Oct 9 2017

De la foi à la joie

Par Richard Moss.

Si le but de la transformation est de devenir un être humain, une question évidente se pose : Comment peut se communiquer cette humanité vraie et authentique ? Ma réponse est la suivante : le plus grand cadeau que nous puissions nous faire les uns aux autres est la qualité de notre attention. Quand notre attention est enracinée dans la tranquillité universelle, au cœur de notre vraie nature, nous voyons les autres comme des parts de l’infini, participant au mystère. Cette qualité d’attention ouvre à une toute nouvelle vitalité qui n’est plus un transfert de nous vers l’autre mais un appel dans l’autre créé par le seul fait d’être disponible à cette attention plus profonde. Chaque fois que l’un d’entre nous va plus en profondeur, il y invite tous ceux qui l’entourent. C’est la grande voie par laquelle la vraie transformation est contagieuse […] Il naît avec cette attention grandissante un sens que le spirituel n’est pas dans les phénomènes paranormaux, ou dans ce qui se passe dans les lieux de culte, sur le Machu Pichu, les pyramides ou un quelconque lieu de pèlerinage New Âge. Le Sacré est partout. Tout est sacré. Et chacun de nous est une part de ce processus du sacré.

Pour comprendre la notion de plus grande énergie, nous devons considérer que ce que nous appelons ego humain, qui nous donne l’impression d’être un « moi » séparé, est en réalité un moyen de filtrer et même de réprimer une immense vitalité. L’éveil est le processus par lequel la structure de l’ego ordinaire est progressivement dissoute dans une relation avec un plus vaste niveau de conscience, dont nous sommes issus et auquel nous retournerons. C’est à la fois un processus de régression et d’affaiblissement des structures de l’ego définissant le soi séparé, un lâcher-prise et un état permettant de devenir transparent à la Source Universelle.

Dans un premier temps, vivre ce processus est un défi, avec des pics extrêmes dans les hauts et les bas. Mais avec le temps, il s’intègre et se stabilise et nous voyons une vie humaine qui a beaucoup plus de sens qu’auparavant. Quelque chose irradie, une présence plus vivante, une vitalité, une énergie, un calme et une joie tranquille.

Nos vies sont très brèves. Mais vivre en nous engageant à plus de profondeur, c’est reconnaître que nous avons écouté ce que la vie nous demande vraiment. Devenir le disciple de cette immense opportunité est le plus grand cadeau que la vie peut nous faire et notre plus grand privilège.

Richard Moss.

Source originale (article complet). Vu sur Du Tout et du Rien.

Source : http://www.urantia-gaia.info (en cas de copie, merci de respecter l’intégralité du texte et de citer la source)

Photo en illustration avec l’aimable autorisation de Michel Corboz.


Sep 29 2017

Psychomagie : transformer votre réalité par la pensée

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Nous inventons nos propres fantômes.

Voici une vieille histoire japonaise (où apparaît un acte de psychomagie):

“Agonisante, une femme dit à son mari: ‘Je veux que tu sois fidèle à mon souvenir. Si tu te maries avec une autre, mon fantôme viendra te déranger !’ Il jura lui être fidèle. Quand elle mourut, il garda le deuil. Mais au bout d’un an il tomba amoureux d’une autre femme. La fantôme apparut pour lui dire : ‘Je te surveille ! Je sais ce que tu dis, quels cadeaux tu lui donnes et je peux répéter les mots avec lesquels tu lui fais la cour ! Je t’interdis de continuer à la voir !’ Se sentant ainsi surveillé, le pauvre homme ne pouvait rien faire. Il alla consulter un moine. Le moine lui dit: ‘Le fantôme dit savoir tout ce que tu fais. Alors, la prochaine fois qu’il apparaîtra, prends une poignée de riz et demande-lui combien de grains tu as dans la main. S’il te répond exactement, c’est un véritable fantôme. S’il ne te répond pas, ça signifie que tu l’as inventé’. Quand le fantôme apparut, l’homme lui demanda combien de grains de riz il avait dans son poing. Le fantôme s’est dissous !”

Nous croyons vivre libres dans le présent et cependant nous sommes conditionnés, ligotés, inhibés par les souvenirs. Ces souvenirs, imprimés dans notre cerveau, se manifestent à nous dans la vie sous la forme de fantômes. Nous croyons voir la réalité alors qu’en vérité nous ne voyons que des images de notre mémoire. Il faut défier ces fantômes ! Voir ce qui est réel et ce qui est produit par notre peur de désobéir aux interdictions. Nous ne pouvons être un adulte complet si nous n’abandonnons pas ces fantômes infantiles. Ces spectres intérieurs nous disent à chaque moment: “La vie est dangereuse, attention, fuis, ne l’affronte pas telle qu’elle est, déguise-la!”. Et c’est ainsi que la plupart de nous, par crainte du monde, le transforme en illusions, par des mensonges, drogues, activités superficielles, conscience endormie. Le moine de cette vieille histoire nous dit: “Dans ton poing tu as un nombre précis, objectif, de grains de riz : tu dois savoir combien de grains tu as”, c’est à dire, en triomphant sur ta subjectivité, tu dois savoir quelle est la réalité objective, l’affronter, travailler dans ce que tu aimes, aimer ce que tu fais et construire une vie véritable, sans crainte d’être ce que tu es en réalité. Pour vivre dans le “monde”, comme a dit le philosophe Bertrand Russell, tu dois accepter qu’il est horrible, horrible, horrible… En acceptant l’“horrible” du monde, tu peux lutter en lui, sans t’enfuir, en commençant à le transformer en le paradis que doit être tout présent réel.

Alejandro Jodorowsky : Il y a plusieurs phrases qui m’ont aidé à vivre. Comme par exemple: “Ce que je donne je me le donne, ce que je ne donne pas je me l’enlève”. “Ce que tu donnes fructifie, ce que tu ne donnes pas pourrit”. “Je ne veux rien pour moi qui ne soit pas pour les autres”. “On ne peut changer le monde, mais on peut commencer à le changer”

http://rustyjames.canalblog.com/archives


Sep 26 2017

L’univers dans un grain de poussière

… qu’il soit aussi minuscule qu’un grain de poussières oui aussi énorme qu’une montagne, quel que soit l’objet, il n’est pas séparé de la réalité ultime. En fait il contient l’immense totalité de la réalité.

… quand je regarde les arbres en face de moi, mon esprit ne sort pas de moi pour aller dans la forêt, et il n’ouvre pas non plus une porte en moi pour laisser les arbres entrer. Mon esprit et les arbres sont un … L’infiniment petit n’est pas intérieur, l’infiniment grand n’est pas extérieur.

Par Thich Nhat Hanh
L’UNIVERS DANS UN GRAIN DE POUSSIERES

par le Vén. Thich Nhat Hanh

L’esprit n’est ni intérieur ni extérieur ni ailleurs, il est introuvable…( Shantideva)

Hier après-midi, quand je suis revenu à mon ermitage, j’ai fermé toutes les portes et les fenêtres parce qu’il y avait du vent. Ce matin, ma fenêtre est ouverte et je peux voir la douce et verte forêt. Le soleil brille et un oiseau chante magnifiquement. La petite Thuy est déjà partie pour l’école. Je dois m’arrêter d’écrire pendant un moment pour pouvoir regarder les arbres qui s’étendent sur le flanc de la colline. Je suis conscient de leur présence et de ma propre présence.

Il n’est pas toujours obligatoire de fermer nos fenêtres-sens pour être concentrés. Les méditants débutants, pour arriver à se concentrer plus facilement sur leur respiration ou un autre objet, peuvent trouver plus efficace de fermer leurs fenêtres aux images et aux sons, mais la concentration est aussi possible avec ses fenêtres ouvertes. Les objets des sens n’existent pas simplement à l’extérieur du corps.

Même quand nous ne sommes pas en train de regarder, d’entendre, de sentir ou de goûter, nous ne pouvons pas ignorer les sentiments qui sont à l’intérieur de notre corps. Quand vous avez mal aux dents, ou une crampe à la jambe, vous sentez la douleur. Quand tous vos organes sont sains, vous ressentez un sentiment de bien-être. Le bouddhisme parle de trois types de sentiments : agréables, désagréables et neutres. Mais, en fait, les soi-disant sentiments neutres peuvent être assez agréables, si nous en sommes conscients.

Les sentiments à l’intérieur du corps forment un courant ininterrompu, que nous en soyons conscients ou non. Aussi « fermer nos fenêtres-sens » est en fait impossible. Même si nous étions capables de les enfermer d’une manière ou d’une autre, l’esprit et la conscience continueraient à s’activer, et nous recevrions néanmoins des images, des concepts, et des pensées en provenance de la mémoire. Quelques personnes pensent que méditer consiste à nous séparer du monde des pensées et des sentiments et à retourner à une sorte d’état pur dans lequel l’esprit se contemple et devient « vrai esprit ». C’est une idée séduisante, mais elle est fondamentalement trompeuse. Puisque l’esprit n’est pas séparé du monde des pensées et des sentiments, comment peut-il s’en détacher et se retirer en lui-même ? Quand je regarde les arbres en face de moi, mon esprit ne sort pas de moi pour aller dans la forêt, et il n’ouvre pas non plus une porte en moi pour laisser les arbres entrer. Mon esprit se fixe sur les arbres, mais ils ne sont pas un objet distinct. Mon esprit et les arbres sont un. Les arbres sont seulement une des manifestations miraculeuses de l’esprit.

Le sage connaît le samadhi, et il (ou elle) ne sait pas qu’il y a un monde extérieur où il ne faut pas rentrer ou un monde intérieur à pénétrer. Le monde se révèle lui-même, même quand les yeux sont fermés. Le monde n’est ni à l’intérieur ni à l’extérieur. Il est important et achevé dans chaque objet de contemplation – la respiration, le bout du nez, un koan, ou toute autre chose, qu’il soit aussi minuscule qu’un grain de poussière ou aussi énorme qu’une montagne. Quel que soit l’objet, il n’est pas séparé de la réalité ultime. En fait, il contient l’immense totalité de la réalité.

Je vous invite à méditer avec moi. Asseyez-vous, je vous prie, dans une position qui vous semble confortable afin que vous soyez à l’aise, et concentrez votre attention sur votre respiration, en la laissant devenir très fluide, très légère. Après quelques instants, portez votre attention sur les sentiments dans votre corps. Si vous ressentez une quelconque douleur ou inconfort, ou quelque chose de plaisant, amenez votre attention sur ceci et immergez-vous dans ce sentiment de toute votre conscience éveillée. Après un petit moment, remarquez le fonctionnement de vos différents organes – votre cœur, vos poumons, votre foie, vos reins, votre système digestif, et ainsi de suite. En règle générale, ces organes fonctionnent sans difficulté et n’attirent pas votre attention à moins qu’ils ne vous fassent mal. Remarquez le sang qui coule comme une rivière à travers le paysage, abreuvant les champs d’eau fraîche. Vous savez que cette rivière de sang nourrit toutes les cellules de votre corps et que vos organes composés de cellules enrichissent (système digestif), purifient (le foie, les poumons), et envoient (le coeur) le sang dans l’organisme. Tous les organes du corps, y compris le système nerveux et les glandes, comptent les uns sur les autres pour leur existence. Les poumons sont nécessaires au sang, donc les poumons appartiennent au sang. Le sang est nécessaire aux poumons, aussi le sang appartient aux poumons. De la même façon, nous pouvons dire que les poumons appartiennent au cœur, que le foie appartient aux poumons, et ainsi de suite, et nous nous rendons compte que chaque organe dans le corps implique l’existence des autres. Ceci est appelé « l’interdépendance de toutes choses », ou « inter-être » dans le Soutra Avatamsaka. La cause et l’effet ne sont pas perçus comme linéaires, mais comme un filet, non pas composé de deux dimensions, mais plutôt d’un système de mailles innombrables entremêlées dans toutes les directions dans l’espace multidimensionnel. Non seulement les organes contiennent en eux-mêmes l’existence de tous les autres organes mais chaque cellule contient en elle-même toutes les autres cellules. Une est présente dans toutes et toutes sont dans chacune. Ceci est exprimé clairement dans le Soutra Avatamsaka : « L’un est dans tout, tout est dans l’un. » Quand nous comprenons pleinement ceci, nous sommes libérés du piège de penser en termes de « un » et de « plusieurs », une habitude qui nous a emprisonnés pendant si longtemps. Quand je dis : « Une cellule contient en elle-même toutes les autres cellules », ne vous méprenez pas et ne pensez pas qu’il existe une méthode pour augmenter le volume d’une cellule afin d’y mettre toutes les autres. Je veux dire que la présence d’une cellule implique celle de toutes les autres, parce qu’elles ne peuvent pas exister indépendamment, séparées les unes des autres. Un maÎtre zen vietnamien du XIIe siècle a dit un jour : « Si un grain de poussière n’existe pas, l’univers tout entier ne peut pas exister. » En observant un grain de poussière, un être éveillé voit l’univers. Les méditants débutants, quoiqu’ils ne puissent pas voir ceci aussi clairement qu’une pomme dans leur main, sont capables de le comprendre avec de l’observation et de la réflexion. Le Soutra Avatamsaka contient des phrases qui peuvent terrifier ou remplir de confusion les lecteurs qui n’ont pas médité sur le principe de l’interdépendance. « Dans chaque grain de poussière, je vois d’innombrables mondes du Bouddha ; dans chacun de ces mondes, des multitudes de Bouddhas rayonnants, leurs précieuses auras brillantes. » « Mettre un monde dans tous les mondes, mettre tous les mondes dans un monde. » « D’innombrables montagnes Sumeru peuvent être suspendues au bout des cheveux. ». Dans le monde phénoménal, les choses semblent exister comme des entités séparées qui ont une place spécifique : « ceci » est à l’extérieur de « cela ». Quand nous comprenons profondément le principe de l’interdépendance, nous nous apercevons que ce sens de la séparation est erroné. Chaque objet est composé de et contient tous les autres. A la lumière de la méditation sur l’interdépendance, le concept de « un/plusieurs » s’effondre, et emporte avec lui ceux de « grand/petit », « intérieur/extérieur », et tous les autres. Le poète Nguyen Cong Tru, au moment de réaliser cela, s’exclama : « Dans le monde et dans les mondes au-delà, Bouddha est incomparable ! Ce qui est petit n’est pas à l’intérieur. Ce qui est grand n’est pas à l’extérieur ».

Extrait de La Vision Profonde, De la pleine conscience a la contemplation Intérieure de Vénérable Thich Nhat Hanh @ Editions Albin Michel, 1995.

Thich Nhat Hanh

http://www.buddhaline.net


Sep 25 2017

La caverne de Platon


Sep 25 2017

La Réalité semblable à un vaste océan – Roger Godel

La Réalité semblable à un vaste océan « Il n’y a pas d’autre science, au sens vrai du terme, que la science de l’amour »

Les années passèrent et je fus pris au piège de conflits affectifs particulièrement douloureux et complexes. J’avais en mains, théoriquement, tous les éléments capables de les résoudre. Seule, la présence d’un ami compréhensif pouvait m’aider dans cette période cruciale.

Je me confiai donc à Roger Godel. Cet entretien fut inoubliable. Avec une compréhension et une tendresse véritablement paternelles — pour moi totalement inconnues — il me déclara :

« Cher ami, je ne puis vous dire combien je suis ému de la confiance que vous me faites de me livrer aussi spontanément, aussi totalement vos difficultés intérieures. » Après un long silence, tenant compte de mes dispositions profondes, il me dit ce qui suit :

« La Réalité est semblable à un vaste océan perpétuellement en mouvement. A la surface des eaux apparaissent des milliards de vaguelettes évanescentes. Leur déferlement produit une écume formée d’innombrables petites bulles apparaissant et disparaissant d’instant en instant. Vous et moi, les êtres que vous avez introduits dans vos conflits affectifs, sont un peu semblables à ces bulles évanescentes. Si vous restez au niveau des interférences, des images, des identifications, des singularités provisoires inhérentes aux bulles, vous vous enfoncez dans des conditionnements, dans des douleurs sans fin. Votre être vrai dans ma comparaison, c’est l’eau, l’eau totale, l’Océan. Tâchez de vous pénétrer de cette vision océanique des êtres et des choses. Par ceci vous ne niez pas les singularités provisoires mais vous les situez à leur juste place. Alors vous pourrez être libre d’elles. »

Robert Linssen
http://eveilimpersonnel.blogspot.com

Sep 15 2017

UN MOT DE HOUANG-PO…

Houang-Po, maître tchan du IX ème siècle et ayant eu comme principal disciple Lin-Tsi (Rinzaï), dit un jour à un élève:

« Il n’y a rien hors de l’esprit, ni non plus dans l’esprit. Que cherchez-vous donc? »

Faut-il en déduire une stricte existence de l’esprit, de « l’esprit seul »? Que deviendrait un esprit sans objet et sans sujet? Que deviendrait une lampe sans rien à éclairer et personne pour l’éclairer elle-même? S’éclairerait-elle elle-même? D’où tirerait-elle ce besoin? Le soleil s’éclaire-t-il lui-même?

Nous commençons à comprendre que la conscience (ou l’esprit) ne trouve aucun appui sur lequel reposer son regard, rien de substantiel, aucune existence en elle, et bien sûr, aucun socle sur lequel elle-même puisse prendre appui, aucune existence en-dehors d’elle-même. Par conséquent, nous en venons à douter de sa propre réalité. Et par conséquent, la vérité ne repose pas sur l’esprit seul, ni sur elle-même mais sur sa venue à existence à une conscience non-préhensile. Pourquoi? Parce qu’il y a bien des formes, sans cesse, apparaissant, et qui sont non-deux avec l’esprit. Une interrelation, qui est le véritable sens, non l’objet seul ou la conscience seule. Mais ces formes demeurent insaisissables en elles-mêmes, inexistantes dans leur apparence, transparentes, sans consistance. Nous commençons à percevoir cette inexistence, ce vide, dans une conscience délivrée de son mode habituel d’appréhension direct et conceptuel, attaché. Lire la suite


Sep 9 2017

LE SILENCE GUÉRIT.

Printemps 2008 : deux femmes se rencontrent. L’une, Yolande, vit depuis cinq années une expérience indicible, basculement soudain, éternellement répété, de tout son être au tréfonds de l’Être. cet état – ce non état – se manifeste par un silence intense, un vide, une plénitude à la fois si extraordinaires et si simples qu’elle n’a longtemps pas eu de mots pour le dire. Étonnée d’abord, puis de plus en plus amoureuse de « cette chose » en elle qui a pris le pouvoir sur tout, Yolande se laisse guider, enseigner par elle. Et ressent de plus en plus le gout de partager ce Silence, cette manière d’être au monde empreinte de légèreté et de simplicité. L’autre, Laurence, autrefois journaliste, se consacre à l’écriture, à la pratique du yoga et à la fréquentation des textes inspirés, qu’ils soient de métaphysique non duelle ou de mystique chrétienne et soufie.
Entre Yolande et Laurence, l’idée d’un livre germe. Elles ont du temps toutes deux, s’abandonnent au hasard providentiel de leurs conversations et de leur amitié naissante. Les mois passent…bientôt une année…LE SILENCE GUÉRIT en est le fruit. A la fois tentative de dire cet indicible qu’on appelle l’Éveil et regard du témoin, Laurence, qui donne à voir Yolande dans sa vie de tous les jours et se trouve elle-même gagnée par des espaces de présence silencieuse, ce livre à quatre mains fait se tenir cote à cote une vie touchée par la grâce, une autre par l’espérance. Hors de tout courant spirituel ou religieux, puisque né d’une libération intérieure spontanée, il témoigne du saisissement par l’ultime Réalité de soi-même et de tout. Saisissement, Silence qui est  » l’ultime guérison, puisqu’il guérit de l’idée d’être une personne ».

http://www.youtube.com


Sep 4 2017

Vivre les yeux ouverts (si vous aviez qu’un seul texte à lire aujourd’hui,c’est lui)

par Michel Siciliano

Article paru dans le n°87 de la revue 3eme Millénaire
« Être soi-même n’exige pas de compréhension spéciale, seulement la volonté de se voir tel qu’on est vraiment. » Guy Finley

Question : Pourquoi les illusions, et où naissent-elles ?

Les illusions sont les voiles qui nous empêchent de voir la réalité, les filtres qui colorent la réalité pour en faire notre réalité.

Sur un chemin spirituel pour devenir qui nous sommes, une des premières étapes du travail que nous avons à faire est de mettre à jour ces illusions, de les voir, les reconnaître. Ensuite, il s’agit de nous mettre en action pour qu’une fois ces illusions devenues conscientes, nous puissions avoir le choix de ne plus nous laisser mener, emmener, leurrer, par elles. Retrouver le choix de nos actions nous demandera une certaine pratique, appuyée par l’attention, l’intention, la vigilance, la patience, la persévérance.

Ces filtres viennent de notre éducation, des empreintes parentale et sociale, qui nous façonnent selon des attentes particulières. Ainsi et de manière générale, nous apprenons à être non pas ce que nous sommes, mais ce que l’on attend de nous. Lire la suite


Sep 1 2017

L’écran vert ,une allégorie de la conscience

http://youtu.be/HcKkKsUH4SA

 


Août 23 2017

Qu’est-ce que la réalité ?

Tout ce que vous considérez comme bon ou mauvais, le monde des sens dans sa totalité, est votre invention mentale. C’est votre esprit qui le créé.

 

Par Lama Thubten Yeshe

Laissez-moi vous poser une question. Qu’est-ce que la réalité ? Est-ce que la réalité est votre vision du chocolat convoité ? Lorsque vous avez des problèmes, lorsque vous êtes en conflit, que vous voyez des gens malheureux, est-ce la réalité ou pas ? Je vais vous le dire : tout ce que vous considérez comme bon ou mauvais, le monde des sens dans sa totalité, est votre invention mentale. C’est votre esprit qui le créé. Rien de ce qui existe dans ce monde n’est absolument ou automatiquement bon ou mauvais. C’est impossible !

Chandrakirti, le célèbre saint indien du mahayana qui commenta la philosophie du Madhyamika de Nagarjuna, donne l’exemple suivant : Imaginez une tasse d’eau et trois êtres différents en train de la regarder. L’un est un être humain, le second est un dieu samsarique et le troisième un préta, un esprit avide. Bien qu’ils contemplent le même objet, la même tasse d’eau, chacun la perçoit de manière totalement différente. L’être humain la voit comme une tasse d’eau, le dieu voit du nectar de félicité, de l’amrita, l’esprit avide ne voit que du sang ou du pus. Qu’elle est la réalité ? Qui possède la perception juste ?

Voici un autre exemple : chaque homme choisit la femme qu’il aime suivant ses propres critères. Et suivant leur propre vision du bien et du mal, les femmes font leur choix parmi les hommes. Si vous y réfléchissez, comment pouvez-vous faire paraître une personne belle ou laide ? C’est une fabrication totale de l’esprit. Vérifiez. Le fait que vous aimiez ou non quelqu’un ne vient pas du fait qu’il soit bon ou mauvais par nature, mais du fait que vous ayez une idée arrêtée, un à priori concernant ce qu’il doit être. Vous réagissez automatiquement : bon ou mauvais.

C’est une autre manière de dire que vous n’êtes pas libéré. Les conflits qui vous opposent à autrui sont produits par votre idée fixe et fanatique à propos du bon et du mauvais. Vous ne possédez pas une compréhension universelle ; votre vision fanatique empêche la croissance de votre sagesse universelle et de votre compassion, l’essence de Chenrézig.

La réponse de Lama Tsong Khapa au débat de Chandrakirti est que dans la tasse d’eau existent en même temps la réalité de l’eau, la réalité de l’énergie de béatitude et la réalité du sang ; comment ? L’énergie karmique puissante, l’empreinte, qui est latente en chacun est réveillée par la cause coopérante, la vision de la tasse d’eau, et la combinaison des deux produit la réalité de l’eau, de l’amrita ou du sang. Discutez-en ensemble, et petit à petit, je pense que vous comprendrez.

En d’autres termes, ces trois perceptions sont correctes. Dans cet objet, la tasse d’eau, se trouvent l’énergie de l’eau, l’énergie de l’amrita, l’énergie du sang. C’est la même chose lorsqu’une femme regarde un homme et qu’elle le trouve charmant et qu’une autre le trouve laid. Et si une centaine de femmes le regardait, on aurait une centaine de points de vue différents. Néanmoins, il existe dans cet homme l’énergie correspondante à ce que chacune voit, tout comme pour l’eau.

Un autre grand saint du Mahayana, Shantidéva, a commenté les enseignements de la Prajnaparamita du Bouddha, les Enseignements sur la sagesse de la vacuité, afin qu’ils puissent être mieux compris. Il a expliqué, par exemple, comment, dans les royaumes infernaux, un être sensible peut se retrouver à brûler dans une maison de fer en fusion entourée de feux ardents. Cet être pourrait se demander : « d’où tout cela vient-il ? » Shantidéva explique que cela ne vient de rien d’autre que de l’esprit même de cet être. Ce n’est pas comme si quelqu’un se trouvant dans un endroit appelé « enfer », avait construit cette maison de fer, allumé ces feux ardents et pensait : « Ah ! J’attends Thoubten Yéshé. Il va bientôt mourir et venir ici. Je l’attends de pied ferme ! » Ce n’est pas comme ça. Il n’existe rien de la sorte.

En réalité, au moment de la mort, l’énergie puissante des actions négatives de l’être, -existant en tant qu’empreintes sur l’esprit-, est réveillée, activée, et crée cette expérience de souffrance intense que nous appelons enfer. L’enfer n’existe pas de son propre côté ; l’esprit négatif le fabrique. Shantidéva en donne l’explication en se référant aux soutras du Bouddha qui traitent de ce sujet. C’est très intéressant. Et c’est également très important, donc vous devriez chercher et y réfléchir.

Lorsque vous avez une approche du Lam-Rim purement intellectuelle, vous pouvez penser que l’enfer est réel, existant de son propre côté, que c’est une chose qui existe réellement, qui a été construite. Puis surgit la pensée : « Oh ! C’est impossible ! » Alors vous doutez. Par contre l’explication de Shantidéva à propos de l’enfer, du brasier etc., est facilement compréhensible pour les Occidentaux. Votre vision douloureuse de la réalité est fabriquée par votre propre esprit, votre propre immoralité ; et votre vision heureuse de la réalité est le fruit de votre propre esprit, de votre propre vertu.

Si vous souhaitez considérer de plus près la réalité, vous pouvez comparer les expériences mentales que vous faites lorsque vous rêvez et celle que vous faites lorsque vous êtes éveillé. Quelle est la différence ? Réfléchissez vraiment. Vous pensez toujours concrètement que ces expériences sont différentes : mes rêves ne sont pas réels, mais ma vie quotidienne est véritablement réelle.

La question est : qu’est-ce que la réalité ? C’est tout. Dans tous les enseignements du Bouddha, chaque fois qu’il souligne un point important, il dit que l’esprit est le producteur principal de la réalité. La bonté humaine vient de l’esprit. Les problèmes humains, la méchanceté humaine, viennent de l’esprit. La faim des prétas, les visions horribles de brasier des êtres infernaux -tout cela vient de l’esprit. Bien sûr, le bien et le mal existent vraiment, mais seulement de façon relative. Ils n’existent que sur le plan relatif, et non pas ultimement. Comme dit précédemment, l’énergie mentale et les différentes causes coopérantes s’associent et se transforment en notre propre vision de la réalité.

Voici une autre manière de voir : Combien de phénomènes universels sont-ils la réalité pour nous ? Vérifiez. En fait, pour nous, tous les phénomènes existant ne sont pas la réalité, n’est-ce pas ? Notre esprit est limité, donc ce que nous percevons de la réalité est limité, bien que les phénomènes universels soient illimités. Comprenez-vous ? L’énergie avec laquelle votre conscience n’est jamais entrée en contact, n’est pas la réalité pour vous, mais c’est la réalité pour d’autres. De nouveau la question posée est : qu’est-ce que la réalité ? Ceci est une autre approche.

Il est important de découvrir ce qu’est la réalité pour votre propre esprit, de votre point de vue personnel. Considérez cette table par exemple. Vous affirmez : « Je vois que cette table existe. » Mais en fait, cette table n’existait pas pour vous jusqu’à ce que vous vous trouviez près d’elle et que vous la regardiez. Lorsque vous regardez, infailliblement une énergie mentale est envoyée dans l’atmosphère, puis vous dites, « Je vois une table, cette table. C’est ceci et ceci et cela. » Bien que votre esprit dualiste perçoive la table comme extérieure à vous, en fait c’est une partie de la nature de votre esprit ; la table et votre conscience sont unies.

De la même façon, c’est votre énergie mentale qui fait apparaître les choses comme bonnes ou mauvaises. Tout ce que nous percevons est fabriqué mentalement ; rien n’existe extérieurement, fixe d’une manière ou d’une autre.

Extrait du Mandala, le magazine internationl du FPMT (juillet-aout 99)

Traduction Sam Regad

Lama Thubten Yeshe

http://www.buddhaline.net