Avr 27 2017

UN MOT DE HOUANG-PO…

Houang-Po, maître tchan du IX ème siècle et ayant eu comme principal disciple Lin-Tsi (Rinzaï), dit un jour à un élève:

« Il n’y a rien hors de l’esprit, ni non plus dans l’esprit. Que cherchez-vous donc? »

Faut-il en déduire une stricte existence de l’esprit, de « l’esprit seul »? Que deviendrait un esprit sans objet et sans sujet? Que deviendrait une lampe sans rien à éclairer et personne pour l’éclairer elle-même? S’éclairerait-elle elle-même? D’où tirerait-elle ce besoin? Le soleil s’éclaire-t-il lui-même?

Nous commençons à comprendre que la conscience (ou l’esprit) ne trouve aucun appui sur lequel reposer son regard, rien de substantiel, aucune existence en elle, et bien sûr, aucun socle sur lequel elle-même puisse prendre appui, aucune existence en-dehors d’elle-même. Par conséquent, nous en venons à douter de sa propre réalité. Et par conséquent, la vérité ne repose pas sur l’esprit seul, ni sur elle-même mais sur sa venue à existence à une conscience non-préhensile. Pourquoi? Parce qu’il y a bien des formes, sans cesse, apparaissant, et qui sont non-deux avec l’esprit. Une interrelation, qui est le véritable sens, non l’objet seul ou la conscience seule. Mais ces formes demeurent insaisissables en elles-mêmes, inexistantes dans leur apparence, transparentes, sans consistance. Nous commençons à percevoir cette inexistence, ce vide, dans une conscience délivrée de son mode habituel d’appréhension direct et conceptuel, attaché. Lire la suite


Avr 24 2017

Qu’est-ce que la réalité ?

Tout ce que vous considérez comme bon ou mauvais, le monde des sens dans sa totalité, est votre invention mentale. C’est votre esprit qui le créé.

 

Par Lama Thubten Yeshe

Laissez-moi vous poser une question. Qu’est-ce que la réalité ? Est-ce que la réalité est votre vision du chocolat convoité ? Lorsque vous avez des problèmes, lorsque vous êtes en conflit, que vous voyez des gens malheureux, est-ce la réalité ou pas ? Je vais vous le dire : tout ce que vous considérez comme bon ou mauvais, le monde des sens dans sa totalité, est votre invention mentale. C’est votre esprit qui le créé. Rien de ce qui existe dans ce monde n’est absolument ou automatiquement bon ou mauvais. C’est impossible !

Chandrakirti, le célèbre saint indien du mahayana qui commenta la philosophie du Madhyamika de Nagarjuna, donne l’exemple suivant : Imaginez une tasse d’eau et trois êtres différents en train de la regarder. L’un est un être humain, le second est un dieu samsarique et le troisième un préta, un esprit avide. Bien qu’ils contemplent le même objet, la même tasse d’eau, chacun la perçoit de manière totalement différente. L’être humain la voit comme une tasse d’eau, le dieu voit du nectar de félicité, de l’amrita, l’esprit avide ne voit que du sang ou du pus. Qu’elle est la réalité ? Qui possède la perception juste ?

Voici un autre exemple : chaque homme choisit la femme qu’il aime suivant ses propres critères. Et suivant leur propre vision du bien et du mal, les femmes font leur choix parmi les hommes. Si vous y réfléchissez, comment pouvez-vous faire paraître une personne belle ou laide ? C’est une fabrication totale de l’esprit. Vérifiez. Le fait que vous aimiez ou non quelqu’un ne vient pas du fait qu’il soit bon ou mauvais par nature, mais du fait que vous ayez une idée arrêtée, un à priori concernant ce qu’il doit être. Vous réagissez automatiquement : bon ou mauvais.

C’est une autre manière de dire que vous n’êtes pas libéré. Les conflits qui vous opposent à autrui sont produits par votre idée fixe et fanatique à propos du bon et du mauvais. Vous ne possédez pas une compréhension universelle ; votre vision fanatique empêche la croissance de votre sagesse universelle et de votre compassion, l’essence de Chenrézig.

La réponse de Lama Tsong Khapa au débat de Chandrakirti est que dans la tasse d’eau existent en même temps la réalité de l’eau, la réalité de l’énergie de béatitude et la réalité du sang ; comment ? L’énergie karmique puissante, l’empreinte, qui est latente en chacun est réveillée par la cause coopérante, la vision de la tasse d’eau, et la combinaison des deux produit la réalité de l’eau, de l’amrita ou du sang. Discutez-en ensemble, et petit à petit, je pense que vous comprendrez.

En d’autres termes, ces trois perceptions sont correctes. Dans cet objet, la tasse d’eau, se trouvent l’énergie de l’eau, l’énergie de l’amrita, l’énergie du sang. C’est la même chose lorsqu’une femme regarde un homme et qu’elle le trouve charmant et qu’une autre le trouve laid. Et si une centaine de femmes le regardait, on aurait une centaine de points de vue différents. Néanmoins, il existe dans cet homme l’énergie correspondante à ce que chacune voit, tout comme pour l’eau.

Un autre grand saint du Mahayana, Shantidéva, a commenté les enseignements de la Prajnaparamita du Bouddha, les Enseignements sur la sagesse de la vacuité, afin qu’ils puissent être mieux compris. Il a expliqué, par exemple, comment, dans les royaumes infernaux, un être sensible peut se retrouver à brûler dans une maison de fer en fusion entourée de feux ardents. Cet être pourrait se demander : « d’où tout cela vient-il ? » Shantidéva explique que cela ne vient de rien d’autre que de l’esprit même de cet être. Ce n’est pas comme si quelqu’un se trouvant dans un endroit appelé « enfer », avait construit cette maison de fer, allumé ces feux ardents et pensait : « Ah ! J’attends Thoubten Yéshé. Il va bientôt mourir et venir ici. Je l’attends de pied ferme ! » Ce n’est pas comme ça. Il n’existe rien de la sorte.

En réalité, au moment de la mort, l’énergie puissante des actions négatives de l’être, -existant en tant qu’empreintes sur l’esprit-, est réveillée, activée, et crée cette expérience de souffrance intense que nous appelons enfer. L’enfer n’existe pas de son propre côté ; l’esprit négatif le fabrique. Shantidéva en donne l’explication en se référant aux soutras du Bouddha qui traitent de ce sujet. C’est très intéressant. Et c’est également très important, donc vous devriez chercher et y réfléchir.

Lorsque vous avez une approche du Lam-Rim purement intellectuelle, vous pouvez penser que l’enfer est réel, existant de son propre côté, que c’est une chose qui existe réellement, qui a été construite. Puis surgit la pensée : « Oh ! C’est impossible ! » Alors vous doutez. Par contre l’explication de Shantidéva à propos de l’enfer, du brasier etc., est facilement compréhensible pour les Occidentaux. Votre vision douloureuse de la réalité est fabriquée par votre propre esprit, votre propre immoralité ; et votre vision heureuse de la réalité est le fruit de votre propre esprit, de votre propre vertu.

Si vous souhaitez considérer de plus près la réalité, vous pouvez comparer les expériences mentales que vous faites lorsque vous rêvez et celle que vous faites lorsque vous êtes éveillé. Quelle est la différence ? Réfléchissez vraiment. Vous pensez toujours concrètement que ces expériences sont différentes : mes rêves ne sont pas réels, mais ma vie quotidienne est véritablement réelle.

La question est : qu’est-ce que la réalité ? C’est tout. Dans tous les enseignements du Bouddha, chaque fois qu’il souligne un point important, il dit que l’esprit est le producteur principal de la réalité. La bonté humaine vient de l’esprit. Les problèmes humains, la méchanceté humaine, viennent de l’esprit. La faim des prétas, les visions horribles de brasier des êtres infernaux -tout cela vient de l’esprit. Bien sûr, le bien et le mal existent vraiment, mais seulement de façon relative. Ils n’existent que sur le plan relatif, et non pas ultimement. Comme dit précédemment, l’énergie mentale et les différentes causes coopérantes s’associent et se transforment en notre propre vision de la réalité.

Voici une autre manière de voir : Combien de phénomènes universels sont-ils la réalité pour nous ? Vérifiez. En fait, pour nous, tous les phénomènes existant ne sont pas la réalité, n’est-ce pas ? Notre esprit est limité, donc ce que nous percevons de la réalité est limité, bien que les phénomènes universels soient illimités. Comprenez-vous ? L’énergie avec laquelle votre conscience n’est jamais entrée en contact, n’est pas la réalité pour vous, mais c’est la réalité pour d’autres. De nouveau la question posée est : qu’est-ce que la réalité ? Ceci est une autre approche.

Il est important de découvrir ce qu’est la réalité pour votre propre esprit, de votre point de vue personnel. Considérez cette table par exemple. Vous affirmez : « Je vois que cette table existe. » Mais en fait, cette table n’existait pas pour vous jusqu’à ce que vous vous trouviez près d’elle et que vous la regardiez. Lorsque vous regardez, infailliblement une énergie mentale est envoyée dans l’atmosphère, puis vous dites, « Je vois une table, cette table. C’est ceci et ceci et cela. » Bien que votre esprit dualiste perçoive la table comme extérieure à vous, en fait c’est une partie de la nature de votre esprit ; la table et votre conscience sont unies.

De la même façon, c’est votre énergie mentale qui fait apparaître les choses comme bonnes ou mauvaises. Tout ce que nous percevons est fabriqué mentalement ; rien n’existe extérieurement, fixe d’une manière ou d’une autre.

Extrait du Mandala, le magazine internationl du FPMT (juillet-aout 99)

Traduction Sam Regad

Lama Thubten Yeshe

http://www.buddhaline.net


Avr 23 2017

Illusion

Illusion

Pour trouver la définition la plus générale, la plus descriptive du mot « illusion », nous dirons qu’une illusion correspond à « tout ce qui peut disparaître » à court, moyen ou long terme ou à tout ce qui n’est pas permanent.

Cette définition permet de comprendre que tout ce qui existe dans un esprit humain, tout ce qui peut être mentalisé, conçu, compris, formalisé, conceptualisé, aimé, détesté, admiré, recherché, sentimentalisé, émotionnalisé, par une décision humaine n’a non seulement aucune réalité mais n’a en plus qu’une durée de vie limitée.

La seule Réalité étant elle, éternelle, à l’image du Tout, ne peut disparaître.

Une autre approche de la définition du mot « illusion » serait de dire que dès que l’on croit avoir une idée précise de quelque chose que l’on ne connaît pas ou que l’on ne connaît que partiellement, comme la connaissance de l’ensemble de la Connaissance, nous sommes face à une illusion dont la durée de vie n’est égale qu’à la durée de vie de la connaissance partielle actuellement à notre disposition de la chose ou de l’objet considéré.

C’est-à-dire que cette illusion ne pourra durer que jusqu’au moment où la connaissance du sujet considéré en question va être modifiée soit par l’acquisition de nouvelles informations complémentaires qui vont s’ajouter et/ou se modifier et/ou se retrancher soit, par une remise en question des informations à disposition. Comme le dit Ramana Maharshi (Les textes entre parenthèses sont de l’auteur) :

« Ce qui est, c’est l’unique Réalité. Elle peut être représentée par une forme ou par n’importe quelle autre méthode. Tous se résorbent finalement dans la seule et unique Réalité. A présent, (pour la plupart des Animés), l’irréalité constitue une obsession, alors que la Réalité est notre véritable nature. Nous restons à tort dans l’irréalité, c’est-à-dire dans les pensées et les activités du monde. Lorsque celles-ci cessent, la Vérité se révèle. Tous nos efforts doivent tendre à les maintenir à l’écart. On y parvient en ne pensant qu’à la Réalité. Bien que celle-ci soit notre nature véritable, c’est comme si nous pensions à elle. Mais en fait, ce que nous faisons ne consiste qu’à re-pousser les obstacles afin que notre être véritable puisse se révéler. »

Extrait tiré de « La non-dualité – Illusion – les 4 Nobles Vérités »
Nouveau Futur

Avr 10 2017

De la foi à la joie

Par Richard Moss.

Si le but de la transformation est de devenir un être humain, une question évidente se pose : Comment peut se communiquer cette humanité vraie et authentique ? Ma réponse est la suivante : le plus grand cadeau que nous puissions nous faire les uns aux autres est la qualité de notre attention. Quand notre attention est enracinée dans la tranquillité universelle, au cœur de notre vraie nature, nous voyons les autres comme des parts de l’infini, participant au mystère. Cette qualité d’attention ouvre à une toute nouvelle vitalité qui n’est plus un transfert de nous vers l’autre mais un appel dans l’autre créé par le seul fait d’être disponible à cette attention plus profonde. Chaque fois que l’un d’entre nous va plus en profondeur, il y invite tous ceux qui l’entourent. C’est la grande voie par laquelle la vraie transformation est contagieuse […] Il naît avec cette attention grandissante un sens que le spirituel n’est pas dans les phénomènes paranormaux, ou dans ce qui se passe dans les lieux de culte, sur le Machu Pichu, les pyramides ou un quelconque lieu de pèlerinage New Âge. Le Sacré est partout. Tout est sacré. Et chacun de nous est une part de ce processus du sacré.

Pour comprendre la notion de plus grande énergie, nous devons considérer que ce que nous appelons ego humain, qui nous donne l’impression d’être un « moi » séparé, est en réalité un moyen de filtrer et même de réprimer une immense vitalité. L’éveil est le processus par lequel la structure de l’ego ordinaire est progressivement dissoute dans une relation avec un plus vaste niveau de conscience, dont nous sommes issus et auquel nous retournerons. C’est à la fois un processus de régression et d’affaiblissement des structures de l’ego définissant le soi séparé, un lâcher-prise et un état permettant de devenir transparent à la Source Universelle.

Dans un premier temps, vivre ce processus est un défi, avec des pics extrêmes dans les hauts et les bas. Mais avec le temps, il s’intègre et se stabilise et nous voyons une vie humaine qui a beaucoup plus de sens qu’auparavant. Quelque chose irradie, une présence plus vivante, une vitalité, une énergie, un calme et une joie tranquille.

Nos vies sont très brèves. Mais vivre en nous engageant à plus de profondeur, c’est reconnaître que nous avons écouté ce que la vie nous demande vraiment. Devenir le disciple de cette immense opportunité est le plus grand cadeau que la vie peut nous faire et notre plus grand privilège.

Richard Moss.

Source originale (article complet). Vu sur Du Tout et du Rien.

Source : http://www.urantia-gaia.info (en cas de copie, merci de respecter l’intégralité du texte et de citer la source)

Photo en illustration avec l’aimable autorisation de Michel Corboz.


Avr 8 2017

Notre Réalité n’est qu’une Illusion


Avr 3 2017

Tout est rêve…

Tout est rêve parce que nous ne pouvons pas connaître la réalité, es-tu d’accord avec ça ?
Non, tout est rêve parce que la conscience est du rêve et seulement du rêve.
La réalité n’a rien à voir là dedans.
Pour toi la réalité est une sorte de vérité inhérente à ce qui est, pour moi la réalité est une image qui apparaît au fond de notre esprit.
Il n’y a jamais deux fois la même réalité, jamais deux fois la même image au fond de notre esprit et comme les choses n’ont aucune forme réelle, toute autre représentation de la réalité n’est qu’une duperie de notre ego.
Oui, il y a bien des images qui apparaissent jamais les mêmes, mais pourquoi dire que cela est « réalité » ?
Je ne dis pas cela mais si tu utilises ce mot et ce concept, je suis bien obligé de te répondre avec eux.
Le mot « réalité » n’existe pas dans mon vocabulaire. Lire la suite

Mar 29 2017

accepter

Disons qu’au lieu de chercher à aller
bien: accepter d’aller mal.
Au lieu de chercher la béatitude:
accueillir la réalité telle qu’elle est,
aussi négative qu’elle puisse paraître.
Accepter ce que l’on ressent
au lieu de refouler.
C’est cela le point d’appui.
A partir du moment où
l’on voit à quel point
l’acceptation libère,
on ne peut plus s’en passer.
Daniel Roumanoff

Mar 18 2017

Citation du jour : Discernez le réel de l’irréel

« Tout ce à quoi vous êtes attaché, tout ce que vous aimez
et tout ce que vous connaissez disparaîtra un jour.

Savoir cela, et savoir que le monde est une création de votre mental,
ce monde dans lequel vous jouez et dont vous souffrez,
voilà le discernement.

Discernez le réel de l’irréel ;
ce qui est connu est irréel, et va et vient.
Ainsi, restez dans l’Inconnu, l’Immuable, la Vérité. »

Mooji

Source : Satsang avec Mooji
Photo :Photos Libres

Fév 28 2017

Quelle est la nature de la réalité ?


Fév 21 2017

La Réalité semblable à un vaste océan – Roger Godel

La Réalité semblable à un vaste océan « Il n’y a pas d’autre science, au sens vrai du terme, que la science de l’amour »

Les années passèrent et je fus pris au piège de conflits affectifs particulièrement douloureux et complexes. J’avais en mains, théoriquement, tous les éléments capables de les résoudre. Seule, la présence d’un ami compréhensif pouvait m’aider dans cette période cruciale.

Je me confiai donc à Roger Godel. Cet entretien fut inoubliable. Avec une compréhension et une tendresse véritablement paternelles — pour moi totalement inconnues — il me déclara :

« Cher ami, je ne puis vous dire combien je suis ému de la confiance que vous me faites de me livrer aussi spontanément, aussi totalement vos difficultés intérieures. » Après un long silence, tenant compte de mes dispositions profondes, il me dit ce qui suit :

« La Réalité est semblable à un vaste océan perpétuellement en mouvement. A la surface des eaux apparaissent des milliards de vaguelettes évanescentes. Leur déferlement produit une écume formée d’innombrables petites bulles apparaissant et disparaissant d’instant en instant. Vous et moi, les êtres que vous avez introduits dans vos conflits affectifs, sont un peu semblables à ces bulles évanescentes. Si vous restez au niveau des interférences, des images, des identifications, des singularités provisoires inhérentes aux bulles, vous vous enfoncez dans des conditionnements, dans des douleurs sans fin. Votre être vrai dans ma comparaison, c’est l’eau, l’eau totale, l’Océan. Tâchez de vous pénétrer de cette vision océanique des êtres et des choses. Par ceci vous ne niez pas les singularités provisoires mais vous les situez à leur juste place. Alors vous pourrez être libre d’elles. »

Robert Linssen
http://eveilimpersonnel.blogspot.com