Avr 9 2017

Interprétation ésotérique de Pinocchio

Article très intéressant,Pinocchio nous est présenté tel Ulysse ou Hercule qui par leur quête apprendrons à devenir de vrais êtres humains plutôt qu’une simple marionnette manipulée par la tentation de la gloire et de la fortune.N’est-ce pas au fond la quête que nous vivons tous actuellement avec comme ultime tentation une société de consommation qui agonise?Notre seul véritable libre-arbitre est peut-être là.Devenir des larves abruties par le matériel et tout ce qui l’implique ou vivre de tout son Être avec toute notre intégrité .Il fut prendre l’ apport de la Franc-Maçconnerie dans ce conte comme étant la porteuse d’ une sagesse millénaire et humaine.L’ essence même de ce conte doit être perçus par chaque personne comme étant un outil de libération et surtout pas comme étant de la propagande conspirationniste

Gougou

Vigilant Citizen nous présente la symbolique, pour une fois souriante, du dessin animé de Disney, Pinocchio. Que ceux qui n’ont jamais vu Pinocchio le signalent. Il ne doit pas y avoir beaucoup de lecteurs dans ce cas. C’est l’article que je vous avais annoncé dans celui sur la symbolique de Sirius.

Interprétation ésotérique de Pinocchio
Vigilant Citizen, 28 décembre 2009

Réalisé en 1940, Pinocchio est un classique de Disney toujours apprécié des enfants et des adultes du monde entier. L’histoire de cette marionnette de bois cache pourtant une grande allégorie spirituelle basée sur des enseignements ésotériques, ce dont on parle rarement. Nous regarderons les origines de cette aventure animée et son sens sous-jacent.

La première fois que j’ai regardé Pinocchio quand j’étais enfant, c’était sur une pauvre cassette vidéo en compagnie de mon petit frère, tout en mangeant des friandises. J’ai bien aimé les airs entraînants et Jiminy le Cricket. J’étais pourtant terrifié par le cocher et n’ai pas vraiment apprécié la partie qui se passe sous l’eau. Ce n’est que récemment que j’ai pu me remettre en mémoire ce classique de Disney. Par un paresseux dimanche soir, j’ai revu le film en version digitale remasterisée à la TV et je l’ai regardé  »pour l’amour du bon vieux temps ». Ce qui était supposé être un amusement pour ma mémoire devint une révélation choquante : Pinocchio était l’un des plus profonds films que j’ai jamais vu. Pouvait-il être une immense allégorie sur la spiritualité et la société moderne ? Ai-je détecté quelques allusions à une initiation aux Mystères occultes ? J’ai immédiatement cherché les origines de Pinocchio et toutes mes théories furent abondamment confirmées.

Pas besoin de préciser que ce film est aujourd’hui une base de la culture populaire. Combien de personnes n’ont PAS vu ce film ? D’un autre côté, qui est conscient de la vraie signification sous-jacente de Pinocchio ? Derrière l’histoire de la marionnette qui essaie de devenir un vrai garçon se cache un profond récit spirituel dont les racines plongent dans les écoles de Mystères de l’occultisme. Au travers des yeux d’un initié l’histoire de l’enfant remplie de leçons sur  »être bon » ou  »ne pas mentir » devient une quête de l’homme vers une sagesse et une illumination spirituelle. Les dialogues brutalement honnêtes dans Pinocchio dépeignent une vision morose de notre monde moderne et formule, peut-être, une manière d’échapper à ses pièges. Grâce aux notes de l’auteur et à des références littéraires, on peut comprendre la signification gnostique cachée de Pinocchio.

Les origines de Pinocchio

Pinocchio a été originellement écrit en Italie par Carlo Lorenzini (connu sous son nom de plume, Carlo Collodi) entre 1881 et 1883. Lorenzini commença sa carrière d’écrivain dans des journaux, où il utilisa souvent la satire pour exprimer ses visions de la politique. En 1875 il entra dans le monde de la littérature enfantine et utilisa cet exutoire pour transmettre ses convictions politiques. La série Giannettino, par exemple, se réfère souvent à l’unification de l’Italie.

 »Lorenzini fut fasciné par l’idée d’utiliser comme allégorie un personnage aimable, un peu gavroche comme moyen d’expression de ses propres convictions. En 1880 il démarra l’écriture Storia di un burattino ( »l’histoire d’une marionnette »), appelée également ‘L’aventure de Pinocchio’, qui fut publié toutes les semaines dans Il Giornale dei Bambini (le premier journal italien pour enfants).

Le Avventure di Pinocchio, conte de fée qui décrit les aventures d’une marionnette entêtée dans sa quête pour devenir un vrai garçon, fut publiée en 1883.

L’ouvrage de Lorenzini ne fut pas seulement politique. Ses écrits, spécialement Le Avventure di Pinocchio contenait une bonne dose d’aspects métaphysiques qui passent souvent par-dessus les lecteurs modernes. Un fait important nécessaire à la pleine compréhension de l’ouvrage de Lorenzini est qu’il était franc-maçon. Dans un essai appelé Pinocchio, mio Fratello (Pinocchio, mon frère), le franc-maçon italien Giovanni Malevoti décrit le contexte maçonnique de Lorenzini :

« L’initiation de Carlo Collodi à la franc-maçonnerie, même si on n’en parle nulle part, est universellement reconnue et on s’y réfère souvent. Aldo Mola, un non-maçon défini généralement comme historien officiel de la franc-maçonnerie, a exprimé avec beaucoup de certitude l’initiation de l’écrivain dans la famille maçonnique. Les évènements de la vie de Collodi semblent confirmer plus tard cette thèse : la rédaction en 1848 d’un article intitulé  »Il Lampione » (Le phare), qui, comme affirmé par Lorenzini,  »a illuminé tous ceux qui tâtonnaient dans le noir »; il se décrivait lui-même comme  »disciple passionné de Mazzini » (un franc-maçon révolutionnaire italien connu) »

« Il y a deux manières de lire  »les aventures de Pinocchio ». La première est celle que j’appellerai  »profane » où le lecteur, le plus souvent un enfant, apprend les déboires de la poupée de bois. La seconde est une lecture avec un point de vue maçonnique, où un profond symbolisme complètera, sans la remplacer, la simple narration linéaire des évènements. »

Lorenzine écrivit Pinocchio suivant la longue tradition des textes mystiques : une simple histoire narrative qui peut être appréciée des masses avec une signification cachée réservée à ceux  »qui sont dans le coup ».

Analyse du film

Il y a de nombreuses différences entre le livre de Collodi et le film de Disney. L’histoire a été simplifiée et Pinocchio est devenu un ignorant, un personnage insouciant plutôt que le marginal entêté et ingrat du livre original. Tous les éléments fondamentaux sont pourtant encore présents dans l’adaptation du film et le message sous-jacent reste entier.

La création

Le film débute avec Geppetto, sculpteur sur bois italien, en train de transformer une pièce de bois en marionnette. Il donne des traits humain à la poupée, mais elle reste une poupée sans vie. Geppetto est, d’une certaine manière, le Démiurge de Platon et des Gnostiques. Le mot  »Démiurge » est littéralement traduit du grec par  »fabricant ou artisan ». En terme philosophique, le Démiurge est un dieu de moindre importance du monde physique, une entité qui crée des êtres imparfaits soumis aux écueils de la vie matérielle. La maison de Geppetto est pleine de pendules de sa fabrication, ce qui, comme vous devez le savoir, sert à mesurer le temps, une des grandes limitations du plan physique.

Geppetto a créé une marionnette grandeur nature, mais il réalise qu’il a besoin de l’aide du  »Dieu plus grand » pour donner à Pinocchio l’étincelle divine afin de devenir un  »vrai garçon » ou, en termes ésotériques, un homme illuminé. Que fait-il donc ? Il fait un souhait. Il demande au  »Dieu plus grand » (le grand architecte des maçons) d’infuser de sa divine essence dans Pinocchio.

Cette étoile pourrait-elle être Sirius, l’étoile embrasée des franc-maçons ?

La  »Fée bleue », représentation du grand dieu, descend ensuite sur terre pour communiquer une étincelle de l’esprit universel à Pinocchio, le  »Nous » des gnostiques.

La Fée offre à Pinocchio la vie et le libre-arbitre. Bien qu’il soit vivant, il n’est toujours pas un  »vrai garçon ». Les écoles de Mystères enseignent que la vraie vie ne démarre qu’après l’illumination. Tout ce qui est avant n’est qu’une lente désintégration. Quand Pinocchio demande  »Suis-je un vrai garçon ? », la Fée répond  »Non, Pinocchio. Il ne faudra compter que sur toi pour réaliser le souhait de Geppetto. Montre-toi courageux, honnête et altruiste et un jour tu seras un vrai petit garçon. »
Ce thème de l’autonomie et du progrès par soi-même est fortement inspiré des enseignements gnostiques/maçonniques : le salut spirituel est quelque chose qui a été mérité grâce à l’auto-discipline, la connaissance de soi et un intense pouvoir de volonté.

De la même manière que les maçons représentent le processus d’illumination par la transformation d’un pierre brute en pierre polie, Pinocchio démarre son voyage en tant que pièce de bois brut et cherchera à en polir les angles pour devenir finalement un vrai garçon. Pourtant rien ne lui est offert. Un processus alchimique interne est nécessaire pour qu’il soit digne de l’illumination. Il doit parcourir la vie, lutter contre ses tentations, et grâce à sa conscience (incarnée par Jiminy le Criquet), il doit trouver le bon chemin. La première étape est d’aller à l’école (symbolisant la connaissance). Après quoi, les tentations de la vie se présenteront rapidement sur son chemin.

La tentation de la gloire et de la fortune

Sur le chemin de l’école, Pinocchio est arrêté par Grand Coquin le renard (un nom qui ne donne pas vraiment confiance) et Gédéon le chat qui l’appâtent sur la  »route facile du succès » : le spectacle. Malgré les avertissements de sa conscience, la marionnette suit ces personnages louches et il est vendu à Stromboli, l’agressif montreur de marionnettes.

Pendant sa représentation, Pinocchio se familiarise avec les bons côtés de la  »route facile » : renommée, fortune et même femmes-poupées aguichantes.

Pinocchio apprend pourtant rapidement le prix de cet apparent succès : il ne peut retourner voir son père (le créateur), l’argent qu’il rapporte ne sert qu’à enrichir Stromboli, son  »souteneur », et il voit quel destin l’attend en vieillissant.

Une description plutôt sinistre du show business, n’est-ce pas ? Il n’est au fond rien de plus qu’une… poupée. Après avoir vu la vraie nature de la  »route facile », Pinocchio réalise son triste état intérieur. Il est dans une cage comme un animal et à la merci d’un cruel marionnettiste. Il a été dupé en vendant son âme.

Pinocchio reprend enfin conscience (Jiminy le Criquet) et essaie de s’échapper. Avec la meilleure application du monde il ne peut pourtant être sauvé, le criquet ne peut ouvrir le verrou. Il faut au moins une intervention divine pour le sauver, mais pas avant d’avoir dit la vérité à la Fée (le messager divin) et, le plus important, de se la dire à lui.

La tentation des plaisirs terrestres

À nouveau sur le droit chemin, Pinocchio est arrêté à nouveau par le renard qui l’appâte pour aller à  »L’île du Plaisir », un endroit sans école (connaissance) ni lois (la morale). Les enfants peuvent manger, boire, fumer, se battre et détruire à volonté, tous sous l’oeil observateur du cocher.

L’île du plaisir est une métaphore pour  »vie profane », caractérisée par l’ignorance, la recherche du plaisir instantanée et la satisfaction des plus basses pulsions. Le cocher encourage ce comportement sachant que c’est une méthode parfaite pour créer des esclaves. Les garçons qui se laissent suffisamment tenter par cet abrutissement se transforment en ânes et sont ensuite exploités par le cocher pour travailler à la mine. Une autre sinistre description, cette fois sur l’ignorance des masses.

Pinocchio commence lui-même à se transformer en âne. En termes ésotériques il est plus proche de son soi matériel, personnifié par cet animal têtu, que de son soi spirituel. Ce passage de l’histoire est une référence littéraire aux  »Métamorphoses de l’âne d’or » d’Apulée, un ouvrage classique étudié dans les écoles de Mystères comme dans celles de la franc-maçonnerie.

Les Métamorphoses décrivent les aventures de Lucius qui, tenté par les merveilles de la magie, se trouve transformé en âne à cause de sa folie. Cela le conduit vers un ardu voyage où il est finalement sauvé par Isis et rejoint le culte du Mystère. L’histoire des Métamorphoses comporte plusieurs ressemblances avec Pinocchio dans ses grandes lignes, son allégorie spirituelle et son thème d’initiation occulte.

Pinocchio, une fois qu’il a repris la conscience de lui-même, s’échappe de la prison d’une vie profane et de l’île des plaisirs.

Pinocchio rentre chez lui pour retrouver son père, sauf que la maison est vide. Il apprend que Geppetto a été avalé par une baleine géante. La poupée saute alors de lui-même dans l’eau et est avalé par la baleine pour trouver son créateur. C’est l’initiation finale, où il doit échapper à l’obscurité d’une vie d’ignorance (symbolisée par le ventre de la baleine géante) et retrouver la lumière spirituelle.

À nouveau, Carlo Collodi s’est fortement inspiré d’une histoire classique d’initiation spirituelle : le Livre de Jonas. Trouvé dans la chrétienté, l’islam et le judaïsme, Jonas et la baleine est lu également dans les écoles de Mystères.

 » Jonas est aussi le personnage central du Livre de Jonas. Ayant reçu l’ordre par Dieu d’aller à la cité de Ninive pour prophétiser contre elle  »car leur grande cruauté s’est élevée devant mes yeux », Jonas cherche au contraire à fuir la présence du Seigneur » en allant à Jaffa et à naviguer à Tarsus. Une énorme tempête se lève et les marins, réalisant que ce n’est pas une tempête habituelle, pensent être victimes d’un sort et apprennent que Jonas est responsable. Jonas l’admet et déclare que si on le jette par-dessus bord la tempête cessera. Les marins tentent d’amener le bateau sur la plage mais échouent et se sentent forcés de le jeter par-dessus bord, ce qui calme la mer. Jonas est miraculeusement sauvé en étant avalé par un grand poisson spécialement préparé par Dieu où il passe trois jours et trois nuits. Dans le chapitre 2, dans le ventre du poisson, jonas prie Dieu dans son affliction et engage une action de grâce et des voeux. Dieu commande au poisson de vomir Jonas. »

Jonas après son initiation spirituelle

Pinocchio traverse les rigueurs de l’initiation et sort de l’obscurité de l’ignorance. Il émerge ressuscité de la tombe, comme Jésus Christ. Il est maintenant un  »vrai garçon », un homme illuminé qui a brisé les chaînes de la vie matérielle pour embrasser son moi supérieur. Jiminy le Criquet reçoit de la Fée une médaille en or massif, représentant la réussite du processus alchimique de la transformation de la conscience de Pinocchio d’un métal grossier en or. Le  »Grand Oeuvre » a été accompli. Que sera-t-il à faire ? Une folle partie d’accordéon, bien sûr !

En conclusion

Vue à travers les yeux d’un initié, l’histoire de Pinocchio, au lieu d’une série d’aventures hasardeuses, devient une allégorie spirituelle profondément symbolique. Des détails du film qui paraissent sans signification révèlent soudain une vérité ésotérique. S’inspirant de classiques de la métaphysique comme les Métamorphoses et Jonas et la baleine, l’auteur de l’histoire, Carlo Collodi, a écrit un conte initiatique moderne, qui est le plus important aspect de la vie maçonnique. Quoique l’allégeance de Disney à la franc-maçonnerie a toujours été discutée, le choix de cette histoire comme le deuxième dessin animé créé par les studios est très parlant. De nombreux détails symboliques ajoutés dans le film manifestent une grande connaissance de la signification occulte sous-jacente du livre de Collodi. En voyant les nombreuses rééditions de Pinocchio et son succès mondial on peut dire que le monde entier a été témoin de son chemin d’illumination, mais très peu l’ont vraiment compris.

Comparée à d’autres articles de ce site, qui se révèlent d’une plutôt sinistre signification, l’histoire de Pinocchio est un exemple du plus noble côté des enseignements occultes. S’efforcer d’atteindre un plus haut niveau de spiritualité par auto-amélioration est un thème universel qu’on trouve dans la plupart des religions. Pinocchio reste malgré tout typiquement maçonnique et révèle le contexte philosophique de ceux aux commandes des médias de masse.

Traduit par Hélios du Bistro Bar Blog

http://leveil2011.syl20jonathan.net/

 


Mar 25 2017

Seule la spiritualité peut résoudre les problèmes du monde

Deepak Chopra, Huffington Post, 24 février 2010
http://www.huffingtonpost.com/

Avant d’aborder la question de l’importance de la spiritualité à notre époque, nous devrions d’abord la définir. La spiritualité est l’expérience de ce domaine de la conscience où nous expérimentons notre universalité. Ce domaine de la conscience est la conscience du cœur qui réside au-delà de notre mental,  de notre intellect et notre ego. Dans les religions traditionnelles, cette conscience du cœur s’appelle l’âme, laquelle fait partie d’une âme collective ou d’une conscience collective, qui à son tour fait partie d’un champ plus universel de conscience appelé, dans les religions, Dieu. Lorsque nous avons un aperçu, même partiel, de ce niveau de conscience, nous expérimentons la joie, la perception profonde, l’intuition, la créativité et la liberté de choix. De plus, il y a l’éveil à l’amour, la gentillesse, la compassion, la joie de la réussite des autres et l’ équanimité.  Lorsque l’agitation de notre mental s’assagit, notre corps commence aussi à s’ auto-guérir parce qu’il s’apaise. Les mécanismes d’ auto-réparation du corps se mettent en activation lorsque l’esprit est en paix car, au niveau le plus profond, l’esprit et le corps deviennent inséparablement un.


Mar 17 2017

Juliette et l’Ange

Juliette Binoche

Ses succès à l’écran ne l’ont pas fait dévier de sa simplicité. Quand elle obtient un Oscar à Hollywood, début 1997, elle se sent légère, presque non responsable : l’essentiel n’a fait que la traverser. Comment fait-on pour résister ainsi à la pression des images ? On l’interroge. Elle répond parfois : “Les Dialogues avec l’ange me sont une aide constante.” Les Dialogues racontent une expérience spirituelle extrême, survenue à un petit groupe d’artistes hongrois, en pleine Seconde Guerre mondiale. Le plus improbable des chants de joie, un psaume venu du bord de la Shoah… Quel rôle joue pour Juliette Binoche ce livre qu’elle ne quitte pas, mais que les innombrables articles parus sur elle dans la presse ne mentionnent que rarement ?

© photo : www.juliettebinoche.fr.st

Nouvelles Clés : Comment avez-vous rencontré Les Dialogues avec l’ange ?

Juliette Binoche : J’avais vingt-cinq ans et j’étais au fond du trou. Le tournage des Amants du Pont Neuf, dirigé par Léo Carax, venait de s’interrompre pour la seconde fois. Nous n’avions pas un sou devant nous, je ne savais plus du tout où nous allions. J’étais prise de vertige. En même temps, l’expérience était très forte. Je me trouvais en attente… Quelque temps plus tôt, une amie danseuse, dont j’avais suivi les cours pendant que nous jouions L’insoutenable légereté de l’être, m’avait offert Les Dialogues tels que je les ai vécus, de Gitta Mallasz. Un rapide coup d’œil m’avait donné envie de lire ce livre, mais je n’en avais pas eu le temps. Le long tournage des Amants a commencé. Je me suis retrouvée emportée par une activité débordante – même quand toute la production s’arrêtait, je continuais à suivre des cours de danse, de peinture, d’anglais, etc. Je me préparais sans le savoir (rire tonitruant), à la fois physiquement et spirituellement. Mais un jour, j’ai attrapé la grippe. Je me suis retrouvée au lit pendant plusieurs jours. J’ai alors pu rouvrir le livre de Gitta et je l’ai dévoré d’un bout à l’autre, sans pouvoir m’arrêter. Cette lecture m’a remplie de légèreté. Tout d’un coup, je respirais un oxygène que je reconnaissais et qui m’avait manqué depuis des années. Je dois dire que, d’abord, je n’ai pas compris que ce livre renvoyait à la lecture d’un autre, plus important, Les Dialogues avec l’ange en entier. Les courts passages qu’en avait extraits Gitta Mallasz m’ont longtemps suffi.

N.C. : Beaucoup de lecteurs, je crois, ont abordé ce livre par le commentaire de Gitta… Mais vous, qu’est-ce qui vous réjouissait tant ?

J.B. : Il y en aurait à dire… Je me souviens que l’une des premières choses qui m’ait frappée fut la façon dont Gitta parlait des couleurs… Tout son langage, simple et direct, m’allait droit à l’intérieur. Elle savait mettre en mots des sensations, des idées que je connaissais mais que je n’avais jamais su exprimer. L’une des phrases des Dialogues que j’aime citer est “ Vous êtes des éveilleurs, pas des rêveurs. C’est pour cela qu’il vous faut rêver ! ” Je trouve ça sublime. Tout le travail de l’acteur se trouve condensé dans ces quelques mots. Au début, j’étais si enthousiaste que j’ai acheté des dizaines d’exemplaires du livre, pour les distribuer autour de moi. Le besoin de donner ce que j’avais reçu. C’est devenu un révélateur dans ma relation aux autres : il y avait des réactions tellement différentes ! Avec certains, nous nous recevions tout de suite cinq sur cinq. D’autres me fuyaient, comme s’ils découvraient que j’étais devenue folle, ou fanatique. D’autres se faisaient du souci pour moi… ma sœur Marion, par exemple, pour qui un tel livre est automatiquement synonyme de secte – même si elle ne l’a jamais ouvert ! Un jour, quelqu’un en qui j’avais confiance a comparé mon attitude à une épidémie (rire). Mon côté trop volontaire. Comme Gitta Mallasz, qui voulait toujours bien faire… Mes profs d’art dramatique, Jean-Pierre Martino et Véra Gregh, ont heureusement su m’aider à dépasser mon volontarisme.

N.C. : De quelle façon ?

J.B. : Quand je suis sortie du giron de ma mère, qui avait commencé à m’apprendre le théâtre à l’école, avec ses élèves, je voulais surtout lui prouver que j’étais capable de jouer seule. Du coup, je formulais tout à haute et intelligible voix, avec beaucoup trop de bonnes intentions. Véra Gregh, la première, a chamboulé tout ça. En cassant brutalement mon jeu et en me faisant pleurer sur scène – alors que nous patientions pendant de longues semaines, à attendre que vienne la chance de pouvoir jouer, ne serait-ce que quelques minutes, devant elle. Véra m’a montré que, par le silence, on en fait passer autant, sinon bien davantage, et bien autrement.

« Il m’est arrivé de lire les Dialogues avec l’ange en plein tournage. Sinon j’aurais étouffé… »

N.C. : Vous êtes devenue une actrice dont on guette les silences. C’est une autre phrase des Dialogues : le silence est parole.

J.B. : Mais les acteurs en ont tellement peur, du silence ! Chaque société a les artistes qu’elle mérite. Aujourd’hui, ils fuient souvent leur angoisse dans l’activisme. La question est d’être vrai. Il faut savoir s’arrêter complètement. Moi, le fait de peindre m’a beaucoup aidée à être plus vraie. Au conservatoire, Jean-Pierre Martino nous disait qu’il fallait passer du jeu sincère au jeu vrai. Toute la différence entre faire et être. J’ai eu la chance d’avoir des profs qui me fassent comprendre que le travail d’acteur implique d’abord un travail sur soi. Il s’agit de s’accepter tel qu’on est, pour le meilleur et pour le pire. Comment pourrais-je être vraie vis-à-vis de millions de personnes si je ne le suis pas vis-à-vis de moi-même ? Comment me vider et me mettre intérieurement à nu, pour me retrouver “ au service ”, pour reprendre l’invitation de l’Ange aux quatre amis ? Si je ne me connais pas assez moi-même, je ne saurai laisser passer par moi le rôle que je dois jouer, et le jeu sera impossible. Souvent, quand le tournage reprend et qu’une centaine de personnes sont là à attendre que que vous vous mettiez à jouer votre rôle, vous priez très fort pour que ça vienne ! Et vous vous demandez par quel miracle le message va encore une fois passer.

N.C. : La prière a une place dans votre vie ?

J.B. : J’ai grandi assez classiquement, dans la religion chrétienne. Mon père est un iconoclaste qui fut longtemps incroyant, mais sa famille était très catho – du genre qui s’effarouche de la moindre vivacité des enfants. Je n’aimais pas trop ça. Ma mère, d’origine polonaise, était aussi catholique. C’est une intellectuelle, qui avait milité au parti communiste avec mon père, avant de tout laisser tomber, dégoûtée, à la fin des années cinquante. À la messe, elle passait son temps à lire et ne levait les yeux que pour écouter le sermon. Elle tenait néanmoins à ce que ses enfants ait une formation intérieure. Un jour, alors que nous changions les draps, je me souviens lui avoir demandé si elle croyait en Dieu. Elle m’a répondu : “Je ne sais pas.” Cela m’a sidérée. Je me posais énormément de questions existentielles. Qu’on ne sache pas dire pourquoi nous sommes sur terre me semblait impossible. Je réagissais de façon plus physique qu’intellectuelle. Pour moi, la spiritualité n’est jamais passée par le mental. Ça ne m’angoissais pas ! Dans le Loir-et-Cher, j’aimais beaucoup les réunions de “ feu nouveau ”, là-bas, on appelait le catéchisme comme ça. Une dame très gentille venait nous chercher dans sa vieille Aronde et nous racontait des histoires, tandis que nous partagions nos gâteaux entre enfants. Dans l’ensemble, je garde aussi un bon souvenir de toutes les écoles catholiques où je suis allée – le règlement scolaire m’embêtait beaucoup plus que les lois divines ! Il faut dire que le christianisme que j’y ai rencontré était très naturellement œcuménique – dans l’état d’esprit de Taizé, où je suis allée deux fois, avec un grand bonheur, puisqu’on y rencontrait aussi bien des musulmans ou des juifs que des chrétiens. Après l’adolescence, j’ai traversé comme la plupart des gens une période où toute prière ou sentiment religieux avaient disparu de ma vie, pour laisser la place à l’action. C’est la raison pour laquelle, quelques années après, j’ai éprouvé un tel réconfort lorsque j’ai découvert les Dialogues. L’endroit d’où je les lisais ressemblait un peu, certains jours, à l’enfer. Pour moi, l’enfer c’est d’être enfermée. Alors que le paradis correspond à l’ouverture. Mais je crois que même au fond de l’enfer, il reste toujours un point de lumière…

N.C. : Encore faut-il avoir l’idée, la volonté, la chance de voir cette lumière !

J.B. : J’avais un tel désir de la rejoindre ! Sans doute parce que je suis d’un optimisme incorrigible. Mais comment pourrions-nous vivre sans optimisme ? J’en avais besoin. Je traversais une période sombre. Certains films me tiraient vers le bas. Mais c’était aussi une période très dense. Après m’avoir permis de trouver la force d’achever les Amants du Pont Neuf, les Dialogues m’ont aidée à faire des choix. À ne pas laisser traîner les choses. À trancher. Dans ma vie privée comme professionnelle. Sur certains tournages difficiles – celui de Fatale, par exemple -, dès qu’une prise de vue était finie, j’éprouvais le besoin d’aller me recentrer en lisant un passage, d’aller boire de cette parole de liberté ! (rire) Sans cela, je crois que j’aurais étouffé. Mais ce livre m’a aussi suivie dans des moments positifs ! Par exemple quand nous tournions Le Patient anglais. Le metteur en scène, Anthony Minghella, a l’intelligence et la générosité d’écouter ses acteurs, de les rendre responsables de leur jeu et de leur rôle. C’est tellement rare ! J’aimerais d’ailleurs pouvoir me retrouver un jour à cette place : dans la fonction de réalisateur, à la direction des acteurs. J’ai connu ça à ma manière quand j’étais petite fille. J’ai aussi enseigné, entre vingt-trois et vingt-quatre ans. Mes profs m’ont convaincue de repousser ça à plus tard. Le travail d’acteur est très différent de celui de réalisateur. Ça ne se mélange pas bien.

« Si tu te transformes, la matière elle aussi est obligée de se transformer » Dialogues avec l’ange

N.C. : Que vous apporterait la mise en scène ?

J.B. : De me mettre à la disposition des autres. De voir où et comment les acteurs sont prisonniers d’eux-mêmes. De les aider à trouver la porte pour sortir, pour se libérer. Je crois que j’aurais plus de satisfaction à faire ça qu’à jouer ! Parce que jouer, c’est abstrait. Ça passe évidemment par le corps, par les gestes, mais l’essentiel nous échappe…

N.C. : C’est quoi, en fin de compte, le métier d’acteur ?

J.B. : L’acteur est un transformateur. Il doit transformer l’énergie négative en énergie positive, c’est-à-dire créatrice. Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, au sens où le langage moderne utilise ce mot – qui devient synonyme de éthéré, évanescent ou irréel. Les anges des Dialogues, au contraire, sont des êtres fulgurants, qui invitent leurs moitiés humaines à vivre à fond leur condition terrestre, corporelle et animale. Mais dans la joie. Je ne peux plus travailler dans la négation. Il m’est arrivé de travailler avec des gens négatifs, c’est trop difficile, trop inutile surtout. Cela ne signifie pas que j’ai l’intention de ne plus jouer que des rôles de religieuses ! La transformation, on pourrait dire la transmutation, des énergies, l’acteur doit la tenter dans tous les registres de la vie, y compris naturellement dans les bas-fonds et dans des histoires qui n’ont aucune des apparences de la spiritualité. Mais il doit toujours y avoir au moins un point de lumière. Telle me semble la responsabilité de l’acteur et du metteur en scène. Récemment, j’ai refusé de jouer Médée. C’est pourtant un personnage incroyablement intéressant, mais porteur d’une violence dont je n’ai pas réussi à voir en quoi elle pouvait se transformer. Jouer la violence pure, qui ne débouche sur rien d’autre, je n’en vois plus du tout l’intérêt. À quoi bon ? Pour moi, ce n’est que s’il y a possibilité de transformation qu’il y a espoir. Et l’espoir est ce que j’ai envie de faire passer maintenant.

N.C. : Certains disent qu’il est délirant d’inviter l’humanité à nourrir le moindre espoir, quand on sait toutes les horreurs que les humains commettent à chaque instant. Que dire pourtant quand l’invitation à la danse nous arrive, non pas d’une zone privilégiée mais, comme dans les Dialogues, du bord des camps de concentration ?

J.B. : C’est aussi cette transformation-là qui me donne envie de réfléchir au film que l’on pourrait tirer des Dialogues. À vrai dire, jusqu’à présent, je ne parlais pas trop de ce livre en public. Je préférais faire sentir sans dire. Et agir. Dans le mot acteur, il y a action.

N.C. : C’est quoi, aujourd’hui, un artiste engagé ?

J.B. : Quand vous êtes connu, agir est à la fois plus facile et plus difficile. Tout le monde veut vous récupérer. Un jour, dans ma grande naïveté, j’ai découvert qu’il existait un enfer plus terrible que les autres, où souffraient des millions d’enfants, esclaves des passions démentes des humains supposés “ adultes ”. Des enfants prostitués de six ou sept ans ! Auschwitz existe à des milliers d’exemplaires, en ce moment-même, sous nos yeux. Quand j’ai réalisé cela, j’ai cru devenir folle. J’ai lu Le prix d’un enfant, de Marie-France Botte, avec qui je suis devenue amie. J’ai aussi fait la connaissance de Charles Fejtoe, qui travaille avec elle, dans une petite organisation humanitaire, Aspeca, qui tente d’aider les enfants martyrs du Cambodge. Je m’occupe le plus que je peux de ce travail-là. Mon prochain contrat de publicité leur sera consacré. Il s’agit d’essayer de ramener à la vraie vie le maximum des enfants que l’on a réussi à arracher à cet enfer, dont les Occidentaux sont tout de même en grande partie responsables. L’Occident est gravement malade. Notre incroyable richesse aurait été impensable si nous n’avions pas sucé, pendant des siècles, toute la sève des autres sociétés. Aujourd’hui, c’est l’enfance du monde qui est menacée. C’est-à-dire notre plus beau trésor. L’innocence humaine. L’avenir. Il me semble impossible de rester passif face à cette horreur. Mais de cela, je ne voudrais pas trop parler. “ Où sont vos actes ? ” demande l’Ange aux quatre amis. Et à nous.

À lire :

- Les Dialogues avec l’ange, et Les Dialogues tels que je les ai vécus,de Gitta Mallasz, éd. Aubier.
- Quand l’ange s’en mêle, entretiens avec Bernard et Patricia Montaud , éd. Dervy.
- La Source blanche, l’histoire des Dialogues avec l’ange, Patrice van Eersel, éd. Grasset.

Propos recueillis par Patrice van Eersel

http://www.cles.com


Jan 27 2017

Fréderic Lenoir : la spiritualité, une quête personnelle

Entretien avec Frédéric Lenoir, directeur du magazine Le Monde des Religions, historien des religions.

Évoquant son  ouvrage (Socrate, Jésus, Bouddha : trois maîtres de vie), Frédéric Lenoir donne à voir, dans cet entretien accordé à e-ostadelahi.fr, ce qui fait son idéal spirituel et comment il s’efforce de le mettre en actes à travers le questionnement philosophique, la maîtrise de ses émotions et sa liaison de cœur avec Jésus. Pour lui, la spiritualité est avant tout une quête personnelle qui émancipe et libère, ce qui la distingue de la religion, inscrite dans le collectif, la communion et l’échange, mais susceptible de dogmatisme et d’infantilisation. Par ailleurs, la spiritualité porte l’exigence de la recherche du vrai et de l’universalité : « chaque être humain est égal en dignité, capable d’atteindre un but spirituel élevé ».


Jan 2 2017

Qu’est ce que la spiritualité?

  Dialogue entre science

et spiritualité?

Raisons spirituelles de la crise?

Frédéric Lenoir

Philosophe, sociologue et historien des religions. Chercheur associé à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).

Directeur de la rédaction du magazine Le Monde des Religions (bimestriel appartenant au groupe Le Monde ). Producteur sur France culture de l’émission Les Racines du ciel, auteur d’une trentaine d’ouvrages (essais, encyclopédies, romans), il est également scénariste de bande dessinées et auteur d’une pièce de théâtre.


Déc 26 2016

Paroles D’Hommes

Paroles d'HommesParoles d’Hommes est un film documentaire sur la spiritualité contemporaine écrit et réalisé par Arnaud Peuch.

A travers des entretiens croisés avec trois maîtres spirituels contemporains : Arnaud Desjardins, Lee Lozowick et Stephen Jourdain se dessine une nouvelle vision du spirituel au 21ème siècle et des grands défis auxquels nous allons être confrontés.

Allons nous vers une montée en puissance des intégrismes, vers une catastrophe écologique ou vers un matérialisme de plus en plus brutal et inhumain ?
 
Un réveil est-il possible ? 

Paroles D’Hommes / A Man’s Word de Arnaud Peuch sur Vimeo.
Site du film : http://parolesdhommes.free.fr/

Déc 24 2016

La spiritualité selon Jim Carrey


Déc 18 2016

La spiritualité selon Jim Carrey


Nov 26 2016

Mon chien mon maître

Mon chien Achille qui ouvre un œil l’instant d’une photo. Euhh!?

 

Comme je travaille à la maison, j’ai l’opportunité de voir très souvent mon chien couché sur le sofa profitant de l’instant présent et toujours prêt à bouger au moment opportun. Cela m’est apparu comme étant l’évidence même telle une révélation divine, mon chien est peut-être le seul véritable maître spirituel que je puisse connaître d’ aussi près.Car je retrouve en lui, un calme, un amour,une dévotion,une intégrité ainsi qu’une communion hors du commun.  Alors voilà, aujourd’hui c’ est un spécial chien.


Nov 18 2016

Science et spiritualité

Jean Staune « Science et sens » Rencontre entre les connaissances les plus récentes et des intuitions.

C’est une caractéristique fondamentale de la condition humaine que de s’interroger sur le pourquoi des choses qui nous entourent et sur notre propre destinée.

« La crainte devant les mystères du Cosmos et les manifestations impressionnantes de la Nature et la peur, plus obsédante, de la mort, sont les compagnes inséparables des humains, et aucun bonheur véritable n’est possible aussi longtemps que leurs ombres se projettent sur notre existence. Il faut donc se délivrer de ces craintes. ‘’ Bernard Pullman

Tout ce qui existe est issu des interactions des constituants fondamentaux de l’Univers, qui au cours de milliards d’années se sont lentement agrégés les uns aux autres sous l’influence des lois physico-chimiques connues ou de lois que l’on découvrira bientôt. Certes ce qu’il y a à découvrir encore est certainement immense, mais l’essentiel est acquis : la cause de tout ce qui existe dans notre Univers provient de notre Univers.

Comment pourrait-il en être autrement ? De quel autre endroit pourrait-elle provenir ? « Circulez, il n’y a rien (d’autre) à voir !  » nous dit la « science classique », rien d’autre que cet Univers, que ce niveau de réalité où nous vivons, immergés dans le temps, l’espace et la matière. Comment aller plus loin ? Comment dépasser cette vision qui, aussi riche soit-elle, « clôture » notre réel, le rendant justement indépassable. Nous sommes donc bien arrivés à une fin dans cette grande quête de la compréhension de la condition humaine que l’homme poursuit des grottes du Pléistocène aux scientifiques du XXème siècle en passant par les penseurs grecs. Lire la suite