Avr 27 2017

Accepter ce qui est – Svâmi Prajnânpad

Maître de vie : Svâmi Prajnânpad
 

« Celui qui est libre du jeu de la dualité, de la dualité de l’action, devient le témoin de ce qui se passe. Il est pure conscience lucide (awarreness) devant laquelle défile le changement. A tout ce qui arrive, tout ce qui se produit, il dit « oui ». Et cette conscience du changement est absolue. Ce « oui » éternel est constant : c’est la Perfection »

Comment ai-je découvert Svâmi Prajnânpad ? Par des lettres de lecteurs qui s’étonnaient que je ne parle pas de lui, dont j’étais, disaient-ils, si proche… Cela piqua ma curiosité : je lus sa correspondance, ses entretiens… Ce fut comme si je rencontrais – mais incarnée, mais vivante – la vérité que j’avais tenté de penser.

Celui-là dit la vie comme elle est, difficile, douloureuse, inconsolable. Et c’est la seule consolation qui vaille. Un philosophe ? Bien mieux : un sage – aussi grand que ceux de l’Antiquité, tout en étant pleinement de son temps.

Né en Inde, dans une famille de brahmanes, il est l’un des premiers lecteurs orientaux de Freud, dont il adapte l’enseignement. Il invente, entre « vedânta » (qui affirme l’identité de la conscience individuelle et de la conscience universelle) et psychanalyse, un style de psychothérapie qui devient une aventure spirituelle. Rien de religieux pourtant chez lui : il ne célèbre aucun Dieu, n’impose aucun rite, ne promet aucun paradis.

La spiritualité, dit-il, n’est qu’un autre nom pour l’indépendance. Pas d’autre prière que l’attention. Pas d’autre salut que l’amour et l’action. Il m’apprend à voir la vie telle qu’elle est, et à l’accepter toute. C’est mon maître de sagesse et de lucidité.

1 – Vivre au présent

Ce qui fut n’est plus, ce qui sera n’est pas encore. « Qui crée alors le passé ou le futur ? Seulement le mental. » Nous sommes prisonniers du passé, par l’inconscient, et de l’avenir, par l’attente. « Le passé insatisfait enserre le présent dans ses griffes », et nous voue à l’espérance, donc à une nouvelle insatisfaction. L’espoir et la peur sont les plus grands ennemis de l’homme : parce qu’ils nous séparent du présent, du réel, de tout, parce qu’ils nous enferment dans l’avenir et l’ego. On ne peut y échapper qu’en se libérant du passé. Ainsi la liberté et l’éternité vont ensemble.

2 – Différence et changement

Tout est différent toujours : il n’y a pas deux grains de sable identiques, ni deux mentals semblables. C’est ce qui nous voue à la solitude : « Personne ne peut agir suivant le désir de quelqu’un d’autre ; chacun est différent et séparé. » C’est aussi ce qui nous voue au changement, qui n’est que la différence dans le temps. Deux instants successifs ne sont jamais identiques : « Tout change à chaque instant. Ce n’est qu’un courant qui s’écoule. » Il n’y a pas d’êtres ; il n’y a que du devenir. C’est ce que l’ego refuse : il voudrait « rester intact » et ne le peut ; il s’interdit de vivre, pour ne pas mourir.

3 – Le refus et l’émotion

Qu’est-ce que le mental ? Toute pensée en nous qui souhaite autre chose que le réel. C’est le contraire de la vérité. C’est « mâyâ » (« l’illusion »). Comment savoir alors si l’on est dans la vérité ou dans le mental ? Par la présence ou l’absence d’émotion. L’émotion est le critère : si je suis ému, c’est que je superpose au réel autre chose que ce qu’il est (mon désir, mon refus, mon attente), qui m’en sépare et m’enferme dans le mental. Il faut donc accepter l’émotion, pour s’en libérer.

4 – Voir, accepter, agir

Le contraire de l’illusion, c’est la vérité. Le contraire du mental, c’est voir. Ne pas penser, ne pas interpréter, ne pas juger, ne pas comparer, mais voir ce qui est comme cela est. Aucun jugement de valeur. Aucun refus. Aucune émotion (il n’y a plus que des sentiments). Accepter ce qui est. C’est la seule façon de le transformer. « Restez dans le présent : agissez, agissez, agissez ! » Et lorsque l’on n’arrive pas à accepter ce qui est ? Alors l’émotion est là, qu’il faut donc accepter. Ni refus ni dénégation. Ni espérance ni regret. Cela passe par la connaissance de soi, et par l’acceptation de soi : « Accept yourself and be happy » (« Accepte-toi et sois heureux »).

5 – Être un avec tout

L’expérience spirituelle la plus haute est celle de l’unité. Nous ne sommes séparés de tout que par le mental – que par nous-même. La vérité, au contraire, nous unit : parce qu’elle est une, parce qu’elle est universelle, et parce qu’elle est infinie. Il ne s’agit pas de brimer l’ego, mais de l’ouvrir : devenir comme « un cercle devenu si large qu’il ne peut plus rien entourer, un cercle d’un rayon infini : une ligne droite ! ». Alors seulement le bonheur peut advenir. Il n’y a pas d’ego heureux, ni de bonheur égoïste. Il faut donc se libérer du moi, pour s’ouvrir à tout. C’est le chemin de la sagesse. C’est le chemin du bonheur. « Pour aller où ? Là où vous êtes. Tout est ici et maintenant. »

BIBLIOGRAPHIESVÂMI PRAJÑÂNPAD
de Daniel Roumanoff – Éditions La Table ronde – Tome 1 & 2SVÂMI PRAJÑÂNPAD – L’ART DE VOIR
Lettres de ses disciples – Editions L’OriginelPORTRAIT D’UN HOMME REMARQUABLE
de Frédérick Leboyer – Editions Criterion

SVÂMI PRAJÑÂNPAD – BIOGRAPHIE
de Daniel Roumanoff – Editions La Table ronde

ENTRETIENS AVEC SVÂMI PRAJÑÂNPAD
de Srinivasan – Editions L’Originel

SVÂMI PRAJÑÂNPAD ET LES LYINGS
de Eric Edelmann et Olivier Humbert – Editions La Table ronde

http://eveilimpersonnel.blogspot.com


Avr 25 2017

André Moreau – Le mouvement de l’être


Avr 13 2017

Être Vrais

 

Peu à peu alimenter nos histoires ne nous intéresse plus, le désir d’Être Vrais surpasse tous les autres désirs. Notre façon d’esquiver, de nous retrancher nous saute aux yeux, cela s’impose comme intolérable…
La Réalité de cette évidence si simple nous laisse éberlués et silencieux.
Être Vrais a toujours été là, cela ne nous a jamais quitté. Nous n’avions jamais été séparé de notre Réalité, de notre Vérité, nous avions juste cru qu’il fallait des histoires pour habiller notre vie. Lorsqu’on laisse le faux, lorsqu’on ne s’occupe plus de fabriquer une nouvelle histoire à rajouter aux autres, pour croire en “faire” du mieux et du plus intéressant, on ne prend plus appui sur notre passé et notre futur … Être Vrais ici rayonne simplement.
Cela nous place alors au centre de nous-mêmes, dans l’Ouverture Vivante !
D’un instant à l’autre la Présence vive actualise notre vie d’une façon bouleversante !
Être Vrais, c’est vivre cette Présence avec le cœur, c’est découvrir l’harmonie que nous avions masquée par notre imagination…
Quelle merveille ! Nous sommes portés par la Vie, sans aucune condition. Quoi que nous ayons fait ou pensé, cela n’y a rien changé et n’y changera rien. Nous sommes le mouvement de la Vie ! Oui, alors le cœur se gonfle de Joie et d’humilité et il s’abandonne à la gratitude.

http://www.denismarie.net


Avr 13 2017

To be or not to be… positifs

Je me suis rendue compte que la négativité attire à elle la négativité. Le Bouddha avait compris que le désir de violence envers autrui engendrait le malheur dans notre vie. Depuis quelques temps je porte sur moi-même un regard plus que critique. Et le résultat est: je suis la pire personne que je connaisse. Peut-être parce que je suis la seule personne en laquelle je peux fouiller à ce point.

Résultat: je m’efforce de ne plus juger les gens, les êtres et les évènements à la légère. Je travaille aussi pour bannir de moi la critique des gens que je connais ou pas, ouvertement ou dans leur dos. Je fais tout ce que je peux pour que me quittent la superficialité, la méchanceté, le matérialisme et la susceptibilité. Que les injures s’effacent de mes langages et les vaines tentatives de mes actes.

La vie n’est pas peinte en noir et blanc, en nuances de gris. Cette course ici-bas est emplie de couleurs, de sentiments, de dégradés. La voie vers le Bonheur est pavée d’arcs-en-ciel. Ne dépensons pas nos efforts à être ternes. Soyons positifs, énergétiques et énergiques. Soyons une multitude d’expressions, que le Sourire s’étende à tout notre corps!

Comment pourrions-nous être sereins et heureux si nous ne transformons pas notre existence et notre coeur en une envolée de papillons colorés? Soyons légers sur la Terre comme au Ciel. Le Bien-être est simple et écologique à atteindre.

Avant-hier, nous avons passé près de 9 heures dans les trains entre l’Italie et la Belgique. Les paysages, sur la ligne Turin-Paris sont à couper le souffle. Ce printemps explose en mille nuances. Le paradis EST terrestre et je suis juste attristée de pensée qu’une ligne de chemin de fer enlaidit ainsi ces paysages magnifiques. Je suis passée au bord de rêves de lacs, sous les montagnes, à travers les prairies et autour des collines. J’ai dépassé à 320 km/h des colonies de boutons d’or et de pissenlits. Toutes ces visions m’ont rappelé que ces choses ne sont rien de moins que des miracles. Depuis toute petite, quand je m’observe dans un miroir, il m’arrive souvent de faire ces gestes: mes yeux se scrutent, ma main droite se soulève, arrive jusqu’à mon visage. Je plie et déplie les doigts et vous savez quoi? Je ne parviens pas encore à m’expliquer par quel étrange phénomène mon esprit contenu dans cette boîte crânienne peut-il commander à ma main à des kilomètres de là. Et je ne comprends pas ce fourmillement, cette énergie, cette VIE qui agite mon organisme et tous les organismes vivants. Je suis toujours fascinée par ce genre de choses. Comment fonctionnent les corps, les esprits? La croissance d’un arbre, d’une fleur? La mue d’un serpent ou d’un cerf? La construction d’une colonie de fourmis ou d’une tanière de ragondin? Comment une rivière choisit-elle son cours, et la montagne son altitude?

Les miracles, au sens naturel, au sens originel et basique du terme nous entourent et nous sont intégrés en permanence, sans même que nous en soyons conscients, sans même que nous daignons leur accorder une seconde d’attention. Faites donc l’exercice du miroir pendant quelques secondes, moi je me sens toujours d’une étrangeté insoutenable à chaque fois.

Ces réflexions sont le fruit de ma captivité mentale dans ces heures passées devant des millions de petits et d’imposants miracles liés entre eux, qui courraient tous vers l’immobilité. Des dizaines de mots, de concepts et d’idées m’ont sauté dessus.

Au final, ne reste qu’une conclusion à tout ce méli-mélo: être positive contaminera plus facilement et fortement au respect de notre Terre que de montrer et d’accuser du doigt en larmoyant sur notre sort. Mais voici qui est plus facile à dire qu’à faire… J’y travaille. Je garde espoir en l’impossible. Car le secret, c’est de préserver notre foi en ces miracles, humains et non-humains, de les admirer et donc de le respecter. C’est cette foi, cette positivité qui sauveront tout ce qui pourra être sauvegardé.

 

http://perledebois.canalblog.com


Avr 12 2017

Eckhart Tolle, le piège de la pensée conceptuelle


Avr 10 2017

De la foi à la joie

Par Richard Moss.

Si le but de la transformation est de devenir un être humain, une question évidente se pose : Comment peut se communiquer cette humanité vraie et authentique ? Ma réponse est la suivante : le plus grand cadeau que nous puissions nous faire les uns aux autres est la qualité de notre attention. Quand notre attention est enracinée dans la tranquillité universelle, au cœur de notre vraie nature, nous voyons les autres comme des parts de l’infini, participant au mystère. Cette qualité d’attention ouvre à une toute nouvelle vitalité qui n’est plus un transfert de nous vers l’autre mais un appel dans l’autre créé par le seul fait d’être disponible à cette attention plus profonde. Chaque fois que l’un d’entre nous va plus en profondeur, il y invite tous ceux qui l’entourent. C’est la grande voie par laquelle la vraie transformation est contagieuse […] Il naît avec cette attention grandissante un sens que le spirituel n’est pas dans les phénomènes paranormaux, ou dans ce qui se passe dans les lieux de culte, sur le Machu Pichu, les pyramides ou un quelconque lieu de pèlerinage New Âge. Le Sacré est partout. Tout est sacré. Et chacun de nous est une part de ce processus du sacré.

Pour comprendre la notion de plus grande énergie, nous devons considérer que ce que nous appelons ego humain, qui nous donne l’impression d’être un « moi » séparé, est en réalité un moyen de filtrer et même de réprimer une immense vitalité. L’éveil est le processus par lequel la structure de l’ego ordinaire est progressivement dissoute dans une relation avec un plus vaste niveau de conscience, dont nous sommes issus et auquel nous retournerons. C’est à la fois un processus de régression et d’affaiblissement des structures de l’ego définissant le soi séparé, un lâcher-prise et un état permettant de devenir transparent à la Source Universelle.

Dans un premier temps, vivre ce processus est un défi, avec des pics extrêmes dans les hauts et les bas. Mais avec le temps, il s’intègre et se stabilise et nous voyons une vie humaine qui a beaucoup plus de sens qu’auparavant. Quelque chose irradie, une présence plus vivante, une vitalité, une énergie, un calme et une joie tranquille.

Nos vies sont très brèves. Mais vivre en nous engageant à plus de profondeur, c’est reconnaître que nous avons écouté ce que la vie nous demande vraiment. Devenir le disciple de cette immense opportunité est le plus grand cadeau que la vie peut nous faire et notre plus grand privilège.

Richard Moss.

Source originale (article complet). Vu sur Du Tout et du Rien.

Source : http://www.urantia-gaia.info (en cas de copie, merci de respecter l’intégralité du texte et de citer la source)

Photo en illustration avec l’aimable autorisation de Michel Corboz.


Avr 10 2017

Des yeux pour voir

L’art de voir est la seule vérité. (J.Krishnamurti)

Je ne désire pas ajouter aux nombreux systèmes existants de nouvelles théories, de nouvelles formules, ou de savantes explications.

Toutes les formules «toutes faites», les «explications», les «théories» ne sont que des moyens habiles pour vous évader de vos propres conflits.

La plupart des esprits désirent imiter, suivre, copier parce qu’ils ne savent plus penser fondamentalement par eux-mêmes.

Pour la plupart la douleur, le conflit est si intense, qu’ils préfèrent plutôt s’évader dans les religions, les systèmes, les théories, ces cristallisations de la pensée humaine. Lire la suite


Avr 7 2017

Charles Coutarel – Réalisation de soi – Accueillir

Moments de présence. L’attention consciente. Accueillir ce qui est. Rassembler l’être en soi.

 

 

 

 


Mar 31 2017

« Tout est là. » -Jiddu Krishnamurti

Libérer l'esprit« Se libérer de la société suppose de n’être ni ambitieux, ni cupide, ni en proie à la compétition. Cela signifie n’être rien en regard d’une société, elle-même en proie à l’ambition d’être quelque chose. Mais ceci, voyez-vous, est extrêmement difficile à accepter car vous risquez d’être piétiné ou laissé de côté, vous n’aurez rien. Et c’est précisément dans ce rien que réside la santé mentale.
 
Tant que nous voulons faire partie de cette société, nous perpétuons un modèle qui n’engendre que guerres, destruction, misère et folie. Mais se libérer de cette société – La société de la violence, de la fortune, de la situation, du succès – requiert patience, questionnement et découvertes et non de lire des livres, de se mettre en quête de maîtres, ou de psychologues, etc. » – Jiddu Krishnamurti Lire la suite

Mar 31 2017

Sommes nous déjà à moitié cuits ?


Olivier Clerc, écrivain et philosophe, a écrit un petit conte d’une grande richesse d’enseignement. Il s’agit du principe de la grenouille chauffée :

Imaginez une marmite remplie d’eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille.
Le feu est allumé sous la marmite, l’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède.
La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager.
La température continue à grimper. L’eau est maintenant chaude.
C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant- L’eau est cette fois vraiment chaude.
La grenouille commence trouver cela désagréable, mais elle s’est affaiblie, alors elle supporte et ne fait  rien. Lire la suite