Nov 15 2017

Krishnamurti L’intérêt de la méditation : une société juste

Le miracle de l’attention. C’est le premier des propos de Krishnamurti dans cet ouvrage paru chez Stock qui s’intitule : Cette lumière en nous : la vraie méditation. J’ai eu la tentation de vous dire avant de commencer : un autre qui ne sera pas facile à suivre. Il faut avouer que Krishnamurti constitue un cas très particulier.

Le cheminement de Krishnamurti et son message

Krishnamurti
Quand il était jeune homme, il a été adopté par la Société Théosophique, en Inde. C’était un jeune homme très brillant, très beau aussi, qui était appelé à devenir le leader de ce mouvement dans le monde. C’était un peu comme le Messie, à un moment. Ce qui est étonnant, c’est que malgré sa formation théosophique, ses études à Londres, occidentalisées en même temps que conservant ses racines orientales, il ait eu la force, à un moment, de renoncer officiellement à son rôle de messie, de se détacher de ses tuteurs et de la théosophie.  » La vérité est un pays sans chemins, dit-il. Il n’existe pas de sentier qui y conduise, ni de religion ni de secte. Tel est mon point de vue que je défends absolument et inconditionnellement. La vérité ne connaît pas de limites, elle ne peut être conditionnée. Elle ne peut être atteinte par des voies prédéfinies et ne peut donc pas non plus être organisée. C’est pourquoi il ne faudrait pas fonder des organisations qui conduisent les humains sur un chemin particulier ou les obligent à l’emprunter. Si seulement cinq personnes veulent écouter, vivre, tourner leur visage vers l’éternité, cela suffit. Comme je l’ai dit, je n’ai qu’un seul but : libérer l’homme, lui donner l’impulsion pour qu’il se libère lui-même.  »

Voilà en gros le message de Krishnamurti : il va falloir que vous le fassiez vous-même. Vous êtes votre propre gourou mais encore faut-il que vous en preniez conscience, que vous soyez à l’écoute, etc.
L’attention totale

KRISHNAMURTI.
Cette lumière en nous :
la vraie méditation,
Éd. Stock,
1999

Par opposition à la distraction, puis au vacarme du mental qui parle tout le temps comme un imbécile dans notre tête (la mienne en tous les cas), l’attention totale constitue le moyen d’en venir à bout .  » Êtes-vous attentif à ce que dit l’orateur en ce moment même?, demande Krishnamurti lors d’une conférence. Ou écoutez-vous en ayant l’esprit prompt à la comparaison […]? L’attention, c’est autre chose, n’est-ce pas? Mais si votre attention implique votre être tout entier – votre corps, vos nerfs, vos yeux, vos oreilles et votre esprit – il n’existe plus alors de centre à partir duquel rayonne l’attention – il n’y a plus que l’attention pure. Et cette attention est silence absolu. Écoutez-moi bien! dit-il. Car personne d’autre ne vous tiendra de tels propos, malheureusement, alors de grâce soyez pleinement attentif […]  »

 » La vertu, c’est l’ordre, dit-il plus loin, et l’ordre ne peut être compris que lorsqu’on a exploré à fond le désordre qui règne en soi. Nous menons, il est vrai, des vies désordonnées : c’est un fait. Le désordre, ce sont les contradictions, la confusion, la diversité des désirs péremptoires, les actes démentant les paroles, les idéaux auxquels on s’accroche, et le clivage entre soi-même et ses idéaux. Le désordre, c’est tout cela, et lorsque vous en prenez conscience et que vous y accordez votre attention pleine et entière, cette attention fait éclore l’ordre, c’est-à-dire la vertu – qui est quelque chose de vivant, que nul artifice, nulle pratique n’ont jamais défigurée.
 » La méditation est nécessaire à la compréhension même de notre existence quotidienne.  »
 » La méditation vécue au quotidien n’est autre que la transformation de l’esprit, c’est une révolution psychologique qui fait que l’existence quotidienne telle que nous la vivons […] est pleine de compassion, d’amour, et de l’énergie nécessaire pour transcender toute forme de médiocrité, de petitesse, de superficialité. Quand l’esprit se tait – qu’il est réellement silencieux, mais pas de manière forcée, sous la contrainte d’un désir, d’un vouloir – il naît alors un mouvement d’un tout autre genre qui n’est pas de l’ordre du temps. […] » La méditation est nécessaire à la compréhension même de notre existence quotidienne. Cela veut dire qu’il vous faut être totalement attentif à ce que vous faites, à votre façon de vous adresser aux autres, à votre façon de marcher  Méditer en marchant, de penser, à ce qui fait l’objet de vos pensées : prêtez attention à tout cela fait partie intégrante de la méditation « , écrit Krishnamurti.
Pour une société juste
 » La condition indispensable est la méditation « , nous dit Krishnamurti.      » Pourquoi l’homme n’a-t-il pas su changer? Car il change très peu, de façon marginale, tout en exigeant par ailleurs une société meilleure. Il veut que l’ordre règne, non seulement en lui-même et dans ses relations – intimes ou autres –, mais il veut aussi voir régner dans le monde une certaine paix, il veut avoir le loisir de s’épanouir, d’accéder à une certaine forme de félicité. […]

 » Notre planète n’a jamais connu d’époque exempte de guerres, de tueries, d’anéantissement réciproque – une religion en détruisant une autre, une institution en dominant une autre pour mieux l’éliminer […]. Conscients comme vous l’êtes de ce conflit sans fin, ne vous demandez-vous jamais s’il est possible de vivre dans cet univers sans chercher à fuir au sein d’une communauté, sans se faire moine ou ermite, mais d’y vivre d’une manière saine, heureuse, intelligente, sans le moindre conflit intérieur ou extérieur? Si vous vous posez la question – et vous le faites, j’espère en ce moment même, car nous menons ensemble cette réflexion –, alors que vous êtes en droit d’exiger l’avènement d’une société juste « , dit-il.  » Cet immense chaos, cet immense désordre qui règne dans le monde entier, met en danger toute forme de vie. Il gagne du terrain de toutes parts. C’est pourquoi tout être qui se livre à une observation sérieuse de lui-même et du monde se pose nécessairement ces questions. Les scientifiques, les hommes politiques, les philosophes, les psychanalystes, les gourous – qu’ils soient originaires de l’Inde, du Tibet ou de chez vous – n’ont pas résolu les problèmes qui nous assaillent en tant qu’être humain; ils ont émis toutes sortes de théories mais n’ont pas résolu les problèmes. Personne ne le fera à notre place : c’est à nous qu’il incombe de résoudre nous-mêmes ces problèmes, parce que c’est nous qui en sommes la cause. Mais malheureusement nous n’avons pas envie de regarder de près nos propres problèmes, de les creuser, et de découvrir pourquoi nous vivons en égoïstes obnubilés par notre propre ego. […]
 » Sur le plan psychologique, vous êtes le monde et le monde c’est vous.  »     » Sommes-nous prêts à approfondir le problème de la connaissance de soi? Car chacun d’entre nous est le monde? Les êtres humains, partout dans le monde, et quelle que soit leur couleur, leur religion, leur nationalité, leurs croyances, souffrent psychologiquement au plus profond d’eux-mêmes. Ils passent par des angoisses terribles et une solitude extrême, par d’immenses désespoirs, par des dépressions profondes, et ils ont l’impression que la vie qu’ils mènent n’a pas de sens. Psychologiquement parlant, les hommes sont les mêmes aux quatre coins du monde. C’est une réalité, une vérité, un fait avéré. Donc, sur le plan psychologique, vous êtes le monde et le monde c’est vous. Et lorsque vous comprenez ce que vous êtes, c’est l’ensemble de la structure humaine que vous comprenez. Il ne s’agit pas d’une simple investigation nombriliste, car lorsque vous vous connaissez vous-même et que vous vous transcendez, une nouvelle dimension voit le jour.

 » Qu’est-ce qui pourrait nous faire changer? D’autres chocs? D’autres catastrophes? Des formes de gouvernement différentes? Des images différentes? D’autres idéaux? Tout cela, vous l’avez largement expérimenté et pourtant vous n’avez pas changé. Plus notre éducation devient sophistiquée, plus nous devenons ‘ civilisés ’ – c’est-à-dire de plus en plus éloignés de la nature – plus nous devenons humains. Que faut-il faire dans ce cas? Puisque rien d’extérieur à nous-mêmes ne viendra à notre secours – pas même les dieux –, il devient alors évident que je dois compter sur moi seul pour me connaître moi-même. Je dois avoir une vision lucide de ce que je suis et me transformer radicalement. De cette mutation jaillit alors le bien. Et une société juste peut alors se créer. «  » La condition indispensable est la méditation, nous dit Krishnamurti. – Dans le sens où il l’entend, c’est une attitude beaucoup plus qu’une technique qui nous permettrait de créer cette société juste. – Ce terme de méditation – comme celui d’amour – a été galvaudé, traîné dans la boue. Ce mot est pourtant si beau, si chargé de sens. Il a tant de beauté – pas dans le mot en soi mais dans le sens dont il est porteur. Nous allons vérifier nous-mêmes s’il nous est possible d’accéder à cet état où l’esprit est en perpétuelle méditation. Mais pour donner à cet esprit des bases solides, il faut comprendre ce que signifie l’existence – ce qu’il en est de la vie et de la mort. Comprendre la vie et la portée extraordinaire de la mort : c’est cela, la méditation, et non la quête de quelque expérience mystique intense, ni la répétition constante d’un chapelet de mots – si saints, si anciens ces mots-là soient-ils.  »

Assez étonnant ces propos de Krishnamurti.

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Par 4 chemins/ Le 4 février  2001/3e heure
Micro : Jacques Languirand/ Transcription : Noëllise Turgeon/
Édition : Stéphanie Adam Le Roch/ Révision : Nicole Dumais
Documentation : Rosalie Dumontier /Infographie : Pascal Languirand
© 2000 Productions Minos Ltée./ Tous droits réservés pour tous pays.
    http://www.radio-canada.ca


Nov 7 2017

Méditation – Le lâcher prise au quotidien (muet) et (La santé et la connaissance de soi)

Le lâcher prise au quotidien

 

http://youtu.be/_31n9sA8OfQ

Lâcher-prise ? C’est cesser de se battre contre soi.

Le lâcher prise (La santé et la connaissance de soi)

http://youtu.be/aO7adN7c2do


Sep 26 2017

Dix minutes de conscience…

Andy Puddicombe


Sep 21 2017

méditation

…vous découvrirez qu’il est possible d’être à la fois conscient de l’immobilité intérieure et du mouvement, que l’eau calme existe à l’intérieur de l’eau agitée, que la grande paix existe au cœur même de chaque pensée, de chaque sensation, au cœur même de l’activité, de la rencontre et du dialogue.

Je vous en prie, si vous tentez de méditer, ne considérez pas les contractions, les associations d’idées, l’éparpillement, les dynamismes vers la périphérie, comme des obstacles. Considérez-les comme des formes de cette vérité que vous cherchez. L’océan est dans chaque vague et l’Atman est dans chacune de vos pensées, de vos émotions et de vos sensations. Ne traitez plus les distractions commes les ennemis dont il faut tordre le cou. Simplement prenez conscience sans vous brutaliser.


Cherchez seulement à vous sentir être très simplement et très naturellement.


Soyez souples avec les désirs.

Ne faites pas lever la réaction.


Simplement, soyez plus conscient(e)s que vous êtes.


Peu à peu, le calme va s’établir en vous.


Et gardez toujours en vous, non seulement dans la tête mais dans le cœur, cette vérité: il n’y a pas de différence fondamentale entre ce qu’on appelle méditation et le courant de l’existence.


Vous ne méditez contre rien.


Pas de dualité. Parler, travailler ou méditer, sont des modalités différentes de la même attitude.


Essayez d’aller tout droit au silence.

 

Soyez d’avances réconcilié(e)s.


Je lâche tout. Ma posture est suffisamment stable pour que je n’ai pas à craindre des contractions diverses.


Je suis assis(e), paisible, je détends, je prend conscience que Je Suis – un « Je Suis » aussi pur, aussi simple que possible. D’avance, je suis réconcilié(e).


Vous prenez conscience de votre corps et vous voyez que cette sensation du corps apparaît à l’intérieur de ce vide. Essayez d’être conscient(e) des deux en même temps.

 

La conscience que vous pouvez avoir de votre corps, c’est simplement la conscience d’une forme comme n’importe quelle autre conscience d’une forme, qui, pendant un moment, apparaît à l’intérieur de ce vide. Vous ne perdez pas la conscience de l’infini.

 

Vous pouvez rester des minutes et des heures, sans être complètement emporté(e)s, comme un témoin, qui les voit venir, qui les voit partir.

 

Et vous verrez qu’il n’existe pas autre chose que des formes qui se succèdent à l’intérieur de votre conscience.

 

Arnaud Desjardins – A la recherche du Soi – Tu es Cela

http://presencedamour.over-blog.fr/


Sep 17 2017

Placide Gaboury – Inviter la grâce

 


Sep 17 2017

Benjamin Smythe – Je me sens malade…

Ce gars là est complètement disjoncté, ça fait du bien d’ en voir un comme lui­.


Juin 15 2017

L’art de se guérir


17 juillet 2004

par Thich Nhat Hanh

 

S’arrêter, condition première de la guérison

Vous avez déjà fait l’expérience d’une très grande souffrance – il vous est arrivé quelque chose et vous avez cru que vous n’y survivrez pas. Comment supporter une aussi mauvaise nouvelle, une telle douleur ? Pourtant vous avez survécu. Vous avez traversé cette période et vous avez prouvé que vous pouviez supporter ce degré de souffrance. Cela montre que votre conscience sait comment survivre. Vous vous dites : « Le temps guérit ». Mais le temps, à lui seul, ne peut guérir votre souffrance. Ce n’est pas l’habitude de la souffrance qui guérit. Non. C’est votre conscience qui sait comment se soigner. Vous devez lui faire confiance parce que, dans votre conscience, il y a le Bouddha, il y a le siège de l’amour, la compréhension. Si vous leur permettez de se manifester, votre conscience pourra se soigner.

Or qu’en est-il de votre conscience, votre esprit ? Quelle pratique faire ou ne pas faire, afin que conscience et esprit puissent se reposer ? Nous ne devrions pas perdre notre temps à entretenir des idées, même de merveilleuses idées, à propos de l’ Éveil, le nirvana, l’état de Bouddha, ce genre de choses. Nous devrions nous en tenir à la réalité, les os de la pratique. Lire la suite


Déc 4 2013

Ermitage Warden : un lieu de ressourcement.

Une fois l’an, je profite du temps frais de l’automne du Québec pour m’offrir une retraite de courte durée afin de me retrouver seul avec moi-même. Cette année, suite à mes recherches sur la toile, ce fut à l’Ermitage Warden dans les Cantons de l’Est, près de Waterloo, que j’ai arrêté mon choix. Un endroit laïque qui nous laisse libre durant notre séjour en comparaison à d’autres ermitages plus religieux, ici, aucune obligation de participation à quoi que ce soit. Une seule déception par contre, ces trois nuits passées à l’Ermitage Warden ont passé trop rapidement, mais ce fût tellement agréable et apaisant. Lire la suite


Nov 16 2011

chien zen

Humour <ahttp://reikiland.centerblog.net/chien.htm