Mai 25 2017

Christiane Singer,les hommes haissent la liberté

 

Christiane Singer fut lectrice à l’université de Bâle, puis chargée de cours à l’université de Fribourg avant de se consacrer à ses activités littéraires. Elle a suivi l’enseignement de Graf Karlfried Dürckheim, (disciple de C. G. Jung). Écrivain prolifique, de sensibilité chrétienne imprégnée de sagesse orientale, elle s’est abstenue de donner des leçons de morale et excluait tout dogmatisme. Son œuvre et sa réflexion personnelles sont toutes entières centrées sur la prise en compte nécessaire du risque spirituel qui couve dans le cœur de chacun. Elle a écrit de nombreux romans et essais d’une grande qualité littéraire, dont « Histoire d’âme » qui lui a valu le prix Albert Camus en 1989, « La mort viennoise », Prix des libraires en 1979 et plus récemment « Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies ». et son dernier ouvrage : « N’oublie pas les chevaux écumants du passé ». Sensible à la situation des minorités spirituelles en France, elle a souhaité contribuer à l’action du CICNS en nous offrant cette interview.
Christiane Singer est décédée le 4 avril 2007 des suites d’un cancer. Elle venait juste de terminer un ouvrage relatant son expérience au travers de la maladie : »Derniers fragments d’un long voyage ».
Toutes les interviews du CICNS sont sur www.cicns.net/Video.htm


Mai 15 2017

Arnaud Desjardins

Arnaud Desjardins
arnaud desjardins
« Le but, le seul, c’est de franchir ces limitations, ces contradictions, ces finitudes,
pour s’éveiller à la Conscience réelle. »

Né le 18 juin 1925, éduqué dans un milieu chrétien protestant, Arnaud Desjardins est l’un des premiers occidentaux à avoir découvert et fait découvrir par des documents télévisés, grâce à ses nombreux voyages et sa passion pour la spiritualité, de grandes traditions méconnues des européens : l’hindouisme, le bouddhisme et le soufisme (mystique de l’Islam) en particulier. Il a également séjourné dans un monastère chrétien trappiste.

Sa philosophie, très loin de tout esprit sectaire, s’inspire de la pensée de Swâmi Prâjnanpad tout en se montrant très proche du bouddhisme zen et ouvert à toutes les grandes traditions religieuses, qu’elles soient orientales ou occidentales.

Cette philosophie s’incarne dans une authentique sagesse pratique, qu’il enseigne à ses disciples. C’est à la lumière de cette pratique quotidienne, et de tous les instants, qu’il a relu les Évangiles et qu’il peut se dire chrétien. En effet, si la sagesse est universelle, il importe à ses yeux de s’inscrire dans une tradition religieuse, de préférence celle dans laquelle on a vu le jour, pour approfondir celle-ci en évitant le piège du syncrétisme, auquel notre époque succombe volontiers. Lire la suite


Mai 7 2017

Sucer toute la moelle de la vie

 

Je gagnai les bois parce que je voulais vivre suivant mûre réflexion n’affronter que les actes essentiels de la vie, et voir si je ne pourrais apprendre ce qu’elle avait à enseigner, non pas, quand je viendrais à mourir, découvrir que je n’avais pas vécu. Je ne voulais pas vivre ce qui n’était pas la vie, la vie est si chère ; plus que ne voulais pratiquer la résignation, s’il n’était tout à fait nécessaire. Ce qu’il me fallait, c’était vivre abondamment, sucer toute la moelle de la vie, vivre assez résolument, assez en Spartiate, pour mettre en déroute tout ce qui n’était pas la vie, couper un large andain et tondre ras, acculer la vie dans un coin, la réduire à sa plus simple expression, et, si elle se découvrait mesquine, eh bien, alors ! en tirer l’entière, authentique mesquinerie, puis divulguer sa mesquinerie au monde ; ou si elle était sublime, le savoir par expérience, et pouvoir en rendre un compte fidèle dans ma suivante excursion. Car pour la plupart, il me semble, les hommes se tiennent dans une étrange incertitude à son sujet, celle de savoir si elle est du diable ou de Dieu, et ont quelque peu hâtivement conclu que c’est la principale fin de l’homme ici-bas que de « Glorifier Dieu et de s’En réjouir à jamais ».

Encore vivons-nous mesquinement, comme des fourmis ; quoique suivant la fable il y ait longtemps que nous fûmes changés en hommes ; tels des pygmées nous luttons contre des grues ; c’est là erreur sur erreur, rapiéçage sur rapiéçage, et c’est une infortune superflue autant qu’évitable qui fournit à notre meilleure vertu l’occasion de se manifester. Notre vie se gaspille en détail. Un honnête homme n’a guère besoin de compter plus que ses dix doigts, ou dans les cas extrêmes peut-il y ajouter ses dix doigts de pied, et mettre le reste en bloc. De la simplicité, de la simplicité, de la simplicité ! Oui, que vos affaires soient comme deux ou trois, et non cent ou mille ; au lieu d’un million comptez par demi-douzaine, et tenez vos comptes sur l’ongle du pouce. Au centre de cette mer clapoteuse qu’est la vie civilisée, tels sont les nuages et tempêtes et sables mouvants et mille et un détails dont il faut tenir compte, que s’il ne veut sombrer et aller au fond sans toucher le port, l’homme doit vivre suivant la route estimée or, grand calculateur en effet doit être qui réussit. Simplifiez, simplifiez. Au lieu de trois repas par jour, s’il est nécessaire n’en prenez qu’un ;au lieu de cent plats, cinq ; et réduisez le reste en proportion (…).

Prête-t-on l’oreille aux plus timides mais constantes inspirations de son génie, qui certainement sont sincères, qu’on ne voit à quels extrêmes, sinon à quelle démence, il peut vous conduire ; cependant au fur et à mesure que vous devenez plus résolu comme plus fidèle à vous-même, c’est cette direction que suit votre chemin. Si timide que soit l’objection certaine que sent un homme sain, elle finira par prévaloir sur les arguments et coutumes du genre humain. Nul homme jamais ne suivit son génie, qui se soit vu induit en erreur. En pût-il résulter quelque faiblesse physique qu’aux yeux de personne les conséquences n’en purent passer pour regrettables, car celles-ci furent une vie de conformité à des principes plus élevés. Si le jour et la nuit sont tels que vous les saluez avec joie, et si la vie exhale la suavité des fleurs et des odorantes herbes, est plus élastique, plus étincelante, plus immortelle – c’est là votre succès. Toute la nature vient vous féliciter, et tout moment est motif à vous bénir vous-même. Les plus grands gains, les plus grandes valeurs, sont ceux que l’on apprécie le moins. Nous en venons facilement à douter de leur existence. Nous ne tardons à les oublier. Ils sont la plus haute réalité. Peut-être les faits les plus ébahissants et les plus réels ne se voient-ils jamais communiqués d’homme à homme. La véritable moisson de ma vie quotidienne est en quelque sorte aussi intangible, aussi indescriptible, que les teintes du matin et du soir. C’est une petite poussière d’étoile entrevue, un segment de l’arc-en-ciel que j’ai étreint.

 

Henri David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois, Gallimard, 1922, L’imaginaire, 1990, pp. 90-91 et 215

http://www.caute.lautre.net/spip.php?article1706


Mai 6 2017

On fait ce que l’on veut ?

Nous faisons ce que nous voulons, oui… Mais ce n’est pas nous qui décidons de ce que nous voulons…

http://ventdeveil.blogspot.com

Mai 5 2017

L’homme de demain – Une certaine idée de la Sagesse

http://youtu.be/YwnciEiwDqI

 

Il est libre, il est indépendant, il est insouciant, il est souriant. Il se suffit de peu, les biens ne l’intéressent pas, son monde est celui de l’esprit. Il a supprimé de son vocabulaire les mots haine, possession, domination, soumission, guerre, conflit, jalousie… Son but : s’élever. Sa vie : être. Son guide : lui-même. Son amie : la sagesse. Sa bible : la nature. Voici l’homme de demain. (Rava)


Mai 3 2017

« Le choix n’existe pas. » -Éric Baret (audio)

 choix« Et si le choix n’existait pas. Et s’il s’agissait d’une invention? D’une illusion? Le fait de ne pas avoir de choix peut être perçu comme une chose terrible, comme un manque de liberté, mais en en fait, il s’agit peut-être d’une extrême liberté, car si vous n’avez pas de choix, tout va bien. Dans la vie, il n’y a rien à acquérir, il n’y aucun objectif, vous n’avez aucun choix, il n’y a aucune nécessité ne serait-ce que la nécessité d’être. Comment serait votre existence si vous n’aviez pas toutes ces préoccupations? Il n’y a pas de préoccupation, il n’y a que la conscience. Je vous recommande d’écouter cet extrait audio tiré d’une conférence d’Éric Baret qui partage avec nous, simplement; sa pensée, sa philosophie et sa présence. » -Marc Lajoie, co-fondateur des Invité de Marc

 

En complément à cet extrait audio, je vous recommande de lire ON NE DÉCIDE DE RIEN un extrait du chapitre 15 du livre « Le Seul Désir » d’Éric Baret. (cliquez ici pour lire le texte)

 
Article en lien avec cette écoute : « La résistance est futile. » -Proverbe Borg

Éric BaretQui est Éric Baret

Sans études ni culture, Éric Baret ne possède aucune compétence particulière. Ayant été touché par la tradition non duelle à travers l’enseignement de Jean Klein, il propose de se mettre à l’écoute, sans but d’aucun profit. Rien à enseigner, pas d’enseignant.

Des rencontres pour la joie de ne rien être.

Site web d’Éric Baret : www.bhairava.ws


Avr 23 2017

Le discours intérieur et la liberté, Daniel Odier


Avr 21 2017

UNE TORNADE DE LIBERTÉ

 


Dialogue avec Francis Lucille

Après des études scientifiques à l’École Polytechnique et à l’École Nationale Supérieure de l’Aéronautique et de l’Espace,  Francis Lucille découvre en 1973 la sagesse orientale à travers les textes védantiques et bouddhistes. Cette découverte déclenche une profonde quête d’identité qui trouve sa résolution peu de temps après sa rencontre avec son maître spirituel qui a lieu en 1975. Pendant plus de quinze ans, à Bordeaux puis à San Francisco,des groupes se réunissent pour dialoguer avec lui et méditer. Ayant cessé ses activités professionnelles, il voyage désormais de par le monde, partageant son expérience avec les chercheurs de vérité qui viennent le rencontrer.

Que pouvons-nous attendre de nos rencontres?

Apprendre à ne pas attendre. Ne pas attendre est un grand art. Quand vous ne vivez plus dans l’attente, vous vivez dans une nouvelle dimension. Vous êtes libre. Votre mental est libre. Votre corps est libre. Comprendre intellectuellemnt que nous ne sommes pas une entité psycho-physique tendue vers le devenir est une première étape nécessaire, mais cette compréhension n’est pas suffisante. Le fait que nous ne sommes pas le corps doit devenir une expérience réelle qui pénètre et libère nos muscles, nos organes internes et même nos cellules. Une compréhension intellectuelle qui correspond à une re-connaissance subite et fugace de notre vraie nature  nous apporte déjà un éclair de joie pure, mais, lorsque nous avons pleine connaissance que nous ne sommes pas le corps, nous sommes cette joie. Lire la suite


Avr 18 2017

Un dialogue avec soi-même – Krishnamurti

Je me rends compte qu’il ne peut y avoir amour quand il y a jalousie, qu’il ne peut y avoir amour quand il y a attachement. Mais peut-on être libre de jalousie et d’attachement ?

Je m’aperçois que je n’aime pas. C’est là un fait. Pourquoi me moquer de moi-même ; pourquoi prétendre à ma femme que je l’aime. Je ne sais pas ce qu’est l’amour.

En revanche je sais fort bien que je suis jaloux, et je sais que je lui suis terriblement attaché et que, dans l’attachement, il y a de la crainte, il y a de la jalousie, de l’angoisse ; il y a un sentiment de dépendance. Je n’aime pas être dépendant, mais je le suis parce que je me sens solitaire. On me bouscule au bureau, à l’usine et, quand je reviens chez moi, je veux trouver du réconfort, une présence, je veux échapper à moi-même. Alors je me de­mande : comment puis-je être libre de cet attachement ? Je parle d’attachement à titre d’illustration, comme je pourrais parler d’autre chose. Lire la suite


Avr 15 2017

Gangaji- la liberté personnelle