Juin 14 2017

Jean Bouchart d’Orval

 

http://www.omalpha.com/

 

 

 

 

 

 


Juin 8 2017

L’humanité (Dalaï Lama)


Juin 6 2017

Vous n’êtes pas votre mental

Le plus grand obstacle à l’illumination

L’illumination, c’est quoi ?

Un mendiant était assis sur le bord d’un chemin depuis plus de trente ans. Un jour, un étranger passa devant lui. « Vous avez quelques pièces de monnaie pour moi ? » marmotta le mendiant en tendant sa vieille casquette de base-ball d’un geste automatique. « Je n’ai rien à vous donner », répondit l’étranger, qui lui demanda par la suite: « Sur quoi êtes-vous assis ? » « Sur rien, répondit le mendiant, juste une vieille caisse. Elle me sert de siège depuis aussi longtemps que je puisse m’en souvenir. » « Avez-vous jamais regardé ce qu’il y avait dedans ? » demanda l’étranger. « Non, répliqua le mendiant, pour quelle raison ? Il n’y a rien. » « Jetez-y donc un coup d’oeil », insista l’étranger. Le mendiant réussit à ouvrir le couvercle en le forçant. Avec étonnement, incrédulité et le coeur rempli d’allégresse, il constata que la caisse était pleine d’or.

Je suis moi-même cet étranger qui n’a rien à vous donner et qui vous dit de regarder à l’intérieur. Non pas à l’intérieur d’une caisse, comme dans cette parabole, mais dans un lieu encore plus proche de vous : en vous-même.

“Mais je ne suis pas un mendiant”, puis-je déjà vous entendre rétorquer.

Ceux qui n’ont pas trouvé leur véritable richesse, c’est-à-dire la joie radieuse de l’Être et la paix profonde et inébranlable qui l’accompagnent, sont des mendiants, même s’ils sont très riches sur le plan matériel. Ils se tournent vers l’extérieur pour récolter quelques miettes de plaisir et de satisfaction, pour se sentir validés, sécurisés ou aimés, alors qu’ils abritent en eux un trésor qui non seulement recèle toutes ces choses, mais qui est aussi infiniment plus grandiose que n’importe quoi que le monde puisse leur offrir.

Le terme “illumination” évoque l’idée d’un accomplissement surhumain, et l’ego aime s’en tenir à cela. Mais l’illumination est tout simplement votre état naturel, la sensation de ne faire qu’un avec l’Être. C’est un état de fusion avec quelque chose de démesuré et d’indestructible. Quelque chose qui, presque paradoxalement, est essentiellement vous mais pourtant beaucoup plus vaste que vous. L’illumination, c’est trouver votre vraie nature au-delà de tout nom et de toute forme. Votre incapacité à ressentir cette fusion fait naître l’illusion de la division, la division face à vous-même et au monde environnant. C’est pour cela que vous vous percevez, consciemment ou non, comme un fragment isolé. La peur survient et le conflit devient la norme, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Lire la suite


Juin 5 2017

Entrevue exclusive « Invité de Marc » – Entretiens avec Mathieu Martel, philosophe non-dualiste – I

I- Parlez-nous de votre expérience en rapport à la non-dualité


Mai 30 2017

Ressentir la paix est un choix

Par Michael Brown. 

Il est maintenant devenu évident pour quiconque ne vit pas la tête enfouie dans le sable que nous sommes actuellement confrontés à une intensification à tous les niveaux de notre expérience humaine. Chaque jour ont lieu, quelque part dans le monde, de nouveaux tremblements de terre, des inondations, des catastrophes minières, des divulgations politiques, des crises financières, des révélations publiques de certaines formes de comportements non éthiques ainsi que d’énormes troubles civils. Des pays entiers se déchirent et ont recours à de violentes représailles.

Si nous observons de près notre environnement immédiat, nous ne pouvons qu’être témoins de l’évidence de ces chamboulements parmi nous. Ce qui se passe au sein du macrocosme de la scène mondiale se manifeste également dans le contenu des conversations échangées par tout un chacun. Les conflits et le chaos sous une forme ou une autre sont actuellement en augmentation. Un énorme changement est en train d’avoir lieu.

Il est donc maintenant essentiel de rendre hommage à l’expérience qui semble prendre du recul tandis que tout cela se déroule: la Paix. A l’heure actuelle, rien n’est plus important que de nous rappeler chaque jour que l’expérience de la paix est une responsabilité qu’il nous faut réaliser à un niveau personnel – et non pas un droit qui nous serait donné par quelque organisation politique, économique, sociale ou religieuse. L’expérience de la paix est toujours ressentie comme un état perçu au niveau personnel et c’est seulement une seule fois que nous l’avons ressentie individuellement que cette paix peut rayonner en tant qu’expérience collective. Le véritable ressenti de la paix ne peut émaner que de l’intérieur.

L’une des plus grandes supercheries que nous mettons en place individuellement et collectivement, est le fait de mettre en avant l’idée que « nous avons besoin de faire la paix ». Avez-vous remarqué que rien que nous ayons pu faire tout au long de l’histoire de notre humanité dans la tentative de « faire la paix » n’a jamais fonctionné ? La raison en est que l’idée même que « la paix est quelque chose qui peut être faite » – que cela soit par la guerre, les débats, les accords ou des signatures de traités – est trompeuse et illusoire.

Tout pays ou toute organisation qui prétend avoir réalisé la paix par de tels moyens a démontré au cours du temps que tout ce qui a été accompli l’avait été par ‘un contrôle forcé temporairement’, n’entraînant qu’une existence de désespoir tranquille pour les hommes, ainsi qu’à des états contenus d’agressivité passive avant qu’un nouveau mécontentement ne se manifeste à nouveau.

La raison en est que la paix ne peut être « faite » – que cela soit au Moyen-Orient, en Afrique du Sud, en Indonésie, ou n’importe où. La paix existe déjà au sein même de la Création. La vibration ressentie de la paix que nous expérimentons en tant qu’êtres humains a été créée bien avant que nous n’apparaissions et existera longtemps après que nous ayons été remplacés par une autre espèce dominante. La vibration de la paix existe partout. La paix peut être trouvée même au milieu des pays déchirés par la guerre comme l’Irak, l’Afghanistan et toute autre région actuellement noyée dans des conflits humains.

La paix rayonne spontanément au sein de n’importe quel environnement où l’homme est absent. Le fait que le comportement humain conflictuel obscurcisse ce rayonnement ne veut pas dire pour autant qu’il n’existe plus.

Simplement, nous ne cessons d’avoir des comportements et de tenir des conversations visant à ‘essayer de faire la paix’ car nous n’avons pas conscience de ce qu’est la paix véritable. En raison de nos états tourmentés actuels au niveau physique, mental et émotionnel, nous ne réalisons pas la paix en tant qu’expérience qui ne peut être vécue qu’à un niveau personnel. Au lieu de cela, nous supposons qu’elle est un quelconque arrangement que nous devons créer collectivement à travers des accords. Cela n’est pas vrai. C’est à nous de la ressentir personnellement à tout moment de notre choix car c’est une résonance qui nous enveloppe où que nous puissions nous trouver. Cependant, il est de notre ressort de choisir de la ressentir.

Maintenant, en ce moment précis, toute personne lisant ceci est à même de se sentir en paix – en en faisant le choix. Ce n’est pas une expérience que quelqu’un doit organiser pour nous à travers des débats, des discussions, ou des accords. Aucun groupe de personnes n’a besoin d’être assujetti ou déplacé pour nous permettre de ressentir la paix. De tels concepts ne font que discréditer la véritable réalisation de la paix. Nous n’avons pas à faire la paix avec qui que ce soit – nous devons prendre conscience qu’il s’agit d’un sentiment à l’intérieur de notre propre cœur et ensuite choisir de vivre cette prise de conscience, quoi qu’il advienne.

Nous exprimons même l’évidence de cette vérité à travers notre langage. Nous ne disons pas: « Je pense la paix » ou « J’agis la paix ». Nous disons, « Je ressens la paix ». Et parce que personne – aucun collègue, homme politique, prêtre, propriétaire, parent ou partenaire n’a la capacité de ressentir quoi que ce soit en notre nom – personne n’est donc responsable du fait que nous ressentions ou non la paix. La paix est une expérience ressentie qui est déjà librement offerte à tous les êtres humains. Toutefois, il est de notre responsabilité de choisir de vivre et de maîtriser le ressenti de cette prise de conscience.

C’est bien évidemment là où les choses deviennent pesantes. La paix est intransigeante. Soit nous choisissons de la ressentir, soit nous choisissons de ressentir autre chose. Nous ne pouvons nous sentir en paix ET simultanément nourrir le sentiment d’avoir raison et de faire les choses à notre manière. Nous ne pouvons nous sentir en paix ET simultanément ressentir un sentiment de vengeance. Nous ne pouvons nous sentir en paix ET simultanément nous sentir en droit d’avoir ‘le dernier mot’. Nous ne pouvons nous sentir en paix ET nous comporter d’une quelconque manière blessante envers un autre être humain ou créature vivante. Nous ne pouvons nous sentir en paix ET simultanément imposer notre volonté aux autres. Nous ne pouvons nous sentir en paix ET simultanément prétendre que notre religion est l’unique véritable voie pour communier avec Dieu – ce qu’il représente pour nous. Nous ne pouvons nous sentir en paix ET simultanément prendre parti dans un quelconque conflit.

La paix nécessite également un désir de libération. Le prix de pouvoir se sentir en paix MAINTENANT – au cœur du moment présent – est toujours déterminé par notre volonté d’intégrer les blessures vécues par le passé. Car tout ce qui peut advenir au sein de notre expérience dans le moment présent nous empêchant de ressentir la conscience de la paix, a toujours quelque chose à voir avec ce qui est arrivé dans le passé.

Maintenant, au cœur du moment présent, si nous en faisons le choix, nous sommes bienvenus à nous sentir en paix.

La véritable question que nous devons nous poser est: « Recherchons nous véritablement la paix ? »

Ceci peut apparaître comme une question évidente avec une réponse qui l’est tout autant, pourtant, cela ne l’est pas. La plupart d’entre nous vont répondre tout de suite qu’évidemment nous choisissons la paix, mais en définitive nous nous accordons aussi le choix de nous sentir dans notre bon droit, de nous venger, ou d’être dans le contrôle, au lieu de nous sentir en paix.

La réalité est que personne ne peut se tenir entre nous et le sentiment de quiétude. Nous pouvons éprouver ce sentiment-là immédiatement. La paix est une résonance ressentie déjà créée par Dieu, ce qu’il représente pour nous, non pas par quelque chose qui sera créé un jour par nous, les humains. Toutefois, nous levons nous chaque jour en choisissant de ressentir la paix qui a déjà été créée pour nous, ou sommes nous encore en train d’attendre illusoirement que quelqu’un ‘fasse en sorte que la paix advienne en notre nom’ ?

La paix ne peut exister dans le monde que lorsque nous choisissons de la ressentir immédiatement au cœur de notre propre expérience tandis que nous vivons au sein du monde. Il n’y a pas d’autre manière de l’aborder de manière authentique.

Si nous ne nous sentons pas en paix dans le moment présent, c’est parce que nous faisons le choix de ne pas la ressentir. C’est aussi simple que cela.

Si nous nous associons au courant des foules et que notre expérience personnelle se dégrade en une escalade de conflits, il est probable que nous sommes en train de choisir grossièrement d’avoir raison ou de prendre parti dans quelque drame humain incessant. Rappelez-vous que l’expression est : « La Paix soit avec vous » et non pas « La Paix soit avec eux ».

N’oubliez pas également que le fait d’être paisible n’est pas et ne sera jamais une expérience pouvant être réalisée en tant qu’activité de groupe organisée. C’est toujours un choix qui s’accomplit en embrassant un niveau de maturité de responsabilité personnelle. Nous ne pouvons réaliser la paix en votant pour elle, en la forçant, en gagnant plus d’argent pour nous l’approprier, ou en prenant parti pour imposer notre version de la vérité. Nous ne pouvons avoir conscience de cette expérience directe qu’en choisissant consciemment de la ressentir et de la vivre le mieux possible en tant que résonance tout au long de chacune de nos journées. Si nous ne faisons pas le choix personnel de la ressentir, elle ne peut pénétrer au cœur de notre expérience. Ce n’est que lorsque nous la choisissons comme « un sentiment que nous portons en conscience dans notre propre cœur » qu’elle peut alors rayonner vers l’extérieur et avoir un impact sur la qualité de nos pensées et de nos actes.

A l’heure actuelle, tandis qu’un grand nombre de personnes dans le monde continuent inconsciemment l’escalade du conflit et du chaos, il n’y a rien de plus important que de maintenir la prise de conscience personnelle de ce qu’est la paix véritable. Personne ne va nous payer pour être paisible. Personne ne va nous tapoter dans le dos ou écrire un article concernant notre paix dans un journal quelconque. Personne ne va nous donner le Prix Nobel de la Paix et tenir une conférence de presse à ce sujet. La paix authentique ne deviendra pas un sujet d’actualité dans un monde qui croit encore illusoirement que ‘la paix est quelque chose qui doit être faite’.

La paix est un état de tranquillité, de calme, choisi et ressenti, résonnant dans le cœur de chacun.

Lorsque nous sommes en mesure d’éveiller et d’aborder chaque jour en nous rappelant de faire le choix de nous sentir en paix – même si ce ne sont que des moments au cours de notre journée – alors nous servons l’humanité en maintenant la claire lumière de l’équilibre intérieur au sein du monde, tandis qu’une foule de personnes sont complètement en train de la perdre de vue.

Vous êtes invités à vivre cette journée dans le calme. La paix est un don de la Volonté Divine qui est offert à tous, non pas le résultat de quelque déclaration des hommes. Le ressenti de sa résonance est un choix personnel venant du cœur, non pas un droit politique accompli par un organisme quelconque.

La paix est disponible en tant qu’expérience à l’intérieur de vous et de moi, dans le moment présent. C’est à nous de la choisir. Elle ne sera toujours expérimentée que par notre choix.

Michael Brown  Traduction française: linda@mayanmajix.com

Source originale 

Source : http://www.urantia-gaia.info (en cas de copie, merci de respecter l’intégralité du texte et de citer la source)


Mai 26 2017

Le moment présent selon monsieur Ramesh


Mai 23 2017

Rien n’est jamais passé ni futur, tout est présent. – André Comte-Sponville

André Comte-Sponville

André Comte-Sponville

 Rien n’est jamais passé ni futur, tout est présent.

Et si ce n’était pas le temps qui s’enfuyait mais plutôt nous qui partions ? Dans son nouvel ouvrage, L’Être-temps, André Comte-Sponville passe au laser les idées reçues sur ce qui fait la trame de notre vie : le temps.

Propos recueillis par Jean-Louis Servan-Schreiber
 
André Comte-Sponville – Écrivain philosophe, chroniqueur à Psychologies, André Comte-Sponville vient de publier L’Être-temps (PUF) après La Sagesse des modernes, écrit en collaboration avec Luc Ferry (Robert Laffont). Le temps – Pour une fois, il ne s’agit pas de ce qu’il faut « faire » du temps (l’économiser, en trouver davantage, savoir en perdre…) mais de ce qu’il convient d’en « penser » (le passé, le futur, la nature du présent, la réalité du temps, dont quelques-uns doutent). Attention, cela relève de la métaphysique. Vous vous souvenez, en terminale ? Au quotidien, on croit pouvoir s’en passer ; sauf que la simple idée de notre condition de mortel en fait intégralement partie. Qui échappe totalement à l’envie de mieux comprendre ce que nous faisons ici-bas ? Rares sont ceux qui ne se sont jamais posé de questions sur la vraie nature du temps. Pour notre ami Comte-Sponville, la philosophie est ce qui aide à mieux vivre. S’il a voulu écrire un ouvrage dense et limpide sur le temps, c’est parce qu’il a constaté que la confusion régnait souvent, dans notre vie, autour des rôles respectifs du passé, du présent et du futur…

Psychologies : On répète volontiers que le paradoxe du temps perçu est que le passé n’est plus, que le futur n’est pas encore, et que le présent est insaisissable. C’est faux, dites-vous dans votre livre, car, en fait, nous vivons constamment au présent. Pouvez-vous nous expliquer cela ?

André Comte-Sponville: Que le passé ne soit plus, que l’avenir ne soit pas encore, ce n’est pas faux : c’est au contraire la stricte vérité, et même leur définition. Le vrai problème porte sur le présent. On a le sentiment qu’il est insaisissable, voire inexistant, parce que personne ne peut l’arrêter. Qu’on ne puisse pas l’arrêter, là encore, c’est très vrai. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas ! Prenons l’instant présent : à peine l’ai-je évoqué que déjà il n’est plus. Soit. Mais qu’est-ce qui l’a remplacé ? Un autre instant présent ! Si bien que nous ne quittons jamais le présent : c’est toujours aujourd’hui, c’est toujours maintenant. Si nous ne pouvons saisir le présent, ce n’est pas parce qu’il nous fuit : c’est parce qu’il nous contient. Ce n’est pas parce qu’il n’est rien : c’est parce qu’il est tout. Comment la vague pourrait-elle saisir l’océan ?

Selon vous, nous confondons le temps et la temporalité. Quelle est la différence?

La temporalité, c’est le temps tel qu’il apparaît à la conscience : c’est le temps vécu, le temps subjectif, le temps de l’âme, si l’on veut. Elle est surtout composée de souvenirs du passé et d’anticipations du futur : la mémoire et l’imagination nous occupent davantage que l’attention ; l’espérance ou la nostalgie davantage que l’action ! Ce que j’appelle le temps, au contraire, c’est la durée telle qu’elle existe objectivement, dans le monde ou la nature. Or, dans la nature, rien n’est jamais passé ni futur, tout est présent : le réel, c’est ce qui existe actuellement. D’un côté, donc, une temporalité toujours distendue, dans notre esprit, entre le passé et l’avenir ; de l’autre, un temps réel, toujours concentré dans le présent.

Quel est le plus important ?

Les deux, pour nous, sont nécessaires. Mais le temps, d’un point de vue philosophique, est plus fondamental : parce qu’il contient la temporalité (la mémoire et l’imagination n’existent elles-mêmes qu’au présent), alors que celle-ci ne saurait le contenir tout entier. Notre conscience est dans le monde, bien plus que le monde n’est dans notre conscience.

« Dans l’espace, on peut choisir sa place ; dans le temps, non. » Pourquoi ?

Parce que l’espace comporte trois dimensions, qui permettent de s’y déplacer à peu près librement. Par exemple, vous pouvez aller de Paris à Marseille, puis de Marseille à Toulouse, avant de revenir à Paris. Et dans chacune de ces villes, vous pourrez vous déplacer dans tous les sens, vous promener, avancer, monter, descendre, changer de direction, revenir sur vos pas… Dans le temps, rien de tel. C’est qu’il ne comporte qu’une seule dimension (c’est pourquoi on le compare si souvent à une ligne), qui s’impose absolument. Essayez un peu de revenir à hier ou de sauter à après-demain sans passer par demain : vous verrez que c’est impossible. On choisit son lieu, pas son temps. Vivre à Marseille, à Paris ou à Toulouse, cela dépend de vous. Mais vivre dans le passé ou dans l’avenir, non : il vous faut vivre aujourd’hui ! On peut se souvenir du passé ou rêver de l’avenir ? Bien sûr ! Mais ce rêve et ce souvenir n’existent eux-mêmes qu’au présent. Ainsi le temps s’impose à nous : on ne peut l’utiliser qu’à condition d’abord de s’y soumettre.

« Nous sommes éternels

mais pas immortels. »

On nous avait pourtant appris

que l’éternité,

c’est ce qui n’a ni début ni fin…

Si c’était vrai, quel ennui ! On a déjà du mal avec certains de nos dimanches… Vous vous imaginez, au bout de cent mille ans, avec l’idée qu’il va falloir continuer pendant des millions et des millions d’années, sans jamais en voir le bout ? Si c’était ça le paradis, quel enfer ce serait ! Mais la plupart des grands penseurs s’accordent à dire le contraire : que l’éternité n’est pas un temps infini (ce qu’on appellerait plus justement la sempiternité), mais un présent qui reste présent, ce que saint Augustin appelait « l’éternel présent » ou le « perpétuel aujourd’hui » de Dieu. Or, depuis que nous sommes nés, nous n’avons jamais quitté le présent. Chaque jour que nous avons vécu, c’était toujours aujourd’hui. Chaque instant, toujours maintenant. Le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore : il n’y a que le présent, qui est l’unique temps réel. C’est ce que j’appelle l’éternel présent ou le perpétuel aujourd’hui de la nature. Il faut en conclure que le temps et l’éternité sont une seule et même chose, et que cette « chose », c’est le présent. Nous sommes dans le royaume : l’éternité, c’est maintenant et pour la durée de notre vie !

Vous définissez l’être-temps, le titre de votre ouvrage, comme « l’unité indissociable, au présent, de l’être et de sa durée ». Ça change quoi dans notre vie ?

Si le temps c’est le présent, c’est aussi l’être : rien n’est présent que ce qui est, rien n’est que ce qui est présent. Ce que ça change ? Ceci : nous sommes au cœur de l’être, au cœur de l’absolu, puisque nous sommes au cœur du présent. De là une spiritualité très singulière, parce que sans promesse, sans foi, sans espérance. Rien n’est à croire ; tout est à connaître. Rien n’est à espérer ; tout est à aimer. Nous sommes déjà sauvés : le salut, c’est ici et maintenant.

« Il s’agit d’agir, d’agir encore, d’agir toujours, c’est pourquoi il faut du courage, non contre la peur seulement, mais contre la paresse. » Pourquoi l’examen du temps débouche-t-il, pour vous, sur cet hymne à l’action ?

Si tout est présent, tout est actuel, tout est en acte. Inutile d’attendre l’avenir ou de regretter le passé : seul le présent est réel, seule l’action est utile !

Mais pour agir, ne faut-il pas tenir compte du passé et de l’avenir ?

Bien sûr que si ! Vivre au présent, ce n’est pas vivre dans l’instant. Agir, c’est toujours continuer un certain passé, préparer un certain avenir… Mais cette continuation et cette préparation n’ont elles-mêmes de réalité qu’au présent. C’est pourquoi l’action et la fidélité sont tellement importantes : parce qu’elles seules peuvent donner au passé et à l’avenir cette actualité sans laquelle ils ne sont rien. Devoir de mémoire, devoir de responsabilité. Le passé n’existe plus ; mais il est à connaître et à transmettre. L’avenir n’existe pas ; mais il est à faire.

Votre livre se termine sur l’énoncé d’une énigme : « L’être est la seule réponse à la question qu’il ne se pose pas. » Comment faut-il le comprendre ?

À la question « pourquoi l’être ? », il n’y a pas de réponse intellectuelle, il ne peut y en avoir : puisque toute réponse, toute explication, toute origine, supposent, déjà, l’être. Mais le réel est à lui seul une réponse suffisante. Pourquoi l’être ? Parce que l’être ! La question est de l’homme ; la réponse est du monde — la réponse, plutôt, est le monde même.
Le monde ne se demande pas « Pourquoi le monde ? » ; mais à la question que l’homme se pose sur le monde, il n’est d’autre réponse que le monde tel qu’il est, dans sa beauté, dans sa complexité, dans son évidence. Vous connaissez ce poème d’Angelus Silesius, le mystique allemand du XVIIe siècle : « La rose est sans pourquoi, fleurit parce qu’elle fleurit, n’a souci d’elle-même, ne désire être vue. » Je dirais volontiers de même : « L’univers est sans pourquoi, existe parce qu’il existe, n’a souci de lui-même, ne désire être vu… » La nature ne se soucie pas de nous : c’est donc à nous de nous soucier les uns des autres, et de nous soucier de la nature ! C’est où se rejoignent la morale, la politique (notamment l’écologie) et la spiritualité.

http://www.psychologies.com


Mai 19 2017

Dix minutes de conscience…

Andy Puddicombe


Mai 9 2017

Quiétude au quotidien

[Écoutez aussi : La conscience de l’être]

Mai 5 2017

Citation du jour : La vie c’est aujourd’hui!

« La vie c’est aujourd’hui, mais tu dois être éveillé pour le savoir. Si tu es fixé à ton passé ou si tu espères un futur meilleur, tu es en train de perdre ta vie. Celui qui vit dans le passé, non seulement dort, mais il est mort, car le passé est déjà mort. Et celui qui vit en rêvant du futur est un égaré, un fou, car le futur n’existe pas. » Anthony De Mello

Source : http://ademello.net
Photographie : Marc Lajoie (2012)