Sep 13 2017

L’égo : Arnaud desjardins

 

« L’EGO »

L’égo pour être transcendé, dépassé doit d’abord être en bon état ou en bonne santé
Si l’égo est trop peu structuré, comment est-il possible de vouloir tout de suite dépasser celui-ci ?
certains êtres humains ne se sentent même pas le droit d’exister
Ils ont l’impression qu’ils ne sont à leur place nulle part parce que psychologiquement ils ne se sont pas sentis suffisamment aimés, soutenus, confirmés dans leur enfance
Pour que le sens de l’égo puisse s’effacer, il faut d’abord que l’égo se soit quelque peu affirmé, que nous soyons vraiment un égo au singulier et non plus une multitudes de personnages……
le dépassement passe peut-être par une affirmation du « je »…….

Arnaud Desjardins

« Aspirer à ne plus rien avoir à désirer est votre vraie nature »
MA ANANDA MOYI

http://turquoise26-terreetciel.blogspot.com

Sep 4 2017

À la recherche du  »JE »

 

PAR EDWARD MUZIKA

‘’La pratique correcte’’ de la ‘’Recherche du soi’’ est tellement importante que je sens le besoin de l’articuler de plusieurs façons différentes, parce que les méthodes ‘’fructueuses’’ sont vraiment subtiles. Une personne peut pratiquer longtemps et sans succès la ‘’Recherche du Soi’’, car vous n’avez aucune idée de ce que vous cherchez. Par conséquent, je vais expliquer les différentes méthodes d’une manière légèrement différentes, en espérant qu’une façon ou une autre va accrocher avec ceux qui sont réellement intéressés avec la pratique.

Certaines personnes peuvent sentir le sens du ‘’Je Suis’’ presque immédiatement sur introspection et d’autres non. Une personne est naturellement introspective par nature ou non. Pour pratiquer la ‘’Recherche du Soi’’, une personne soit qu’elle a le talent ou qu’elle l’apprenne avec la pratique. La même chose s’applique pour la psychothérapie. Ceux qui peuvent regarder à l’intérieur et ‘’voir’’ des objets imaginaires vont avoir du succès avec la psychologie parlée, alors que ceux qui n’ont pas cette habilité ne le pourront pas. Toutefois, une personne peut acquérir cette habilité par des efforts répétés à ‘’regarder à l’intérieur’’ de l’espace imaginaire du mental. Lire la suite


Août 17 2017

L’attention et la manifestation

Avant le mental il n’y a aucune histoire et l’idée de placer l’attention sur quelque chose n’a pas de sens. L’attention se présente dans le film. Si vous suivez le mouvement de l’attention jusqu’à sa source, vous arriverez à la limite de ce qu’on peut appeler « prior »(avant). Vous pouvez aller aussi loin que cela. Pour que le film se présente comme réel, l’attention doit apparaître et aller vers les idées et la manifestation. Lorsque l’attention est placée sur une pensée, nous avons les graines de la dualité : le sujet-objet apparaît. Plus la distance est importante pour que ce morceau d’énergie (se présentant comme votre attention) se lève et sorte, plus l’identification est forte, dense. Lorsqu’elle apparaît, l’attention va d’abord dans le « je » pur en tant qu’existence, puis dans le « je suis », l’observateur, le je impersonnel, le je personnel, « moi – tout tourne autour moi », et la souffrance que l’histoire de « je » présente. C’est donc le mouvement de l’attention, qui en naissant ou en sortant de la source fait apparaître le monde comme réel. Vous voyez ?

Il est utile de voir que l’attention est cette énergie qui fait apparaître comme réelle la manifestation. En suivant l’attention jusqu’à sa source, vous trouverez le calme et vous sentirez que mettre l’attention sur le monde nécessite un effort. Quand il ne se passe rien, il n’y a pas d’attention, pas d’engagement dans quoi que ce soit. L’attention qui coule vers l’extérieur présentera l’idée que quelque chose se passe. La réalité est, qu’il n’y a jamais rien qui se passe, jamais… Et lorsqu’il n’y a pas de « je » en jeu, il est vu que l’attention n’est qu’un mouvement d’énergie. Il ne peut exister de « je » sans attention sur lui. Il n’y a pas de « je ». Un certain niveau d’attention est nécessaire pour que la pensée « je » apparaisse.
C’est l’appropriation de l’attention qui la fait apparaître comme vôtre. « Je travaille sur ce point. Je regarde mes pensées. J’observe … Je, je, je … ». C’est pourquoi nous n’arrêtons pas de dire : recule, va derrière… Laisse l’attention chez elle, là où elle naît. Laisse l’attention se reposer à la source de l’attention. Alors vous pourrez peut-être sentir le mouvement de l’attention qui va vers l’illusion. Ne le suivez pas et il disparaît. Restez derrière tout cela, avant tout mouvement d’attention et tôt ou tard, une fissure dans le film ne manquera pas de se produire. 



http://jacokeffe.blogspot.com


Juin 9 2017

Bernadette Roberts

 

 

Très tôt, dans sa quinzième année, Bernadette Roberts découvrit que ses moments d’éveil s’intégraient parfaitement à la tradition contemplative chrétienne. Religieuse catholique pendant dix ans, elle décida de quitter le cloître pour fonder une famille. Mère de quatre enfants, elle fréquente un monastère, près de chez elle, et rencontre le Silence des Profondeurs.

L’expérience acquise m’avait permis de me familiariser avec de nombreux types et niveaux de silence. Il y a un silence intérieur, un silence qui descend de l’extérieur, un silence qui met fin à l’existence et un silence qui engloutit l’univers entier. Il y a un silence du moi et des facultés : volonté, pensée, mémoire, émotions. Il existe un silence dans lequel il n’y a rien et un silence qui contient quelque chose. Enfin, il y a le silence du non-soi et le silence de Dieu. S’il était une voie à laquelle je puisse rattacher mes expériences contemplatives, ce serait précisément cette voie du silence qui sans fin se déroule et s’approfondit.

Une fois cependant, cette voie sembla s’arrêter, au moment où je pénétrai dans un silence dont je ne devais jamais complètement ressortir. […]

Non loin de chez moi, au bord de la mer, se trouvait un monastère, et les après-midi où je pouvais m’échapper, j’aimais me retrouver seule pendant quelques instants dans le silence de sa chapelle. Cet après-midi là était un après-midi comme les autres. Une fois de plus le silence m’envahit et une fois de plus j’attendis que la peur vienne y mettre fin. Mais cette fois-ci elle ne se manifesta point. Peut-être parce que cette attente était devenue une habitude ou bien à cause d’une peur réelle mais réprimée, j’éprouvai quelques instants d’incertitude, de tension, comme si je ressentais le contact de la peur. Durant ces instants d’attente, j’avais l’impression d’être au bord d’un précipice ou en équilibre sur une mince corde raide, avec le connu (moi-même) d’un côté et l’inconnu (Dieu) de l’autre. […]

J’entendis un bruit de clés ; la sœur s’apprêtait à fermer la chapelle. Il était temps de rentrer à la maison et de préparer le dîner des enfants. Il m’avait toujours été difficile de sortir brutalement d’un profond silence, car mes énergies étaient alors au plu bas et le simple fait de bouger représentait un effort comparable à la levé d’un poids mort. Cette fois, cependant, il me vint à l’esprit de ne pas penser à me lever, mais d’exécuter ce mouvement, tout simplement. Il me semble avoir appris là une intéressante leçon, car j’ai quitté la chapelle à la manière d’une plume portée par le vent. Il ne faisait pour moi aucun doute qu’une fois dehors j’allais retrouver mes énergies habituelles et mes facultés mentales ; mais ce jour-là, je connus des moments difficiles, parce que je tombais constamment dans cet immense silence. Le trajet en voiture fut une lutte continue contre l’inconscience totale, et la perspective de préparer à dîner équivalait à vouloir soulever une montagne.

Durant trois jours épuisants, je luttai pour rester éveillée et repousser le silence qui à chaque instant menaçait de me submerger. La seule manière dont je pouvais accomplir un minimum de tâches ménagères c’était de me répéter constamment ce que j’étais en train de faire : à présent j’épluche les carottes, à présent je les coupe, à présent je sors une casserole, à présent je mets de l’eau dans la casserole, et ainsi de suite, jusqu’au moment où finalement j’étais si épuisée que je devais me précipiter sur le divan. Dès que j’étais allongée je perdais aussitôt connaissance. Parfois une « absence » de cinq minutes semblait durer des heures ; d’autres fois, c’était l’inverse. Dans cet état d’inconscience il n’y avait ni rêve, ni perception de l’environnement extérieur, ni pensée, ni expérience ; il n’y avait absolument rien.

[…]

Au neuvième jour le silence s’était fait très léger et j’étais persuadée que tout allait rentrer dans l’ordre sans plus tarder. Mais à mesure que les jours passaient et que je retrouvais mon état habituel, je remarquai la disparition de quelque chose ; et il m’était impossible de mettre le doigt dessus. Quelque chose ou une partie de moi-même n’était pas revenu. Une partie de moi-même était encore plongée dans le silence. On aurait dit qu’une partie de mon esprit s’était refermée. J’incriminai la mémoire, car ce fut l’élément qui revint en dernier ; et quand je la retrouvai, je constatai combien elle manquait de relief et de vie, comme les images décolorées d’un vieux film. Elle était morte. Non seulement le passé lointain, mais aussi celui des minutes précédentes, étaient vides de tout contenu.

Et quand quelque chose est mort, on cesse vite de vouloir le ressusciter ; ainsi, quand la mémoire est morte, on apprend à vivre dans l’instant présent, comme si le passé n’existait plus. Que cela puisse alors se faire sans effort – et parce qu’il le fallait bien – était une conséquence positive d’une expérience par ailleurs éprouvante. Et même lorsque je retrouvais la mémoire pratique, je continuais de pouvoir vire sans effort dans le présent. Mais le retour d’une mémoire pratique me fit changer d’avis sur ce qui avait disparu ; je me dis que l’aspect silencieux de mon esprit était en réalité une sorte « d’absorption », une absorption dans l’inconnu, qui pour moi, bien sûr, était Dieu. C’était comme un regard fixé sur l’Inconnaissable, immense et silencieux, qu’aucune activité ne pouvait interrompre. C’était là une autre conséquence appréciable de l’expérience initiale.

Cette interprétation du silence qui s’était fait dans mon esprit (absorption) parut suffisamment convaincante pendant environ un mois ; après quoi je changeai de nouveau d’avis et me dis que cette absorption était en fait un état de conscience, une « vision » d’un genre particulier ; ainsi donc ce qui s’était produit réellement n’avait rien d’une fermeture, c’était au contraire une ouverture : rien ne manquait, « quelque chose » avait été ajouté. Mais par la suite cette idée, elle aussi, ne me parut pas correspondre à la réalité ; elle n’était pas vraiment satisfaisante ; il s’était passé autre chose et je décidai de me rendre à la bibliothèque, pour voir si l’expérience d’autrui ne me fournirait pas la clé de ce mystère.

Il m’apparut bientôt que si cela ne figurait pas dans les œuvres de Jean de la Croix, cela ne figurerait probablement nulle part. Je connaissais pourtant bien les écrits du saint, mais je n’y trouvais pas d’explication sur mon expérience personnelle et n’en trouvais d’ailleurs aucune dans toute la bibliothèque. Ce jour-là, cependant, l’explication m’apparut sur le chemin du retour, tandis que je descendais la colline, face au panorama de la vallée et des coteaux : je tournais mon regard vers l’intérieur et ce que je vis m’arrêta net dans mon élan. Au lieu de percevoir comme d’habitude le centre de mon être non localisé, je vis qu’il n’y avait plus rien ; c’était le vide ; à ce moment une vague de joie sereine m’envahit et je sus, je sus enfin ce qui manquait : c’était mon propre « moi ».

Physiquement, j’avais l’impression qu’un lourd fardeau m’avait été retiré ; je me sentais si légère que je regardai mes pieds pour m’assurer qu’ils touchaient bien le sol. Plus tard je songeai à l’expérience de Saint Paul : « A présent ce n’est plus moi mais Christ qui vit en moi », et réalisai qu’en dépit du vide où je me trouvais, personne n’était venu se substituer à moi. Aussi me dis-je que Christ ÉTAIT précisément cette joie, ce vide. Il était tout ce qui subsistait de cette expérience humaine. […]

Pour moi, cette expérience était la culmination de ma vocation contemplative. C’était la réponse définitive à une question qui m’avait tourmentée pendant des années : où s’arrête le « je » et où commence « Dieu » ?

Par


Jan 10 2017

Paroles d’ Adi Shankara

 Adi Shankara

Le rituel ne peut pas dissiper l’ignorance, parce qu’entre eux il n’y a pas de contradiction mutuelle. Mais la connaissance, sûrement, détruit l’ignorance, de même que la lumière détruit la plus dense obscurité.

Quand les limitations disparaissent, le voyeur se fond sans réserve dans Vishnu comme l’eau dans l’eau, l’espace dans l’espace, la lumière dans la lumière.

La délivrance ne s’obtient que par la connaissance : elle seule brise les liens de l’esprit, elle seule conduit à la béatitude.

Le corps et les autres objets de perception sont les produits de l’ignorance et sont aussi évanescents que des bulles. Le Soi, qui est non conditionné, est distinct de ces objets et doit être compris comme « je suis Brahman ».

Je (Brahman) suis sans attribut, sans fonction, éternel, sans doute, sans tache, sans changement, sans forme, éternellement libre et non conditionné.

La distinction entre le connaisseur, la connaissance et le connu n’existe pas pour le Soi suprême. Etant l’unique conscience et félicité, il brille par lui seul.

Le Brahman est distinct de l’univers. Il n’y a rien d’autre que Brahman. Si quelque chose d’autre que Brahman est perçue, elle est aussi irréelle que le mirage dans le désert.

Pénétrant l’univers entier, intérieurement et extérieurement, et l’illuminant, le Brahman brille par lui-même, telle une boule de fer incandescente.

Tout ce qui est vu où entendu autre que Brahman ne peut être (réel). Même cela est Brahman, l’être sans second, la conscience et la félicité, quand la réalité est connue.

Celui qui a l’œil de la connaissance voit Brahman qui est l’être, la conscience et la félicité dans toutes choses ; mais celui qui n’a pas l’œil de la connaissance ne peut voir ainsi, de même que l’aveugle ne peut voir le soleil brillant.

L’âme individuelle, fondue dans le feu de la connaissance allumé par l’instruction, est libérée de toute teinte, tel l’or et brille par elle-même.

Le yogi qui a obtenu la réalisation juste voit toutes choses, par l’œil de la connaissance, comme existant en son propre Soi, et l’unique Soi comme toutes choses.

L’état de « libéré » signifie que la personne sage, ayant abandonné ses limitations et qualités passées et acquérant les propriétés de l’être, de la conscience et de la félicité, atteint Brahman, de la même façon que la chenille devient papillon.

Le Soi est le soleil de connaissance qui s’élevant au firmament du cœur, dissipe les ténèbres de l’ignorance et, pénétrant tout, soutenant tout, brille et fait tout briller.

Ce qui n’est ni subtil ni dense, ni court ni long, qui est non-né, immuable, dépourvu de forme, de qualité, de caste ou de nom, cela, comprends-le, est Brahman.

La nature du Soi étant la connaissance, elle ne dépend, par la connaissance d’elle-même, d’aucune autre connaissance, de la même façon qu’une lumière n’a pas besoin d’une autre lumière pour se révéler.

Les passions, les désirs, le bonheur, la tristesse, etc. exercent leur fonction quand la conscience est présente, et n’existent pas dans le sommeil profond alors que la conscience est absente. Ils appartiennent, par conséquent, à la conscience, non au Soi.

Le monde phénoménal, qui abonde en désir, haine, etc., est, en vérité, comme un rêve. Tant qu’il dure, il semble réel. Mais lorsqu’on s’éveille, il devient irréel.

A l’homme dénué de discernement, le Soi apparaît comme actif, tandis qu’en réalité ce sont les sens seuls qui le sont, de la même façon que la lune est vue comme si elle courait, alors que ce sont les nuages qui se déplacent.

http://milajesuis.blogspot.com