sept 26 2014

Conférence : Le « Fasting Festif »

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« Le FASTING FESTIF ou comment perdre des kilos sans trop se fatiguer avec le jeûne intermittent. »

Vous avez bien lu. Après l’organisation d’événements, c’est maintenant à mon tour de me faire plaisir et d’animer une conférence aux « Invité de Marc ». Je vous invite le 30 octobre et le 10 novembre prochain à cette conférence gratuite où je partagerai avec vous cette nouvelle aventure que je vis pleinement au quotidien depuis le mois de janvier dernier. Vous découvrirez, ce nouveau mode de vie qui m’a permis de reprendre ma santé en main et de perdre plus de 80 livres sans les efforts d’un entraînement intensif ou la restriction quotidienne d’un régime et d’une diète. Je vais démystifier avec vous les bénéfices que nous apportes le jeûne intermittent, celui-là même qui m’a permis de comprendre bien des choses que nous ignorons et qui sont pourtant si simples. C’est à mon tour de donner au suivant et d’aider ceux qui sont prêts. Êtes-vous prêt?

Marc Lajoie, co-fondateur des « Invité de Marc »

fastingfestif
Les conférences auront lieux le jeudi 30 octobre et lundi 10 novembre 2014 @ 19h au Centre de médecine douce l’Éveil, 3040 boulevard du Curé-Labelle à Prévost dans les Laurentides. Le nombre de place étant limités, veuillez réserver à l’avance, en indiquant le nombre de personnes à l’adresse suivante : marc@fastingfestif.com.

Cliquez sur les liens ci-dessous pour plus de détails :

Article publié dans le Journal le Nord par Françoise Le Guen, journaliste.

Cliquez ici pour télécharger la publicité en format PDF ou JPG.

Le Fasting Festif avec Marc Lajoie sur « Invité de Marc ».


oct 24 2014

Les 5 critères d’un amour réussi

Swâmiji m’avait un jour énoncé cinq critères grâce auxquels on peut reconnaître la valeur profonde d’un couple. Ces cinq critères sont en fonction d’une durée, d’un chemin à suivre ensemble : to grow together, croître, grandir, s’épanouir ensemble, progresser sur la voie de la maturité, de la plénitude.

Feeling of companionship.

Le sentiment d’être des compagnons.
Le premier de ces critères est le sentiment d’être deux compagnons. Avoir un compagnon, c’est ne plus se sentir seul(e). Il y a quelqu’un à mes côtés qui me comprend, avec qui j’aime échanger, avec qui j’aime partager, avec qui j’aime agir, faire les choses ensemble.
Le mari ou la femme doit être aussi notre meilleur ami. L’épouse doit pouvoir jouer pour le mari tous les rôles qu’une femme peut jouer pour un homme ; et le mari doit pouvoir jouer pour sa femme tous les rôles qu’un homme peut jouer pour une femme. L’homme — ou la femme — se sent comblé et n’éprouve plus la nostalgie de trouver ailleurs ce qui ne lui manque plus.

Si ce sentiment d’avoir trouvé un véritable compagnon existe, il s’enrichit avec les années, avec les expériences partagées, avec les souvenirs, contrairement à la passion amoureuse ordinaire condamnée à perdre son intensité comme un feu qui se consume et s’éteint.

At easeness.

Être à l’aise.
Le deuxième critère est encore plus simple. Aisance : le fait que les choses soient faciles, aisées. On se sent bien. C’est une relation qui ne nous amène pas à gaspiller une grande quantité d’énergie en émotions. Or, trop souvent, dans la fascination amoureuse, il y a émerveillement, il y a des moments intenses, mais il n’y a ni aisance ni facilité ; ou encore une certaine facilité de relation s’établit mais dans la routine, dans la monotonie et il reste au cœur un manque.

Two natures which are not too différent.

Deux natures qui ne soient pas trop différentes.
Il est normal qu’il y ait une différence et une complémentarité entre un homme et une femme. Nous ne trouverons jamais notre alter ego : un autre nous-même qui, à chaque instant, soit uniquement l’incarnation de notre projection du moment. Nous ne trouverons jamais une femme qui sera toujours exactement ce que nous voulons, aura toujours exactement l’humeur ou l’état d’âme que nous souhaitons, l’expression ou le timbre de voix que nous espérons et prononcera les mots que nous attendons — jamais. Et cela, il faut le savoir. C’est une demande infantile, indigne d’un adulte, destructrice de toute tentative de couple, de vouloir que l’autre soit uni¬quement le support de mes projections et réponde à chaque instant à ce que mécaniquement je demande. C’est une illusion que vous devez réussir à extirper. L’autre est un autre. Et, même si une communion s’établit, l’autre n’aura jamais notre inconscient, notre hérédité. Il y aura toujours une différence.

Mais si les natures sont trop différentes, aucune vie commune n’est possible et cet amour sera battu en brèche par la réalité. Les cas extrêmes vous paraîtront évidents. Si un homme est plutôt solitaire, aime les longues marches dans la campagne, la vie dans la nature, et qu’une femme ne rêve que de mondanités et de réceptions, il est certain que les natures sont trop différentes. Malheureusement, cela n’empêche pas de tomber amoureux.

Deux natures qui ne sont pas différentes, cela n’existe pas. «Deux natures qui ne soient pas trop différentes», sinon l’entente est au-dessus de nos capacités respectives. Il faudrait être bien plus avancé sur le chemin de la liberté intérieure pour pouvoir former un couple paisible avec un partenaire dont la nature est radicalement différente de la nôtre. La fascination amoureuse ignore superbement l’incompatibilité de deux natures. On croit de bonne foi pouvoir s’aimer mais il n’y a pas de possibilité d’une véritable entente. La complémentarité de l’homme et de la femme repose sur la différence mais elle repose aussi sur la possibilité d’association, d’imbrication, de complicité.

Complete trust and confidence.

Une foi et une confiance totales.
Bien sûr, beaucoup d’hommes et de femmes aujourd’hui sont blessés jusqu’au fond de l’inconscient par des trahisons passées vécues dans l’enfance ou la petite enfance. Ce genre de blessure ne facilite pas la communion, l’approche ouverte, le don mutuel de soi dans l’amour.

Est-ce que cette personne a su m’inspirer une réelle confiance ? Du fond de moi monte ce sentiment : elle peut faire des erreurs, elle peut se tromper, elle peut même accomplir une action qui me créera une difficulté momentanée mais elle ne peut pas me faire du mal. Fondamentalement, ce qui domine, c’est cette certitude.

Le mariage ne peut pas être une voie spirituelle vers la sagesse si cette confiance et cette foi n’existent pas, si vous vivez dans la peur. Vous avez à être plus forts que votre infantilisme et à ne pas détruire vous-mêmes une relation précieuse par une méfiance qui n’est en rien justifiée. Il faut que les partenaires ne soient plus totalement infantiles, aient une certaine compréhension de leurs propres mécanismes et décident de les dépasser, d’être plus adultes.

Seule cette confiance complète élimine le poison de l’amour, la jalousie. Je ne dis pas que c’est un vice ou un péché, c’est une émotion particulièrement infantile dans laquelle le mental invente ce dont il n’a aucune preuve. Rien n’est plus destructeur de l’amour que cette jalousie.

Strong impulse to make the other happy.

Une forte impulsion à rendre l’autre heureux.
Ce critère exige une approche adulte du couple. La demande d’être heureux grâce à un autre est naturelle, normale, légitime chez un homme ou une femme qui n’a pas encore atteint le bout du chemin et qui se sent encore incomplet. Mais il y a une manière tout à fait égoïste de vouloir rendre l’autre heureux, dans laquelle l’autre n’est pas vraiment en question. C’est l’autre tel que je le vois à travers mes projections, mes demandes à moi, que je cherche à rendre heureux en lui offrant ce que j’ai envie de lui offrir, en faisant pour lui ce que j’ai envie de faire, et sans tenir compte de ses véritables demandes. On ne peut sentir ce dont L’autre a vraiment besoin que si l’intelligence du cœur est éveillée.

Ce bonheur est aussi une réalité simple, quotidienne, faite d’une accumulation de petits détails, et pas seulement de s’entendre dire «je t’aime ». Un être a besoin de respirer à chaque minute, et il a besoin de respirer l’amour tous les jours. Cette envie de rendre L’autre heureux ne se fabrique pas artificiellement, elle est là ou elle n’est pas là.

« Une forte impulsion à rendre L’autre heureux » est un sentiment permanent: « J’existe pour lui, que puis-je faire pour lui ? » Cette intelligence du cœur s’éveillerait très naturellement si les émotions ne venaient pas corrompre la possibilité d’un véritable sentiment.

Ces critères sont simples. Mais, s’ils sont réunis, tous les autres en découlent, y compris l’entente sexuelle.

Extrait de « Pour une vie réussie, un amour réussi »
d’Arnaud Desjardins
http://kerisahel.blogspot.com

oct 24 2014

La conscience et le monde (Jean Klein)

« Votre vraie nature transcende le mental et le corps.

C’est pourquoi la question « Qui suis-je? »
ne peut jamais recevoir de réponse.
Elle n’a pas de prise sur vous
tout terme de référence disparait
et vous vous éveillez au silence
qui est la toute réponse.

Etre a la recherche de vous-meme
de quelque manière que ce soit
est une perte de temps totale.
Ceci doit devenir tout a fait clair pour vous.
Ne questionnez pas sans cesse cette auto-évidence.
Vivre doit se trouver dans l’instant éternel.
N’ accumulez donc pas davantage de choses,
n’ apprenez pas de nouvelles manières de méditer
ou de vous relaxer ou de vous purifier.
Toutes ces accumulations d’états,
de sensations et de techniques
ne sont que pure vanité.
Elles appartiennent encore à la personne
qui recherche sécurité et confirmation.
Les conflits et les problèmes dérivent tous du mental
qui tente de justifier son existence.

Lorsque vous voyez cela soudainement,
dans la pure conviction de la compréhension totale
vous devenez conscient
de ce que vous n’ avez jamais cessé d’ etre
l’ insondable béatitude du Soi. »

(Jean Klein,  » La Conscience & Le monde  » )

Source : le groupe facebook «  friends of jean-klein  »

oct 24 2014

27 Septembre 2011: buzz ou intox ? Réponse: intox

Alors, toujours en vie? Cool moi aussi quoi que un petit peu déçu, j’aurais aimé qu’il se passe quelque chose d’important sur la planète afin de nous faire sortir du piège à con que l’on nous impose ou disons plutôt que l’on s’impose nous-mêmes mais il n’y a rien eu de spéciale pour l’instant. Non pas que je sois suicidaire ou que je souhaite malheur à mon prochain mais il faut bien avouer que les épreuves servent souvent à nous élever l’esprit en nous rendant plus sage et mature. Une grosse catastrophe me semblait la bienvenue même si j’y étais très septique mais à force de passer trop d’heures sur le net, on risque de se décentrer un peu  car la rumeur accumulait beaucoup de coïncidence… Difficile de passer à coté. Un faisceau d’indices indiquait que le 27 septembre prochain allait être une journée cruciale. Gougou.


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oct 24 2014

L’homme qui plantait des arbres-Frédérick Back (ou l’ art de semer un futur pour nos enfants)

La non-dualité c’ est vivre ici et maintenant mais ce n’ est pas pour soulager nos petits égos et nos petits plaisirs immédiats,c’ est enrichir la vie par notre Présence pour en tirer ce qu’ il y a de meilleure en nous.Par toute l’ amour au sein de nos actes,nos enfants en récolteront les fruits et leurs gratitudes seront nos véritables salaires

Gougou

 

 

Il y raconte la vie d’un homme en Provence, qui redonne vie à une terre aride en y semant des glands de chêne.

L’auteur a volontairement mis le texte dans le domaine public à sa création, et celui-ci a été traduit dans de nombreuses langues. (Voir une copie de ce courrier de Jean Giono).

Cela a inspiré plusieurs replantations de forêt, notamment en Provence (France) et au Canada.


oct 24 2014

Naître à l’image de Dieu – Gitta MALLASZ (dialogue avec l’ange)

 

Vous avez entendu cette phrase mille fois citée : « Dieu créa l’homme à son image ».
Par contre qui a entendu cette autre phrase si rarement citée :
« … et ensuite l’homme créa Dieu à son image ».

Je suppose que c’est ainsi que l’homme a perdu son image divine.
Et c’est le plus grand malheur qui ait pu lui arriver !

Alors il s’est mis à la chercher …il la cherche sans savoir ce qu’il cherche vraiment, puisqu’il a oublié son image divine.

Souvent il en perd sa dignité d’homme…il devient sous humain.
Souvent il en perd son appartenance au TOUT … il s’isole, il se sent abandonné.
Abandonné, par qui, au juste ?
Il n’entend pas ta réponse, il est devenu sourd. Lire la suite


oct 23 2014

Jiddu Krishnamurti – la nature de la pensée

Jiddu Krishnamurti – la nature de la pensée – une vidéo de VagabondEsprit – Libres penseurs sur Ubest1.com.


oct 23 2014

Juliette et l’Ange

Juliette Binoche

Ses succès à l’écran ne l’ont pas fait dévier de sa simplicité. Quand elle obtient un Oscar à Hollywood, début 1997, elle se sent légère, presque non responsable : l’essentiel n’a fait que la traverser. Comment fait-on pour résister ainsi à la pression des images ? On l’interroge. Elle répond parfois : “Les Dialogues avec l’ange me sont une aide constante.” Les Dialogues racontent une expérience spirituelle extrême, survenue à un petit groupe d’artistes hongrois, en pleine Seconde Guerre mondiale. Le plus improbable des chants de joie, un psaume venu du bord de la Shoah… Quel rôle joue pour Juliette Binoche ce livre qu’elle ne quitte pas, mais que les innombrables articles parus sur elle dans la presse ne mentionnent que rarement ?

© photo : www.juliettebinoche.fr.st

Nouvelles Clés : Comment avez-vous rencontré Les Dialogues avec l’ange ?

Juliette Binoche : J’avais vingt-cinq ans et j’étais au fond du trou. Le tournage des Amants du Pont Neuf, dirigé par Léo Carax, venait de s’interrompre pour la seconde fois. Nous n’avions pas un sou devant nous, je ne savais plus du tout où nous allions. J’étais prise de vertige. En même temps, l’expérience était très forte. Je me trouvais en attente… Quelque temps plus tôt, une amie danseuse, dont j’avais suivi les cours pendant que nous jouions L’insoutenable légereté de l’être, m’avait offert Les Dialogues tels que je les ai vécus, de Gitta Mallasz. Un rapide coup d’œil m’avait donné envie de lire ce livre, mais je n’en avais pas eu le temps. Le long tournage des Amants a commencé. Je me suis retrouvée emportée par une activité débordante – même quand toute la production s’arrêtait, je continuais à suivre des cours de danse, de peinture, d’anglais, etc. Je me préparais sans le savoir (rire tonitruant), à la fois physiquement et spirituellement. Mais un jour, j’ai attrapé la grippe. Je me suis retrouvée au lit pendant plusieurs jours. J’ai alors pu rouvrir le livre de Gitta et je l’ai dévoré d’un bout à l’autre, sans pouvoir m’arrêter. Cette lecture m’a remplie de légèreté. Tout d’un coup, je respirais un oxygène que je reconnaissais et qui m’avait manqué depuis des années. Je dois dire que, d’abord, je n’ai pas compris que ce livre renvoyait à la lecture d’un autre, plus important, Les Dialogues avec l’ange en entier. Les courts passages qu’en avait extraits Gitta Mallasz m’ont longtemps suffi.

N.C. : Beaucoup de lecteurs, je crois, ont abordé ce livre par le commentaire de Gitta… Mais vous, qu’est-ce qui vous réjouissait tant ?

J.B. : Il y en aurait à dire… Je me souviens que l’une des premières choses qui m’ait frappée fut la façon dont Gitta parlait des couleurs… Tout son langage, simple et direct, m’allait droit à l’intérieur. Elle savait mettre en mots des sensations, des idées que je connaissais mais que je n’avais jamais su exprimer. L’une des phrases des Dialogues que j’aime citer est “ Vous êtes des éveilleurs, pas des rêveurs. C’est pour cela qu’il vous faut rêver ! ” Je trouve ça sublime. Tout le travail de l’acteur se trouve condensé dans ces quelques mots. Au début, j’étais si enthousiaste que j’ai acheté des dizaines d’exemplaires du livre, pour les distribuer autour de moi. Le besoin de donner ce que j’avais reçu. C’est devenu un révélateur dans ma relation aux autres : il y avait des réactions tellement différentes ! Avec certains, nous nous recevions tout de suite cinq sur cinq. D’autres me fuyaient, comme s’ils découvraient que j’étais devenue folle, ou fanatique. D’autres se faisaient du souci pour moi… ma sœur Marion, par exemple, pour qui un tel livre est automatiquement synonyme de secte – même si elle ne l’a jamais ouvert ! Un jour, quelqu’un en qui j’avais confiance a comparé mon attitude à une épidémie (rire). Mon côté trop volontaire. Comme Gitta Mallasz, qui voulait toujours bien faire… Mes profs d’art dramatique, Jean-Pierre Martino et Véra Gregh, ont heureusement su m’aider à dépasser mon volontarisme.

N.C. : De quelle façon ?

J.B. : Quand je suis sortie du giron de ma mère, qui avait commencé à m’apprendre le théâtre à l’école, avec ses élèves, je voulais surtout lui prouver que j’étais capable de jouer seule. Du coup, je formulais tout à haute et intelligible voix, avec beaucoup trop de bonnes intentions. Véra Gregh, la première, a chamboulé tout ça. En cassant brutalement mon jeu et en me faisant pleurer sur scène – alors que nous patientions pendant de longues semaines, à attendre que vienne la chance de pouvoir jouer, ne serait-ce que quelques minutes, devant elle. Véra m’a montré que, par le silence, on en fait passer autant, sinon bien davantage, et bien autrement.

« Il m’est arrivé de lire les Dialogues avec l’ange en plein tournage. Sinon j’aurais étouffé… »

N.C. : Vous êtes devenue une actrice dont on guette les silences. C’est une autre phrase des Dialogues : le silence est parole.

J.B. : Mais les acteurs en ont tellement peur, du silence ! Chaque société a les artistes qu’elle mérite. Aujourd’hui, ils fuient souvent leur angoisse dans l’activisme. La question est d’être vrai. Il faut savoir s’arrêter complètement. Moi, le fait de peindre m’a beaucoup aidée à être plus vraie. Au conservatoire, Jean-Pierre Martino nous disait qu’il fallait passer du jeu sincère au jeu vrai. Toute la différence entre faire et être. J’ai eu la chance d’avoir des profs qui me fassent comprendre que le travail d’acteur implique d’abord un travail sur soi. Il s’agit de s’accepter tel qu’on est, pour le meilleur et pour le pire. Comment pourrais-je être vraie vis-à-vis de millions de personnes si je ne le suis pas vis-à-vis de moi-même ? Comment me vider et me mettre intérieurement à nu, pour me retrouver “ au service ”, pour reprendre l’invitation de l’Ange aux quatre amis ? Si je ne me connais pas assez moi-même, je ne saurai laisser passer par moi le rôle que je dois jouer, et le jeu sera impossible. Souvent, quand le tournage reprend et qu’une centaine de personnes sont là à attendre que que vous vous mettiez à jouer votre rôle, vous priez très fort pour que ça vienne ! Et vous vous demandez par quel miracle le message va encore une fois passer.

N.C. : La prière a une place dans votre vie ?

J.B. : J’ai grandi assez classiquement, dans la religion chrétienne. Mon père est un iconoclaste qui fut longtemps incroyant, mais sa famille était très catho – du genre qui s’effarouche de la moindre vivacité des enfants. Je n’aimais pas trop ça. Ma mère, d’origine polonaise, était aussi catholique. C’est une intellectuelle, qui avait milité au parti communiste avec mon père, avant de tout laisser tomber, dégoûtée, à la fin des années cinquante. À la messe, elle passait son temps à lire et ne levait les yeux que pour écouter le sermon. Elle tenait néanmoins à ce que ses enfants ait une formation intérieure. Un jour, alors que nous changions les draps, je me souviens lui avoir demandé si elle croyait en Dieu. Elle m’a répondu : “Je ne sais pas.” Cela m’a sidérée. Je me posais énormément de questions existentielles. Qu’on ne sache pas dire pourquoi nous sommes sur terre me semblait impossible. Je réagissais de façon plus physique qu’intellectuelle. Pour moi, la spiritualité n’est jamais passée par le mental. Ça ne m’angoissais pas ! Dans le Loir-et-Cher, j’aimais beaucoup les réunions de “ feu nouveau ”, là-bas, on appelait le catéchisme comme ça. Une dame très gentille venait nous chercher dans sa vieille Aronde et nous racontait des histoires, tandis que nous partagions nos gâteaux entre enfants. Dans l’ensemble, je garde aussi un bon souvenir de toutes les écoles catholiques où je suis allée – le règlement scolaire m’embêtait beaucoup plus que les lois divines ! Il faut dire que le christianisme que j’y ai rencontré était très naturellement œcuménique – dans l’état d’esprit de Taizé, où je suis allée deux fois, avec un grand bonheur, puisqu’on y rencontrait aussi bien des musulmans ou des juifs que des chrétiens. Après l’adolescence, j’ai traversé comme la plupart des gens une période où toute prière ou sentiment religieux avaient disparu de ma vie, pour laisser la place à l’action. C’est la raison pour laquelle, quelques années après, j’ai éprouvé un tel réconfort lorsque j’ai découvert les Dialogues. L’endroit d’où je les lisais ressemblait un peu, certains jours, à l’enfer. Pour moi, l’enfer c’est d’être enfermée. Alors que le paradis correspond à l’ouverture. Mais je crois que même au fond de l’enfer, il reste toujours un point de lumière…

N.C. : Encore faut-il avoir l’idée, la volonté, la chance de voir cette lumière !

J.B. : J’avais un tel désir de la rejoindre ! Sans doute parce que je suis d’un optimisme incorrigible. Mais comment pourrions-nous vivre sans optimisme ? J’en avais besoin. Je traversais une période sombre. Certains films me tiraient vers le bas. Mais c’était aussi une période très dense. Après m’avoir permis de trouver la force d’achever les Amants du Pont Neuf, les Dialogues m’ont aidée à faire des choix. À ne pas laisser traîner les choses. À trancher. Dans ma vie privée comme professionnelle. Sur certains tournages difficiles – celui de Fatale, par exemple -, dès qu’une prise de vue était finie, j’éprouvais le besoin d’aller me recentrer en lisant un passage, d’aller boire de cette parole de liberté ! (rire) Sans cela, je crois que j’aurais étouffé. Mais ce livre m’a aussi suivie dans des moments positifs ! Par exemple quand nous tournions Le Patient anglais. Le metteur en scène, Anthony Minghella, a l’intelligence et la générosité d’écouter ses acteurs, de les rendre responsables de leur jeu et de leur rôle. C’est tellement rare ! J’aimerais d’ailleurs pouvoir me retrouver un jour à cette place : dans la fonction de réalisateur, à la direction des acteurs. J’ai connu ça à ma manière quand j’étais petite fille. J’ai aussi enseigné, entre vingt-trois et vingt-quatre ans. Mes profs m’ont convaincue de repousser ça à plus tard. Le travail d’acteur est très différent de celui de réalisateur. Ça ne se mélange pas bien.

« Si tu te transformes, la matière elle aussi est obligée de se transformer » Dialogues avec l’ange

N.C. : Que vous apporterait la mise en scène ?

J.B. : De me mettre à la disposition des autres. De voir où et comment les acteurs sont prisonniers d’eux-mêmes. De les aider à trouver la porte pour sortir, pour se libérer. Je crois que j’aurais plus de satisfaction à faire ça qu’à jouer ! Parce que jouer, c’est abstrait. Ça passe évidemment par le corps, par les gestes, mais l’essentiel nous échappe…

N.C. : C’est quoi, en fin de compte, le métier d’acteur ?

J.B. : L’acteur est un transformateur. Il doit transformer l’énergie négative en énergie positive, c’est-à-dire créatrice. Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, au sens où le langage moderne utilise ce mot – qui devient synonyme de éthéré, évanescent ou irréel. Les anges des Dialogues, au contraire, sont des êtres fulgurants, qui invitent leurs moitiés humaines à vivre à fond leur condition terrestre, corporelle et animale. Mais dans la joie. Je ne peux plus travailler dans la négation. Il m’est arrivé de travailler avec des gens négatifs, c’est trop difficile, trop inutile surtout. Cela ne signifie pas que j’ai l’intention de ne plus jouer que des rôles de religieuses ! La transformation, on pourrait dire la transmutation, des énergies, l’acteur doit la tenter dans tous les registres de la vie, y compris naturellement dans les bas-fonds et dans des histoires qui n’ont aucune des apparences de la spiritualité. Mais il doit toujours y avoir au moins un point de lumière. Telle me semble la responsabilité de l’acteur et du metteur en scène. Récemment, j’ai refusé de jouer Médée. C’est pourtant un personnage incroyablement intéressant, mais porteur d’une violence dont je n’ai pas réussi à voir en quoi elle pouvait se transformer. Jouer la violence pure, qui ne débouche sur rien d’autre, je n’en vois plus du tout l’intérêt. À quoi bon ? Pour moi, ce n’est que s’il y a possibilité de transformation qu’il y a espoir. Et l’espoir est ce que j’ai envie de faire passer maintenant.

N.C. : Certains disent qu’il est délirant d’inviter l’humanité à nourrir le moindre espoir, quand on sait toutes les horreurs que les humains commettent à chaque instant. Que dire pourtant quand l’invitation à la danse nous arrive, non pas d’une zone privilégiée mais, comme dans les Dialogues, du bord des camps de concentration ?

J.B. : C’est aussi cette transformation-là qui me donne envie de réfléchir au film que l’on pourrait tirer des Dialogues. À vrai dire, jusqu’à présent, je ne parlais pas trop de ce livre en public. Je préférais faire sentir sans dire. Et agir. Dans le mot acteur, il y a action.

N.C. : C’est quoi, aujourd’hui, un artiste engagé ?

J.B. : Quand vous êtes connu, agir est à la fois plus facile et plus difficile. Tout le monde veut vous récupérer. Un jour, dans ma grande naïveté, j’ai découvert qu’il existait un enfer plus terrible que les autres, où souffraient des millions d’enfants, esclaves des passions démentes des humains supposés “ adultes ”. Des enfants prostitués de six ou sept ans ! Auschwitz existe à des milliers d’exemplaires, en ce moment-même, sous nos yeux. Quand j’ai réalisé cela, j’ai cru devenir folle. J’ai lu Le prix d’un enfant, de Marie-France Botte, avec qui je suis devenue amie. J’ai aussi fait la connaissance de Charles Fejtoe, qui travaille avec elle, dans une petite organisation humanitaire, Aspeca, qui tente d’aider les enfants martyrs du Cambodge. Je m’occupe le plus que je peux de ce travail-là. Mon prochain contrat de publicité leur sera consacré. Il s’agit d’essayer de ramener à la vraie vie le maximum des enfants que l’on a réussi à arracher à cet enfer, dont les Occidentaux sont tout de même en grande partie responsables. L’Occident est gravement malade. Notre incroyable richesse aurait été impensable si nous n’avions pas sucé, pendant des siècles, toute la sève des autres sociétés. Aujourd’hui, c’est l’enfance du monde qui est menacée. C’est-à-dire notre plus beau trésor. L’innocence humaine. L’avenir. Il me semble impossible de rester passif face à cette horreur. Mais de cela, je ne voudrais pas trop parler. “ Où sont vos actes ? ” demande l’Ange aux quatre amis. Et à nous.

À lire :

- Les Dialogues avec l’ange, et Les Dialogues tels que je les ai vécus,de Gitta Mallasz, éd. Aubier.
- Quand l’ange s’en mêle, entretiens avec Bernard et Patricia Montaud , éd. Dervy.
- La Source blanche, l’histoire des Dialogues avec l’ange, Patrice van Eersel, éd. Grasset.

Propos recueillis par Patrice van Eersel

http://www.cles.com


oct 23 2014

Le témoignage de Jim Carrey


oct 23 2014

Se prendre pour

La relation avec l’aspect illusionné

Le mental n’est pas “quelqu’un”, de même qu’il n’est pas “autre”. Il s’agit d’un outil, d’une fonction que nous détenons. C’est comme le miroir que nous utilisons pour nous apprêter. Le reflet qu’il nous renvoie est vide. Il en va de même pour notre personnage. Il ne s’agit que d’une idée. L’illusion, ce n’est qu’une idée qui se gêne elle-même, et qui décide de se mettre en quête d’une solution en recherchant la vérité. Mais de quoi parlons-nous ??? C’est aussi cette idée qui veut rester dans “l’observateur” et qui tente d’éviter de “s’impliquer”…  Cela paraît logique du fait de notre identification. Aussi, c’est l’écueil que nous devrions éviter afin de ne pas mettre l’illusion sur le chemin de l’éveil.
Fondamentalement, il n’y a même pas besoin de défaire cette identification. Il ne s’agit que d’une IDENTIFICATION. “Se prendre pour…” ne fait pas qu’on le devient. Au contraire, parce que nous ne pouvons pas le devenir, il nous faut nous y investir en essayant encore et encore. Comme il m’est arrivé de le dire : “nous pratiquons l’illusion”. Plutôt que d’assumer notre nudité, nous nous habillons, nous nous masquons. Tous les matins nous revêtons notre “costume”. Si le rôle se manifeste, s’impose, c’est parce qu’il est joué, c’est parce qu’il est nourri. Il y a donc bien un corps, une Présence initiale qui est à l’origine de l’illusionnement. C’est pour cela que j’invite à nous découvrir “avant”, plutôt que de nous rechercher “après”.
La vérité reste vraie. Elle s’accomplit d’elle-même.
Devant nous, il n’y a jamais eu qu’un “miroir”. Il n’y a personne d’autre.

(billet en réponse à l’e-mail de Nordine et à celui de Sylvain)

http://www.denismarie.net


oct 23 2014

« Portrait-robot » des sans-ego

 

  • Tout d’abord, il est clair qu’ils ont gardé leur individualité et sont loin d’être standardisés, encore moins des robots ! Leur caractère et leur tournure d’esprit demeurent, même s’ils ont évolué. Certains sont fougueux (et le demeurent), d’autres calmes et paisibles, d’autres très actifs, d’autres absolument inactifs…
  • La paix intérieure, dans les épreuves comme dans les joies de l’existence. Cette paix n’est pas menacée par les drames, les maladies, ni même les tortures. Appelée apatheia dans le monde orthodoxe, elle est aussi la « Paix qui dépasse tout sentiment » (Saint Paul).
  • Le détachement des choses du monde. Même s’ils vivent dans le monde, « ils ne sont pas du monde », comme disait Jésus. Ce même détachement concerne à la fois leur propre vie, celle des autres et les événements dans lesquels ils évoluent.
  • L’absence de peur, en particulier celle de la mort, qui n’est pour eux qu’une formalité administrative ! Elle concerne aussi les autres peurs existentielles telles que la peur de manquer, la peur du lendemain, la peur de ceci ou de cela.
  • La conscience ancrée dans l’éternel présent. Le passé ne les taraude pas et l’avenir ne les inquiète pas.
  • L’absence de volonté propre. Le « je veux » a disparu au profit de « ce qui doit être ».
  • L’abandon à la volonté divine, à la divine Providence, à ce qui est.
  • La bienveillance envers tous. Même s’ils peuvent avoir des préférences au niveau relatif, leur amour s’écoule d’une manière uniforme sur tout et sur tous. Lire la suite