qui est déjà avancée sur le chemin et, d’autre part, si l’on s’adresse à un débutant qui est bien situé en lui-même ou à un débutant plus ou moins perturbé, y compris des perturbations qui, en Occident, relèveraient de la psychothérapie. Tous les enseignements, sans exception, et tous les maîtres sont d’accord pour dire que le but est l’effacement, la disparition d’un certain mode de conscience que l’on désigne généralement en français par  » le sens de l’ego « . Premier point, savons-nous exactement ce que nous appelons l’ego et en quoi pourrait consister l’état-sans-ego, autrement que par des définitions livresques qui nous vaudraient de bonnes notes dans des examens d’indianisme à la Sorbonne mais qui ne peuvent pas nous servir de point d’appui pour transformer notre existence, nous libérer de nos peurs et nous établir dans la sérénité?

Ma ligne de réponse personnelle, c’est que l’ego, pour être transcendé, dépassé, doit d’abord être en bon état ou en bonne santé. Même si, pour employer une image combien célèbre, la chenille doit mourir en tant que telle pour devenir papillon, une chenille malade ne fera pas un papillon. Si l’ego est trop peu structuré, comment est-il possible de vouloir tout de suite dépasser celui-ci? Comment parler d’effacement du sens de l’ego à une personne qui n’a même pas l’impression d’exister vraiment et qui se sent bloquée par différentes formes d’inhibitions et de malaises, issus de marques profondes, de samskaras en sanscrit? Certains êtres humains ne se sentent même pas le droit d’exister. Ils ont l’impression qu’ils ne sont à leur place nulle part parce que psychologiquement ils ne se sont pas sentis suffisamment aimés, soutenus, confirmés dans leur enfance. Pour que le sens de l’ego puisse s’effacer, il faut d’abord que l’ego se soit quelque peu affirmé, que cette conscience ordinaire que nous avons de nous se soit organisée, structurée, que nous soyons vraiment un ego au singulier et non pas une multiplicité de personnages ou de tendances qui nous composent et s’opposent entre elles.

Je me suis beaucoup appuyé pendant les années de ma recherche sur une formule que je considère toujours comme précieuse aujourd’hui:  » Pour se donner, il faut s’appartenir.  » On ne peut donner que ce qui nous appartient. Comment est-ce que je peux abandonner l’ego (en anglais drop the ego – Dieu sait combien de fois j’ai entendu cette expression) si ce moi est informe, privé de forme? Mon propre gourou m’a dit un jour en anglais, il y a bien longtemps:  » Arnaud, you are an amorphous crowd « , ( » vous êtes une foule amorphe « ), et comme je savais qu’il avait reçu une formation scientifique dans sa jeunesse, j’ai bien compris qu’il donnait au mot amorphe, privé de forme, un sens très précis – amorphe en chimie, c’est l’opposé de cristallisé. Une part de nous qui est touchée par une vérité – non pas seulement dans l’intellect mais dans le coeur – voudrait échapper à un certain mode de conscience que nous sentons bien comme limitatif, mais d’autres parts de nous continuent à réclamer:  » Et moi, et moi, je n’ai pas reçu ça, je n’ai pas pu faire ceci, je demande encore cela.  » Il y a donc une première étape de structuration ou même d’affirmation de l’ego avant d’envisager l’effacement de la conscience du moi dans tout ce que ce pronom présente de limitatif. Mais ce travail de structuration doit être entrepris dès le départ avec une compréhension et surtout un sentiment qui permettent l’ouverture et le dépassement. Il est important de pressentir d’emblée ce que pourrait être un état non égoïste ou non égocentrique de manière à ce que cet te première affirmation de l’ego, nécessaire au début, ne soit pas le renforcement d’une prison qui ensuite deviendrait un véritable obstacle.

Le sens de l’ego, c’est une identification – j’entends par ce mot se prendre pour ce qu’on n’est pas réellement -, une identification de la conscience au personnage que nous sommes et que nous désignons par notre nom et notre prénom. Ramana Maharshi utilise l’image d’un acteur distribué dans un rôle qui, par un phénomène que nous sommes tous d’accord pour considérer comme pathologique et relevant de la psychiatrie, se prendrait tout d’un coup pour le rôle dans lequel il est distribué. Ici, chacun peut entendre ses nom et prénom. L’ego est une hallucination qui fait que la conscience se prend pour Arnaud Desjardins au lieu de se considérer comme distribuée dans le rôle d’Arnaud Desjardins mais fondamentalement libre de ce rôle. Cette liberté, nous la retrouvons chez les enfants qui font semblant en jouant d’être un avion tout en sachant très bien au fond d’eux-mêmes qu’ils ne sont pas un avion  » dans la vraie vie « . Ce que nous appelons la carte d’identité, c’est en fait la carte des identifications majeures au nom et à la forme, pour parler comme les hindous, notre véritable identité étant totalement indépendante de ce qui est marqué sur la carte d’identité en question. Notre véritable identité donnerait à peu près: Date de naissance: jamais né; nom des parents: le brahmane la réalité absolue! Comment pouvons-nous progresser vers le moment où cette identification fondamentale va céder et où se révélera une conscience pure, sans attribut, distribuée dans un certain rôle? C’est là toute la question.

LAMA DENIS. Il y a effectivement, nous l’avons vu, de grosses erreurs dans la notion d’ego et dans celle de dépassement de l’ego. Bouddha a été appelé parfois anatma vadin, celui qui enseigne le non-ego et, partant de cette notion de dépassement de l’ego, certains se proposent d’annihiler celui-ci. L’ego est exécrable, haïssable, l’ego est à exterminer et ils s’engagent dans une guerre contre cet ego. Cette approche est une déviation et une erreur majeure. Le non-ego n’a jamais signifié qu’un côté de nous-même devait annihiler l’autre côté de nous-même. Lorsque quelque chose en nous se propose de maîtriser, de détruire quelque chose d’autre en nous, il est pertinent de se demander comme je le suggérais tout à l’heure: qui est-ce qui se propose d’annihiler, de détruire, de dépasser cet autre aspect, qui est-ce qui se propose de dépasser l’ego? Du point de vue bouddhiste, ce sujet qui a cette intention n’est autre précisément que l’ego lui-même. Cette volonté de destruction de l’ego devient une façon subtile de renforcer l’ego, l’ego se construisant avec pour propos son propre dépassement ou sa propre destruction. Il y a là un réel problème. D’autre part, il est important, avant d’envisager un dépassement de l’ego, d’avoir un ego normalement structuré. Arnaud faisait à l’instant allusion aux difficultés que l’on rencontre souvent face à des personnes qui se proposent de dépasser l’ego mais qui n’ont même pas un ego normal. Il y a, avant d’envisager le dépassement de l’ego, la nécessité d’être  » normosé « , d’avoir une névrose normale, un ego normalement équilibré. Il y a des gens qui sont névrotiquement névrosés et qui relèvent de disciplines autres que la voie spirituelle. Il y a des gens qui sont  » normosés  » et l’approche spirituelle s’adresse à ces personnes normales ou normalement névrosées.

Il existe deux niveaux dans le travail sur l’ego: d’abord la compréhension de ce qu’on appelle la transparence de l’ego et ensuite l’expérience de la non-dualité. L’expérience de la transparence de l’ego consiste à comprendre – comprendre non pas intellectuellement mais dans un vécu abordé dans la méditation assise – comment nous ne sommes pas ce à quoi nous nous identifions. En effet, nous ne sommes pas notre carte d’identité. Notre identité en tant que Pierre, Paul, Marie ou Jeanne, n’a qu’une valeur conventionnelle. Nous sommes un ensemble de samskaras, de tendances, un ensemble d’états de conscience et, sur ce flux de conscience qui constitue notre expérience habituelle, nous mettons un nom:  » moi « . A un premier niveau, il s’agit de comprendre que cette identité ou ce processus d’identification – car il n’y a pas une identité solide, une entité qui ait un caractère intègre et monolithique – est en fait et uniquement un processus, c’est-à-dire le jeu interdépendant des différents phénomènes qui nous donnent le sentiment d’être ce comme quoi nous nous vivons. Il se produit alors une désidentification ou une perception de la transparence, du manque de solidité de notre identité conventionnelle, habituelle. C’est ce qu’on appelle traditionnellement le premier niveau du non-ego.

Le deuxième niveau est l’accession à la non-dualité, c’est-à-dire à l’absence de quelqu’un qui soit le témoin de l’expérience du non-ego. Dans un premier temps, il y a la conscience de ne pas être ce à quoi nous nous identifions habituellement, il y a la conscience de la transparence de notre identité – je ne suis pas ceci, je ne suis pas cela -, mais subsiste néanmoins une appréciation qui est cette conscience d’être globale ou cette conscience de ne pas être cette identité. A ce niveau, on a encore l’expérience d’un témoin, d’un observateur, d’un point de référence. Le deuxième niveau, celui de l’expérience non dualiste, est la disparition même de ce point de référence central auquel l’expérience se rapporte. A ce moment-là, il n’y a plus même conscience du non-ego. Il y a une expérience immédiate, directe, sans la notion du sujet qui perçoit quelque chose d’autre ou qui expérimente le non-ego. Cet état est l’expérience non duelle.

Mais partons du début: au niveau psychologique, il y a la nécessité de la structuration de l’ego et la tradition nous propose un certain nombre de pratiques pour d’abord être bien structuré – ce qu’on appelle en tibétain seunamtso, le développement de bienfaits, de l’action juste. Ensuite, sur la base de cette structuration harmonieuse, juste, il est possible de dépasser l’illusion de l’ego, c’est ce qu’on appelle en tibétain yeshetso, le développement d’expérience immédiate, qui comprendra à son tour deux niveaux, le premier étant l’expérience de transparence et le deuxième le dépassement même de toute expérience – fût-ce celle même de la transparence.

La transparence de l’ego

Je voudrais demander à Lama Denis s’il peut préciser ce qu’il veut dire par transparence de l’ego et notamment s’il s’agit d’un état où l’ego serait normalisé et où l’on ne serait plus arraché à la réalité relative, par exemple à cause d’émotions ou de désirs forts qui nous empêchent de rester en contact avec la réalité telle qu’elle est? Ou bien s’agit-il d’autre chose ?

LAMA DENIS. La transparence de l’ego est l’aspect élémentaire de ce qu’on appelle dans le bouddhisme shunyata, l’expérience de la vacuité: je ne suis pas ce que j’ai l’impression d’être, je ne suis pas Pierre. Mais habituellement, je suis Pierre, je suis solide. C’est l’expérience que dans le  » p « , dans le  » i « , dans le  » e « , dans les deux  » r  » et dans le  » e  » final, il n’y a pas quelqu’un. C’est l’expérience que ce à quoi je m’identifie – cette carte d’identité qui comprend un nom, une date de naissance, une certaine situation sociale, certaines adhésions intellectuelles – n’a qu’une réalité conventionnelle. C’est l’expérience intérieure vécue du caractère relatif de cette identité.

L’expérience dans laquelle on ne s’identifie plus à ses pensées ou à ses émotions, fussent-elles grossières ou subtiles, correspond à ce qu’on appelle l’observateur abstrait. A ce stade, il y a encore la notion d’observateur, de témoin – un témoin non impliqué, un observateur abstrait dans le sens où il n’est pas solidement concret et où il ne réagit pas -, mais il reste la conscience abstraite, neutre, alors que dans le deuxième temps, la conscience même d’être abstrait ou neutre, non impliqué, n’existe plus. C’est uniquement à ce moment-là qu’il y a accession à l’expérience non duelle. La conscience, du point de vue bouddhiste, est toujours conscience de quelque chose d’autre, elle correspond toujours à un mode de connaissance duelle, c’est-à-dire que le sujet est conscient ou connaisseur de quelque chose qui lui est autre, cet autre fût-il la transparence de l’ego.

Le sujet et l’objet

Qu’est-ce qui entreprend la démarche de libération? Est-ce l’ego ou y a-t-il en nous « quelque chose » qui prenne la recherche en main?

ARNAUD. Au départ du chemin, dans les conditions ordinaires de l’existence – c’est certainement encore plus vrai pour nous, produits de ce monde occidental moderne, dans l’existence agitée, déstructurante que nous vivons aujourd’hui, que pour des êtres qui avaient un mode de vie beaucoup plus calme, ponctué de prières, de méditations, de rituels – il y a une identification massive, celle de la conscience pure à une forme apparente qui n’est que changement. Identification à nos pensées, à nos émotions, à nos sensations par lesquelles nous sommes complètement happés.

Swâmi Prajnanpad appelait cela une fausse non-dualité dans laquelle le sujet est entièrement absorbé par l’objet. Je n’ai plus aucune conscience de moi. Swâmiji insistait sur la nécessité de passer par une étape importante dans laquelle nous expérimentons un moi plus permanent, plus stable, plus réel, même s’il s’agit d’une individualité qui devra elle aussi être dépassée. C’est encore moi, mais avec une distinction claire du moi et du non-moi. Est-ce que moi en colère, c’est moi? Non, pas plus d’ailleurs que moi, fou de joie. Il s’agit donc, dans un premier temps, de découvrir un  » je  » sans attribut, sans prédicat, plus stable, plus permanent et qui procède pour commencer d’une dissociation. C’est cette distinction du sujet et de l’objet qu’on appelle  » discrimination du spectateur et du spectacle  » ou « position de témoin », witness position en anglais, sakshin en sanscrit. Mais elle n’est qu’une étape.

Donc, l’état de conscience ordinaire est une fausse non-dualité dans laquelle nous n’existons plus, non pas au sens heureux d’un effacement de l’ego mais dans le sens d’une identification inconsciente à nos fonctionnements, d’autant plus grande que nous sommes plus concernés émotionnellement. Nous ne sommes pas en possession d’une conscience stable que l’Inde compare à un fil qui passe à travers toutes les perles du collier, une conscience permanente qui s’exprimerait avant tout en termes négatifs – je ne suis pas cette pensée, je ne suis pas cette émotion, je ne suis pas cette condition physique pénible, je ne suis pas tout ce dont je peux prendre conscience qui n’existait pas hier, qui n’existera pas demain. Donc, il s’agit bien d’une dissociation. Si je suis complètement pris, le sujet et l’objet sont confondus, je suis emporté par mes pensées, mes émotions, mes sensations. Il y a absorption du sujet par l’objet. Cet objet peut être l’ensemble de nos perceptions intérieures, une émotion douloureuse, une tristesse, une surexcitation parce que nous avons reçu une bonne nouvelle, ou même des pensées un peu obsessionnelles. Une part de la sadhana, de l’ascèse, consiste en cette désidentification, cette dissociation du sujet et de l’objet.

En langage védantique, on dit que tout peut être objectivé, c’est-à-dire considéré comme un objet – y compris, je le redis, ce que d’habitude nous considérons comme tenant au sujet, c’est-à-dire les tristesses, les joies, les colorations affectives, les idées noires, les idées roses. Si le sujet est triste de constater une tristesse, ce n’est plus le sujet. Le sujet, le témoin, doit être pur, sans coloration, sans qualification, juste vision. Ce témoin, lui, est toujours identique à lui-même, tandis que ce qui est vu est tout le temps changeante Cette étape que Swâmi Prajnanpad appelait une vraie dualité est une première démarche.

Tout peut devenir objet pour un sujet qui en prend conscience. Mais du sujet lui-même, l’ultime sujet, rien ne peut prendre conscience. Mais ce je suis, ce sujet, même s’il est très pur, même s’il est sans émotion, même s’il EST parce qu’il échappe au changement, qu’il échappe au temps, a encore une certaine coloration individualisée. Je le ressens toujours quelque peu comme  » moi ». Il y a encore un dépassement possible dans lequel ce sens d’un je suis même très calme, très stable et autour duquel peut se structurer et s’organiser notre fonctionnement ordinaire, va disparaître. Le sujet perd toute référence individualisée, toute référence de séparation, de dualité et atteint une non-dualité – non-deux – qu’il est impossible d’imaginer à l’avance tant qu’on ne l’a pas expérimentée. La conscience devient alors parfaitement lumineuse, claire, souverainement détachée, mais compatible avec l’apparence d’une action, d’une décision. Toute référence individuelle s’est effacée. Pour illustrer cet état, on donne l’image de la vague qui réalise qu’elle est purement et simplement l’océan; même s’il y a des milliers de vagues, il y a un seul océan et la vague ne peut pas avoir une existence, ou un être, ou une réalité indépendante de l’océan lui-même.

Pour en savoir plus lisez « Dialogues à Deux Voies » Ed. La Table Ronde Lama D. Teundroup & Arnaud Desjardins

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