nov 10 2014

Forrest Gump et Eckhart Tolle (audio)

Eckhart Tolle - Forrest Gump

Le personnage de Forrest Gump n’a pas d’ego, tout ce dont il a besoin arrive de façon naturelle. Sa vie se déroule tout simplement, il n’a pas à se battre pour obtenir quoique ce soit. Tout lui arrive au bon moment et il a du succès. Il accompli même de grande et ne dis jamais : « C’est moi qui l’ai fait! ». Partout où il va, il est une force agissant pour le bien.

Extrait audio : Retraite à Findhorn (Quiétude au sein du monde) de Eckhart Tolle


nov 1 2014

Entrevue avec Charles Antoni, fondateur de la maison d’édition L’Originel

Je vous invites à visionner cette magnifique entrevue réalisé par Paul-André Jetté de Réseau Vox Populi. De nombreux thèmes sont abordés dans les livres de Charles Antoni, tels que le développement personnel, la non-dualité, les philosophies de l’éveil, la Corse, l’enseignement soufi, Gurdjieff, la littérature, le yoga, la santé et le bien-être.


nov 27 2014

LE GRAND DOUTE

Notre nature foncière est déjà complètement présente ici et maintenant, puisque c’est grâce à elle que vous lisez ces lignes ! Comprenez -vous? Nous la croyions gisant au fond de notre inconscience, recouverte par l’activité de notre conscience relative, fonctionnelle, c’est-à-dire de nos conceptions du monde extérieur et intérieur, orientées plutôt vers les oppositions, les choix et les refus, les désirs et les peurs, et elle était en fait totalement exposée, évidente dès lors que notre regard se tournait vers “ce qui voit”. Mais nous sommes si noyés bien souvent dans des opinions non vérifiées par nous-mêmes, l’expérience des autres, le vécu culturel de la société que nous vivons sur un ramassis d’idées, d’opinions de seconde main.

Découvrir cette réalité de nous-mêmes inchangeante, libre, insaisissable, impose de questionner tout ce que nous avons tenu pour réel jusqu’à maintenant. Il ne faudra pas ménager notre effort pour nous dégager des on-dit, des lieux communs, du consensus tacite qui pave notre chemin. Rien ne devra être accepté par nous sans vérification par expérience directe, en particulier l’existence de l’ego, consensus chimérique…

Même l’essentiel est encombré d’opinions personnelles surimposées à la tradition déjà lourde. Là encore, mettre en doute absolument nous ouvrira la porte du Réel. C’est à ce prix que nous nous libérerons, car se libérer est avant tout se débarrasser des acquits du passé culturel, philosophique, spirituel que nos sociétés maintiennent, assez mal d’ailleurs, faute de nous donner à découvrir la Réalité directement. Au fond, sur quoi repose cette main mise de la dualité? Posez-vous la question et marquez un temps d’arrêt. Ne vous jetez pas sur la réponse qui suit… Elle n’éclora dans votre coeur que si vous vous interrogez réellement, profondément.

Le nom et la forme, la limitation des choses et des êtres résulte d’un seul acte de l’esprit: celui de projeter sa propre subjectivité sur l’environnement, donnant de la sorte à ces soi-disant objets et êtres une densité qu’ils n’ont aucunement. La présence des êtres individuels existe uniquement dans le cerveau des témoins, au point que chacun, devant la glace, finit par se prendre pour un être séparé, doué d’existence, par interprétation du regard des autres… Un jeu de miroir. Observez cela. N’est-ce pas vrai?

Chacun n’aspire-t-il pas à exister dans le regard d’autrui? Comme s’il savait déjà sa nature de néant. Je vous en prie, ceci est de la plus extrême importance. Voyez cela. A l’instant, les choses et les êtres retrouvent leur nature foncière: L’être sans trait. Aucune chose n’est, en elle-même, séparée. La séparation naît dans l’esprit qui contemple. Si ce dernier découvre la fausseté de cette projection universelle, alors… Envisagez cela! profondément, totalement, et le monde se vide de la dualité…

Douter, ce sera observer le monde et distinguer ce voile subtil dont nous l’enveloppons. Voile du sens de l’univers, du sens des événements (« il n’y a pas de hasard! »); interprétation des choses du vécu, projection dans ce paysage pour séparer, puis accaparer ou repousser, qualifier ou nier. Percevoir notre monde et pas le monde. Voir nos contemporains à travers le prisme des préjugés, et non pas les considérer comme ils sont réellement, sans mes concepts personnels, ma vision des choses. Ce sera découvrir une montagne presque gigantesque de préjugés hâtivement enregistrés, prompts à nous induire sur la pente glissante de la bêtise. Notre conception du monde conditionne notre perception, à concepts dualistes, vision dualiste. Toute cette activité de la conscience dualiste ensemence l’inconscient et maintient le trésor caché…

Douter, en accordant plus de valeur au soi-disant inconscient plutôt qu’à la conscience de veille, tant cette dernière est souillée de la dualité. Notre inconscient est également sali de dualité, mais par sa nature peu différenciée, il rapproche davantage du Soi. Le jeu se gagne dans l’inconscient, si l’on se rend compte alors du vide réel des choses et des êtres, puisque sans l’inconscient des spectateurs et sa capacité à discriminer, point d’existence séparée. Rien que l’être sans limite.

Douter, même d’exister, nous ouvrira à cette profondeur insondable dont on ne sait si c’est l’Etre ou le Néant… Si nous sommes convaincus que le monde est, alors nous nous privons de l’accès au Néant. Poser l’être du monde comme objet nous pose en tant que sujet. En revanche, ni être ni néant, ni objet ni sujet, et voici ouverte la bulle universelle, fleur de vacuité… Qualifier emprisonne l’objet. Si en revanche nous évitons la qualification, le monde prend un caractère de livre ouvert sans rien écrit dessus, d’une ouverture inconditionnelle à ce-qui-est, à « je ne sais pas… ». Cette ouverture est amour.

Voici un extrait de LE BONHEUR EST EN SOI – auteur anomyne
http://www.eveilspirituel.net/blog

nov 27 2014

La Trilogie de L’Éveil /The Call The Awakening Trilogy

http://youtu.be/kUX1a3_le1g


nov 27 2014

Face à la mort

« J’ai été touchée d’apprendre la mort d’Arnaud Desjardins (18 juin 1925 – 10 août 2011) et cela m’amène à vous partager ce texte écrit par Gangaji en 2002 après la mort d’un de ses amis. » Isabelle Padovani

Vous mourez en ce moment même.Tout ce que vous pensez être est en train de mourir maintenant.Vous-même, en tant que corps individuel, en tant que monde, en tant qu’expérience, vous mourez en ce moment.

Plusieurs morts surviennent tous les jours.

Il y a la mort de chaque moment, et la mort tous les soirs quand le sommeil vous prend.

Il y a mort quand une relation se termine ou quand un enfant quitte la maison.

Cependant la mort dont je veux vous parler est la mort physique.

Dans notre culture, cette mort est généralement celle qu’on évite le plus, ce qu’on nie le plus.

Nous sommes tellement terrifiés par elle, tellement effrayés de n’être rien.

Bhavo est mort. Il est parti tranquillement dans son sommeil, alors que trois amis étaient auprès de lui et que j’étais en route pour aller le voir. Cela a été si précieux, un tel cadeau d’être avec lui les semaines avant qu’il meure et ce matin-là d’accompagner son corps dans la mort. Ce n’était pas là une théorie sur la mort, c’était vraiment d’être dans la chambre avec la mort. La mort qui s’approche, qui s’approche clairement, et puis la mort là, présente, s’emparant de l’énergie de vie. C’était d’être avec un corps quand rien n’y est fait pour l’embellir, quand il a la pâleur de la mort. Juste la vérité crue de la mort de la forme. Accepter d’être en présence de la mort nue, non déguisée, révèle l’absolue, l’indéniable beauté et la présence de ce qui est éternellement vivant. Bhavo a donc disparu, ce que nous connaissions de la forme de Bhavo n’est plus. Son corps a été incinéré et maintenant il est réduit en cendres; il a disparu. Nous aurons tous des souvenirs de Bhavo, des souvenirs de sa charmante personnalité, de ses sautes d’humeur, de toutes les dimensions de ce qu’était Bhavo.

La présence qui animait sa forme est exactement la même présence qui anime votre forme, qui anime toute forme. S’éveiller à soi-même en tant que cette présence, c’est accepter d’affronter la mort dans toutes les formes, y compris ce que vous appelez votre propre forme. Il a laissé un cadeau immense à ceux d’entre nous qui ont accepté de l’accompagner dans ses souffrances physiques jusqu’à la fin. Il y avait quelque chose de très précieux dans sa mort, parce qu’il savait qu’elle approchait. Il ne niait pas la mort. Cela ne veut pas dire qu’il ne combattait pas la maladie ; il s’est battu, faisant tout ce que lui et ses médecins pensaient possible. Il ne s’agit pas de ne pas combattre la maladie. Il s’agit de savoir que vous combattez la maladie tout en sachant que la mort viendra à son heure. Et d’avoir la capacité, comme Bhavo l’a eue, de faire face à sa propre fin. Quand il a entendu les mots :« Nous avons perdu la bataille, le combat est terminé », le lendemain matin il était mort.

Plusieurs personnes viennent à la recherche spirituelle pour obtenir quelque chose, mais la vraie réalisation spirituelle est atteinte par l’abandon conscient de tout. Que signifie de tout perdre ? Dans la mort, nous perdons tout : nos familles, nos amoureux, notre histoire, notre passé, notre futur. En acceptant de tout perdre consciemment, la vérité de soi-même est révélée.

Heureusement, Bhavo n’a pas eu à attendre que la maladie s’empare de son corps pour affronter cette perte.

Ainsi il a pu mourir libre, il a pu mourir en paix, perdant quelque chose de très précieux, mais gagnant plus encore que tout ce qui puisse être perdu. Il m’a semblé que ceux d’entre nous qui étaient avec lui ce jour-là, avec son cadavre couleur de cendres, ont ressenti une inconcevable, une incompréhensible joie d’être. Bhavo, dans sa mort, a été un cadeau pour nous. En vérité, il avait été un cadeau pour nous longtemps avant, parce qu’il avait fait face à la mort bien avant que la mort physique ne vienne. Sa vie comme sa mort ont été finalement, relativement et absolument le même cadeau.

Nous allons tous mourir un jour ; il n’y a pas de naissance sans mort.
Cependant, en ce moment même vous avez l’occasion d’affronter la mort avant que votre corps ne meure, de reconnaître votre amour pour le corps, votre attachement à la forme physique et de laisser cet attachement mourir. C’est le fait de s’identifier à tort à la forme physique qui doit mourir. Et, à travers cette mort, vous vous éveillez à la vérité de ce que vous êtes véritablement. Si vous acceptez de vous arrêter un seul instant et de mourir à cet attachement, il est possible qu’il vous reste au moins un peu de temps pour découvrir ce à quoi ressemble la vie quand on a fait face à la mort. Alors vous pourrez passer le reste de votre vie à partager votre découverte avec les autres. Il y a une telle faim, une telle soif du nectar qui vient de cette reconnaissance.

Pour mourir de cette façon, il faut d’abord découvrir le mécanisme de la résistance.

Par exemple, quelle est la pensée sur laquelle repose la croyance que « je ne peux pas affronter la mort tout de suite ? » La résistance à faire face à la mort vient de la pensée effrayante qui dit « je n’existerai plus. » Je comprends cette peur.

Plusieurs l’ont dit, et je le dis moi aussi : « Vous êtes l’existence même. »

Je ne vous demande pas de

croire ce que je dis, mais je vous encourage à vraiment faire face à la peur de ne pas exister, à plonger dans l’idée inconcevable que vous puissiez ne pas exister.

Généralement, nous nions cette possibilité, mais de l’explorer véritablement, de se demander « qui ou qu’est-ce qui n’existera pas ? », voilà ce qu’est la recherche de soi (Self-Inquiry).

On peut dire que vous êtes la Conscience Rayonnante, que vous êtes la Lumière, la Vérité, Dieu ou la Beauté. Cependant, il vous faut vous reconnaître vous-même comme tel, pour vous-même.

Êtes-vous le corps ? Je sais que le corps est de toute évidence imprégné de vous, je ne dis donc pas que vous êtes séparé de votre corps.

Êtes-vous prêt à accepter de mourir dès maintenant, d’être mort à la personne que vous étiez, d’être mort à celle que vous pensez être et à celle que vous pensez devenir?

Maintenant, que reste-t-il ?

par Gangaji
Publié par Isabelle Padovani
http://kerisahel.blogspot.com

nov 27 2014

L’APPEL DE L’ÊTRE de Mathieu Martel (reprise)

 

Mathieu Martel est né à Montréal, le 22 juillet 1972. Professeur de philosophie au collégial, auteur et conférencier, il est engagé dans une pratique corporelle depuis plus de 15 ans et se consacre à la vie consciente. Il est sympathique à l’approche de la non-dualité, notamment à la tradition de l’advaïta-vedanta. Il a publié Présence (2005) et publiera prochainement La Puissance de l’instant (2012) aux Éditions Metanoïa.
 

Le choc radical de l’acceptation

L’inacceptable est souvent le fruit de notre aptitude à vivre trop souvent à partir de la perspective de la mémoire ou encore, de notre inaptitude à vivre, selon une perspective ouverte et accueillante, ce qui se présente à nous au moment présent.

Conséquemment, nous pouvons nous placer dans un mode de résistance à ce qui nous entoure ou à ce qui nous arrive, bref à tout ce qui se manifeste dans l’instant. Et plus encore, nous pouvons nous laisser prendre au jeu de la comparaison et du jugement plus souvent qu’à notre tour. C’est que nous croyons avec conviction que tout ce que nous voulons, pensons ou espérons devrait constituer la réalité. Trop souvent, nous vivons en pleine identification à nos plans, attentes et espoirs. Et très rarement, nous entrevoyons, la possibilité que quelque chose puisse être plus grand que nous même, au sens ou Emerson disait : « mon être parle davantage que ce que je dis ». Cela témoigne bien du fait qu’il y a quelque chose au plus profond de nous-même dont la source se situe bien au-delà de la persona, du masque. Cet espace où surgit des intuitions, de l’inspiration et de la créativité.  Est-ce parce que nous craignons l’imprévisible ? Est-ce parce que ce qui n’est pas en notre contrôle nous effraie ? Ou encore, est-ce parce que nous vivons selon une perspective, ou un champ de conscience restreint et davantage localisé plutôt qu’ouvert et global, que nous ne nous permettons pas de vivre en contact avec cette source ?  Ultimement, le sens de la vie se situe-t-il au-delà d’un simple volontarisme vitaliste que Nietzsche affirmait dans Le Crépuscule des Idoles : « Formule de mon bonheur : un « oui », un « non », une ligne droite, un but… » ?

« S’accepter soi-même relève d’un grand défi. »

L’inacceptable serait possiblement lié à la résistance que nous offrons à ce qui se présente à notre conscience. Cette résistance ne serait qu’en fin de compte qu’une résistance à la vie elle-même et à notre incapacité d’être à son écoute, de « prendre la vie pour guide » pour citer Pyrrhon d’Elis, philosophe grec ancien, père du scepticisme grec. Le manque d’écoute, de ressenti et d’attention est peut-être l’angle mort de notre vie moderne. Il nous est parfois difficile de revenir à l’essentiel et cela entraîne une distanciation d’avec notre être profond. Dès lors, nous sommes plutôt enclin à dire « non » à ce qui se présente bravant ainsi l’ écoute, le ressenti et l’attention. Notre plus grande difficulté est certainement d’être capable de reconnaître ce qui est et ensuite de l’accepter par surcroît. Dès lors,  une séparation s’impose entre nous et les événements, mais encore, surgit une difficulté à donner sens à ce que nous vivons et à ce qui nous arrive.

S’accepter soi-même relève d’un grand défi. Nous ne sommes pas toujours prêts à tout accepter nous-même et surtout, d’un seul coup. S’accepter intégralement reste quand même le souhait de l’être authentique et ce, même si un mode d’emploi ou encore une technique s’avère fort peu concluante ou efficace à cet effet. Dans certains cas, les efforts risquent de nous entraîner à notre propre perte ou au laisser aller, du statu quo, nous laissant prisonnier du manque d’expression de notre être. C’est peut-être à ce moment, que nous nous rendons compte que nous maintenons un masque de toutes nos forces, avec toute une résistance en plus ! Il semble que c’est bien cela qui épuise : prétendre être ce que nous ne sommes pas ! Que de temps perdu, que de forces impliquées à maintenir cette image, ce masque pour paraître ce que nous ne sommes pas, pour résister à ne pas laisser s’exprimer maintes facettes de notre être, maints talents ou désirs profonds. Et difficile avec nous même, sans indulgence aucune, nous projetons les mêmes attentes envers les autres. Par la suite, nous constatons, souffrons et nous plaignons que la vie est difficile, que les autres ne sont pas agréables, comme ils devraient l’être, que tout ce qui nous arrive ressemble à un cauchemar ou encore semble bien loin d’une harmonie pythagoricienne. La beauté n’est-elle pas dans l’œil de celui qui regarde ? Mais qui maintient ce voile ? Qui nous empêche de voir cette beauté ? Qui maintient cet écran qui nous empêche de communier avec toutes choses, avec nos semblables, de façon directe, sans se sentir séparés aucunement, en s’exprimant avec authenticité et clarté ?

Quelques jours après l’aube du nouveau millénaire, une femme me déclara dans la langue de Shakespeare : « Sois plus indulgent envers toi-même. » Cette maxime paradoxale  m’a accompagnée sans que je ne sache vraiment y porter attention jusqu’à ce qu’un jour ma persona craque et se brise en morceaux, n’étant pas spécifiquement empreint de douceur à mon égard. Il ne m’était alors plus possible de résister, de continuer à prétendre, à me retenir, à ne pas considérer en premier plan l’essentiel.

Je me rappelle avec précision de cette journée qui vint presque dix ans plus tard. Je me dirigeais à la marche au local d’haltérophilie du Club d’Haltérophilie de Montréal comme à chaque samedi depuis 3 ans. Pendant une heure et trente minutes je m’adonnais à cet discipline sportive, pratiquant divers exercices préparatoires ainsi que les deux mouvements respectifs de la discipline que sont l’arraché et l’épaulé-jeté. C’est grâce à la pratique du yoga durant plusieurs années et à son enseignement que je pouvais maintenant m’adonner à l’haltérophilie dans une perspective méditative comme exercice énergique de présence à soi. C’est ma rencontre d’Alain, un ancien athlète québécois international dans la discipline et amoureux de la nature sauvage,  qui me fit m’ouvrir à cette discipline à l’aspect vertical (par sa tendance à soulever la charge vers le haut et aussi parce ce qu’elle mobilise toute la chaîne musculaire du corps dans son entier). C’est en 1999, que je me mis à la pratique du yoga et à la dégustation du thé, cela me permis de mieux savourer le moment présent. En 2004, je commençai à aller prendre le thé au salon de thé Camelia Sinensis au centre-ville de Montréal. Un peu plus tard en 2005, sortait  mon premier livre intitulé Présence suivi d’une conférence pour son lancement. C’est un peu plus tard, en 2006, que je rencontrai Alain qui m’initia à cette nouvelle discipline qui me semblait fort inspirante tant au niveau physique que mental. C’est dans l’esprit de mon expérience en yoga et dans l’art de savourer le thé que je me suis mis à la pratique de l’haltérophilie qui demande une attention totale et qui va dans le sens de la présence à soi au moment présent.  C’est la pratique du yoga et son enseignement durant 5 années durant ainsi que l’abandon au moment présent durant la dégustation du thé qui me permis de pratique l’haltérophilie dans l’esprit de la présence à soi, comme rencontre avec soi-même, ses propres limites, conflits et prises de conscience en général.

« J’ai été mis devant l’évidence qu’aimer impliquait l’acceptation intégrale de soi-même par-delà toute pensée »

Ce moment rituel spécifique au samedi évoquait pour un moment symbolique fort important comme la dégustation du thé : les deux étaient des rituels spécifiques à  l’exercice de la présence au moment présent sous forme d’un rituel. Cependant, lors d’une journée de novembre 2009, j’allai à la salle d’entraînement presque de reculons. Je me présentai  local et les deux pieds sur le plateau d’entraînement, je saisis la barre de 45kg et la plaçai sur mes épaules pour m’échauffer. La barre à peine déposée que mon cœur se mis à battre rapidement. Il faut dire que je venais de faire du vélo stationnaire et que j’étais allé un peu fort, mon cœur s’était préalablement emballé. Mon cœur battait toujours vite, j’étais essoufflé et ne me sentais pas bien. Je laissai tomber immédiatement la barre au sol. Je n’en pouvais plus, j’étouffais. Je n’étais plus capable de soutenir le poids que je m’adonnais, pratique après pratique, à maintenir et à surcharger. Ce qui arrivait à l’entraînement n’était qu’un reflet de ce qui m’arrivait dans ma propre vie. Ce poids était à la fois physique et métaphysique. Je m’imposais toutes sortes d’obligations imaginaires pour fuir ou compenser de quelconques façons que ce soit sans aucunement assumer ce qui se vivait au profond de moi-même. En plus d’enseigner à temps plein, de travailler dans le milieu des conférences publiques, de m’entraîner et de gérer les finances du Club d’Haltérophilie, je ne prenais plus que très peu de temps pour me détendre et à vrai dire, je ne savais plus ce que c’était du tout. Moi qui, prenait auparavant, la vie à un rythme très relax, j’avais perdu en cours de route, fameux fil d’Ariane. Je m’affairais à toujours vouloir relever de nouveaux défis, à me charger plus et à canaliser dans l’entraînement pour ne pas assumer le désir essentiel. J’avouais que j’avais réussi à me perdre momentanément, dépassé par maintes obligations que je m’imposais sans raison apparente. Ce qui arriva, arriva. Et cette journée, retournant à la maison à pied, marchant, de peine et de misère, un pas après l’autre, épuisé et exténué physiquement, moralement et spirituellement, je ne pouvais plus soutenir ce que je m’imposais de soutenir toutes sortes de tâches pour me prouver que j’étais capable de quelconque réalisation. Ma  persona  craqua peu à peu. Je pressentais tout d’abord, une perte de contrôle. Le je ne pouvais plus mener quoi que ce soit. Et peu à peu, je ne menais plus rien et me sentais envahi par quelque chose de  plus vaste que moi-même. Le je se faisait traverser par un vaste courant d’eau comme lorsqu’un barrage cède ! Quelque chose de plus vaste, un sentiment océanique prenait toute la place. Cela revint aussi un soir quelques semaines plus tard lorsque je revenais d’enseigner au collège et, marchant avec un collègue vers la gare, je le laissais me parler des premiers philosophes grecs. Mais j’étais incapable de le suivre, de l’écouter, de dire mot. Je me sentais complètement transporté par une force plus vaste que moi-même. Je n’y pouvais rien. Quelque chose éclatait en moi. Je sentais que tout craquait, mais une fois assis dans le train, même si mon état oscillait entre un effroi et terreur je me sentais traversé par un océan de clarté aussi paradoxal que cela puisse paraître. Cela dura une bonne demi-heure où je me sentais complètement transi et traversé par ce sentiment océanique d’une clarté indicible. Pour un instant, je ne cru plus exister que par cette présence de clarté. Je me souvins après ces minutes pénibles de transe que l’essentiel ne concernait pas le faire ou le surfaire, mais bien le seul fait d’être. Il ne m’était alors plus possible de fuir, d’éviter ou même de compenser pour quoi que ce soit. J’avais été transi. J’avais été frappé par la foudre ! Ce qui ne fut pas sans me rappeler le fragment 64 d’Héraclite d’Éphèse : « La foudre gouverne toutes choses. »

Suite à cette expérience quelque peu troublante qui eut pour effet de convertir mon regard malgré moi, je  ne pouvais même plus chercher ni espérer l’amour, ou encore l’attendre. Je m’abandonnai pendant plusieurs mois, au chômage, au seul désir profond et essentiel de mon être, suivant le seul appel qui me venait à chaque instant, me résorbant à écouter l’appel de l’être qui rectifiait le sens de ma vie. C’est à ce moment que je compris que j’avais reçu un appel de l’être suite à un choc radical qui me mit face à l’acceptation de mon être et de ce qui est. Et moi, qui croyais qu’aimer était seulement en lien avec le don de soi, je fus mis devant l’évidence qu’aimer impliquait l’acceptation intégrale de soi-même par delà toute pensée.

Mathieu Martel, professeur de philosophie (autre article à lire du même auteur)
 
Article paru dans Revue 3e Millénaire (Hiver 2010)


nov 26 2014

L’absence de pensées

Francis Lucille

nov 26 2014

Grâce et gratitude

« Comme un don gratuit, on reçoit un nouvel état de conscience et d’être. La vie est don gratuit, l’éveil est don gratuit et tout ce qui arrive est don gratuit. C’est le sens du mot “ Grâce ”. Il y a trois choses à se rappeler ici. Tout d’abord : Ce qui nous est donné doit être reçu avec reconnaissance. Pas simplement les belles et bonnes choses, pas juste ce qui plaît et nous est agréable. TOUT. On remercie pour tout. On remercie tout le temps. Les petits bonheurs, les petits malheurs, les bons coups, les coups durs, tout. L’humilité est venue avec la reconnaissance de notre impuissance. Cette humilité, avons-nous dit, est le fondement de la nouvelle vie, de la vraie vie. Et la reconnaissance (la gratitude), c’est l’humilité vécue à chaque instant : c’est voir que rien n’est venu de nous, que rien ne nous appartient, que nous ne faisons strictement rien, que tout est un cadeau continuel du Courant de la Grâce. (Le mot “gratitude” vient aussi de “grâce” : c’est un acte gratuit, spontané, pour aucune raison, “pour rien”. On remercie spontanément et gratuitement).

Deuxièmement : Ce qui est reçu doit être donné avec générosité. La vie est un courant de générosité intarissable, d’amour sans attache, de don sans attente. La vie, c’est un courant qui se donne sans compter, sans condition, sans marchandage. Donner ce que l’on a reçu, car tout passe, rien ne demeure, tout nous coule de toute façon entre les doigts, tout est mouvement et rien ne doit resté emprisonné dans un coffre-fort, une banque, un frigo ou un cœur. Tout doit circuler. La vie est aussi un courant paisible. Lorsque ce courant est agité et bousculé, cela est dû surtout à nos passions, à notre émotivité, à nos attentes, notre désir de posséder, notre avidité, notre impatience, notre souci pour l’avenir, pour le “ demain ”, le “ plus tard ”, pour “ quand je serai heureux ”. Mais une fois que l’on a mené l’aventure de tout essayer, de goûter à tout, de tout vouloir, de tout posséder, on se retrouve les mains et le cœur vides : ce n’est pas ce qu’on voulait. Saint Paul le disait bien, il y a déjà 2000 ans : Je ne fais pas ce que je veux; je fais ce que ne veux pas. En effet, on peut dire d’une grande partie de sa vie : ‘’Ce n’est pas ce que j’ai voulu.’’

C’est dans le présent que se trouve la Sérénité. Tout le sens des douze étapes, tout le voyage spirituel que la Grâce nous fait parcourir, c’est un voyage vers la sérénité. Non seulement l’abstinence, c’était l’étape clé, mais seulement une étape, le fond de tout cela, le cœur de notre vie et de notre être, c’est la SÉRÉNITÉ, la Présence de Dieu; cette Sérénité qui est venue par l’aveu d’impuissance, l’abandon total au Dieu “ tel que nous Le concevions ”. La reconnaissance continuelle qui se manifeste dans une générosité continuelle. Être serein, c’est être apaisé; c’est rentrer au bercail; c’est arrêter de lutter, rendre les armes, se rendre à Dieu, s’abandonner; c’est renoncer à mener, à contrôler, à comprendre, à savoir. C’est être vidé du Moi et rempli de l’Énergie divine; c’est être Son instrument et n’être que cela. Que Sa Volonté se fasse et que la mienne se perde dans la Sienne. “ Voilà vraiment ce que je veux : voilà enfin ce que j’ai toujours voulu ”. Je dis OUI à tout, sans broncher, solidement ancré dans l’Être au fond de moi. Je ne veux rien pour moi et j’accepte tout ce que la Grâce m’enverra. Rien ne peut détruire cet Être. Cela ne dépend plus de moi. Ma vie ne m’appartient pas, ne m’appartient plus. Tout devient simple et transparent. C’est la Sérénité de Dieu qui vit en moi, qui vit ma vie. »

Placide Gaboury
http://placidegaboury.com

 


nov 26 2014

« Je ne recherche pas la perfection. Cela étant dit. Tout est parfait. » -ML

 

Tout est parfait!

Une citation de mon cru. Mon inspiration pour cette citation est un mélange de mes lectures de Spinoza et de la philosophie non-dualiste. -ML

Cliquez sur l’image si vous voulez télécharger l’image en pleine résolution.

 


nov 26 2014

Arthur Schopenhauer

La contemplation

J’avais gardé de mes cours de philo l’image d’un Schopenhauer pessimiste et grincheux. J’étais bien loin d’imaginer que derrière cette image académique se cachait celui qui a eu ces mots lapidaires et définitifs: «Chacun est heureux, quand il est toutes choses ; et malheureux, quand il n’est qu’individu.»C’est à lui aussi que l’on doit cette description concrète et technique du processus qui conduit à l’éveil, selon une voie que l’on pourrait appeler contemplative:« Lorsque, s’élevant par la force de l’intelligence, on renonce à considérer les choses de façon vulgaire ; lorsqu’on cesse de rechercher à la lumière des différentes expressions du principe de raison les seules relations des objets entre eux, relations qui se réduisent toujours, en dernière analyse, à la relation des objets avec notre volonté propre, c’est-à-dire lorsqu’on ne considère plus ni le lieu, ni le temps, ni le pourquoi, ni l’à-quoi-bon des choses, mais purement et simplement leur nature ; lorsqu’en outre on ne permet plus ni à la pensée abstraite, ni aux principes de la raison, d’occuper la conscience, mais qu’au lieu de tout cela, on tourne toute la puissance de son esprit vers l’intuition ; lorsqu’on s’y engloutit tout entier et que l’on remplit toute sa conscience de la contemplation paisible d’un objet naturel actuellement présent, paysage, arbre, rocher, édifice, ou tout autre; du moment qu’on se perd dans cet objet, comme disent avec profondeur les Allemands, c’est-à-dire du moment qu’on oublie son individu, sa volonté et qu’on ne subsiste que comme sujet pur, comme clair miroir de l’objet, de telle façon que tout se passe comme si l’objet existait seul, sans personne qui le perçoive, qu’il soit impossible de distinguer le sujet de l’intuition elle-même et que celle-ci comme celui-là se confondent en un seul être, en une seule conscience entièrement occupée et remplie par une vision unique et intuitive; lorsqu’ enfin l’objet s’affranchit de toute relation avec ce qui n’est pas lui et le sujet, de toute relation avec la volonté : alors, ce qui est ainsi connu, ce n’est plus la chose particulière, en tant que particulière, c’est l’Idée, la forme éternelle, l’objectivité immédiate de la volonté ; à ce degré par suite, celui qui est ravi dans cette contemplation n’est plus un individu (car l’individu s’est anéanti dans cette contemplation même), c’est le sujet connaissant pur, affranchi de la volonté, de la douleur et du temps ». Arthur SCHOPENHAUER, Le Monde comme Volonté et comme Représentation, PUF, Paris, 1966, § 34, pp. 230-231.

Schoppenhauer propose là une « technique » qui serait en soi à même de provoquer l’éveil; toutefois, celui qui serait parvenu à l’éveil à l’aide de cette « technique » l’aurait fait en sacrifiant celui qui voulait le provoquer, si bien qu’en fin de compte personne ne sera là pour prétendre avoir provoqué quoi que ce soit. Seulement une présence touchée par la grâce. En un sens, il n’est pas tellement important de savoir quelles sont les motivations qui nous animent dans notre recherche de l’éveil, quelle est leur degré d’élévation, car en dernière analyse, elles se révéleront toujours égoïstes; pourvu qu’elle nous aident à nous mettre en route, cela seul compte; le reste n’est plus qu’une question d’abandon à ce qui vient.

http://www.cafe-eveil.org/



nov 26 2014

Svami Prajnanpad – Qu’est-ce que le mental?

Le mental est ce qui vous éloigne de la Réalité, de l’objet. Quand vous vous abandonnez au mental, vous vivez dans l’erreur et donc dans la peine. Le mental ne vous mène jamais à l’objet. Il vous en éloigne toujours.

Aussi, il vous faut annihiler le mental si vous voulez vivre dans la réalité. C’est-à-dire, vous devez entièrement vous orienter vers le Ici et Maintenant. Être libre du mental, c’est vivre dans la Vérité. Si votre mental va à Hyderabad et pense aux conditions favorables qui s’y trouvent, cela prouve que vous ne voyez pas que Jamshedpur est différent de Hyderabad. Ce que l’on obtient dans un endroit, on ne le trouve pas dans un autre. Comment peut-on dire que le mental cache la Réalité? C’est parce qu’il prend la place de la Réalité.

Le mental n’est rien d’autre qu’une illusion qui vous éloigne de vous-même. A tout moment demandez-vous: « Qu’est-ce que je veux ici et maintenant?» « Qui suis-je dans cette situation?» Ce que vous voulez être, vous l’êtes déjà. Le désir c’est ce qui vous pousse à agir. Le forgeron veut forger. Le mental forge à la perfection. Mais la plupart des gens ne savent pas ce qu’ils veulent. Ils gaspillent leur énergie et n’obtiennent pas ce qu’ils prétendent vouloir. Vous n’êtes pas le corps ni le mental seulement. Vous pouvez accorder une certaine attention au corps mais pas toute votre attention. Le corps et le mental sont vos deux instruments. Si l’un des serviteurs domine le maître, quel spectacle désolant! Lire la suite


nov 26 2014

Grosse épidémie dans les métros du monde

Tout va pour le mieux dans le métro de New York

 Love Police-Paris

 « All you need is love » dans le Métro de Montréal

 Comment calmer un p’tit con qui agresse les gens dans le métro !