Mar 11 2017

Qu’en est-il du choix personnel ou individuel? (Jeff Foster)

La Vie sans Centre de Jeff FosterDepuis longtemps, je suis fasciné par le concept de « choix », qui est en fait une croyance. Nous avons le sentiment de contrôler notre destinée ou d’en subir les conséquences lorsqu’en fait, il n’en est rien. Je vous présente un extrait du livre « La vie sans Centre » de Jeff Foster, un diplômé en astrophysique de l’Université de Cambridge. Peu après la fin de ses études, des événements de la vie l’ont conduit vers une recherche spirituelle intensive, qui l’a mené à la réalisation qu’il n’y avait, pour commencer, rien à trouver…

Le choix

Ah, le choix… l’éternelle histoire! Vous voyez « il n’y a pas de choix » et « il y a un choix » sont toutes deux des croyances, toutes deux apparaissent nécessairement ensemble et disparaissent identiquement. Derrière elles, il n’y a que cela… aucune croyance n’est nécessaire, aucun choix ou absence de choix, simplement cela, ici et maintenant. La simplicité absolue, l’évidence la plus complète. S’accrocher à « il n’y a pas de choix » est aussi dualiste que n’importe quel autre enseignement. -Jeff Foster

FOSTER, Jeff (2007). La Vie sans Centre aux Éditions Charles Antoni / L’originel,  p. 76-77   (Collection Non-Dualité)


Mai 25 2017

Christiane Singer,les hommes haissent la liberté

 

Christiane Singer fut lectrice à l’université de Bâle, puis chargée de cours à l’université de Fribourg avant de se consacrer à ses activités littéraires. Elle a suivi l’enseignement de Graf Karlfried Dürckheim, (disciple de C. G. Jung). Écrivain prolifique, de sensibilité chrétienne imprégnée de sagesse orientale, elle s’est abstenue de donner des leçons de morale et excluait tout dogmatisme. Son œuvre et sa réflexion personnelles sont toutes entières centrées sur la prise en compte nécessaire du risque spirituel qui couve dans le cœur de chacun. Elle a écrit de nombreux romans et essais d’une grande qualité littéraire, dont « Histoire d’âme » qui lui a valu le prix Albert Camus en 1989, « La mort viennoise », Prix des libraires en 1979 et plus récemment « Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies ». et son dernier ouvrage : « N’oublie pas les chevaux écumants du passé ». Sensible à la situation des minorités spirituelles en France, elle a souhaité contribuer à l’action du CICNS en nous offrant cette interview.
Christiane Singer est décédée le 4 avril 2007 des suites d’un cancer. Elle venait juste de terminer un ouvrage relatant son expérience au travers de la maladie : »Derniers fragments d’un long voyage ».
Toutes les interviews du CICNS sont sur www.cicns.net/Video.htm


Mai 24 2017

”Qui Observe?”

QUESTION DU LECTEUR :

”Salut Yuri

Depuis environ 1an, j’ai découvert différent enseignement, différent témoignage d’éveil, beaucoup de point commun mais j’ai l’impression qu’il y a une ancienne école comme par exemple Arnaud Desjardins et Salim Michael, et une nouvel comme Eckart et toi qu’en penses-tu ?

Tu dis “qui observe” mais je ne vois pas d’autre entité, Mooji dit comme toi. J’ai vu une vidéo où une femme découvrait “en live” sur la vidéo, cet observateur immuable, avec son aide. J’ai eu des états après une certaine qualité de concentration dans lequel je sentais l’énergie de mon corps tout en observant mes pensés et écouté un interlocuteur en même temps. A d’autre moment après une courte méditation, je sentais une énergie au milieu de mon front et de mon plexus solaire.

Je sais que mon égo veut l’éveil, comment puis-je faire disparaitre ce désir de l’égo tout en gardant un réel désir.

Tout à l’heure en observant la lune, je me suis dit que toute chose à une place, toute chose a une raison d’être, et chaque chose arrive parce qu’il doit arrivé. Positif ou négatif tout a sa raison d’être. Et même ce mail. Mais comment laisser porter mon existence par la vie ? Et en faire une croyance qui peu changer ma vie.

Voilà, j’ai des milliards de questions que mon mental ses approprié, du coup je ne sais plus si elles ont une réel valeur ou non ?
Je comprend quand Jean Klein disait ” chaque pas pas que vous faite dans votre recherche, vous éloigne de l’illumination”, ça veut dire que mon mental c’est approprié toutes les découvertes et m’empêche de découvrir ce que je suis vraiment et c’est pourquoi je doit oublie tout ce que j’ai découvert, non ?

Avec toute ma gratitude et mon respect.

Amicalement, M.

Réponse:

Salut M.

”Depuis environ 1an, j’ai découvert différent enseignement, différent témoignage d’éveil, beaucoup de point commun mais j’ai l’impression qu’il y a une ancienne école comme par exemple Arnaud Desjardins et Salim Michael, et une nouvel comme Eckart et toi qu’en penses-tu ?”

Tu me fais découvrir Arnaud Desjardins qui me fait énormément penser a Stephen Jourdain, et Salim Michael, je vais jeter un coup d’oeil à son enseignement ; Veux-tu dires qu’il y a une école d’inspiration Indienne et une autre qui découle du zen? Ce serait les deux distinctions et les deux pointes vers la même direction, l’idée c’est de choisir les chaussures de marche les plus confortables

”Tu dis “qui observe” mais je ne vois pas d’autre entité, Mooji dit comme toi. J’ai vu une vidéo où une femme découvrait “en live” sur la vidéo, cet observateur immuable, avec son aide. J’ai eu des états après une certaine qualité de concentration dans lequel je sentais l’énergie de mon corps tout en observant mes pensés et écouté un interlocuteur en même temps. A d’autre moment après une courte méditation, je sentais une énergie au milieu de mon front et de mon plexus solaire.”

Il y a toutes sorte de courants énergétiques dans le corps, la mécanique derrière est certainement intéressante mais l’une n’est pas plus valable que l’autre pour faire la distinction entre endormi et éveillé, si tu cherche une preuve dans le mental que tu es arrivé à un état de conscience important alors tu ne peux que regarder dans la mauvaise direction, la vérité n’est attaché a aucun effet du mental, elle est, sans artifice, sans saveur, sans odeur…

C’est la réalisation que rien du mental n’est toi ni ne peut prouver que tu ES; toi seul a le pouvoir de dire je suis, les objets ne peuvent qu’être reconnu comme n’étant pas toi, lorsque ce qui va et vient, le mental/l’expérience n’est plus porteur de vérité alors tu découvre qu’il n’y a rien à garder ici bas, il n’y a rien qui soit capable de prouver qui tu es car tu n’es pas de ce monde et tu n’as pas de formes expérimentable.

”Je sais que mon ego veut l’éveil, comment puis-je faire disparaitre ce désir de l’ego tout en gardant un réel désir.”

Si l’état normal est l’état éveillé, si c’est la vérité, alors l’ego mourrera de sa belle mort en son temps si tu en prends conscience et résiste à la tentation de le nourrir et de lui donner la place du chauffeur, peu à peu, il laissera la parole à plus grand que lui.

”Tout à l’heure en observant la lune, je me suis dit que toute chose à une place, toute chose a une raison d’être, et chaque chose arrive parce qu’il doit arrivé. Positif ou négatif tout a sa raison d’être. Et même ce mail. Mais comment laisser porter mon existence par la vie ? Et en faire une croyance qui peu changer ma vie.”
As-tu vraiment le choix? As-tu le choix de ne pas être? L’existence est déjà portée il faut simplement découvrir les tendances du mentals, se laisser ”mariner” dans l’expectative que la  conscience est omniprésente, omnipotente, et qu’il n’y a absolument aucune barrière qui l’empêche de t’apporter la leçons et les outils nécéssaires dans ce moment.

Le soutien de la conscience est toujours là, les mots magiques qui réconfortent et donnent un sens à ce que nous vivons sont là, mais nous n’avions encore jamais porté attention ; Cette fois il faut bien écouter et rappeler à l’ordre cet ego qui se déclenche par pur habitudes d’un passé endormi et révolu, comme la voiture qu’on met sur le neutre et qui poursuit sa route jusqu’à épuisement de son élan.

”Voilà, j’ai des milliards de questions que mon mental ses approprié, du coup je ne sais plus si elles ont une réel valeur ou non ?
Je comprend quand Jean Klein disait ” chaque pas pas que vous faite dans votre recherche, vous éloigne de l’illumination”, ça veut dire que mon mental c’est approprié toutes les découvertes et m’empêche de découvrir ce que je suis vraiment et c’est pourquoi je doit oublie tout ce que j’ai découvert, non ?”

Qui perçoit cet inquiétude? Qui perçoit l’impulsion de devoir oublier? Qui perçoit cette conclusion?  Tu n’as pas besoin de milles et une questions, celle-ci suffit, la conscience inconditionnée perçoit tout cela, elle n’a pas besoin de changer l’expérience du mental pour être davantage ce qu’elle EST.  Peux-tu accepter une telle simplicité? ou bien cherche tu des feux d’artifices et des trompettes?

Les feux d’artifices, le mental connais bien cela, il peut t’en montrer de toutes les couleurs et te proposer le meilleur spectacle que tu n’aura jamais vu, et dans toute la splendeur et l’émerveillement, ce ne sera que du rêve, des confétis et des parades qui vont et viennent, des émotions à couper le souffle qui ne sont là que l’instant d’un moment … Qui était là sans un mot, pour témoigner de toute cette expérience? Qui état là pour découvrir que ces moments d’exaltation on eu un début et une fin? Il fallait que ce soit quelque chose de durable, quelque chose qui a conscience de son éternité, et qui contient en elle la pleine palette de l’expérience.

Voilà ce que je veux que tu réalise maintenant, voilà vers quoi tu dois mettre ton attention Murat, ce n’est pas lointain, ni dans le temps ni dans l’espace.

Tiens-moi au Courant M., dis-moi ce que tu trouves !


Yuri


Mai 24 2017

Turiya = Être, Soi – Ramana Maharshi

ramanamaharshiIl n’existe que trois états : la veille, le rêve et le sommeil profond.

 

Le turiya n’est pas un quatrième état ; il est ce qui est sous-jacent aux trois états. Mais les gens ne comprennent pas cela facilement. Voilà pourquoi on dit que que le turya est le quatrième état et la seule réalité.

 

En fait, le turiya n’est séparé de rien, car il forme le substrat de tout ce qui existe.

Il est la seule vérité ; Il est votre Être même.

 

Les trois états apparaissent sur lui en tant que phénomènes éphémères et s’y fondent ensuite.

C’est pourquoi ils sont irréels.

 

Les images d’un film ne sont que des ombres qui passent sur l’écran. Elles apparaissent, avancent, reculent, changent de l’une à l’autre ; elles sont donc irréelles tandis que l’écran reste toujours le même.

 

De même avec des peintures. Les images peintes sont irréelles, seule la toile est réelle.

 

Il en est ainsi pour nous. Les phénomènes du monde, extérieurs aussi bien qu’intérieurs, ne sont que des manifestations passagères qui ne sont pas indépendantes de notre Soi.

 

Seule notre habitude de les considérer comme réelles et de les situer hors de nous-mêmes est responsable du fait que notre être véritable est caché et que les phénomènes du monde sont mis en avant.

 

Quand l’unique réalité toujours présente, le Soi, est trouvée, toutes les autres choses irréelles disparaîtront, laissant derrière elles la connaissance qu’elles ne sont autres que le SOI.

 

Turiya n’est qu’un autre nom pour le SOI.

Conscients des états de veille, de rêve et de sommeil profond, nous demeurons inconscients de notre propre Soi.

Et pourtant, le Soi est ici et maintenant, il est la seule réalité. Il n’existe rien d’autre.

 

Aussi longtemps que persiste l’identification au corps, le monde semble se trouver à l’extérieur de nous.

 

Réalisez simplement le Soi, et tout le reste ne sera plus.

 

Source : http://sililia.over-blog.com/article-le-turya-63736338.html


Mai 24 2017

SCHOPENHAUER-L’éveil

J’avais gardé de mes cours de philo l’image d’un Schopenhauer pessimiste et grincheux. J’étais bien loin d’imaginer que derrière cette image académique se cachait celui qui a eu ces mots lapidaires et définitifs: «Chacun est heureux, quand il est toutes choses ; et malheureux, quand il n’est qu’individu.»

C’est à lui aussi que l’on doit cette description concrète et technique du processus qui conduit à l’éveil, selon une voie que l’on pourrait appeler contemplative:

« Lorsque, s’élevant par la force de l’intelligence, on renonce à considérer les choses de façon vulgaire ; lorsqu’on cesse de rechercher à la lumière des différentes expressions du principe de raison les seules relations des objets entre eux, relations qui se réduisent toujours, en dernière analyse, à la relation des objets avec notre volonté propre, c’est-à-dire lorsqu’on ne considère plus ni le lieu, ni le temps, ni le pourquoi, ni l’à-quoi-bon des choses, mais purement et simplement leur nature ; lorsqu’en outre on ne permet plus ni à la pensée abstraite, ni aux principes de la raison, d’occuper la conscience, mais qu’au lieu de tout cela, on tourne toute la puissance de son esprit vers l’intuition ; lorsqu’on s’y engloutit tout entier et que l’on remplit toute sa conscience de la contemplation paisible d’un objet naturel actuellement présent, paysage, arbre, rocher, édifice, ou tout autre; du moment qu’on se perd dans cet objet, comme disent avec profondeur les Allemands, c’est-à-dire du moment qu’on oublie son individu, sa volonté et qu’on ne subsiste que comme sujet pur, comme clair miroir de l’objet, de telle façon que tout se passe comme si l’objet existait seul, sans personne qui le perçoive, qu’il soit impossible de distinguer le sujet de l’intuition elle-même et que celle-ci comme celui-là se confondent en un seul être, en une seule conscience entièrement occupée et remplie par une vision unique et intuitive; lorsqu’ enfin l’objet s’affranchit de toute relation avec ce qui n’est pas lui et le sujet, de toute relation avec la volonté : alors, ce qui est ainsi connu, ce n’est plus la chose particulière, en tant que particulière, c’est l’Idée, la forme éternelle, l’objectivité immédiate de la volonté ; à ce degré par suite, celui qui est ravi dans cette contemplation n’est plus un individu (car l’individu s’est anéanti dans cette contemplation même), c’est le sujet connaissant pur, affranchi de la volonté, de la douleur et du temps ». Arthur SCHOPENHAUER, Le Monde comme Volonté et comme Représentation, PUF, Paris, 1966, § 34, pp. 230-231.

Schoppenhauer propose là une « technique » qui serait en soi à même de provoquer l’éveil; toutefois, celui qui serait parvenu à l’éveil à l’aide de cette « technique » l’aurait fait en sacrifiant celui qui voulait le provoquer, si bien qu’en fin de compte personne ne sera là pour prétendre avoir provoqué quoi que ce soit. Seulement une présence touchée par la grâce. En un sens, il n’est pas tellement important de savoir quelles sont les motivations qui nous animent dans notre recherche de l’éveil, quelle est leur degré d’élévation, car en dernière analyse, elles se révéleront toujours égoïstes; pourvu qu’elle nous aident à nous mettre en route, cela seul compte; le reste n’est plus qu’une question d’abandon à ce qui vient.

http://www.cafe-eveil.org


Mai 24 2017

Demeurer dans le Soi – Jac O’Keeffe

 

En l’absence de tout concept de ce que vous êtes ou n’êtes pas, le Soi est.

Ce qui dit « je » en vous est vu n’être rien d’autre qu’une pensée. Vous êtes avant cette pensée originelle du « je ». Trouvez qui regarde ce « je » et qui voit cela. Si vous pouvez observer ou désigner quelque chose, il est clair que cela ne peut être vous. De fait, vous ne pouvez pas davantage observer le Soi. Il n’y a pas de reconnaissance du Soi, expérimentez-le directement.

« Demeurer dans le Soi » est une indication qui est à utiliser puis à jeter, car il n’y a personne qui puisse y demeurer.

Vous ne pouvez y rester, comment pourriez-vous rester dans ce que vous êtes ?

Vous êtes ce que vous êtes. C’est ce qui attend votre découverte, encore et encore. Lors d’une expérience directe, il n’y a pas de « vous » qui expérimentez, seule l’expérience est, dans sa forme pure. Vous ne pouvez donc y rester, et il s’ensuit que vous ne pouvez que l’être.

C’est ce que l’expression « demeurer dans le Soi » désigne. Vous ne pouvez le devenir, puisque c’est déjà ce que vous êtes et le Soi ne peut jamais devenir plus ou moins ce qu’il est. Soyez donc ce que vous êtes, car il ne peut exister de questions « comment » à tout cela.

« Comment » provient toujours du mental. Le Soi ne peut connaître le Soi : il est même au-delà de l’un, et l’un est dit être au-delà de la séparation et de l’unité. Le Soi ne peut être que le Soi, soyez donc avec ce que vous ne pouvez pas ne pas être. Être ce que vous êtes est complètement satisfaisant. Ce n’est pas vous, en tant que personne, qui êtes satisfait, mais la satisfaction Absolue se déploie au-dessus de toutes les idées de qui vous croyiez être. Ce n’est pas que vous changiez d’identité passant d’un individu à l’Absolu.

Regardez et trouvez par vous-même, il n’y a que l’Absolu et votre imagination. Lequel des deux êtes-vous en essence ?

Le contentement qui provient du Soi est si total, qu’il n’y a plus aucun autre intérêt dans le monde phénoménal. Il n’y a aucune dépendance du corps, des événements de la vie ou de tout ce qui peut être expérimenté, car il n’existe plus de « je » individuel, qui ait besoin d’être contenté. Ce que vous êtes est pure joie, liberté totale au-delà du concept de liberté. Le corps physique se détend complètement et apprécie la grande facilité qui découle de l’état naturel.

extrait de Nés pour être libres


Mai 24 2017

Citation du jour : Qu’est-ce que la non-dualité? (Denis Marie)

« La non-dualité, ce n’est pas le contraire de la dualité. Elle est la vue qui dépasse toute notion antagoniste. À travers elle, nous ne tentons pas d’unir ce qui s’oppose, ou de faire disparaître un « second ». Nous réalisons que par-delà la différence, un aspect relatif, tout a une seule et même nature indivisible. » 

Denis Marie

Source : http://www.denismarie.net/journal/

Mai 24 2017

Rien à avoir, nul part où aller

http://fleurduzen.over-blog.com/


Mai 23 2017

Rien n’est jamais passé ni futur, tout est présent. – André Comte-Sponville

André Comte-Sponville

André Comte-Sponville

 Rien n’est jamais passé ni futur, tout est présent.

Et si ce n’était pas le temps qui s’enfuyait mais plutôt nous qui partions ? Dans son nouvel ouvrage, L’Être-temps, André Comte-Sponville passe au laser les idées reçues sur ce qui fait la trame de notre vie : le temps.

Propos recueillis par Jean-Louis Servan-Schreiber
 
André Comte-Sponville – Écrivain philosophe, chroniqueur à Psychologies, André Comte-Sponville vient de publier L’Être-temps (PUF) après La Sagesse des modernes, écrit en collaboration avec Luc Ferry (Robert Laffont). Le temps – Pour une fois, il ne s’agit pas de ce qu’il faut « faire » du temps (l’économiser, en trouver davantage, savoir en perdre…) mais de ce qu’il convient d’en « penser » (le passé, le futur, la nature du présent, la réalité du temps, dont quelques-uns doutent). Attention, cela relève de la métaphysique. Vous vous souvenez, en terminale ? Au quotidien, on croit pouvoir s’en passer ; sauf que la simple idée de notre condition de mortel en fait intégralement partie. Qui échappe totalement à l’envie de mieux comprendre ce que nous faisons ici-bas ? Rares sont ceux qui ne se sont jamais posé de questions sur la vraie nature du temps. Pour notre ami Comte-Sponville, la philosophie est ce qui aide à mieux vivre. S’il a voulu écrire un ouvrage dense et limpide sur le temps, c’est parce qu’il a constaté que la confusion régnait souvent, dans notre vie, autour des rôles respectifs du passé, du présent et du futur…

Psychologies : On répète volontiers que le paradoxe du temps perçu est que le passé n’est plus, que le futur n’est pas encore, et que le présent est insaisissable. C’est faux, dites-vous dans votre livre, car, en fait, nous vivons constamment au présent. Pouvez-vous nous expliquer cela ?

André Comte-Sponville: Que le passé ne soit plus, que l’avenir ne soit pas encore, ce n’est pas faux : c’est au contraire la stricte vérité, et même leur définition. Le vrai problème porte sur le présent. On a le sentiment qu’il est insaisissable, voire inexistant, parce que personne ne peut l’arrêter. Qu’on ne puisse pas l’arrêter, là encore, c’est très vrai. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas ! Prenons l’instant présent : à peine l’ai-je évoqué que déjà il n’est plus. Soit. Mais qu’est-ce qui l’a remplacé ? Un autre instant présent ! Si bien que nous ne quittons jamais le présent : c’est toujours aujourd’hui, c’est toujours maintenant. Si nous ne pouvons saisir le présent, ce n’est pas parce qu’il nous fuit : c’est parce qu’il nous contient. Ce n’est pas parce qu’il n’est rien : c’est parce qu’il est tout. Comment la vague pourrait-elle saisir l’océan ?

Selon vous, nous confondons le temps et la temporalité. Quelle est la différence?

La temporalité, c’est le temps tel qu’il apparaît à la conscience : c’est le temps vécu, le temps subjectif, le temps de l’âme, si l’on veut. Elle est surtout composée de souvenirs du passé et d’anticipations du futur : la mémoire et l’imagination nous occupent davantage que l’attention ; l’espérance ou la nostalgie davantage que l’action ! Ce que j’appelle le temps, au contraire, c’est la durée telle qu’elle existe objectivement, dans le monde ou la nature. Or, dans la nature, rien n’est jamais passé ni futur, tout est présent : le réel, c’est ce qui existe actuellement. D’un côté, donc, une temporalité toujours distendue, dans notre esprit, entre le passé et l’avenir ; de l’autre, un temps réel, toujours concentré dans le présent.

Quel est le plus important ?

Les deux, pour nous, sont nécessaires. Mais le temps, d’un point de vue philosophique, est plus fondamental : parce qu’il contient la temporalité (la mémoire et l’imagination n’existent elles-mêmes qu’au présent), alors que celle-ci ne saurait le contenir tout entier. Notre conscience est dans le monde, bien plus que le monde n’est dans notre conscience.

« Dans l’espace, on peut choisir sa place ; dans le temps, non. » Pourquoi ?

Parce que l’espace comporte trois dimensions, qui permettent de s’y déplacer à peu près librement. Par exemple, vous pouvez aller de Paris à Marseille, puis de Marseille à Toulouse, avant de revenir à Paris. Et dans chacune de ces villes, vous pourrez vous déplacer dans tous les sens, vous promener, avancer, monter, descendre, changer de direction, revenir sur vos pas… Dans le temps, rien de tel. C’est qu’il ne comporte qu’une seule dimension (c’est pourquoi on le compare si souvent à une ligne), qui s’impose absolument. Essayez un peu de revenir à hier ou de sauter à après-demain sans passer par demain : vous verrez que c’est impossible. On choisit son lieu, pas son temps. Vivre à Marseille, à Paris ou à Toulouse, cela dépend de vous. Mais vivre dans le passé ou dans l’avenir, non : il vous faut vivre aujourd’hui ! On peut se souvenir du passé ou rêver de l’avenir ? Bien sûr ! Mais ce rêve et ce souvenir n’existent eux-mêmes qu’au présent. Ainsi le temps s’impose à nous : on ne peut l’utiliser qu’à condition d’abord de s’y soumettre.

« Nous sommes éternels

mais pas immortels. »

On nous avait pourtant appris

que l’éternité,

c’est ce qui n’a ni début ni fin…

Si c’était vrai, quel ennui ! On a déjà du mal avec certains de nos dimanches… Vous vous imaginez, au bout de cent mille ans, avec l’idée qu’il va falloir continuer pendant des millions et des millions d’années, sans jamais en voir le bout ? Si c’était ça le paradis, quel enfer ce serait ! Mais la plupart des grands penseurs s’accordent à dire le contraire : que l’éternité n’est pas un temps infini (ce qu’on appellerait plus justement la sempiternité), mais un présent qui reste présent, ce que saint Augustin appelait « l’éternel présent » ou le « perpétuel aujourd’hui » de Dieu. Or, depuis que nous sommes nés, nous n’avons jamais quitté le présent. Chaque jour que nous avons vécu, c’était toujours aujourd’hui. Chaque instant, toujours maintenant. Le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore : il n’y a que le présent, qui est l’unique temps réel. C’est ce que j’appelle l’éternel présent ou le perpétuel aujourd’hui de la nature. Il faut en conclure que le temps et l’éternité sont une seule et même chose, et que cette « chose », c’est le présent. Nous sommes dans le royaume : l’éternité, c’est maintenant et pour la durée de notre vie !

Vous définissez l’être-temps, le titre de votre ouvrage, comme « l’unité indissociable, au présent, de l’être et de sa durée ». Ça change quoi dans notre vie ?

Si le temps c’est le présent, c’est aussi l’être : rien n’est présent que ce qui est, rien n’est que ce qui est présent. Ce que ça change ? Ceci : nous sommes au cœur de l’être, au cœur de l’absolu, puisque nous sommes au cœur du présent. De là une spiritualité très singulière, parce que sans promesse, sans foi, sans espérance. Rien n’est à croire ; tout est à connaître. Rien n’est à espérer ; tout est à aimer. Nous sommes déjà sauvés : le salut, c’est ici et maintenant.

« Il s’agit d’agir, d’agir encore, d’agir toujours, c’est pourquoi il faut du courage, non contre la peur seulement, mais contre la paresse. » Pourquoi l’examen du temps débouche-t-il, pour vous, sur cet hymne à l’action ?

Si tout est présent, tout est actuel, tout est en acte. Inutile d’attendre l’avenir ou de regretter le passé : seul le présent est réel, seule l’action est utile !

Mais pour agir, ne faut-il pas tenir compte du passé et de l’avenir ?

Bien sûr que si ! Vivre au présent, ce n’est pas vivre dans l’instant. Agir, c’est toujours continuer un certain passé, préparer un certain avenir… Mais cette continuation et cette préparation n’ont elles-mêmes de réalité qu’au présent. C’est pourquoi l’action et la fidélité sont tellement importantes : parce qu’elles seules peuvent donner au passé et à l’avenir cette actualité sans laquelle ils ne sont rien. Devoir de mémoire, devoir de responsabilité. Le passé n’existe plus ; mais il est à connaître et à transmettre. L’avenir n’existe pas ; mais il est à faire.

Votre livre se termine sur l’énoncé d’une énigme : « L’être est la seule réponse à la question qu’il ne se pose pas. » Comment faut-il le comprendre ?

À la question « pourquoi l’être ? », il n’y a pas de réponse intellectuelle, il ne peut y en avoir : puisque toute réponse, toute explication, toute origine, supposent, déjà, l’être. Mais le réel est à lui seul une réponse suffisante. Pourquoi l’être ? Parce que l’être ! La question est de l’homme ; la réponse est du monde — la réponse, plutôt, est le monde même.
Le monde ne se demande pas « Pourquoi le monde ? » ; mais à la question que l’homme se pose sur le monde, il n’est d’autre réponse que le monde tel qu’il est, dans sa beauté, dans sa complexité, dans son évidence. Vous connaissez ce poème d’Angelus Silesius, le mystique allemand du XVIIe siècle : « La rose est sans pourquoi, fleurit parce qu’elle fleurit, n’a souci d’elle-même, ne désire être vue. » Je dirais volontiers de même : « L’univers est sans pourquoi, existe parce qu’il existe, n’a souci de lui-même, ne désire être vu… » La nature ne se soucie pas de nous : c’est donc à nous de nous soucier les uns des autres, et de nous soucier de la nature ! C’est où se rejoignent la morale, la politique (notamment l’écologie) et la spiritualité.

http://www.psychologies.com


Mai 23 2017

Consciences #6

Voici un très jolie vidéo nous parlant du cheminement spirituel. C’est un alchimiste qui parle, ça peut paraître ésotérique comme vidéo mais il faut surtout se concentrer sur l’essence du message. L’interview provient de RIM Radio Ici et Maintenant. Comme pour tout le reste du site, on essaie de diversifier quant au niveau de la forme mais pour ce qui est au niveau du fond cela c’est à vous de l’approfondir, c’est votre responsabilité. Aiguisez son doute tout en s’ouvrant à la sagesse profonde de CE QUI EST, voilà la tâche de tout bon chercheur spirituel. Notre seul objectif sur ce site c’est d’ouvrir des portes, c’est tout. Gougou.

 

 


Mai 23 2017

L’Unité